The Trashmen – Les éboueurs ne sont pas en grève

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En 1963, les Trashmen (les éboueurs) réussirent, sur la réputation d’un seul tube, de franchir un pas vers l’immortalité. Le titre qui devait les aider à catalyser toute ce potentiel est le fameux « Surfin’ Bird ». Ce titre tout le monde le connaît, sans pour autant arriver à nommer les créateurs. Il est des titres qui sont comme ça dans l’histoire de la musique moderne. Un pincée de ceci ou cela, c’est inexplicable, et la postérité fait le reste.
1963, c’est aussi où le surf débarque en force, non pas sur les plages, mais dans les radios mondiales. Le roi en est Dick Dale et les princes les Beach Boys. Alors bien sûr, on glisse le mot un peu partout dans les chansons. Il y a la fille surf, le rendez-vous surf, le surf infini, sans oublier les différents termes liés à la pratique du surf, wipe out, pipeline, qui ne seront pas sans rappeler quelques succès pour les spécialistes. Les Trashmen voient cela sur la forme d’un oiseau, ainsi fut créé « Surfin’ Bird ». Si le titre peut faire penser à la nouvelle mode, la chanson ne doit rien aux sons aquatiques et vrombissants des guitaristes surf. C’est même un des premiers, sinon le premier disque authentiquement punk, avec quelques bonnes années d’avance. Le garage punk des sixties lui doit aussi une fière chandelle. En vérité, ce n’est pas tellement nouveau pour une part, c’est même un plagiat pour parler sérieusement. La base du titre, onomatopées et le reste fut enregistré par les Rivingtons, dans deux de leurs chansons « Papa-Oom-Mow-Mow » et « The Bird’s The Word », à peine une petite année auparavant. Pour le vocal, c’est Steve Wahrer le batteur qui s’y colle, les Trashmen s’en inspirent beaucoup, quoique d’une manière beaucoup déjantée. Pour l’accompagnement, là, c’est entièrement nouveau et d’une certaine manière on pourra presque dire que la génération punk fera un plagiat des Trashmen.
Aussitôt paru, sur le petit label Garrett basé à Minneapolis d’où le groupe est originaire, le disque est un succès immédiat aux USA. Pour une bonne partie du reste du monde, il sera amplement diffusé. Il se hisse en 4ème place du Billboard, place qui correspond à un très gros succès. Un album est publié dans la veine, là on y trouve des titres qui ressemblent plus au surf traditionnel.

 

Pendant quelques mois, le groupe va tourner à plein régime, publiant un second disque « Bird Dance Beat », trop proche du premier et qui ne rencontre pas le même succès. Les ennuis arrivent assez vite. Les compositeurs des titres plagiés réclament des droits, les disques suivants vont en succès décroissant, le producteur stoppe la publication d’un deuxième album pourtant enregistré. Le groupe finit par se séparer en 1967.
C’est là que le petit coup du destin apporte sa contribution. Le fameux titre, le groupe, ne tombe jamais dans l’oubli. Les Ramones, remettent d’office « Surfin Bird » sur leur premier album. Le terme trash servira aussi de leitmotiv à un mouvement underground. Le hit est repris dans la bande sonore de plusieurs films, « Fulll Metal Jacket » de Kubrick par exemple, séries tv, publicités, sans parler de toute la vénération que les punks ont pour le groupe. En 2008, son inclusion dans une série tv le fait monter à la 8ème place des ventes de iTunes.  Le groupe, lui, se reforme à diverses occasions, dans sa forme originelle jusque à la mort de Steve Wahrer en 1989 et avec les survivants au complet depuis. Ils sont encore très capables de remplir des salles entières, avec leurs airs de PDG en goguette, mais ils assument. Ces dernières années le mouvement est même allé en s’amplifiant et l’on peut presque parler de tournées mondiales.
Une page d’histoire musicale assez particulière, un groupe clef, une bombe qui n’en finit pas, et n’en finira pas, de péter à nos oreilles. Les Trashmen sont là, hier, aujourd’hui et toujours et ils n’intéressent pas que les nostalgiques.

La face b du hit également très prisée « King Of The Surf »

Le succeeseur « Bird Dance Beat »

Les Trashmen aujourd’hui

Les Trashmen interprètent « Henrietta » reprise d’un vieux rock and roll qu’ils transforment en 1963 en garage punk

Le célèbre instro « Ghost Riders In The Sky » dans une version très surf et assez personnelle

En live « Surfin Bird » avec de charmantes danseuses

The Rolling Stones – Out Of Our Heads

La discographie des Rolling Stones a toujours été un joyeux bordel durant la période Decca, c’est à dire leurs débuts. De significatives différences apparaissent dans le contenu. Les deux premiers albums, celui-ci étant le troisième, étaient plus réservés aux fans mordus qu’aux consommateurs de hits classés en haut des charts. En 1965, sort le fameux « Satisfaction » qui achève de les lancer définitivement. A part la connotation sexuelle que l’on peut imaginer dans les paroles, cette mélodie facile à retenir en marquera plus d’un, c’est la chanson qu’il fallait enregistrer à ce moment là. Le reste appartient à l’histoire. Elle pouvait aussi servir de support à la vente d’un album. Eh bien non, pour l’Angleterre décide de sortir « Out Of Your Heads » sans l’inclure. Les fans doivent se rabattre sur l’édition américaine ou française qui eux, contiennent la chanson. Une nouvelle fois, comme pour les deux précédents le couplage Angleterre-US est fait selon l’humeur du moment. L’édition US a aussi l’avantage de proposer « The Last Time » hit précédent et surtout le fameux « Play With Fire », cette calme ballade satyrique et le contagieux « I’m Allright », enregistré en public. Ce n’est pas encore un album intégral en compostions originales et on trouve encore le Nanker-Phelge, pseudos pour Jagger-Richard. A cause du libertinage des premières éditions, il est difficile de présenter un album qui résume bien, tant du point de vue titres maison que pour les reprises, les débuts du groupe. Celui-ci en vaut bien un autre, sans pour autant obtenir « Satisfaction » totale.

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