En passant

Paris, par-ci, par-là (7)

3 rue de la Paix, mettez des souliers propres

Dans l’article précédent nous étions place de la Concorde. Sans faire des kilomètres, allons sur la place Vendôme qui se trouve à un gros jet de pierre d’elle. L’endroit est réputé pour ses boutiques du luxe, c’est le rêve de toutes les ménagères qui aimeraient bien voir leur mari entrer dans l’une d’elles pour acheter le prochain cadeau d’anniversaire. La place a aussi son histoire, mais de manière plus visible, une colonne avec une statue équestre de Louis XIV en occupe le centre. Mais ce n’est pas tellement lui qui va nous occuper ici, mais son arrière petit-fils également roi, Louis XV. Comme son ancêtre, il s’occupa pas mal des ces jolies dames qui galopaient à la cour. Sans inventorier toutes ses conquêtes, attardons-nous sur la plus célèbre de ses maîtresses en titre, la marquise de Pompadour alias Jeanne-Antoinette Poisson, épouse de Charles-Guillaume le Normant d’Étiolles. Elle a la réputation d’être très belle selon les canons de l’époque, mais ce qui est encore plus certain, c’est qu’elle est intelligente, cultivée, et rusée. Son rôle sera loin d’être effacé, elle aura pas mal d’ascendant sur la vie du roi et ses décisions. Ce n’est pas tellement sur l’oreiller qu’elle obtient ses faveurs, car au niveau sexualité elle est plutôt du genre frigide et son amant tout le contraire. Tout en poursuivant une complicité qui ne s’éteindra qu’à sa mort, elle conseille le roi sur les meilleurs moyens de calmer sa libido en lui dénichant de charmantes compagnies, le guide vers les arts, la littérature, la science, l’architecture. Sa vie remplirait un livre que je ne vais pas développer ici. Elle a toujours été de santé fragile et elle meurt prématurément à 42 ans en 1764. Et c’est bien là que commence notre histoire.
Qui dit décès pense enterrement. Elle avait exprimé le désir d’être enterrée dans la chapelle du couvent des Capucines, là ou se trouvait déjà sa mère décédée en 1745 et sa fille morte à l’âge de 10 ans en 1754, enfant issu de son mariage avec Normant d’Étiolles. Ce couvent était situé un peu nord de l’actuelle place Vendôme. Il ne survivra pas au Premier Empire et est démoli en 1806 pour céder la place à une avenue Napoléon qui cédera son nom à l’actuelle rue de la Paix sous la Restauration. Si le couvent et la chapelle furent bel et bien détruits, ils ne le furent qu’en surface. Comme en principe les défunts sont enterrés à une certaine profondeur, on se contenta ici d’aplanir la surface en ne touchant pas aux tombes, au pire en rasant les monuments. Il n’y avait ici aucune raison de préserver ces tombes, la Révolution avait passé par là, on a donc fait au plus simple sans se fatiguer. Selon des études faites sur l’histoire de l’urbanisme du quartier, cette chapelle se trouvait devant le no 3 de la rue de la Paix. Donc si vous quittez la place Vendôme en direction nord, une centaine de mètres plus loin, vous aurez de fortes chances de piétiner la tombe de la marquise de Pompadour. Mais bon, je pense que depuis le temps elle a l’habitude.

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Au sud-est du Forum des Halles, vous trouverez une fontaine, dite la fontaine des Innocents. Ses origines remontent au 13ème siècle, elle connut diverses transformations au cours des âges. L’endroit fut aussi un cimetière portant le même nom. Les premières sépultures remontent au 5ème siècle, il faut avoir à l’esprit que le cimetière était alors à l’extérieur de Paris, c’est la ville en s’étalant qui le propulsa intra-muros. On estime que deux millions de personnes y furent enterrées sur une période qui couvre environ 13 siècles. Il fut désaffecté en 1780 sur ordre royal.
Le personnage qui nous intéresse ici devait sans doute bien connaître l’endroit car ce qui lui arriva se produisit tout près, au sud de la fontaine, rue de la Ferronnerie. Elle n’est pas très longue, 120 mètres. Au milieu, si vous regardez le sol, vous verrez un plaque incrustée dans le sol. Elle rappelle que le 14 mai 1610, c’est l’endroit où fut poignardé Henri IV par un certain Ravaillac. Pour ceux qui ont plutôt la tête dans les nuages, une plaque murale mentionne le fait et la date.

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Les rue Descartes n’est sans doute pas représentative de l’importance historique du personnage, c’est une petite artère de 250 mètres de long. Mais en la parcourant, on peut plonger dans l’histoire de France à travers deux personnages qui n’ont absolument rien en commun. Le premier et sans doute le plus célèbre, mourut au deuxième étage du no 32 de la rue, à l’âge de 51 ans en 1896. Sa vie tumultueuse et très alcoolisée est assez bien documentée. Un grand de la chanson française disait de lui dans une chanson : « il avait au moins l’absinthe qu’en 14 on interdira, il en tirait de douces plaintes et des rimes de cent carats ». Il s’appelait Paul Verlaine.

Tout près, au no 30 de la même rue se trouve un hôtel construit à la mode du 18ème siècle. Le but de son édification est un peu à contre courant de ce qui se faisait en des temps reculés. La noblesse française aimait bien se retrouver dans des endroits tranquilles et discrets, pas tellement pour causer des derniers potins de la cour. On y consommait l’adultère au gré de la fantaisie des couples qui n’avaient pas une légitimité reconnue. Celui-ci connut un destin bien plus sage. Il fut érigé pour le fils du Régent, Louis d’Orléans (1703 – 1752). Son père était le duc Philippe d’Orléans (1674 – 1723), le fils de Monsieur frère de Louis XIV, et de la princesse Palatine. Ayant le titre de régent, c’est donc lui qui s’occupa des affaires de la France en attendant la majorité de Louis XV. Les historiens s’accordent assez volontiers pour lui reconnaître un bilan politique plutôt positif par rapport aux régences précédentes, il est aussi reconnu comme un travailleur acharné, sans que tout soit parfait. Il signale aussi sa présence dans le domaine artistique. Mais l’histoire a également retenu de lui que ce fut un débauché, participait à des orgies, on parla même de relation incestueuse avec sa fille ainée.
Mais tel père n’est pas forcément tel fils. Le Régent eut huit enfants avec sa femme Françoise-Marie de Bourbon, mais un seul garçon, Louis d’Orleans mentionné plus haut. Ce dernier, qui sera surnommé Le Pieux, joua un rôle politique atténué, mais aurait pu être un prétendant au trône en cas de décès de Louis XV. Il se maria en 1724 avec Auguste Marie Jeanne de Bade-Bade, de noblesse allemande. Elle mourut deux ans plus tard en donnant naissance au second enfant du couple. Louis d’Orleans avait toujours vu d’un mauvais oeil la conduite de son père. De plus en plus attiré par la religion, inconsolable de la perte de sa femme, il ne se remaria pas. Il se retira dans le fameux hôtel pour y mener une vie pieuse, loin des excès de la cour qu’il fréquentait néanmoins occasionnellement. Ame charitable, il s’occupa souvent de bienfaisance, mais fut aussi porté sur les sciences en finançant des expériences scientifiques. Historiquement, il est l’arrière-grand-père du dernier roi des Français Louis-Philippe.

Sources . Wikipédia, B.N.F, Street view, DP

En passant

Inventaire musical à la Prévert (233)

Disques sous la loupe

Des curiosités musicales diverses, des ambiances particulières, une démarche artistique originale. Des disques qui sont des collectors de plus ou moins grande valeur, mais qui en ont une artistiquement parlant. Les découvrir c’est partir à l’aventure.

The Beatles – UK LP

Ce fut mon premier album des Beatles et forcément cela laisse quelques souvenirs. Historiquement c’est leur troisième album qui sert de support à leur film « Quatre Garçons Dans Le Vent » pour le titre français. En fait, la bande sonore n’occupe qu’une face du disque, les chansons de l’autre face ne figurant pas dans le film. Le disque me permit aussi de découvrir ce qui sera pour l’éternité ma chanson préférée du groupe « Things We Said Today ». C’est également le premier album sans reprises, rien que des originaux. On sent aussi pointer l’habilité du duo Lennon/McCartney à composer des chansons qui deviendront de charmantes mélodies qui plairont à presque tout le monde, « I’ll Be Back » ou « And I Love Her » en sont deux exemples. Je n’en fais pas un mystère, je cite volontiers le duo comme référence dans l’art de la composition. Ben voilà, 60 ans plus tard il m’en reste quelques bons souvenirs en chansons et un film pas si mal que cela.

Artiste : The Beatles
Titre : A Hard Day’s Night
Genre : british beat
Label : Parlophone
No Catalogue : PMC 1230 mono; PCS 3058 stéréo
Pays : UK 1964
Meilleure enchère sur Ebay, 1032 euros, 1ère édition stéréo
Note : les premiers tirages existent en plusieurs variantes pas forcément identifiables au premier coup d’oeil

Things We Said Today

The Jaybirds / Bud Ashton And His Group – 45 tours UK

The Jaybirds / Bud Ashton And His Group – Ebassy – WB 632, UK publié en 1964, meilleure enchère sur Ebay 54 euros.

Un disque qui est certes un petit collector, mais il faut vraiment connaître son histoire musicale à fond pour le situer historiquement et éventuellement en acheter une copie. C’est surtout ce qui concerne les Jaybirds qui nous intéresse, le disque regroupant des artistes différents sur chaque face. Les Jaybirds ont une origine qui remonte à 1960. Un groupe noyé parmi les centaines qui parsèment la carte d’Angleterre. En 1964, ils ont la possibilité d’enregistrer pour le label Enbassy. Celui-ci est spécialisé dans la reprise des hits pour leurs publications. Le petit avantage, c’est que vous n’avez que des succès, mais pas les versions originales. Les Jaybirds publieront plusieurs disques sur le même principe. Au fil du temps et des changements le groupe finira par s’appeler Ten Years After. Bien difficile d’imaginer l’avenir en écoutant cette reprise des Animals. Alvin Lee et Leo Lyons en sont membres depuis le début, Ric Lee les rejoindra en 1965 et Chick Churchill en 1966. La suite est historique…

Visites au musée du Boss

Au cours de ma vie je ne sais pas combien j’ai écouté de disques, probablement des millions. Dans ce kaléidoscope, certains ne firent que passer, d’autres se manifestèrent de manière plus accrocheuse. Et puis il y a ceux que je peux mettre dans mon musée. En voici des exemples, et comme en musique je n’ai jamais été sectaire, on peut y trouver des trucs qui peuvent sembler bizarres. Mais voilà, je les ai tous adorés et même les adore encore…

Deux qui figurent sans aucun doute parmi mes records d’écoute…

The Spencer Davis Group – Don’t Want You No More

Little Phil & the Night Shadows – The Way It Used To Be

Dans une future pièce du musée encore en construction, ces chansons y figureront probablement. Je ne les ai pas encore suffisamment écoutées, elles sont de découverte plus ou moins récente et ne font pas partie de mes 20 premières années d’écoutes, mais je suis sûr que je les écouterai encore dans dix ans.

The Cramps – Human Fly