En passant

Paris, par-ci, par-là (10)

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Près de la Bourse du commerce, nom loin du Forum des Halles dans le 1er arrondissement, vous pouvez apercevoir une colonne presque collée à la Bourse. Elle a sa petite histoire qui remonte à 1574. Elle fut construite sur l’ordre de Catherine de Médicis, elle est haute de 31 mètres sur 3 mètres de large. On ignore sa destination première mais on suppose que c’est l’intérêt de la reine pour l’astrologie qui en est le résultat. Pour rappel historique, elle est la femme de Henri II dont la plus célèbre maitresse est Diane de Poitiers, presque aussi célèbre que la reine elle-même. La tour constituait pour l’époque un observatoire situé au centre du Paris d’alors. Entre une possible tour de garde et un endroit qui permettait d’observer le ciel, on sait que son sommet reçut régulièrement la visite de Côme Ruggieri qui servait de conseiller à la reine, mais aussi et surtout d’astrologue. Sa maîtresse était persuadée que tout était inscrit dans le ciel, aussi elle se rangeait à ce que l’astrologue interprétait en scrutant le ciel. On peut imaginer qu’il lui refila pas mal de bobards, mais une de ses prédiction s’avéra d’une précision presque diabolique. Il lui affirma qu’elle mourrait près de Saint-Germain, sans autre précisions. Alors la panique s’installa chez le reine, elle évita soigneusement tout les lieux qui pouvaient, de près ou de loin, avoir un rapprochement avec ce nom, à Paris et dans les environs ils étaient assez nombreux.
A 69 ans, en 1589 année de sa mort, elle tombe malade et va se réfugier au château de Blois, plutôt que celui de Saint-Germain-en-Laye, elle n’a pas oublié la prédiction. Agonisante, on fait venir un prêtre et elle lui demande son nom.
– Julien de Saint-Germain, ma reine.

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Sans trop nous éloigner des Halles et son forum, allons à a rue Montorgueil qui commence non loin de la porte Rambuteau et filons au no 67. Devant la porte vous verrez un plaque posée sur le sol. Elle rappelle un fait qui s’est déroulé au début 1750 et qui rappelle aussi une justice à deux vitesses, encore plus spécialement sous la royauté. La cour des rois de France, ici sous Louis XV, n’était pas réputée pour sa pudibonderie, l’adultère y était un lieu commun. L’homosexualité en faisait aussi partie, on peut juste se souvenir de Henri III et de Monsieur, le frère de Louis XIV. Le fameux jour de 1750 à l’endroit où se trouve la plaque, le 4 février, deux hommes sont surpris en flagrant délit de sodomie. On peut facilement imaginer que l’endroit est alors discret et mal éclairé, même pas du tout éclairé. Arrêtes et jugés, il sont condamnés à mort et exécutés le 6 juillet en place de Grève. Vu que les coupables sont de basse extraction, l’un ne sait même pas écrire, ils sont bien en mal pour se défendre efficacement et surtout souligner que ce genre de choses se pratique en toute tranquillité dans d’autres endroits. Ils servirent aussi d’épouvantail pour les autres, la justice prétexte que la pratique aurait tendance à s’étendre. Historiquement il semble que ce soit le dernier cas connu de condamnation à mort pour ce genre de délit en France, la Révolution abolira définitivement la peine. Bien sûr, 275 ans plus tard les choses ont bien changé, c’est d’ailleurs les mouvements LGBT qui ont érigé les deux victimes en martyrs et Anne Hidalgo qui inaugura la plaque en 2014. Cela ne plait pas à tout le monde et certains ont déjà trouvé le moyen de la barbouiller pour la rendre illisible, l’histoire ne retiendra sans pas leurs noms.

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A l’angle de la rue Balzac et Berryer dans le 8ème arrondissement se trouve l’hôtel Salomon de Rothschild, qui a effectivement appartenu à une branche de la célèbre famille. Légué à l’Etat par la baronne Adèle en 1922, elle connut diverses affectations pour être actuellement une fondation pour les artistes. Doté d’une plaisante architecture et d’un jardin ouvert au public, l’endroit est aussi connu pour avoir été témoin de deux faits entrés dans l’histoire.
Le 18 août 1850, Honoré de Balzac mourut dans une maison attenante à l’hôtel, le jardin actuel, et qui fut rasée par la baronne en 1890. Elle l’avait acheté à la comtesse Hanska, le grand amour et la femme de Balzac qui résida dans la maison jusqu’à sa mort en 1882. Une plaque apposée sur le mur extérieur rue Balzac et qui sert aussi d’enceinte au jardin, rappelle ses derniers instants.
Le 7 mai 1932, le président de la République Paul Doumer, âgé de 75 ans, inaugure un salon d’écrivains dans le fameux hôtel. Le prenant pour cible, un émigré russe tire deux balles de pistolet qui lui seront fatales, il meurt le lendemain. Les motivations du meurtrier ne sont pas très claires, entre idées politique et coup de folie, son procès rapidement expédié ne permettra pas de faire toute la lumière. Il est condamné à mort et exécuté au mois de septembre de la même année.
Paul Doumer est le premier président de la République issu d’un milieu plus que modeste, son premier job fut coursier. Devenu enseignant, journaliste, il a un très long parcours politique commencé très à gauche avant d’opter pour des position plus à droite. Il est l’un des présidents ayant eu un mandat très court et aussi le dernier président décédé de mort violente. Un plaque, cette fois-ci posée rue Berryer, rappelle l’attentat.

Sources : Wikipédia, B.N.F, Street view, DP

En passant

Inventaire musical à la Prévert (236)

Disques sous la loupe

Des curiosités musicales diverses, des ambiances particulières, une démarche artistique originale. Des disques qui sont des collectors de plus ou moins grande valeur, mais qui en ont une artistiquement parlant. Les découvrir c’est partir à l’aventure.

The Chesterfield Kings – US LP

Fondés par Greg Prevost un critique musical adorateur d’obscurités, les Chesterfield Kings sont originaires de l’état de New York. Ce premier album ne contient que des reprises et pas forcément venues d’artistes bien en vue. C’est un peu la génération d’après qui revisite les obscurités de la génération précédente pour autant qu’elle soit catalogue garage punk sixties vers 1965, 1966. Certains des artistes revisités ont gagné quand même une certaine notoriété comme les Sonics ou Chocolate Watch Band, ce qui n’était pas trop le cas lors de ces enregistrements en 1982. C’est le genre typique d’album qui peut inciter à découvrir ce qui se faisait avant, à l’époque où l’on était encore au berceau. Le groupe tourne encore aujourd’hui et le dernier album date seulement de 2024 et existe même en vinyle.

Artiste : The Chesterfield Kings
Titre : Here Are The
Genre : psyché, garage
Label : Mirror
No Catalogue :  MIRROR 9
Pays : USA 1982
Meilleure enchère sur Ebay, 78 euros,
Note : publié en Angleterre en 1985.

I Told Those Little White Lies

Visites au musée du Boss

Au cours de ma vie je ne sais pas combien j’ai écouté de disques, probablement des millions. Dans ce musée il y a certains disques qui reviennent régulièrement, pas seulement pour un titre mais plusieurs. C’est assurément le cas pour les albums, mais aussi un autre support, le fameux EP qui présentait le plus souvent quatre titres. En France jusqu’en 1967-68, c’était le format le plus courant, d’autres pays dans une moindre mesure les publiaient aussi, mais le single deux titres était la référence. Ces fameuses publications françaises sont très demandées par les collectionneurs étrangers, car elles avaient l’avantage d’être présentées dans une pochette en carton avec fréquemment une photo de l’artiste. En revisitant ma collection, voici quelques unes de ces pépites qui m’enchantèrent pour deux, trois, quatre titres. Les *** désignent le titre que j’ai le plus écouté

Come On Up

The Hangmen – The Girl Who Faded Away

Dans une future pièce du musée encore en construction, ces chansons y figureront probablement. Je ne les ai pas encore suffisamment écoutées, elles sont de découverte plus ou moins récente et ne font pas partie de mes 20 premières années d’écoutes, mais je suis sûr que je les écouterai encore dans dix ans.

The Jackets – Wasting My Time