Nos disques mythiques (13)

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Si vous écoutez un titre ou l’autre de ce disque, vous allez certainement penser que vous connaissez cette voix, surtout si vous avez au moins 50 ans. Votre oreille est bonne, cette voix vous allez la retrouver 4 ans plus tard dans l’un des plus fameux titres au succès immortel des années 60, des millions de vues sur YouTube, des milliers de commentaires. Cette voix, c’est celle du monsieur tout à gauche sur la photo. Mais nous n’en sommes pas encore là.  Un groupe originaire du sud de l’Angleterre, tente sa chance et décroche un contart chez Parlophone, la même maison que les Beatles. Pour l’instant, rien de révolutionnaire, ils sont dans la veine r’n’b comme tant de groupes à l’époque. A cette époque, il arrive souvent qu’un nouveau groupe apparu sur le marché suscite la moindre des curiosités. Leur premier disque, deux reprises « Poison Ivy » (Coasters), « I Feel Good All Over » (Drifters), publié en 1963, se classe dans le fond des charts anglais. Le second, deux autres reprises, « Little Bitty Pretty One » (Thurston Harris – excellent), « A Certain Girl » (Ernie K Doe) ne réussit pas à se classer. Parlophone décide de regrouper ces deux 45 tours sous la forme d’un 45 EP, le mini album de l’époque. A l’évidence, un spécialiste de l’époque constatera que les versions enregistrées par les Paramounts sont assez banales, mais néanmoins plaisantes. Le « Poison Ivy » sera mis au répertoire des Rolling Stones l’année de manière plus innovatrice et « A Certain Girl », à peu près en même temps par les Yardbirds sur leur premier single. En bonus, un superbe solo de Clapton, le premier publié sur disque, pour un résultat supérieur. Pour les disques suivants, le groupe tente de percer sans jamais y parvenir, alignant reprises et quelques originaux. Odéon côté français y croit, ils lancent aussi un EP avec 4 titres différents en 1965, compilation de titres postérieurs, magnifié par une superbe pochette avec photo en couleur, qui restera aussi dans l’ombre. 

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Le groupe a pourtant un potentiel certain, mais plutôt mal exploité, il explosera par la suite. Cette suite justement, il faut en parler, c’est historique. Au début de 1967, le groupe à peine remanié décide de révolutionner la conception de sa musique et enregistre un titre qui va devenir fameux, immense, « A Whiter Shade Of Pale » sous le nom de Procol Harum. Eh oui, il s’agit des Paramounts, modestes vendeurs de disques qui vont vendre des millions de copies de leur fameux titre et devenir un groupe de référence pendant dix ans, d’une énorme créativité, abordant plusieurs style avec bonheur et aussi engendrer un guitar hero, Robin Trower.

Pour le collectionneur passionné, les deux premiers (et très rares) disques sont le must pour ceux qui se lancent à la recherche des racines de Procol Harum. J’ai un peu fait le contraire, j’ai suivi presque la chronologie, c’est à dire que j’ai possédé le premier avant que l’on parle de Procol Harum et complété avec le second plus tard. Quand j’ai entendu la fameuse chanson, j’avais tiré un parallèle de la voix avec celle du chanteur des Paramounts, en fait le clavier Gary Brooker, chose que me fut confirmée par la suite. Oui, si Procol Parum remplissait les pages des magazines spécialisés, le nom des Paramounts n’était jamais spécifié. Et pourtant...

Et pour le fun

Le Brésil sans foot

De par le football on parle beaucoup du Brésil, mais sans doute plus intéressant culturellement, on est facilement séduit la musique brésilienne d’une richesse absolue. C’est aussi le pays d’Amérique du Sud qui est capable d’exporter sa musique pour en faire des hits mondiaux. On a tous dans l’oreille l’un ou l’autre une chanson venue de là-bas dans les oreilles, même sans en connaître la source. De par ses origines diverses, elle est un équivalent latin du magma qui a donné naissance au folklore et à la musique américaine. La différence la plus visible est la langue, c’est du portugais, langue nationale. Pour le reste, les tendances viennent de plusieurs horizons, Europe, Afrique, sans oublier les habitants d’avant la colonisation, Indiens locaux. Le Brésil, c’est aussi le pays qui a mis à la mode deux mouvements typiques, la samba  et la bossa nova en 1957, la seconde étant une version plus légère de la première. C’est aussi surtout à partir de ce moment-là que la musique s’est exportée internationalement, via ces fameux microsillons qui franchissent allégrement les frontières. Voici quelques unes de ces chansons qui vous connaissez pratiquement à coup sûr, même si vous êtes bien incapables d’en donner le titre.

Antonio Carlos Jobim, l’un des plus célèbres compositeurs brésiliens et un de ses titre bien nommés « Brazil »

La chanson qui a vraiment mis sur orbite la bossa nova « Desafinado »

La musique du film « Orfeo Negro » de Marcel Camus est une des musiques brésiliennes les plus célèbres, sinon la plus célèbre. Elle ravagea le monde entier et n’est sans doute pas étrangère à la Palme d’Or que le film remporta au Festival de Cannes en 1959. Le thème principal « Manha De Carnival » est talonné par « Felicidade », autre chanson extraite de la bande sonore. Camus fit appel à Antonio Carlos Jobim et Luiz Bonfa comme compositeurs, leur assurant aussi une renommée internationale.

Fin 1961, un certain Jorge Veiga enregistre une chanson dédiée à Brigitte Bardot, pendant le carnaval de Rio de cette même année. Chanson facile à retenir, elle fut un hit tout spécialement en France, tout en engendrant de multiples versions.

Une autre chanson hyper connue venue du Brésil est « The Girl Fron Ipanema », un hit international anglicisé via Astrud Gilberto et Stan Getz en 1964. Mais la version originale, en portugais,  revient à Pery Ribeiro en 1963. C’est une autre composition de Carlos Jobim.

Une chanson que tout le monde a entendu au moins une fois, c’est le fameux « Mas Que Nada » de Sergio Mendes. Elle fit le tour du monde en 1966 et n’est jamais retombée dans l’oubli. C’est un bel exemple d’appel à la musique brésilienne, une chanson que l’on peut ne pas aimer, mais jamais détester.

Le Brésil peut s’endormir pendant un temps au niveau international et se réveiller de plus belle. En 1972, c’est le tour de Jorge Ben qui met tout le monde d’accord avec « Fio Maravilha », elle fera aussi une belle carrière. Déjé rien en annonçant le titre, elle trotte dans votre tête.

Une chanson moins connue, que l’on a malgré tout eu l’occasion d’entendre pas mal en France par le jeu des licences phonographiques, Baiano & Os Novos Caetanos et « Vo Bate Pa Tu ». C’est un trio, un peu les paysans du coin, qui exploite une musique déviationniste, une sorte de free samba, et des paroles parfois satiriques. Il n’en reste pas moins que même si l’on ne comprend pas les paroles, on se laisse entraîner par la musique. Tout à fait le genre de truc que l’on oublie jamais après l’avoir entendu une seule fois. A mon avis c’est un groupe qui aurait mérite d’être plus connu. Le titre principal et autre plus genre pop du terroir vous sont proposés.

Dans ce bref aperçu de la musique brésilienne, j’aurais pu encore y inclure Morris Albert et son « Feelings ». Il est natif du pays, mais sa musique l’est beaucoup moins, plagiat involontaire ou non d’une vieille chanson de Line Renaud. Pour terminer, même s’il n’a jamais connu de hit, il est l’un des virtuoses de la guitare à la mode de là-bas et très connu. Mélangeant samba, jazz et musique classique, Baden Powell est géant dans son genre. Le voici!