En passant

Inventaire musical à la Prévert (37)


Quelques centaines d’albums ont fait la légende de la musique moderne. Certains connurent un grand succès, d’autres restèrent dans une parfaite obscurité avant que la légende ne les rattrape. Nous allons explorer un de ces albums qui ne brilla pas particulièrement par un succès retentissant à l’époque de sa sortie, mais bien par le culte qu’il suscita quelques années plus tard en influençant une pléiades d’artistes. Il est le fait d’un groupe au nom étrange pour l’époque, 13th Floor Elevators, l’ascenseur pour le 13ème étage. Vous le savez peut-être, mais par superstition les bâtiments aux USA n’ont pas toujours ce fameux étage. Leur premier album est une des premières manifestation de la musique psychédélique, c’est un peu l’Adam et Eve du style et aussi un de mes albums préférés toutes tendances confondues.

The 13th Floor Elevators était un groupe de rock américain originaire d’Austin, Texas, Etats-Unis, formé par le guitariste et chanteur Roky Erickson, le joueur de cruche électrique Tommy Hall et la guitariste Stacy Sutherland. Le groupe vécut de 1965 à 1969, et pendant cette période a sorti quatre albums et sept singles pour le label International Artists
Les Elevators ont été le premier groupe à qualifier leur musique de rock psychédélique, la première utilisation connue du terme apparaissant sur leur carte de visite en janvier 1966. Le documentaire You’re Gonna Miss Me de 2005 attribue spécifiquement à Tommy Hall l’invention du terme « rock psychédélique », bien que des artistes tels que les Holy Modal Rounders et les Deep aient décrit leur musique comme « psychédélique » auparavant. Leur influence contemporaine a été reconnue par des musiciens des années 1960 tels que Billy Gibbons de ZZ Top, Peter Albin de Big Brother and the Holding Company et Chris Gerniottis de Zakary Thaks.
The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators est le premier album studio du groupe. Le son de l’album, qui comporte des éléments de psychédélisme, de hard rock, de rock garage, de folk et de blues, est remarquable pour son utilisation de la cruche électrique, comme sur le seul tube du groupe, « You’re Gonna Miss Me », qui a atteint le numéro 55 du Billboard Charts avec « Tried to Hide » en face B. Un autre single de l’album, « Reverberation (Doubt) », a atteint la 129e place du Billboard’s Bubbling Under Chart.
La dessin de la pochette de l’album est célèbre pour son graphisme bourré de références. Le dos de couverture de l’album, datant d’août 1966, utilise les mots « The Psychedelic Sounds of : The 13th Floor Elevators », qui est censé être la première utilisation du mot « psychédélique » en référence à la musique qu’il contient. Deux autres groupes ont également utilisé le mot dans les titres des LP sortis en novembre 1966 : « Psychedelic Lollipop » des Blues Magoos, et « Psychedelic Moods » par The Deep.
La France ne mordit pas à l’hameçon, bien qu’un EP fut publié par Riviera en 1966, comprenant leur modeste succès américain  » You’re Gonna Miss Me » et une version alternée de « Tried To Hide ». C’est une des plus belles pièces de collection des éditions françaises, une copie s’est vendue à plus de 5000 euros.
Le principal protagoniste du groupe, Roky Erickson, a assez bien survécu à sa légende. Il a eu l’occasion d’enregistrer des albums intéressants, il fut même signé par CBS, tout en se produisant dans le monde entier. Il est décédé en 2019.
Mais parcourons cet album avec les oreilles…

You’re Gonna Miss Me
Roller Coaster
Splash 1
Reverberation
Don’t Fall down
Fire Engine
Rhru The Rhythm
You Don’t Know
Kingdom Of Heaven
Monkey Island
Tried To Hide
Document TV 1966
Roky Erickson en 1984
Roky Erickson Billy Gibbons ( ZZ Top) – Two Headed Dog
Interview en 2011
La fameux EP français de 1966

Durant les sixties, la discographie française de distingua par le nombre impressionnant de publications qui furent faites sous la forme de EP, c’est à dire quatre titres, deux par face. Le principe de base était un peu mercantile, on vendait deux fois plus de marchandise sur la réputation d’un titre principal ou d’un succès, le 45 tours simple avec deux titres était réservé à la promotion et aux jukeboxes. L’avantage principal de ces EP’s demeurait dans le fait que ces éditions étaient présentées dans une pochette avec le plus souvent une photo de l’artiste et un emballage cartonné et plastifié plus résistant à l’épreuve du temps. L’Angleterre et les USA eurent beaucoup moins recours à ce genre de publications. Le plus souvent, la règle était le 45 tours simple emballé dans une simple pochette à trous permettant de voir l’étiquette du disque. Aujourd’hui ces fameuses disques EP’s français, surtout ceux concernant des artistes étrangers, sont recherchés par les collectionneurs du monde entier car ils sont uniques dans leur genre et peuvent parfois atteindre des sommes folles s’ils sont très rares. Au fil des semaines, je vous en présenterai quelques uns parmi ceux qui attirent justement les collectionneurs. Ils seront présentés avec la pochette, éventuellement avec un scan de ma collection personnelle si je ne trouve rien de satisfaisant, les titres qu’ils contiennent, et le plus haut prix atteint par une enchère sur Ebay.
Pink Floyd – Columbia EP ESRF 1857. Publié en 1967. Meilleure enchère sur Ebay 826 euros.

Arnold Layne
Candy And Currant Bun
Intersellar Overdrive


2 réflexions sur “Inventaire musical à la Prévert (37)

  1. Bonjour M. Boss,
    13 th floor elevators fait partie de ma discographie , et je réécoute très souvent ce groupe, leur côté innovant est un régal même si aidé par quelques substances .
    L’interview de Roky Erickson ( un rescapé) est très intéressante, je la connaissais pas .
    Nos EP’s 45 T français , cartonnés, pelliculés sont c’est vrai très recherchés, dans une collection, c’est le top, hélas à leur sortie, étant très jeune, mon argent de poche ne suffisait pas ….certes, je me suis rattrapé ensuite …mais ça m’a coûté plus cher !
    Bonne semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan.
      Cet album a toujours été un must, il figure dans le top 50 de mes écoutes.
      Les EP’s français ont toujours été une priorité dans ma discographie. Heureusement, ils étaient facile d’accès pour nous. J’en ai acheté beaucoup dans les bacs de soldes et ce qui me manquait en fouillant dans les puces à Paris, alors que le marché des collectors n’était pas organisé. C’est assez rigolo, mais alors on payait moins cher un EP des Zombies qu’un Chats Sauvages. Celui des 13th .Floor Elevators, je l’ai trouvé chez le disquaire d’une petite ville pour une bouchée de pain en 1970, je ne connaissais absolument pas ce groupe, la presse d’époque n’en avait absolument pas parlé. Il m’a quand même fallu attendre 1978 pour découvrir l’album via la réédition de Radar records. Même cette réédition est bien cotée maintenant. Mes héritiers seront contents !
      Bonne suite de semaine

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