En passant

Inventaire musical à la Prévert (53)

A l’écoute du premier album des Kinks publié en 1964, il est assez difficile de percevoir où ils allaient nous entraîner par la suite, et surtout devenir un des groupes les plus enchanteurs des sixties, notamment grâce à la magie des compositions de Ray Davies. En écoutant leur premier hit qui figure sur l’album « You Really Got Me », on pouvait penser que la suite allait se diriger vers une sorte de hard rock d’avant l’heure. Le titre est d’ailleurs prisé par les formations du genre, notamment Van Halen. Les six reprises qui figurent sur l’album viennent de Chuck Berry (2 fois), Bo Diddley, Slim Harpo, Lazy Lester, Tommy Tucker, c’est à dire que l’on est plutôt dans le rock and roll et le rhythm and blues, les titres restants et originaux peuvent se classer dans une veine semblable. Sil fallait comparer avec d’autres albums de l’époque, je dirais un peu le live des Yardbirds au Marquee Club et surtout le premier album des Downliners Sect. Mais il est quand même du pur Kinks tendance rhythm and blues, le seul album qui sera dans ce style. Les choses vont vite évoluer, Ray Davies va trouver les accords qui le font les belles mélodies et deviendra en Angleterre pour les sixties, le citoyen le plus titré en nombre de composition classées dans les charts, catégorie compositeurs solitaires. Selon les bruits qui circulent, plusieurs musiciens de studios ont participé à l’album, Jimmy Page, guitare; Bobby Graham, batterie; Jon Lord (futur Artwoods et Deep Purple).

You Really Got Me
Beautiful Delilah
So Mystifying
Just Can’t Go To Sleep
Long Tall Shorty
i Took My Baby Home
i’m A Lover Not A Fighter
Cadillac
Bald Headed Woman
Revenge
Too Much Monkey Business
i?ve Been Driving On Bald Mountain
Stop Your Soobing
Got Love If You Want It
Beatiful Delilah en live 1965
You Really Got Me en live 1965

Durant les sixties, la discographie française de distingua par le nombre impressionnant de publications qui furent faites sous la forme de EP, c’est à dire quatre titres, deux par face. Le principe de base était un peu mercantile, on vendait deux fois plus de marchandise sur la réputation d’un titre principal ou d’un succès, le 45 tours simple avec deux titres était réservé à la promotion et aux jukeboxes. L’avantage principal de ces EP’s demeurait dans le fait que ces éditions étaient présentées dans une pochette avec le plus souvent une photo de l’artiste et un emballage cartonné et plastifié plus résistant à l’épreuve du temps. L’Angleterre et les USA eurent beaucoup moins recours à ce genre de publications. Le plus souvent, la règle était le 45 tours simple emballé dans une simple pochette à trous permettant de voir l’étiquette du disque. Aujourd’hui ces fameuses disques EP’s français, surtout ceux concernant des artistes étrangers, sont recherchés par les collectionneurs du monde entier car ils sont uniques dans leur genre et peuvent parfois atteindre des sommes folles s’ils sont très rares. Au fil des semaines, je vous en présenterai quelques uns parmi ceux qui attirent justement les collectionneurs. Ils seront présentés avec la pochette, éventuellement avec un scan de ma collection personnelle si je ne trouve rien de satisfaisant, les titres qu’ils contiennent, et le plus haut prix atteint par une enchère sur Ebay.

Les artistes français avec des publications locales qui font de jolis scores dans les enchères internationales sont assez rares. C’est plutôt le contraire qui se produit, on recherche les publications étrangères de ceux-ci. Johnny Hallyday, Dalida et quelques autres dominent ce genre de marché, pour une publication ou plusieurs si elles existent. C’est un peu un coup de baguette magique quand un artiste français arrive à déchaîner les passions auprès de collectionneurs étrangers, notamment anglo-saxons. Ce sera rarement le cas si sa discographie est courante et l’artiste très connu. Mais quand on plonge dans les obscurités et que l’artiste n’est pas vraiment une star, il arrive que de bouche à oreille une réputation se fasse. C’est le cas d’une certaine Jacquelin Taïeb auteur-compositeur, qui enregistra un tube en 1967 « 7 Heures Du Matin ». Ce titre qui captait très bien l’esprit de la musique anglophone, elle en enregistra aussi une version en anglais commença à capter l’intérêt des collectionneurs étrangers. Il entraîna dans sa suite quasiment tous les disques qui furent à l’origine publiés par le label Impact, bien que moins populaires au niveau du succès. Il existe trois EP’s, quelques 45 tours extraits de ces derniers dont un contient des nouveaux titres, et un 33 tours uniquement publié au Canada. Aujourd’hui, après quelques disques enregistrés ici et là, Jacqueline Taiëb est devenue une sorte d’icône des sixties pour les Anglophones et il lui arrive encore de se produire, même à l’étranger.
Le troisième EP est le plus coté et aussi le plus difficile à trouver, mais les autres publications suscitent aussi une réel intérêt.

Jacqueline Taïeb – Impact 200 014, publié en 1967, meilleure enchère sur Ebay 730 euros.

Bravo
Juste Un Peu D’Amour
On Roule à 160
Le Coeur Au Bout Des Doigts
Le fameux tube de 1967
En passant

Inventaire musical à la Prévert (52)

J’ai toujours été un afficionado des Searchers, quelques disques pour moi inoubliables. Je vais être un peu sévère, mais pour moi à partir de 1965, ils sont devenus un groupe de seconde zone, pas tellement par un manque de qualité dans les enregistrements, mais bien par manque d’une évolution musicale. Ils ne furent pas les seuls, bien des groupes qui flambaient au son de Liverpool manquèrent le virage, condamnés à chercher le truc qui tape à l’oreille dans un style qui commençait à lasser. 1965, c’est l’année où je découvre les Yardbirds, les solos d’Eric Clapton et de Jeff Beck, alors en comparaison avec les Searchers, c’est le passé et l’avenir, avenir qui va se renforcer avec des groupes comme les Who, Cream, et une pléiade d’autres. Les Searchers sont aussi sur un pente descendante au niveau du succès, deux ans avant ils damnaient le pion aux Beatles et maintenant ils commencent à faire les fonds du hit parade, leur dernier vrai hit date du début de l’année avec « Good Bye My Love », une formidable reprise comme il savaient si bien les faire, classée no 4 en Angleterre. C’est aussi cette année là que Pye publie leur cinquième et dernier album. le seul qui trouve grâce à mes yeux en parlant d’évolution. Je ne jette pas les précédents aux orties, pas du tout, les précédents c’est du Searchers made in Liverpool, tandis que celui-ci se démarque des autres. On sent une volonté de faire autre chose, on note de la fuzz guitar, c’est plus fouillé au niveau des sons, c’est toujours impeccable au niveau vocal avec ou sans arrangements. Comme c’est leur habitude, ils vont fouiller les répertoires plus ou moins obscurs pour en remodeler l’interprétation à leur manière. Il contient quand même quatre titres originaux écrits par le groupe, à côté de reprises plutôt flamboyantes. Le titre principal qui donne celui de l’album « Take Me For What I’m Worth » est leur dernière apparition dans le top 20 anglais, c’est une reprise depuis P.F. Sloan, un compositeur très en Vogue en 1965 pour avair écrit « Eve Of Destruction » le méga-hit contestataire de Barry McGuire. Ils survivront malgré tout à leur légende, enregistrant de nouveaux albums en 1972, 1979, 1980, 1988, qui furent d’honnêtes ventes. A part cela ils n’ont cessé de donner des centaines concerts, faisant d’eux pratiquement le groupe le plus populaire des circuits revival, perdant ici où là un de leurs membres, deux des membres originaux sont décédés. En 2018, ils annoncent cesser les concerts, mais sans exclure tout à fait d’y revenir de temps en temps.
Voici les 12 titres de cet album qui pour moi garde un certain charme, sans oublier le reste.

I’m Ready
I’ll Be Doggone
Does She Really Care For Me
It’s Time
Too Many Miles
You Can’t Lie To A Liar
Don’t You Know Why
I’m Your Loving Man
Each Time
Be My Baby
Four Strong Winds
Take Me For What I’m Worth

Durant les sixties, la discographie française de distingua par le nombre impressionnant de publications qui furent faites sous la forme de EP, c’est à dire quatre titres, deux par face. Le principe de base était un peu mercantile, on vendait deux fois plus de marchandise sur la réputation d’un titre principal ou d’un succès, le 45 tours simple avec deux titres était réservé à la promotion et aux jukeboxes. L’avantage principal de ces EP’s demeurait dans le fait que ces éditions étaient présentées dans une pochette avec le plus souvent une photo de l’artiste et un emballage cartonné et plastifié plus résistant à l’épreuve du temps. L’Angleterre et les USA eurent beaucoup moins recours à ce genre de publications. Le plus souvent, la règle était le 45 tours simple emballé dans une simple pochette à trous permettant de voir l’étiquette du disque. Aujourd’hui ces fameuses disques EP’s français, surtout ceux concernant des artistes étrangers, sont recherchés par les collectionneurs du monde entier car ils sont uniques dans leur genre et peuvent parfois atteindre des sommes folles s’ils sont très rares. Au fil des semaines, je vous en présenterai quelques uns parmi ceux qui attirent justement les collectionneurs. Ils seront présentés avec la pochette, éventuellement avec un scan de ma collection personnelle si je ne trouve rien de satisfaisant, les titres qu’ils contiennent, et le plus haut prix atteint par une enchère sur Ebay.

Hector fut un cas particulier en pleine époque yéyé, il est le premier chanteur que l’on peut qualifier de décadent. Il n’a pas une discographie impressionnante, se contentant le plus souvent de reprises, sur des textes un peu déconneurs écrits par Gérard Sire ou Jean Yanne. Ce goût de l’absurdité et la rareté de ses disques qui ne se vendirent que peu, font que chez lui tout a un petit goût de collector pour les amateurs du genre. Trois disques, trois maisons différentes, qui vont en crecendo au niveau de la rareté. Sur le second enregistré chez chez Ducretet Thompson, on y trouve deux adaptations de Screamin’ Jay Hawkins, the Shouts via Jerry Lee Lewis, Timmy Shaw via les Animals. Il est décédé en 2020, probablement dans un dernier éclat de rire.

Hector – Ducretet Thomson – 460 V 662, publié en 1964, meilleure enchère sur Ebay 131 euros.

Alligator
Mon Copain Johnny
La Femme de Ma Vie
Hong Kong

Un document extrait du film « Chercher l’idole » interprétant Johnny