Jeter une bouteille musicale à la mer (11)

Dans toutes mes adorations musicales, le style qui revient le plus souvent dans mes écoutes est le garage punk, le psychédélique. Si l’appellation première n’existait pas vraiment dans les sixties, elle devint un style à part entière un peu plus tard. Nul n’ignore que les USA forment un vaste territoire et une population considérable. Quand la musique est devenue une industrie pour les jeunes avec ses miroirs aux alouettes, les candidats se pressaient au portillon. Des milliers d’orchestres, de chanteurs, revendiquèrent le droit à faire de la musique et surtout d’arriver à enregistrer un disque. Le style doit surtout son nom au fait que le garage familial servait de lieu de répétition et parfois même d’enregistrement. On y colla le terme punk, car parfois on peut y trouver les prémices de ce style, un dizaine d’années avant son avènement. Ce n’était pas trop difficile, chaque ville, même perdue au fond du pays, avait un ou plusieurs labels locaux. On avait alors la possibilité de publier un 45 tours, le plus souvent à ses frais. Ils servaient de promotion et de carte de visite pour les artistes quand ils se produisaient lors de concerts de plus ou moins grande importance. Les grandes maisons de disques avaient des rabatteurs qui tournaient les disquaires locaux dans l’espoir d’y découvrir un disque qui ferait un malheur sur la plan national, même international. Dans ce cas, les droits étaient rachetés ou les chansons réenregistrées  et publiés sur un label important. Il y a quelques artistes qui accédèrent à la gloire de cette manière là, le cas le plus connu étant Elvis Presley. Bien sûr la majorité restèrent d’obscurs interprètes et leurs disques d’obscures galettes entre les mains de quelques détenteurs en principe heureux. Le potentiel resté caché est énorme, des milliers de titres, certains étant de purs joyaux. La frontière entre garage et psychédélique est parfois ténue, un titre peut très bien coiffer les deux noms. Entre 1963 et 1967, c’est plus souvent du garage brut et que à partir de là, le son laisse entrevoir les artifices sonores du  psychédélique.

En 1972,  Lenny Kaye, guitariste de Patti Smith, parvient à compiler et faire éditer un double album qui regroupe quelques titres à tendance psychédélique et pour la première fois le terme punk rock figure sur un disque. Les noms qui apparaissent sont relativement connus des amateurs de musique qui observèrent le mouvement de son vivant. Presque tous les titres proviennent de grands labels, mais n’ont pas tous connu un succès retentissant. Ils n’en reste pas moins qu’ils attirent l’attention et donne l’envie aux encyclopédistes d’explorer le domaine, riche en promesses. Le pari sera tenu, d’innombrables compilations verront le jour, j’en possède plusieurs centaines. C’est d’une fertilité sonore incroyable. Sur les milliers de titres à écouter, il est difficile d’en trouver deux qui sonnent la même chose. Au regard de ce qui se fait aujourd’hui, presque toujours le même son synthétique, on peut considérer cette époque comme une belle aventure.

Voici quelques titres extraits de ces compilations, tous aussi obscurs que beaux.  C’est peut-être un peu vieillot pour certains, mais justement on est ici pour cela.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s