De New York à San Francisfolk

Il y a des artistes qui servent de canalisateurs pour un style ou un autre. Quand ils arrivent à se maintenir à un certain niveau de popularité, nul doute qu’ils ouvrent la porte à ceux qui ont assez de curiosité pour en savoir plus. Si j’aime le folk américain, c’est sans doute grâce un peu au Kingston Trio ou aux Brothers Four. Si ces derniers sont à mon avis plus authentiques, les premiers ne déméritent pas bien que certains puristes les classent dans un style de variété « folklorisante ». Personnellement j’aime bien, l’étendue de leur répertoire permet de remonter aux chansons qui ont fait l’histoire du folklore américain, sans doute l’un des plus intéressants du fait de la rencontre de multiples cultures. La conquête de l’Ouest reste une des principales sources d’inspiration. il n’y a pratiquement pas un personnage, bon ou mauvais, qui marqua cette histoire, qui n’a pas une chanson qui raconte sa légende. De même, les vastes plaines, les lieux particuliers, les amours heureuses ou malheureuses, sont autant de sujets pour en faire une chanson.
Le Kingston Trio fut populaire dès son célèbre « Tom Dooley » enregistré en 1959, un arrangement sur une chanson d’origine africaine. Pour bon nombre des leurs titres directement puisés dans la tradition ou compositions venant d’autres grandes références comme Woody Guthrie ou Pete Seeger, leurs versions restent incontestablement populaires. Par exemple, le fameux « Greenback Dollar » (« Sacré Dollar » par les Missiles) composé et enregistré par Hoyt Axton, a gagné les oreilles du public grâce à la version du Kingston Trio.
J’ai fait une sélection d’un douzaine de titres dans leur discographie, des titres que vous avez peut-être entendus par d’autres, mais que me paraissent intéressants et qui viennent tous de la tradition du folk, même si certaines peuvent avoir un petit air d’être venues d’ailleurs.

Un tic celte

Depuis près de 50 ans je suis un fan de musique celtique et bretonne. Je l’ai pas mal explorée et même en Bretagne j’ai remarqué que je connaissais mieux le folk breton que certains d’entre eux. C’est une musique que l’on peut aimer de manière traditionnelle ou plus moderne. Quand on l’écoute, on s’aperçoit que les Bretons étaient des marins, ils rapportèrent des épices et aussi des notes de musique qu’ils mélangèrent avec leur folklore. Et puis on ne peut que les féliciter, ils savent bien préserver leur culture, c’est encore très vivant et leur langue, même si j’en pipe quasiment pas un mot, a une belle sonorité qui se marie avec le bruit des vagues se fracassant au pied des falaises qui surplombent toutes leurs chansons.

Commencer par Alan Stivell est presque évident, il est un des détonateurs de l’avènement de la musique celtique moderne, ici une chanson originaire  des îles Hébrides. Sur l’album en public à l’Olympia en 1972

Tri Yann, sans doute les plus populaires après Stivell, je les ai découverts il y a bien longtemps sur un album où figurait cette chanson gaélique.

Un merveilleux instrumental à la harpe celtique par An Triskell, avec ça on a la tête dans les nuages et c’est tant mieux.

Un des grands chanteurs bretons actuels, Denez Prigent, il est céleste !

Le groupe Dir Ha Tan dans les années 70.

Assez surprenant, une harpiste russe qui chante en breton « la chanson du cidre » et cela sonne très breton ne vous en déplaise.

Le groupe Ar Korrigan, un album  des années 70, c’est une vision assez moderne, presque pop.

Plus breton tu meurs, les soeurs Goadec qui furent de véritables stars en Bretagne et c’est sans artifices.

En présentant les soeurs Goadec, on ne peut pas manquer de mentionner Glenmor, un des plus bouillants défenseurs de l’identité bretonne. Les paroles de Brel du Moribond « Adieu l’Emile je t’aimais bien », lui sont dédiées. Bien que la plupart de ses enregistrements soient en français et certains assez éloignés de la tradition musicale bretonne, en voici un « Kan Bale », plus ancré folk breton. C’est un chant révolutionnaire breton pour l’indépendance. Je n’aime pas trop ce qui sonne un peu militaire, mais là ça passe mieux.

A propos de Glenmor, voici une de ses vieilles chanson dans un interprétation récente qui ne manque pas de charme, la chanteuse non plus.

Par le groupe Ar Skloferien sur un album de 1974, un album que j’aimais bien