Notes noires contre notes blanches

Le problème du racisme a longtemps pourri les relations musicales américaines. L’immense partie de la musique telle que nous la connaissons maintenant est le résultat du métissage entre les Blancs et les Noirs, ces derniers étant plus les inspirateurs que les inspirés. Pendant longtemps, il a fallu que chacun joue dans son coin. Si quelquefois les races se mélangeaient dans les studios, elles n’apparaissent pas sous un même nom en public dans un lieu en vue. Les Blancs n’étaient pourtant pas insensibles au charmes de la musique noire. Alors on s’empara de la musique des noirs pour lui donner une version plus ou moins blanchie et ethniquement présentable devant les foules. Ne nous y trompons pas les grands succès de Glenn Miller ou Benny Goodman sont de la musique d’inspiration noire jouée par des blancs. Vous seriez bien en mal d’apercevoir dans les documents d’époque un seul noir dans leurs orchestres respectifs. Ce n’est pas que le chef d’orchestre ne voulait pas, mais on ne leur laissait pas le choix. Goodman s’engagea d’ailleurs assez fortement dans cette lutte en invitant des Noirs dans son orchestre, notamment Lionel Hampton. Pendant deux décennies les choses bougèrent peu. Les débuts du rock and roll ne changèrent pas directement cet état de fait. Il y a les idoles blanches, Elvis Presley, Bill Haley, Gene Vincent, Jerry Lee lewis, Buddy Holly, Eddie Cochran et les noires, Little Richard, Chuck Berry, Bo Diddley, Fats Domino. Tout au plus. on interprète les chansons de l’autre clan. Mais on voit quand même apparaître dans la seconde moitié des années 50, des artistes ou plutôt des groupes qui s’affichent noir et blanc. Il faudra surtout attendre que les années 60 éclatent pour que le phénomène devienne courant et que la jonction se fasse définitivement.
Voyons en un bref résumé et bien sûr incomplet, parmi les plus connues, quelques unes de ces tentatives qui virent noir et blanc sur la même scène.

1957 – The Dell Vikings – Groupe de doo wop. Ils ont même un Allemand dans leurs rangs, Gus Backus. Ils connaissent deux gros succès cette année-là, dont le fameux « Whispering Bells ».

1958 – The Crests – Un Blanc et des Noirs avec pour résultat un slow inoubliable « Sixteen Candles »

1959 – Johnny Otis – Un chef d’orchestre blanc et un orchestre noir. Un champion de l’anti-racisme. Il aura son propre show à la tv., dont est extrait ce fameux « Willie And The Hand Jive »

1962 – Booker T And The MG’S. Un orchestre instrumental qui servira beaucoup par la suite pour accompagner les stars de r’n’b. Mais on ne peut oublier leurs propres créations et cet inusable « Green Onions ».

2 réflexions sur “Notes noires contre notes blanches

  1. C’est Sam Phillips qui a dit un jour «  » si je trouvai un blanc qui chante comme un noir je serai riche «  »
    Et Elvis a poussée la porte du petit studio sun ……….

    Justement je me passe un coffret dvd ( 8 ) d’Elvis tous les soirs .
    Il est question dans le numéro 1 justement de ségrégation .
    Il allait en cachette tout jeune dans les petits clubs de blues .
    C’est de la ou est venue son inspiration .

    Bel article .
    GROS BISOUS

    • Chère Sandra,

      Merci pour votre passage. Je connais bien sûr l’anecdote sur Sam Philips. Il fut d’ailleurs bien avant la venue de Presley dans ses studios, un ardent défenseur de la musique noire. Il s’était déjà occupé de Howlin’ Wolf, qui deviendra une référence pour les Rolling Stones et un tas de monde plus tard. Il est incontestable que Presley est un grand détonateur dans la liaison entre le noir et le blanc. Sa voix, exceptionnelle, peut sonner très noire. A ses débuts, il fut parfait pour canaliser auprès de Blancs des chansons noires comme « That’s All Right Mama » de Arthur Crudup ou « Hound Dog » de Big Mama Thornton, tous deux artistes noirs qui acquirent une certaine célébrité grâce à lui.
      Je suis toujours persuadé que la musique est ce qui a fait le plus pour faire avancer la cause des Noirs, plus que n’importe quel discours politique, même sincère. Remarquez que l’Europe fut toujours une terre d’accueil pour ces musiciens avant les années 60, car on les admirait sincèrement en les traitant comme les autres et surtout en les payant pour leurs prestations.

      Merci encore

      GROS BISOUS

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s