En passant

Inventaire musical à la Prévert (65)

Dans mes jeunes années quand je regardais la télé, il y avait passablement de séries, surtout américaines. Certaines m’ont marqué comme « Les Envahisseurs » ou dans un autre genre plus anglais « Chapeaux Melon Et Bottes De Cuir ». Très souvent j’étais attiré par le thème musical de ces séries. Pour certaines, il était impossible de se procurer la bande originale, peu de maisons de disques en France se lançaient dans l’aventure, même si la série était un succès. Il fallut attendre le milieu années 80, pour qu’un label français se lance dans la bataille en nous proposant des albums qui présentaient en version originale, les thèmes des plus connues. Je dois dire qu’à l’époque j’ai sauté dessus. En 1966 les fameux Ventures, certainement un des plus grands groupes de rock instrumental au monde, se lance dans la bataille et propose un album avec quelques reprises de ce genre de thèmes. Et pour une partie, ils composent des originaux qui sonnent tellement bien que l’on pourrait croire qu’ils sont véritablement un thème de série tv qui vous est inconnue. A vous de jouer et de démêler le vrai du faux, Vrai ou faux, c’est musicalement très aguicheur pour les amateurs du genre.

Batman

Zocko!

Joker’s Wild

The Cape

00-711

The Man From U.N.C.L.E.

Secret Agent Man

Hot Line

Vampcamp

Up, Up, And Away

Get Smart Theme

Green Hornet « 66 »

Durant les sixties, la discographie française se distingua par le nombre impressionnant de publications qui furent faites sous la forme de EP, c’est à dire quatre titres, deux par face. Le principe de base était un peu mercantile, on vendait deux fois plus de marchandise sur la réputation d’un titre principal ou d’un succès, le 45 tours simple avec deux titres était réservé à la promotion et aux jukeboxes. L’avantage principal de ces EP’s demeurait dans le fait que ces éditions étaient présentées dans une pochette avec le plus souvent une photo de l’artiste et un emballage cartonné et plastifié plus résistant à l’épreuve du temps. L’Angleterre et les USA eurent beaucoup moins recours à ce genre de publications. Le plus souvent, la règle était le 45 tours simple emballé dans une simple pochette à trous permettant de voir l’étiquette du disque. Aujourd’hui ces fameuses disques EP’s français, surtout ceux concernant des artistes étrangers, sont recherchés par les collectionneurs du monde entier car ils sont uniques dans leur genre et peuvent parfois atteindre des sommes folles s’ils sont très rares. Au fil des semaines, je vous en présenterai quelques uns parmi ceux qui attirent justement les collectionneurs. Ils seront présentés avec la pochette, éventuellement avec un scan de ma collection personnelle si je ne trouve rien de satisfaisant, les titres qu’ils contiennent, et le plus haut prix atteint par une enchère sur Ebay.

En 1966, Barclay qui a obtenu les droits de licence pour la France de Chess records fouille dans le catalogue US pour d’éventuelles publications françaises. Cette licence concerne aussi les sous-labels de la marque, Checker, Argo, Aristocrat, car tout n’est pas publié sur le label principal. Une des curiosités de Chess, ce sont las chanteurs blancs, car évidemment les artistes sont essentiellement noirs. Dans le catalogue, ils redécouvrent justement un de ces artistes blancs, Dale Hawkins, cousin de plus connu Ronnie Hawkins. En 1957, ce chanteur a enregistré sa pièce maîtresse, une chanson dédiée à une certaine Suzie-Q. Malgré les quelques titres d’honneur que cette chanson a pu rencontrer, elle reste assez peu connue. En France, on la connait à peine, elle fut incluse dans la série « Les Rocks Les Plus Terribles » du Johnny national en 1964. Ce qui donna un sérieux coup de pouce à la chanson et une exposition internationale, fut la reprise par les Rolling Stones la même année. On la trouve sur le second album anglais, mais aussi sur le EP français avec « Satisfaction », ce qui lui fit gagner une certaine visibilité en France, d’autant plus que leur reprise est excellente. Sans doute Barclay renifla la bonne affaire et publia en EP en 1966, l’original de 1957. Le flair n’était sans doute pas très aiguisé car le disque ne se vendit que modérément, ce qui en fait aujourd’hui une assez belle rareté. Malgré cela cette fameuse fille reste un des plus belles chansons de toute l’histoire du rock and roll.

Dale Hawkins – Barclay 070988 , publié en 1966, meilleure enchère sur Ebay 600 euros.

Suzie Q

Baby Baby

Mrs. Mergritory’s Daughter

Wild Wild World

Dale Hawkins en live, un peu avant son décès en 2010

Envies de découvrir autre chose ?

La musique n’a pas de frontières. S’il y a bien un point où je suis très éclectique, c’est assurément la musique. Entre un disque de hard rock et un opéra, pour moi c’est de la musique. C’est la différence qu’il y a entre un plat de haricots et un entrecôte bordelaise, les deux pris dans leur contexte propre peuvent s’avérer délicieux. Je fouille, j’écoute, je trouve, et puis quelquefois je tombe sous le charme. C’est pour moi une quête permanente.
Je vous invite à partager ces découvertes au hasard. Des artistes qui ne font pas forcément la une des médias, mais qui ne sont pas dépourvus d’un certain magnétisme ou plus simplement nous présentent une belle vision musicale.

Le folk américain est certainement un des plus intéressants, car il est issu de diverses cultures venues de pays différents. Au fil du temps, tout s’est un peu mélangé pour faire quelque chose de nouveau. Mais il y a une part de courant qui est resté assez proche de la tradition, une musique portée par ce que l’on peut considérer comme les troubadours américains. Contrairement à un folk variétisé comme le Kingston Trio, les Brothers Four, ou un Hugues Aufray en France, il est resté dans sa plus simple expression, un chant, une guitare, un banjo, rien d’autre. Ce sont les chansons que l’on peut chanter au coin de la rue ou le soir devant un feu de bois durant la conquête de l’ouest. Elle sont le plus souvent le fait de compositeurs anonymes et furent transmises de bouche à oreille. La grandeur du pays, la variété de ses paysages, les gens, le vent, les rivières, les montagnes, font que chaque pas est une chanson possible et il en existe des milliers. En voici, très modestement trois, dans la plus pure tradition.

Woody Guthrie – Buffalo Skinners / C’est une des grandes légendes du folk américain, un père spirituel de Bob Dylan qui lui dédia d’ailleurs une chanson. Il fut connu comme un activiste politique proche des anarchistes. Il avait écrit sur sa guitare : « Cette machine tue les fascistes ! » Ses interprétations sont très proches de la tradition.

Cisco Houston – Pastures Of Plenty. Egalement une légende dans le style, il fut aussi un compagnon de route de Woody Guthrie. Son style est aussi très traditionnel.

The New Lost City Ramblers – Dancille Girl / Plus récent ce trio est aussi un groupe connu pour pratiquer un folk proche de ses racines originelles.

2 réflexions sur “Inventaire musical à la Prévert (65)

  1. Bonjour M. Boss,
    En instrumental on ne peut pas écarter the Ventures !
    Je trouve aussi comme vous que le Folk américain, cela pourrait paraître traditionnel, mais en fouillant cette musique on y trouve une richesse multiculturelle !
    bonne semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan,
      Entre Shadows et Ventures, j’ai toujours balancé, mais je trouve les Ventures plus aventuriers au niveau du son.
      Le folk sera toujours pour moi un passeport pour toutes les frontières.
      Bonne suite de semaine

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