En passant

Paris, par-ci, par-là (11)

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Pour ce chapitre j’ai sélectionné quelques histoires personnelles, car Paris c’est aussi (un peu) l’aventure.
Paris une si grande ville que ça ? Je n’en suis pas aussi certain. Sans être un Parigot, j’ai quand même quelques bonnes connaissances sur l’endroit, résultat de mes nombreux passages dans la capitale. J’étais venu pour une foire au disques. Cela se déroulait sur 2 jours près de la gare d’Austerlitz, samedi et dimanche. Comme nous étions en 1989, la Tour Eiffel fêtait allégrement son centenaire. La dimanche matin avant de retourner à la foire, j’ai décidé d’aller flâner à la Tour histoire de voir si on l’avait parée de ses plus beaux atours, en en plus ça rime. Je regardais distraitement les gens qui descendaient l’escalier qui ramène les visiteurs sur terre ferme. Tout à coup, je vois un mec et j’ai pensé qu’il ressemblait comme un jumeau jumeau à mon copain Marcel. Juste après, un autre qui ressemble cette fois à Pierre, et puis un troisième à Michel. J’ai assez vite réalisé que ce n’était pas de clones, mais bien les copains de mon village. Bien entendu ils m’ont reconnu et m’ont demandé ce que je foutais là. J’ai retourné la question et j’ai appris qu’ils étaient venus visiter le SAMU, étant eux-mêmes pompiers, mais non professionnels, dans un centre de secours local. Tout s’éclairait. Ces messieurs étaient un peu pressés car il devaient aller à un restaurant qui se trouvait près des Halles pour un repas. Comme ils savaient que je connaissais Paris un peu mieux qu’eux, il m’ont demandé de les aider avec le métro. Je devais aller dans la même direction, je leur ai demandé de me suivre tout en leur expliquant que pour aller aux Halles, on pouvait le faire rapidement en changeant une fois de métro. L’astuce que tous les touristes ne connaissent pas, c’est que l’on peut emprunter le RER avec un banal ticket de métro tant que l’on reste sur le territoire de Paris, à l’époque c’était le cas, mais je ne sais pas si c’est toujours ainsi. Depuis la Tour, il suffit de d’aller à la station Bir-Hakeim, de changer à l’Etoile, de prendre le RER direction Boissy qui ne dessert qu’une station avant d’arriver aux Halles, c’est très rapide. Bon appétit les copains et à bientôt au bled.
Une autre petite anecdote. Un copain, tout à fait par hasard faisait aussi le voyage à Paris, je le découvre sur le quai de la gare le matin du départ. Pendant le voyage, nous avons squatté le wagon restaurant et ensuite bye bye, nos chemins divergeaient. Pas si vite, en l’espace de quatre jours, nous nous sommes croisés trois fois, et pas au même endroit.

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Restaurant l’Européen en face de la gare de Lyon, je mange. A la table à côté, une demoiselle mange aussi et nous finissons par échanger quelques mots, quelques banalités. Elle est du coin et est venue ici car elle trouve que l’on mange bien, ce que je confirme. Six mois plus tard, un autre séjour, un autre endroit. Une demoiselle me regarde, je la regarde, mais oui c’est la demoiselle du bistrot.
Un voyage en taxi, conversation avec le chauffeur. Il me demande d’où je viens et je cite la région que j’arrondis à la ville voisine. Il me demande si j’habite dans la ville elle-même. Alors je précise l’endroit où j’habite vraiment, genre Fouilly-les-Oies en pleine campagne. A sa réaction, je devine qu’il connaît ce bled perdu à des centaines de kilomètres de Paris. Je lui en demande un peu plus et il me dit : « Quand j’étais jeune, j’allais avec ma femme ramasser des champignons sur la montagne X ! ». Elle est en effet proche de mon village. Sa femme était la tante de l’électricien du village. Alors Paris si grand ?

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Encore une histoire de jumeaux. Elle se déroule dans une brasserie juste à côté du Moulin Rouge. Elle s’appelle aujourd’hui The Station, ce qui n’était pas son nom à l’époque, nous sommes en 1981. C’est là que le commissaire Cabrol est peut-être entré dans ma vie. Je l’appelle comme ça, car si ce n’était lui, c’était son frère jumeau. Je suis presque certain qu’ils ne faisaient qu’un, il avait les mêmes tics, le même regard, fumait les mêmes clopes, se faisait appeler Jacques (Jacques Debary) comme par hasard. Je ne lui ai pas posé la question, il avait peut-être choisi d’être ce soir-là un simple client de bistrot. Cela n’aurait d’ailleurs pas changé quoi que ce soit à la belle soirée que nous avons passé ensemble à refaire le monde et à boire pas mal de coups. Aujourd’hui je me pose encore la question.

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Nous sommes à l’avenue de Clichy en 1976 dans un bistrot où je suis allé prendre un verre avant de regagner mon hôtel. Une dame très âgée, mais encore très alerte, engagea la conversation avec moi. Elle me paya d’ailleurs un verre et tout en discutant, lors de la conversation, elle m’apprit que sa mère avait été dans son jeune âge, couturière dans l’intendance de Napoléon III. Vous voyez chère Madame, presque 50 ans plus tard, je me souviens encore de vous, je pense que là-haut vous êtes en train de sourire. J’ai encore dans ma bouche la saveur du verre que vous m’avez offert.

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Pour terminer, un gag que nous avions fait avec un copain au détriment d’un clochard, mais en fin de compte le pauvre ne s’en est pas aperçu et y a même trouvé un brin de bonheur.
Ce soir-là, Pigalle était rempli de touristes et autres promeneurs. Un vieux bonhomme presque plié à l’équerre scrutait attentivement le trottoir. Nul doute qu’il cherchait quelque objet perdu par un passant, ou même un bout de cigarette encore fumable. C’est là que j’ai eu une petite idée que nous avons mise au point avec le copain. Nous avions les poches remplies de pièces de cent balles, très utiles pour aller dans les salles de jeu. Tour à tour, nous avons précédé le pépé et posé parterre une de ces fameuses pièces en gardent un pied dessus pour éviter que quelqu’un d’autre la trouve. Quand il s’approchait on partait l’air de rien, la pièce était trouvée et ramassée par qui vous devinez. Trouver cent balles cela peut arriver, mais comme nous avons recommencé l’opération plusieurs fois, il a cru que l’Eldorado était venu faire un séjour à Paris. Même qu’une fois, il n’a pas vu la pièce et l’a envoyée valser plus loin, toutefois il a entendu le bruit qu’elle a fait, il a fini par la trouver. Il s’est bien fait 1000 balles ce soir-là, on a dépensé un peu d’argent mais on a bien rigolé. Ah si nous avions eu un téléphone avec caméra, nous aurions sûrement fait quelques vues sur Youtube. Bien sûr, le portable était encore de la science fiction. Peut-être que cela donnera quelques idées à un visiteur.

Sources : Wikipédia, B.N.F, Street view, DP

En passant

Inventaire musical à la Prévert (237)

Disques sous la loupe

Des curiosités musicales diverses, des ambiances particulières, une démarche artistique originale. Des disques qui sont des collectors de plus ou moins grande valeur, mais qui en ont une artistiquement parlant. Les découvrir c’est partir à l’aventure.

The Coasters – US LP

A partir de 1956, les Coasters connurent un réel succès, suffisant pour sortir un album trois ans plus tard sous l’appellation de plus grands succès, album qui ne contient pratiquement que de réels succès et des titres originaux. Ce fut aussi un joli partenariat entre des interprètes noirs et des compositeurs blancs, les fameux Jerry Leiber et Mike Stoller. C’est avant tout du rhythm & blues avec des textes parfois teintés d’humour. C’est dans leur répertoire que Henri Salvador prit « Along Came Jones » pour en faire un de ses titres les plus connus « Zorro Est Arrivé ». L’attrait pour les Coasters reste énorme, encore plus chez les interprètes blancs où il n’est pas rare de trouver un titre des Coasters dans la discographie, Beatles et Rolling Stones y compris. Un formation sans membres originaux, tous décédés, tourne encore en 2025. Mike Stoller est toujours vivant, âgé de 92 ans.

Artiste : The Coasters
Titre : Greatest Hits
Genre : rhythm & blues
Label : Atco
No Catalogue :  33-111
Pays : USA 1959
Meilleure enchère sur Ebay, 128 euros,
Note : publié au Canada et en Angleterre l’année suivante.

Poison Ivy

Visites au musée du Boss

Au cours de ma vie je ne sais pas combien j’ai écouté de disques, probablement des millions. Dans ce musée il y a certains disques qui reviennent régulièrement, pas seulement pour un titre mais plusieurs. C’est assurément le cas pour les albums, mais aussi un autre support, le fameux EP qui présentait le plus souvent quatre titres. En France jusqu’en 1967-68, c’était le format le plus courant, d’autres pays dans une moindre mesure les publiaient aussi, mais le single deux titres était la référence. Ces fameuses publications françaises sont très demandées par les collectionneurs étrangers, car elles avaient l’avantage d’être présentées dans une pochette en carton avec fréquemment une photo de l’artiste. En revisitant ma collection, voici quelques unes de ces pépites qui m’enchantèrent pour deux, trois, quatre titres. Les *** désignent le titre que j’ai le plus écouté

So Many Roads ***

The Surrealistic Pillar – I like girls

Dans une future pièce du musée encore en construction, ces chansons y figureront probablement. Je ne les ai pas encore suffisamment écoutées, elles sont de découverte plus ou moins récente et ne font pas partie de mes 20 premières années d’écoutes, mais je suis sûr que je les écouterai encore dans dix ans.

Liquify – Visions of Serenity