Billie Holiday – L’ange noir

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Billie Holiday, Eleonora Fagan est née en 1915. Il existe beaucoup de controverses à propos de son enfance. Elle serait née à Philadelphie de parents très jeunes, sa mère, Sadie Fagan, a 18 ans lorsqu’elle accouche. Quant à son père on est pas très sûr de qui il s’agit dans la réalité, probablement un certain Clarence Holiday dont elle gardera le nom de famille. Ce qui est plus sûr, c’est qu’elle connut une enfance plutôt misérable, à Baltimore principalement. Elle est placée dans une école disciplinaire à 10 ans. Deux ans après, elle suit sa mère à New York. Après une histoire d’enlèvement dont elle aurait été victime, elle s’adonne à la prostitution, elle est encore très jeune, dans le quartier de Harlem. Elle passe un bref séjour en prison pour racolage. Il y a tout dans les débuts de sa vie pour en faire une chanteuse de blues, pour autant que le blues serve d’inspiration et d’état d’âme dans une carrière de chanteuse, ce qui semble être son cas.
Justement elle chante, mais dans des endroits qui ne sont pas encore les grands lieux qui l’ accueilleront plus tard. Sa principale source d’inspiration est une autre grande chanteuse noire, Bessie Smith, qui est une vedette à l’époque. La chance lui sourit assez vite. le grand producteur John Hammond, la remarque et lui fait enregistrer ses premières chansons. C’est comme chanteuse dans l’orchestre de Benny Goodman qu’elle fait ses deux premiers enregistrements, qui est alors plus connu comme musicien de session, mais il commence à mettre en place l’orchestre qui fera sa gloire. Elle ne commence réellement sa carrière de chanteuse soliste en 1936 pour le label Brunswick. L’orchestre qui l’accompagne est celui de Teddy Wilson avec qui elle entamera une fructueuse collaboration. C’est surtout par sa facilité d’improvisation qu’elle se distingue et elle arrive à se glisser à fond dans ses interprétations.
Elle impressionne les auditeurs qui font d’elle une chanteuse de premier plan. Elle fréquente alors le gratin du jazz de cette fin des années 30. Elle se fait à elle-même quelques infidélités et on la retrouve avec Count Basie et Artie Shaw. Elle compose aussi, assez peu il est vrai, mais « Billie’s Blues » est bien d’elle. Un nom que l’on retrouve fréquemment lié à son nom est celui de Lester Young, une légende du saxophone en devenir. C’est lui qui lui colle le surnom de Lady Day. Alors qu’elle est sous contrat avec Columbia, on lui propose une chanson « Strange Fruit », qu’elle désire enregistrer. Son label trouve la chanson inappropriée pour diverses raisons qui feraient bien rire maintenant. Il lui est toutefois autorisé de l’enregistrer pour le compte des disques Commodore qui va devenir son nouveau point de chute. Cette chanson va devenir une des plus connues de son répertoire avec son interprétation débordante de sensualité. Nous sommes en 1939 et tout va presque bien pour elle. Elle s’est établie comme une vedette connue et une des premières noires à être accompagnée par un orchestre blanc. On la verra un peu au cinéma. Son répertoire s’étoffe de chansons qui vont rester dans les annales et ça continue au fil des ans. En 1944, elle signe avec Decca qui va continuer de faire d’elle une artiste qui aligne les réussites discographiques en commençant par « Don’t Explain ». Toutes les chansons qu’elle grave dans la cire resteront des classiques qui vaudront par son interprétation personnelle. Mais la dame à ses démons. Elle s’est mariée en 1941, mais passe plus de temps avec un rival dealer que son mari. Elle ne crache pas dans la bouteille et consomme régulièrement des stupéfiants. Elle est arrêtée pour ces faits en 1947, jugée, et condamnée à la prison dont elle ne ressortira qu’en 1948. Elle réussit assez bien à relancer sa carrière et se produit la même année au Carnegie Hall. Elle replonge l’année suivante où elle est de nouveau arrêtée. Au tournant des années 50, à force d’abus, sa santé commence à décliner et sa voix suivra. Divorcée, elle se remarie en 1952. Le reste de sa carrière sera une alternative de périodes fastes et moins fastes. Ses derniers vrais enregistrements se feront pour le compte de Verve, le reste ne sera que des enregistrements pris en direct. En 1956, sa biographie est publiée. C’est une mise en forme d’une série d’entretiens qu’elle a eus avec William Dufty. De plus en plus atteinte dans sa santé, elle tourne encore régulièrement, mais devient peu à peu une ombre. Elle meurt le 17 juillet 1959 d’une cirrhose du foie.
L’histoire de la musique contemporaine compte beaucoup d’artistes, mais peu de divas. Elle en est incontestablement une, parmi les plus brillantes. La vie ne lui a pas fait trop de cadeaux, à une exception près, sa voix. Ce cadeau elle l’a partagé avec le monde entier. Il reste présent pour notre plus grand plaisr et c’est à nous de savoir en profiter.

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