Nico – L’ombre du velours

nico the end


La passionnante, la merveilleuse Nico, tout un univers musical, étrange, fascinant, envoûtant. Mélopées nauséeuses qui cachent le soleil là-haut, pour le faire briller dans notre coeur. Des histoires d’amour qui s’écoutent à la lumière d’une chandelle qui éclaire les visages blafards. C’est pourtant beau un visage qui danse dans la lumière rougeoyante, c’est beau comme une chanson de Nico, un hymne à la nuit d’où jaillira la lumière de demain…
Nico est née Christa Päffgen à Cologne, le 16 octobre 1938. Elle passe une partie de sa jeunesse à Paris où le célèbre photographe Tobias lui donne le surnon de Nico. Bien avant de devenir chanteuse, elle est mannequin, chez Chanel notamment. Elle vient au cinéma par la bande, mais ne décroche pas vraiments des rôles qui pourraent faire d’elle une actrice de premier plan. On la voit dans  » La Dolce Vita  » de Fellini et  » Srip-Tease de Jacques Pinateau en 1962. Partageaint sa vie entre Paris et New-York, elle a l’occasion de se perfectionner avec Lee Starsberg du fameux Actor’s Studio. En 1962, elle met au monde un fils née d’une liaison avec Alain Delon, que ce dernier renie. En 1964, elle rencontre Brian Jones des Rolling Stones qui la pousse à chanter. Elle renregistre son premier disque  » I’m Not Sayin « , qui sortira sur le nouveau label de leur producteur, Immediate. Retour aux Etats-Unis où elle rencontre Dylan et plus important Andy Warhol. Ce dernier en train de créer son pop art, l’associe au mouvement et elle tourne des films expérimentaux. Faisant partie de l’entourage de Warhol, le futur Velvet Underground est une composante des spectacles inspirées par l’artiste. C’est ainsi que Nico se met à travailler avec le groupe et qu’elle figurera sur la fameux album à la banane produit par Warhol. On se souviendra du fameux  » Venus In Furs « , inspiré par Sacher Masoch, ainsi de quelques titres restés fameux de ce disque. Si on se rappelle aujourd’hui d’un seul fait concernant sa vie, c’est bien celui-là. Mais Nico n’est qu’un élément un peu secondaire dans la groupe, ce n’est pas vraiment ce dont elle rêve et son passage sera bref, anecdotique au sein du groupe. Si Lou Reed l’étouffe, par contre John Cale sent tout le potentiel de la chanteuse, s’efforcera et l’aidera efficacement à se lancer dans une carrière solo. Ce sera pendant 20 ans le parcours de la Nico solitaire et chanteuse, celui dont on se rappelle moins maintenant et pourtant si majestueux. A vrai dire, Nico n’est pas une chanteuse d’exception, comme une Janis Joplin, par exemple. Sa voix est gutturale, monocorde, pour ne pas dire monotone, ses origines allemandes et son léger accent n’y sont sans doute pas étrangers. C’est pourtant cette voix et le mariage de sa musique, que l’on pourrait qualifier d’expressionniste en référence au vieux cinéma germanique, on pourrait aussi dire gothique, qui va faire tout le charme et le mystère de ses chansons.
En 1967, son premier album solo  » Chelsea Girl  » est un panachage de divers compositeurs comme Bob Dylan, Tim Hardin, et des membres du Velvet qui l’accompagnent. La tendance est plutôt folk, mais son futur style se pointe déjà. Produit par le très connu Tom Wilson, le disque n’impressionne pas le public outre-mesure. En 1969, John Cale l’encourage à composer toutes les chansons de l’album  » The Marble Index « . Nico se met à l’harmonium qui deviendra son instrument de prédilection. Le style est plus personnel, les instruments plutôt inhabituels. On y trouve des références à la musique classique, au folk, bref c’est beaucoup plus une musique du vieux continent., tendance planante. Son fils Ari, chante un morceau  » Le Petit Chevalier « . C’est assurément un grand album. Les années 70 voient Nico poursuivre sur sa lancée, au début avec un premier opus  » Desert Shore  » et en 1974 , » The End « , titre célèbre des Doors qui figure dans « Apocalyse Now « . Sa musique est encore plus avant-gardiste, ambiance angoissée, toujours merveilleuse. Sur son nouveau label Island, elle participe aussi aux enregistrements de Kevin Ayerset Brian Eno. C’est aussi l’occasion d’un retour au cinéma avec son compagnon d’alors, Philippe Garrel. Elle figure dans plusieurs films de lui, cinéma underground, dont elle compose la musique de  » La Cicatrice Intérieure  » en 1972. Sa popularité est discrète, elle n’est pas une vedette de premier plan, elle ne le sera plus jamais. Mais ses engagements culturels font d’elle une personne qui est appréciée par un public très intellectuel. Sa relation avec la drogue, notamment l’héroine, ne sont pas le meilleur atout dans son jeu. Elle perturbe son psychisme assez fragile, mais peut-être doit-on considérer cela comme un mal nécessaire chez elle. Elle continue de se produire en concert et enregistre  » Drama OF Exile  » en 1981, dans lequel on trouve des influences rocks et orientales. Son dernier album date de 1985,  » Camera Obscura  » encore plus expérimental et assz jazz. Le 18 juillet 1988, elle chute en vélo sur l’ile d’Ibiza et meurt des suites d’une hémorragie cérébrale. Elle est enterrée à Berlin.
La légende existait déjà de son vivant, elle va s’amplifier avec sa mort. Bien sûr, comme la mort rend tout le monde regrettable, tout ceux qui l’ont approchée de près ou de loin vont le faire savoir. Les hommages vont fleurir à travers des hommages tous azimuts, livres, concerts qu’on a pas estimés dignes de paraître de son vivant vont voir le jour. L’hommage le plus sincère sera certainement celui de son fils à travers ses souvenirs  » L’amour N’oublie Jamais  » paru en 2001.
Nico est sans doute au-delà de tout ça. Une artiste sincère, supérieurement engagée dans sa vision personnelle de la vie et son désir de la faire partager. Il en reste, de beaux, de merveilleux souvenirs. Filmés, enregistrés, écrits, il restent des témoignages certains de son passage dans le 20ème siècle, un siècle qui n’aurait pu qu’être artistiquement plus terne sans elle.

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A Whiter Shade Of Pale – Un tube de l’été au-delà des choses

procol harum

Le tube de l’été, voilà un surnom qu’un artiste à toujours du plaisir à se voir attribuer. C’est en effet le tube de l’été 1967 et tous les enfants nés dans les premiers mois de 1968 devraient avoir une pensée émue pour cette chanson, car elle rapprocha pas mal de couples durant l’été précédent et qui sait…
Procol Harum est un groupe britannique formé sur les cendres d’un autre groupe, les Paramounts, qui eurent une petite renommée en 1963-64, bien inspirée des groupes noirs américains comme les Coasters. Robin Trower, guitar hero, en fit partie comme il fera partie mais un peu plus tard, de ce même Procol Harum, ainsi que les d’autres membre de la formation initiale. Pour l’instant, le seul rescapé est Gary Brooker, pianiste et chanteur. Pour ce début, il est entouré de Matthew Fisher, orgue; Roy Royer, guitare; Dave Knights, basse: Bobby Harrison, batterie. Une sorte de sixième membre est Keith Reid, qui ne participe que comme parolier. En cette année 67, le monde de la musique est en train de changer radicalement, on explore des chemins plus ardus de l’expression musicale. Les mélodies et les arrangements prennent plus d’importance et les paroles se veulent plus poétiques ou littéraires. C’est dans ce contexte que nait ce fameux « A Whiter Shade Of Pale », vaguement inspiré d’un morceau de Bach. Sur des paroles de Reid et de la musique de Broker (et plus tard Fisher reconnu comme co-auteur par la justice), le morceau est mis en boîte chez Decca, avec un batteur de studio. Produit par Denny Cordell, il est publié sur le label Deram, sous-marque à vision de progressive de Decca. En un petit mois de mai, il disque démarre comme une fusée et il est no1 en Angleterre pendant six semaines, durée énorme pour cette place de choix. Il ravage la planète entière et occupe des places de choix dans tous les pays qui possèdent un hit parade. Il s’en vendra une dizaine de millions de copies rien que cette année-là, autre chiffre considérable. La chanson n’arrêtera pas de battre des records au fil des ans. C’est la chanson la plus jouée sur les antennes anglaises de ces 70 dernières années. Elle est considérée une des 100 meilleures chansons de tous les temps. Il y a un petit millier de versions différentes par des artistes divers. Autre fait sans doute unique, c’est la seule fois où le premier disque d’un artiste est classé no1 et que pour le disque suivant, ils sont signés par une autre compagnie. Bref c’est un grand classique et une grande chanson qui ne se targue pas de facilité commerciale, ligne mélodique étoffée, vocal puissant de Brooker, elle avait tout pour faire une longue carrière dans le temps.
Fort de ce hit, le groupe continuera une belle carrière les dix années suivantes, enregistrant des albums teintés de musique classique et de rock. Mais il souffrira quand même de l’image de ce démarrage fulgurant, les fans de la première heure essayant par trop de retrouver ce qui les avait tant charmé quand ils ont acheté ce fameux tube de 1967. Procol Harum n’en eut pas trop cure et il continua d’explorer la musique, s’attirant d’autres fans qui suivent encore ce qui reste du groupe aujourd’hui, mené par l’inébranlable Gary Brooker.


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