En passant

Bas nylons et un nana qui ne doit pas partir

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Récemment, j’ai abordé très brièvement la chanson « Baby Please Don’t Go » dans un autre post. Cette chanson a toute une histoire, bien qu’on l’attribue au bluesman Big Joe Williams comme créateur, elle lui est d’ailleurs créditée comme compositeur. En fait, les origines remontent probablement bien plus loin. Certains lui voient une ressemblance avec le standard « Alabamy Bound » ou un vieil air qui date de l’époque de l’esclavage « Long John ». Il est certain qu’une multitude de chansons circulaient à travers les USA à la manière de chansons de troubadours, et le fait de l’arranger d’une manière un peu particulière pouvait suffire pour en déposer les droits. Big Joe Williamns l’enregistra lui-même en 1935, et ce n’est que 30 ans plus tard via le reprise des Them qu’elle connut son envol définitif. Evidemment les Them en proposèrent une adaptation assez percutante, qui n’avait plus grand chose à voir avec l’original, elle changeait de couleur passant du noir au blanc. Pendant les 30 années écoulées entre original et reprise, il en existe de nombreuses autres versions avec quelques variantes, même en Angleterre les Them ne furent pas les premiers, Georgie Fame l’enregistra avant. Encore une fois, c’est une chanson qui se prête facilement à un arrangement dans un style précis, c’est le fait qu’elle soit reprise par une multitude d’artistes. Exploration…

L’original, 1935.

Lightnin’ Hopkins, 1949.

The Orioles, 1951.

Muddy Waters, 1953.

Billy Lee Riley, probablement première version blanche et un peu rockabilly, 1958.

Mose Allison, 1960.

Georgie Fame, 1964.

Them, 1964. Rappelons que la face B était le fameux « Gloria ».

The Boots, Allemagne, toujours très bons dans les reprises, 1965.

Paul Revere & Raiders, 1966.

 

Le Grand Mellon, version assez particulière, 1966.

Amboy Dukes, les débuts de Ted Nudgent, version pop bien enlevée, 1967.

The Rising Storm, à toute allure et psyché, 1967.

Dharma Blues Band, ce sont des Anglais, 1969.

Dion,  le chanteur à minettes qui aimait le blues, 1969.

Gary Glitter, 1972.

ACDC, 1975.

Hank C Burnette, le fameux rocker suédois, instrumental et décoiffant, 2002.

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En passant

Bas nylons et riche gratin

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En 1931 les congés payés n’existent pas. Autant dire que les vacances sont réservées à une élite qui n’a pas le portefeuille a plat. Pendant que les souris triment, les chats dansent. Les endroits à la mode existent un peu partout, mais le bord de mer est le plus souvent visité. Il y a le choix, Monte-Carlo est idéal et sonne en principe mieux que Monaco, mais c’est un peu la même chose, on peut aller de l’un à l’autre à pied et se faire admirer, sous l’oeil probable d’un certain Léo Ferré dont le père est directeur du Casino. Mais Biarritz est aussi une destination qui réunit le gratin quand il n’est pas terme de cuisine, on s’y presse. Bien entendu, cette affluence de beau monde mérite que tous les potins et cancans soient réunis dans une ouvrage et disponible à tout un chacun. Pour la somme de trois francs, Le BIarritz Illustré paraît pendant la saison afin de réunir les hauts faits d’une bourgeoisie qui n’a pas trop l’air affectée par la crash de 1929. Ces hauts faits sont d’une banalité mortelle, entre les réception et les thés dansants, il n’y a pas grand chose d’autre. Si le duchesse de Baisela-Pasla s’était fait voler sa rivière de diamants , évidemment que le tirage aurait augmenté avec probablement la photo du commissaire Bafouille posant à côté de l’écrin vide. Mais bon, je ne résiste pas au plaisir de vous en extraire quelques feuilles, d’autant plus que l’on y trouve dans les pages un personnage que j’admire beaucoup, Charles Chaplin, aussi connu sous le nom de Charlot. Sans doute le seul qui ne doit sa présence en ces lieux, du fait de son génie et non pas le fait d’être un fils à papa.

Vous pouvez cliquer sur les photos et les textes pour une meilleur lecture

Dans la liste des résidents, vous noterez la présence de Barbara Hutton, réputée comme la femme la plus riche d’Amérique, une femme qui avait pourtant la réputation d’être d’une générosité exceptionnelle, c’est fou ce que l’on peut rencontrer comme gens généreux dans les potins

Source Gallica, BNF, DP

En passant

Une décennie de nylon

Eh oui, il y a dix ans que je sévis sur ce blog, Le 24 juillet 2009, je mettais mon premier article en ligne. C’est beaucoup pour un sujet qui en fin de compte est très limité, je veux parler du bas nylon bien sûr. J’ai beaucoup évoqué de souvenirs personnels le concernant, car dire d’un objet qu’il est beau, bien, fantastique, cela tourne vite en rond. Pour cela, il fallait aller au-delà de la béate admiration et l’aborder sous d’autres angles possibles, je crois avoir pas trop mal réussi. Bien d’autres ont tenté le coup, mais peu ont acquis la longévité nécessaire à faire perdurer un blog, au bout de quelques articles, ils disparaissent par manque de flamme. La musique n’est pas étrangère à ma longévité, j’ai été bien avant l’apparition de la Toile un peu journaliste musical. Cette musique est en fait ma vraie passion, celle que j’explore depuis 50 ans sans jamais me lasser, j’ai une sorte de petite encyclopédie dans ma tête, à laquelle j’essaye toujours d’ajouter des pages. C’est ainsi qu’il y a toujours eu une juste balance entre le nylon et le vinyle sur mon blog.
Depuis quelques années, j’ai un peu diversifié en y ajoutant un peu de culture se référant le plus souvent aux pages de l’histoire un peu insolite. On peut admirer une belle paire de jambes en nylon et se cultiver, ce n’est pas incompatible, encore faut-il proposer de quoi le faire. J’aime bien sourire en affirmant que plus c’est inutile plus c’est beau. Lire un journal vieux de cent ans et croire que c’est celui d’aujourd’hui est une expérience amusante, mais peut-être pas complètement inutile. Le présent n’est vraiment utile que pour regarder le passé et prévoir le futur.
Tenir un blog c’est un peu comme tenir un bistrot, on y fait des rencontres, et de ce point de vue, je suis un tenancier heureux. Avec certains je n’ai qu’un contact virtuel, mais pour d’autres ce fut une rencontre pour de vrai dont les retombées sont encore réelles aujourd’hui, on est devenu des complices pour le rire et le meilleur Pour certaines d’entre eux, vous retrouverez les liens qui conduisent à leur petit coin nylon sur ce blog. Pour le plus significatifs, vous pourrez les retrouver sur mon livre « La Petite Encyclopédie Sur L’Art De Porter Le Bas Nylon » qui est toujours disponible sur Amazon. Un blog ce n’est rien sans quelques commentateurs qui viennent de temps en temps glisser quelques mots. Il y a eu Daniel, un mordu, qui malheureusement nous a quittés il y a deux ans, victime d’en de ces maladies qui vous bouffe. J’espère que là-haut tu es bien, comme tu vois je ne t’ai pas oublié, ni le verre que nous avons bu ensemble avec ta femme. Mais parlons des bien vivants et des très présents, il y a Cooldan qui est un fan, sans doute du bas nylon, mais encore plus des Beatles dont il connaît quasiment l’histoire au jour le jour, sans pour cela manquer d’érudition sur la musique en général. Il y a aussi Peter Pan, c’est notre Monsieur Cinéma, il m’a avoué un jour qu’il était venu ici via le cinéma, mais il est resté, tant et si bien que je lui ai confié la rubrique cinéma et il a toute ma confiance. Je vais vous en citer encore un, Paul Hyamide, il est plus discret, mais c’est un authentique musicien et je crois savoir qu’il a fait des rencontres où j’aurait bien voulu être présent.

Un blog c’est aussi des statistiques, alors en voici quelques unes : en dix ans plus de deux millions de visiteurs sont venus, bien entendu les habitués comptent à chaque visite ; il y a plus de mille articles, toutes tendances confondues ; il y a 189 abonnés dont 173 via Twitter ; l’article le plus regardé a été visité plus de 68 000 fois : le moins regardé 172 fois, c’est un article récent. L’article le plus commenté l’a été 55 fois.

Je remets en ligne mon premier article, pas très spectaculaire du point de vue photo, mais le texte en-dessous est toujours d’actualité. Merci à tous et on continue !!!

nylon1

Madame, vous qui passez près de moi,
Vous m’offrez la courbe si belle de vos jambes.
Non, je ne vous demanderai rien de plus,
Mais laissez-moi un instant encore.
Ne vous éloignez pas si vite de ces yeux,
Qui cherchent l’ivresse des sens.
Mon regard aime à se perdre,
Sur les reflets de vos atours.
Deviner les coquins secrets qui se cachent,
Sous l’apparence sage de votre robe.
Telle est ma quête silencieuse,
Ma folie, ma soif, ma croisade.
Madame, je frissonne de bonheur et remercie vos mains,
Qui ont accroché ces bas en haut de mes rêveries.

En passant

Bas nylons et une pierre particulière

Il est parfois amusant de constater comment une chanson peut entrer dans la légende et devenir presque exclusivement attribuée à un artiste qui l’a en fait empruntée à un autre, même s’il n’est pas le premier à la faire. C’est là que la popularité d’un artiste peut aspirer tout ce qu’un autre a pu faire. Je suis assez pinailleur sur le sujet, mais les deux tiers du mérite revient au créateur de la dite chanson. La chanson qui nous occupe aujourd’hui est « I’m Not Your Steppin’ Stone », que pas mal de gens attribuent aux Monkees, ce qui est en réalité absolument faux. Couplée en 45 tours à leur fameux hit « I’m A Beliver », elle ne pouvait que pénétrer facilement dans les oreilles des teenagers en empruntant cette voie, d’autant plus qu’elle a des atouts pour le faire. La-dessus peuvent se greffer tous les phénomènes propres à la promotion d’un artiste et de ses enregistrements. Car dans ce cas précis pour l’original, ce n’est pas tellement le fait d’un groupe obscur mais bien d’un band qui était plutôt très connu aux USA, Paul Revere & Raiders, au potentiel évident. Même si avant de figurer au répertoire des Monnkees, elle est encore précédée par l’excellente reprise faite par Liverpool Five, ce n’est que grâce aux Monkees qu’elle gagnera ses galons de notoriété. Les compositeurs en sont Tommy Boyce et Bobby Hart, un duo aux multiples hits, occasionnellement aussi interprètes. Elle retrouvera une seconde jeunesse grâce au mouvement punk et plus particulièrement aux Sex Pistols qui l’enregistrent pour leur second album « Great Rock And Roll Swindle », aussi bande sonore de film. Elle n’a pas disparu des répertoires, car ceux qui l’interprètent encore aujourd’hui peuvent se recommander de deux écoles, celle des sixties et celle du punk. Partons en exploration…

L’original, Paul Revere & Raiders, début 66.

La première reprise, W.C. Fields Memorial Electric String Band, mai 1966

La très très bonne version de Liverpool Fine, un rien aux sons psychédéliques, juin 1966.

La version des Monkees, clip en playback, novembre 1966. Il existe des petites différences entre les versions mono et stéréo. Leur version ne démérite pas.

Première reprise en Angleterre par the Flies, assez intéressante, fin 1966.

Les Sex Pistols, version punkisée, 1979.

Les Merton Parkas, revival mod, 1979

Modern Rocketry, un air disco, 1983.

Long Tall Shorty, très énergique version, 1985.

The Krewmwn, un groupe psychobilly, 1988.

Intruder, du hard rock, 1989.

Version garage par Feminine Complexe, 1997.

Sky Saxon, ex chanteur des Seeds, sauce garage sixties, 2008.

Un version en live par Metallica.

Ce qui reste des Monkees en 2015, ceux qui sont au premier plan.

En passant

Bas nylons et petites histoires pour l’été.

Comme je lis énormément, il m’arrive parfois de retrouver des histoires ou anecdotes intéressantes dans les vieux journaux et bouquins ou sur la Toile, presque toujours par hasard. Je vous en ai sélectionné une poignée sur des sujets divers, mais qui valent un petit détour.

Monsieur Ferré n’aime pas Monsieur Barclay

Monsieur Barclay et sa maison de disques du même nom fut la plus grande marque indépendante française de disques. Un catalogue exhaustif qui se compte en centaines de publications, lui permit d’être un des plus en vue sur le marché du vedettariat sonore. A côté, il acquiert un droit de licence pour des grandes compagnies américaines comme Atlantic, Chess, et des tas d’autres de plus ou moins grande importance. Jimi Hendrix fut aussi un artiste maison, grâce à une licence des disques via Yameta, managé par l’ex bassiste des Animals, Chass Chandler.  Parmi les artistes maison, il a eu dans son écurie des grosses pointures de la chanson française comme Ferrat, Brel, Aznavour. Léo Ferré fit aussi partie du lot pendant presque 15 ans. Pourtant en 1967, il traîna devant la justice son patron pour une drôle d’histoire. En effet, lorsque sortit son album « Cette Chanson ». Ferré s’aperçut qu’il manquait une chanson celle intitulée « A Une Chanteuse Morte », hommage à Edith Piaf. Elle fut censurée sans préavis par Barclay, ce qui n’est pas très élégant, pour une raison lamentable. Ferré a toujours été un chanteur engagé, à côté d’être un poète exceptionnel dans ses plus beaux textes, l’anarchie le connaît bien. Il n’a jamais mis des gants pour dire ce qu’il pensait et c’est justement là qu’est le problème. Dans sa chanson en hommage à Piaf, il ne se contente pas de rendre un hommage à la Môme, mais il égratigne celle que l’on avait désigné comme successeur, Mireille Mathieu. Comparer Mireille Mathieu à Edith Piaf, c’est comparer un feu de cheminée à un incendie et cela n’a pas échappé au chanteur. Il fait une allusion à la fille d’Avignon en ces termes : « on ne t’a pas remplacée sous la lampe à arc, n’en déplaise à Monsieur Stark ». Stark est l’impresario de Mireille Mathieu et comme cette dernière est à cette époque certainement la meilleure vendeuse de disques maison, cela frise au sacrilège, version showbiz. Même s’il fut défendu par le célèbre Me Floriot qui traita Barclay de dictateur et réclamait la saisie du disque, Ferré fut débouté. Malgré tout, la collaboration entre les deux hommes continua, on dut s’arranger à l’amiable en coulisse.

Voici cette chanson suivie d’un titre datant de 1965, où Ferré se moquait (gentiment) de Barclay.

Un Accident qui soulage.

Cette histoire absolument authentique est arrivée aux sports d’hiver. Madame skie et a soudain un besoin pressant à satisfaire. Elle se met à l’écart de la piste à l’abri de quelques buissons qui avaient eu la bonne idée de pousser là, toutefois sur un terrain loin d’être plat. Mais les pentes ayant la fâcheuse habitude d’être à la descente vers le bas, l’attraction terrestre s’en mêlant, voilà notre brave dame qui repart sur ses skis et réintègre la piste de ski la culotte en bas, situation pas très optimale pour battre faire du slalom, et finit par se casser la gueule. Emmenée à l’hôpital, elle est en attente sur un brancard que l’on veuille bien s’occuper d’elle, les dégâts n’étant pas d’une extrême gravité et ne nécessitant point d’urgence. Voici que l’on pose un second brancard à côté d’elle, avec un monsieur ayant aussi eu quelques problèmes. Tout naturellement, la discussion s’engage et la dame demande au monsieur la raison de son arrivée à l’hôpital. Le bonhomme déclare alors : « J’étais en train de faire du ski quand j’ai vu une femme qui skiait à poil, et je me suis foutu dans un arbre !

 

Un bref lever de soleil.

Cette histoire n’a jamais paru dans un journal, et pourtant elle est aussi authentique, d’autant plus authentique qu’elle est arrivée à mon père, et qu’il aimait à la raconter tant elle est idiote par les faits, faits dont il n’est pas la cause, mais la victime. L’histoire commence par la demande d’un couple qui connaissait mon père, de l’accompagner pour une excursion. Dans la région où ils habitaient, il y avait une montagne, la plus haute loin à la ronde, c’est scientifiquement prouvé, réputée pour ses levers de soleil sur des décors des plus plaisant. Pour les admirer, il n’y avait qu’une solution, passer la nuit à l’hôtel qui se trouvait au sommet de la fameuse montagne, aucun moyen de transport pour y arriver, sinon en voiture par des chemins pas trop carrossables, nous sommes dans les années 1920. Et puis, de voiture, ils n’en avaient pas, alors la marche était la seule solution envisageable. Du village le plus proche, il y avait bien une dizaine de kilomètres pour arriver au sommet avec au moins 800 mètres de différence d’altitude, vis des chemins tortueux et en empruntant une gorge. Les voilà partis, on passe la nuit à l’hôtel et on se lève de bon matin pour admirer le spectacle, un spectacle plutôt mitigé car le temps est plutôt couvert. Ce que mon père n’avait pas prévu, c’est que ce couple très bigot avait prévu de regagner le village le plus proche pour assister à la messe dominicale, aussitôt le jour levé. Lui, il pensait passer une journée pépère, et envisagea même de renter dans l’après-midi après un bon gueuleton. En faisant la grimace, mon père se rangea à leur décision, bien que ses croyances religieuses ne soient pas assez fortes pour lui faire envisager une damnation éternelle s’il n’allait pas à la messe. En route pour l’aventure, sur le chemin qui conduit au village vers la fameuse église dans laquelle pourrait s’apaiser la colère divine. Pourtant, elle ne tarda pas à se manifester sous forme d’un de ces orages matinaux dont la montagne a le secret. Ils arrivent à se mettre à l’abri sous une sorte de rocher qui surplombe la gorge et qui les empêche d’être trempés jusqu’aux os. Ce pète de tous les côtés, il tombe des tonnes d’eau et ça dure, ça dure. Le couple croyant la dernière heure arrivée, prient comme si le grincement des portes de l’enfer se faisait entendre entre deux coups de tonnerre , ils invoquent tous les saints dont il connaissent le nom, même ceux dont ils soupçonnent l’existence. Sans doute, leur prière furent plus fortes que les jurons de mon père, peut-être l’inverse, mais l’orage finit par se calmer et s’éloigner. On reprit la route, on arriva au village, juste à temps pour voir les gens sortir de l’église !

Monsieur Paul, l’homme qui regardait la mort.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une profession bien vue pour devenir célèbre. Il y a des métiers qui sont absolument nécessaires, mais qui jouissent plutôt d’une mauvaise réputation, agent des pompes funèbres en est un exemple. Juste à côté, dans le même style, celle de médecin légiste peut sembler rébarbative. Cette dernière est plus scientifique et requiert des connaissances précises, il faut pouvoir affirmer sans se tromper, la cause d’un décès. Dans le cas d’une mort suspecte, il appartient à cette personne de démêler tous les détails de cette dernière, devant une cour d’assises la vie d’un accusé peut basculer d’un côté ou de l’autre selon ses affirmations. A l’instar de célèbres avocats qui furent quasiment des vedettes, un médecin légiste se hissa dans le monde des célébrités. il s’agit de Charles Paul. Né en 1879, médecin de formation, il fut un des personnages qui apporta sa contribution à une police devenue scientifique. Personnage à l’éloquence facile, très bon vulgarisateur, très persuasif, il devint un personnage clef lors de certains procès. Il apparut au procès de  Landru, Violette Nozière, Marcel Petiot. Il autopsia les corps de célébrités comme Jean Jaurès ou Jules Bonnot, Au cours de sa carrière qui s’étale sur plus de 50 ans, il pratiqua des autopsies sur presque 160 000 cadavres, ce qui fait une moyenne de 8 à 9 autopsies par jour ouvrable. Fréquemment, ces personnages côtoyant les choses morbides sont plutôt des joyeux caractères. On lui prête quelques bons mots qui font partie de sa légende. En voici quelques uns…
Très souvent ces personnalités un peu marginales et connues suscitent une curiosité pas toujours de bon aloi, alors souvent on les invite à dîner, il n’était pas réputé pour dédaigner les arts de la table et était plutôt du genre très bon vivant. On imagine qu’il avait des préférences pour ses fréquentations et ce n’est pas toujours d’humeur joyeuse qu’il répondait à ses invitations. Il le faisait savoir à sa manière, Souvent la maîtresse de maison se faisait un malin plaisir à lui demander de couper le gigot ou la selle de chevreuil. Pour éviter la corvée, il avait sa petite méthode. Quand il se pointait, souvent en retard, il disait à la maîtresse des lieux : « excusez-moi chère amie, j’ai été retardé par un client qui avait trois mois de caveau, m’autorisez-vous à me laver les mains ? »
Evidemment avec la professions qu’il exerçait on essayait de lui tirer une consultation à l’oeil. Imperturbablement il répondait : « Ne vous inquiétez pas, nous verrons cela à l’autopsie ! »
On le surnommait l’homme aux cent mille autopsies, chose qu’il trouvait parfaitement idiote. Pour preuve, il donnait en exemple le maître d’hôtel de la célèbre Tour d’Argent qu’il fréquentait assidûment et qui chaque fois croyait bon de lui glisser à l’oreille : « Monsieur le professeur, je vais avoir l’honneur de découper devant vous mon XXXX ème canard au sang ».
Un matin alors qu’il traversait la rue, il manqua de se faire écraser par une jolie conductrice qui lui cria : « Attention le gros ! ». Il releva le numéro de la plaque et retrouva l’adresse de la conductrice, chose facile pour lui, et lui envoya le mot suivant : « Le gros, madame, vous adresse ses respectueux hommages, et reste à votre entière disposition. Docteur Paul, médecin légiste. » Il paraît que le mari lui répondit en le remerciant et en lui affirmant que sa femme conduisait depuis plus prudemment.
Lorsque Henri-Georges Clouzot tourna son fameux film « Les Diaboliques ». Si vous l’avez vu, vous aurez remarqué qu’il y a une scène à la morgue. Le docteur Paul autorisa le cinéaste à tourner quelques scènes dans les lieux. La femme du réalisateur et actrice, Vera Clouzot, qui était présente se plaignit d’être incommodée par l’odeur. Le docteur lui glissa : « Ne vous formalisez pas ! », ce qui n’empêcha pas la dame de tomber dans les pommes, heureusement il y a avait un docteur sur place !

George Bernard Shaw, le célèbre écrivain anglais, aimaitz pratiquer la dérision et l’humour noir. A une personne qui le demandait de ses nouvelles il répondit : « Ca pourrait aller beaucoup mieux : j’ai un souffle au coeur, les poumons pris, un ulcère à l’estomac, mon foie est congestionné, et moi-même je ne me sens pas très bien. ». Il mourut quand même à 94 ans.

En passant

Bas nylons et jouer avec le feu

Quand une chanson me plaît vraiment, j’aurais assez tendance à collectionner les versions. Dans certains cas, cela peut se limiter à deux ou trois reprises. Pour d’autres le choix est plus vaste, il en existe des dizaines. Si elle est un tant soit peu originale, cela peut donner l’impression de la (re) découvrir et de l’écouter de nombreuses fois. Un titre qui devient un gros succès a de plus fortes chances de bénéficier de cet atout et aussi d’attirer un certain nombre de repreneurs. Pour les artistes les plus célèbres, on peut constater un autre phénomène. Des chansons classées comme titres secondaires parviennent à intéresser d’autres artistes qui en font leur propre version, et parfois même un succès. On se souvient du fameux « Michelle » des Beatles qui figurait sur l’album « Rubber Soul », dont on dédaigna la publication en 45 tours simple en Angleterre. Reprise par les Overlanders, elle se classa à la première place des charts. Par contre, elle dut s’effacer dans les pays où un 45 tours des Beatles fut édité avec la fameuse chanson. Toujours à propos des Beatles, la reprise de « With A Little Help From My Friends » lança la carrière de Joe Cocker en 1968. Beaucoup de monde remarqua cette chanson grâce à lui, alors qu’elle était un peu perdue sur le fameux album « Sgt Pepper ».

Avec les Rolling Stones, c’est un peu différent. Contrairement aux Beatles, leur répertoire est un peu moins accessible au premier abord, les lignes mélodiques sont plus compliquées, sans doute aussi moins attirantes pour un amateur de variété pure. Malgré tout de nombreux artistes reprennent un titre ou l’autre du répertoire, mais ce n’est pas exactement la même clientèle. Mais si on prend la peine d’explorer la discographie en détail, il y a des chansons qui sont de petites perles de douceur mélodique et d’ambiance comme « Play With Fire ». Enregistrée en Amérique en janvier 1965 avec la participation de Phil Spector à la basse, la chanson échappe totalement au style habituel du groupe pour l’époque. Elle contient de la guitare acoustique, du clavecin, un tambourin amplifié à travers une chambre d’écho. Les paroles évoquent l’idée de celle qui joue avec le feu et qui se brûle, une image qui colle assez bien avec l’image des Stones qui passent pour des voyous selon une certaine presse. C’est une des quelques chansons créditées à la composition de Nanker-Phelge, qui cache sous ce nom la signature des membres du groupe selon quelques sources, ou aussi Mick Jagger et Keith Richard, pas trop sûrs de leurs talents de compositeurs selon d’autres sources. Elle parut initialement comme face B du succès « The Last Time ». Personnellement, je la considère comme la chanson d’eux que j’ai le plus écouté et que je préfère. Un aperçu des nombreuses reprises de ce titre qui, il faut la constater, a supplanté, l’intérêt pour l’autre face. Elle figure encore dans le répertoire de scène du groupe.

L’original 1965

Sans doute la première et bonne reprise en 1966, le duo Twice As Much, le producteur est celui des Stones.

La reprise des Beau Brummels, 1966.

John Fred & Playboys avant le succès international de « Judy In Disguise », 1966.

Une belle version pop par West, Bruce, Laing, du beau monde, 1974.

La chanteuse d’origine italienne, Dana Valery, 1975.

Jon English, Une reprise assez originale, chanteur d’origine australienne.

Très différent et bon par les Fleshtones, 1980.

Diodes, des Canadiens un peu punks, 1982.

Manfred Mann’s Earth Band, 1996.

Le Français Rodolphe Burger ex Kat Onoma, assez réussi, 1998.

Dead Moon, emmenés par le légendaire Fred Cole, qui fit partie du must psychédélique sixties Lollipop Shoppe, ici en live 2002.

En live, les fameux Little Bob Story, 1982.

Bien trash, les Australiens Feedtime, 1988.

Sur scène, tout récemment.

 

 

En passant

Bas nylons mais pas en 1850

Je ne sais pas ce que vous considérez comme étant les inventions les plus significatives de l’histoire de l’humanité. Certaines relèvent d’un côté utile et pratique, voire indispensable. D’autres sont plus futiles, mais permirent une évolution considérable dans la connaissance et le domaine culturel. De ce point de vue, même si on peut vivre sans, la photographie est un apport gigantesque qui permet de soumettre de manière indélébile les limbes d’un moment quelconque dans la mémoire des hommes. Imaginez qu’elle serait notre vision de l’histoire si la photographie avait existé à la cour de Louis XIV. Il s’en faudra encore de plus de 100 ans avant que cela ne devienne une réalité. J’ai toujours considéré une photo sous deux aspects, un voyage dans le temps qui rencontre un moment d’éternité. Sans doute ceux qui s’adonnèrent à cette passion au 19ème siècle pensaient comme moi, mais un peu à l’envers, fixons le présent pour le futur. Par la grâce d’Internet, cette machine qui remplace un peu Dieu pour certains, il est aisé de se perdre dans les dédales du temps et aller frapper à des portes qui sont closes depuis longtemps, de voir des visages qui ne sont plus que poussières aujourd’hui, mais est-on vraiment complètement mort quand quelqu’un pense à vous ?

Fort de ces paroles, je suis aller en rechercher une douzaine qui furent prises entre 1850 et 1860. Visages, lieux connus ou inconnus, ils voyagent dans le temps.

Une assemblée de nobles anglais assistant à la mise à l’eau d’un bateau sur un chantier londonien.

Martin Van Buren, 8ème président des Etats-Unis.

Un couple avec un enfant posant devant les chutes du Niagara.

Marché public à Boston.

Jerusalem

Un chantier industriel de construction navale à Londres.

Morlaix, qui de Tréguier

Napoléon III, empereur de France.

Paris la Seine et l’île de la Cité.

Pierre Clément Eugène Pelletan, écrivain, journaliste, homme politique.

Une jeune fille hollandaise.

La reine Victoria et sa suite à une exposition d’art à Manchester.

Sources DP