Encore une chanson qui devient un hit via la version de Ray Charles, qui muni de sa fine oreille alla fouiller les fonds de tiroirs. La chanson fut d’abord enregistrée en 1960 par Otis Williams, chanteur de r’n’b noir à ne pas confondre avec le membre des Temptations. La label King Records, qui est aussi celui de James Brown à l’époque, laisse la chanson dans les tiroirs. En 1961, c’est Ray Charles en fait un succès personnel et international via sa reprise. Il faudra quand même attendre 1964, pour que le label King décide enfin de publier la version que l’on peut dire originale, ce qui n’apporta pas grand chose de plus à sa carrière assez effacée. Le titre connut un fort regain d’intérêt vers 1987 via la reprise de Joe Cocker.
Première version enregistrée, Otis Williams (1960)
La reprise de Ray Charles (1961)
Dans le fatras de la production phonographique, il y a des millions de chansons dont seule une petite partie émerge des profondeurs. C’est un peu la même chose que l’iceberg dont vous voyez le sommet hors de l’eau. Même chez les artistes très connus, il y a les succès et la part qui reste plus ou moins dans l’ombre. D’autres artistes n’ont jamais accédé à la notoriété, mais parfois on trouve dans leur démarche, de très intéressantes petites pépites. Ils se peut aussi qu’elles furent des succès dans une autre partie du monde, mais restent plutôt inconnues chez nous. Elles ne demandent qu’à briller de tous leurs feux. C’est un peu le principe de cette rubrique, exhumer ces chansons qui méritent une peu plus que de rester au fond de la cave. Sans distinction de style, artistes connus ou inconnus, ils n’ont pas échappé, un jour ou l’autre, à ma curiosité. Assez pour que je m’en rappelle encore aujourd’hui.
The Shanes – I Don’t Want Your Love (Suède 1965)
Frederic & The Rangers – All I Want (Allemagne 1967)
Agnès Loti – Tout Nouveau Tout Beau (France 1964)
Los Sirex – Cuanto Mas Lejos Estoy (Espagne 1965)
The Shakers – Break It All (Uruguay 1966)
Un peu d’amour dans un monde de brutes…
La musique c’est aussi ça…
Une chanson ancienne et quatre plus récentes qui parlent d’anges…
The Kingsmen – Death Of An Angel
Madonna – Angel
Aerosmith – Angel
Real Life – Send Me An Angel
Robbie Williams – Angels
J.T. Carter(1941 – 2025)
Il était le dernier survivant de la formation originale des Crests, formation de doo wop interraciale qui connut un grand succès en 1958-59 avec « Sixteen Candles », un no 2 US et disque d’or. Ils connurent d’autres succès plus mineurs.
Des curiosités musicales diverses, des ambiances particulières, une démarche artistique originale. Des disques qui sont des collectors de plus ou moins grande valeur, mais qui en ont une artistiquement parlant.Les découvrir c’est partir à l’aventure.
Waldo De Los Rios – Espagne LP
Waldo De Los Rios, chef d’orchestre, compositeur, arrangeur, contrairement à ce que beaucoup de gens croient est un musicien argentin et non espagnol. C’est un peu le hasard qui décida de sa carrière en Espagne, car c’est bien là qu’il a construit sa célébrité. Bien que ses premiers enregistrements datent de 1965, il restent assez discrets. Le succès viendra avec son album « Sinfonias » où il arrange de manière très moderne quelques symphonies de grands compositeurs de la musique classique. Pour les puristes cela frise le scandale, mais le succès pratiquement mondial de sa reprise d’un extrait de la 40ème symphonie de Mozart ouvre quelques horizons à ceux qui pensaient que la musique classique c’était quelque chose de très ringard. Il a bien compris que dans une oeuvre classique qui peut durer une heure ou plus, il y a quelques passages qui sont plus tape à l’oreille que d’autres, et c’est ceux-là qu’il a mis en évidence. C’est un peu comme le double album blanc des Beatles, on se souvient surtout de « Ob-La-Di, Ob-La-Da » ou « Back In The U.S.S.R. ». Il récidivera en 1973 sur le même principe et avec succès en s’intéressant à quelques opéras. Il a sans doute contribué à un retour de la musique classique, un peu comme le fera Pavarotti pour l’opéra. Il ne fut pas le seul à le faire, mais il reste le plus connu. Dépressif, il se suicida en 1977.
Artiste : Waldo De Los Rios Titre : Sinfonias Genre : classique moderne Label : Hispavox No Catalogue : HHS 11-200 Pays : Espagne 1970 Meilleure enchère sur Ebay, pas coté Note : publié dans de nombreux pays
Une perle de l’album
Beethoven / Symphony No. 9 « Ode à la joie » – 4ème Mouvement
Dvorak / Symphony No. 9 Opus 95 « Nouveau monde » – 4ème Mouvement
Haydn / Symphonie des jouets – 2ème Mouvement
Tchaïkowsky / Symphony No. 5 – 2ème Movement
Mendelssohn / Symphony No. 4 « Italienne » – 1er Movement
Hors album original, compléments réédition
Un clip avec Mozart
Qu’une chanson devienne un succès ou pas reste un mystère. Des tas de facteurs s’affrontent, la production, la promotion, la diffusion, l’air du temps, les goûts du public au moment de l’écoute, et même leur non publication en temps voulu. Autant de mystères insondables. En voici deux qui avaient un potentiel certain, mais qui devinrent ce que les spécialistes appellent des flops. Et pourtant, en les écoutant on se dit que c’est bien dommage.
The Aerovons – With Her (1969)
The Gibsons – Two Kinds Of Lovers (1966)
Visites au musée du Boss
Au cours de ma vie je ne sais pas combien j’ai écouté de disques, probablement des millions. Dans ce musée il y a certains disques qui reviennent régulièrement, pas seulement pour un titre mais plusieurs. C’est assurément le cas pour les albums, mais aussi un autre support, le fameux EP qui présentait le plus souvent quatre titres. En France jusqu’en 1967-68, c’était le format le plus courant, d’autres pays dans une moindre mesure les publiaient aussi, mais le single deux titres était la référence. Ces fameuses publications françaises sont très demandées par les collectionneurs étrangers, car elles avaient l’avantage d’être présentées dans une pochette en carton avec fréquemment une photo de l’artiste. En revisitant ma collection, voici quelques unes de ces pépites qui m’enchantèrent pour deux, trois, quatre titres.
Eddy Mitchell – France Barclay 70 771, publié en 1965, plus haut prix relevé sur un site de vente en ligne, 9 euros.
J’ai Perdu Mon Amour
Tu Ne Peux Pas
Si Tu N’étais Pas Mon Frère
J’avais Deux Amis
Deux qui font partie de mes records d’écoute, mais qui sont d’une découverte plus tardive, bien qu’ils soient anciens. Il y a une bonne raison à cela, ils étaient le plus souvent inatteignables pour moi lors de leur publication, publiés sur d’obscurs labels, dans des pays géographiquement lointains de chez moi. La découverte viendra plus tard à travers les nombreuses compilations qui fleurirent au cours des années 80-90, au hasard d’un voyage ou d’une foire aux disques, sur les conseils d’un autre collectionneur. Quoiqu’il en soit, ils sont devenus des chansons phares pour moi, même si au compteur ils viennent ensuite.
Pembrook Ltd – Sleepy John
The Petals – Babe You Know
Dans une future pièce du musée encore en construction, ces chansons y figureront probablement. Je ne les ai pas encore suffisamment écoutées, elles sont de découverte plus ou moins récente et ne font pas partie de mes 20 premières années d’écoutes, mais je suis sûr que je les écouterai encore dans dix ans.