Dave Brubeck 1959 – Et un hit, un! »

musique50timeout

La carrière de Dave Brubeck est prolifique, nous n’allons pas la détailler ici, mais plutôt nous arrêter sur un point précis, sans doute le plus connu. Le jazz en général est une musique qui a ses inconditionnels. Les ventes d’un disque du genre ne peuvent pas rivaliser avec la plus mauvaise vente d’un succès des Beatles. En 1959, Brubeck enregistre son album « Time Out » en quartet. Les membres de la session sont Dave Brubeck, piano; Paul Desmond, saxophone ténor; Joe Morello, batterie; Gene Wright, contrebasse. Le concept de l’album, il y en a un, est d’utiliser des mesures et tempos changeants qui ne sont habituellement pas utilisées en jazz.
Les titres de l’album sont les suivants:
Blue Rondo A La Turk / Strange Meadow Lark / Take Five / Three To Get Ready / Kathy’s Waltz / Everybody’s Jumpin / Pick Up Sticks.
A part le premier qui est inspiré d’une sonate de Mozart et « Three To Get Ready » d’un thème de Haydn, les compositions sont de Brubeck, excepté « Take Five » de Paul Desmond. A sa sortie l’album est accueilli plutôt fraîchement par les critiques. Il va pourtant devenir l’une des meilleures ventes d’albums de jazz, toutes époques confondues. Il sera bien aidé par un titre de l’album, « Take Five » qui va devenir un standard que l’on entend autant dans les boîtes de nuit, qu’en musique de fond dans les centres commerciaux. C’est le genre de titre qui séduit toutes les classes d’âge. Il s’en fera même des versions vocales, et pas seulement pour ce titre là. Claude Nougaro, charmé, transformera le « Rondo » en « A Bout De Souffle », il mentionne d’ailleurs Brubeck dans la chanson. Il fait une chanson avec un truc presque inchantable. Il ne s’arrête pas là, car « Three To Get Ready » devient « Le Jazz Et La Java », un de ses titres les plus connus, qui illustre bien le mélange voulu des styles dans les morceaux de l’album. Même les yéyés, Richard Anthony en l’occurence, fera du titre phare « Ne Boude Pas » qu’il poussera même à l’enregistrer en anglais.
En enregistrant cet album, Brubeck a sans doute laissé quelques plumes auprès des puristes, mais il a gagné le coeur de millions de fans qui n’étaient pas spécialement destinés à s’intéresser à un disque de jazz, certes en version plutôt accessible, reconnaissons-le quand même.

Ecouter l’album gratuitement sur MusicMe.

M

L’ après-guerre de Jacques Helian

musique40 hélian

 

Après la dure période de l’occupation, où l’on risquait une descente de la gestapo pour avoir écouté du jazz, il ne se passait pas grand chose pour les amoureux de musique. Tous les artistes qui cartonnaient avant 1940 avaient dû plus ou moins mettre leur carrière en berne. Tout restait à recréer. Pour certains, comme Edith Piaf ou Charles Trenet, tout allait redémarrer assez vite et ils créeront même quelques unes de leurs plus célèbres chansons. Il y avait, si l’on peut dire, de la place. Le plus célèbre orchestre français d’avant-guerre, celui de Ray Ventura tenta bien sûr le coup, en revenant d’un exil un peu forcé. Celui qui réussit le mieux son coup, reste Jacques Helian.
Ce n’est pas à proprement parler un débutant. Né en 1912, il fit partie, entre-autres, de l’orchestre de Ray Ventura. Jouant du saxophone et de la clarinette, il a fait ses classes avec son beau-frère, le futur grand chef d’orchestre Raymond Legrand et père de Michel Legrand. En 1939, il est soldat et fait plus tard prisonnier. Libéré en 1943, il monte son propre orchestre, qui fera ses débuts à la radio. Très vite, il enregistre des airs qui vont devenir célèbres comme « Fleur De Paris ». Parmi les faits les plus évidents, son orchestre voit défiler son lot de futures personnages très populaires comme Zappy Max ou Ginette Garcin. Le style de Jacques Hélian importe dans une certaine mesure le swing des USA, mais son répertoire est aussi teinté de musiques plus exotiques ou romantiques à la manière latine. Les chansons humoristiques ne sont pas absentes non plus. Il est vrai que dans le contexte de l’époque, on regarde moins à la perfection du style, les puristes ne sont pas légion. On veut surtout s’amuser, et l’orchestre répond tout à fait à cette demande. Il créa néanmoins deux chansons qui resteront très célèbres. L’une est le fameux « C’est Si Bon » reprise par une pléiade d’artistes. L’autre fait partie d’un domaine plus proche de la chanson scout, qui n’a pas chanté ou entendu quelques couplets de « Etoile Des Neiges », qui lui rapporta d’ailleurs un disque d’or. Pendant une dizaine d’années, il fut immensément populaire, surtout à travers la radio, très écoutée. Peu de personnes possédaient de quoi écouter les 78 tours, qui étaient la panacée des années 40. Il apparut aussi dans quelques films. Son étoile pâlira peu à peu, remplacée par des musiques plus dirigées vers les artistes solistes et l’émergence de la chanson française traditionnelle. Il meurt en 1986.
En résumé, Jacques Hélian fut une passerelle entre une musique qui avait usé à doses modérées le swing cher à certains et une musique populaire de bon aloi. Il est plus une référence pour les passionnés de chansons légères que comme un importateur du jazz
en France.

Ecouter Jacques Helian gratuitement sur MusicMe.