Crosby Stills Nash & Young – Deja Vu


Dans nos jeunes années, souvent nos parents nous accusaient d’écouter de la musique sans queue, ni tête, pour reprendre une expression que j’ai quelquefois entendue. Et pourtant en écoutant cet opus, on a envie de les traiter de cons. Cette musique est bien loin d’un rock and roll à la Jerry Lee Lewis, c’est plutôt soft et mélodieux. Et puis rien qu’en écoutant les harmonies vocales, on peut rechercher parmi les artistes qui tirèrent les larmes aux yeux de nos géniteurs un équivalent, on en trouvera un ou deux, mais c’est tout. Et encore c’est pas sûr qu’ils aient fait mieux. Dont acte.
Cet album est le résultat d’une synthèse des voies ouvertes quelques années plus tôt par les Byrds, dont David Crosby fit partie. Groupe qui travailla passionnément un folk électrisé. Un outsider, Buffalo Springfield, aligna de belles harmonies vocales tout en ne reniant pas le style des Byrds. Ce fut le fief de Neil Young et Stepen Stills. Et puis il y a un Anglais de service, Graham Nash. Lui vient des Hollies, un groupe rival des Beatles, mais dans la catégorie sérieux. Et encore, il avaient aussi un petit air à se donner de la peine pour les vocaux.
La réunion des tous ces ingrédients ne pouvait que donner un album passionnant. De la pop baba cool, des mélodies apaisantes, des voix qui chantent la passion. Il y a quand même plus de trouvailles et de variations dans deux minutes de leur musique, que dans toute la carrière d’un rappeur. Je sais, cela va peut-être en faire bondir certains, c’est comme ça. Ce que comprends en musique est sans doute plus vaste que les murs gris des banlieues qu’il ne suffit pas de chanter pour pour qu’un arc-en-ciel se pose dessus.
Cet album sert juste un peu à me rendre la vie un peu moins chiante, mais pour ça il faut l’écouter. J’ai essayé et ça marche.

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St James Infirmary – Du cafard pour l’éternité

st james infirmaryUne des plus grandes chansons de l’histoire de la musique, à la longévité exceptionnelle. Ses obscures origines remontent très probablement au 18ème siècle, en Angleterre. Elles connut bien des évolutions, notamment les paroles ne sont pas universelles, mais diffèrent un peu selon les interprétations. Ses compositeurs restent inconnus. A l’origine, c’est une histoire de marin qui fréquentes les prostituées et meurt d’une maladie vénérienne. Les paroles modernes parlent d’un homme qui est dans un bar et parle de la mort de sa copine à l’hôpital. Le ton fait penser à une époque ou l’on venait y crever plus que s’y faire soigner. Elle fut pour une grande partie rendue populaire par Louis Armstrong en 1929. Bien qu’il s’agisse d’une chanson de folklore, elle est traitée par lui dans le style de la Nouvelle-Orléans et elle subira les influences de ce style pendant longtemps. Selon les interprètes, elle sera plus tard traitée en blues ou en folk et même en pop. D’innombrables versions seront enregistrées par des vedettes ou des chanteurs plus obscurs. On en trouve des enregistrements par Cab Calloway, Artie Shaw, Duke Ellington, Coleman Hawkins, Django Reinhardt, pour n’en citer que quelques uns parmi les anciens. Mais les chanteurs plus modernes l’interprètent aussi, Janis Joplin, les Doors, , Joe Cocker, Stray Cats, White Stripes. En pleine Beatlemania, les anglais de Cops’n Robbers en font une très belle version au traitement dans l’ère de l’époque. En 1967, Eric Burdon et les New Animals en font une version pop et assez déjantée, qui échappe au style habituel. En France, on la retrouve par Colette Magny et Joe Dassin, dans des versions chantées en anglais. Eddy Mitchell en fit un succès avec son adaptation « J’avais Deux Amis », en hommage à Eddie Cochran et Buddy Holly. Une chanson immortelle!

La version de Cab Calloway dans les années 30

La version de Eddy Mitchell

La version psyché de Eric Burdon et les Animals

Version de Joe Cocker en 1972

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