Alan Stivell – Renaissance de la Celtie

Une fois passée la magie des sixties, il restait à créer musicalement quelque chose pour traverser la décennie suivante. Bizarrement si les mouvements contestataires marquent un pas en avant dans la pensée existentialiste, le mouvement se fera en partie en marche arrière en redécouvrant des valeurs plus traditionnelles. Musicalement de nouvelles tendances voient le jour ou s’affirment, le hard rock, le punk et le disco, la new wave. Le folklore traditionnel toujours omni-présent à travers une tendance variété et quelques chansons à succès comme « Tom Dooley », « Le Pénitencier », « Santiano », va devenir une musique de spécialistes. Des centaines d’ensembles, de chanteurs, de chanteuses s’engouffreront dans le mouvement, tantôt traditionaliste, tantôt progressiste en prenant de l’ampleur, au point que le festival folk deviendra une institution au même titre que le festival de jazz, de rock, de pop. Le folk est jusque-là essentiellement américain avec les mélanges qu’il a pu subir à travers les ethnies qui vivent plus ou moins en communauté. S’il fallait choisir quelques noms parmi les pionniers qui ont eu une influence, on peut nommer Leadbelly, Woody Guthrie, Cisco Houston, Pete Seeger. Le autres, bien qu’assez populaires sont des suiveurs, Joan Baez, Bob Dylan, qui ne deviendra que très populaire en électrifiant sa musique. Le mouvement qui va éclore en Europe est beaucoup plus local. Pour la France, le charmes des vieilles chansons, celles des troubadours, deviendra une phénomène quasiment de mode. On se s’étonne pas trop de retrouver dans les répertoires des chansons que l’on chantait à l’école. Mais ce qui va prendre le plus d’importance dans le folk, c’est celui d’obédience celtique, via la Bretagne.
Les artistes français que l’on peut ranger dans une tradition folk au tournant des seventies sont Hugues Aufray, sans oublier Marie Laforêt que l’on peut assimiler à un genre de Joan Baez française. Il y en a d’autres, moins connus et assez marginalisés. Celui qui va faire bouger les choses et créer une sorte de redécouverte du folk celtique est Alan Stivell.
Il est né en 1944. Il apprend le piano très jeune, mais grâce à son père il va redécouvrir un instrument oublié, la harpe celtique. Cette dernière est assez différente de sa copine classique, elle est plus petite et le son plus cristallin. Il en devient carrément un virtuose, il donne son premier concert en 1953 et enregistre son premier disque en 1959. Si le chemin est encore long avant la venue du succès, il développe en attendant sa passion pour ses racines, en apprenant le breton, la cornemuse, la bombarde. C’est en 1970, que paraît l’album « Reflets » qui va faire de lui le troubadour de la Bretagne moderne. Il pose une musique qui au fil des ans mélangera la tradition et le moderne et surtout la portera sur tous les continents. En 1971 son album « Renaissance De La Harpe Celtique » achèvera de le rendre populaire, tant l’instrument que la musique. Il entrainera dans sa suite de nombreux artistes qui se recommanderont de la musique celtique, Tri Yann, An Triskell, Dir Ha Tan et des tas d’autres…
Depuis il n’arrête pas et même si la concurrence anglaise est très forte dans ce style, il en est incontestablement une figure de proue et bien à l’origine de la popularité de cette musique.

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Brigitte Fontaine – Comme A La Radio

birgitte fontaineEn 1970, alors que les feux de Wookstock n’étaient plus des braises encore fumantes, que la pop allait devenir une affaire presque purement commerciale, il y avait de quoi s’emm… un peu chez le disquaire du coin. Pourtant en fouillant bien dans les bacs, on pouvait mettre la main sur un album au cadre violet et une dame en photo avec un chapeau. L’album s’intitulait « Comme A La Radio ». A l’écoute ce n’était pas tout à fait comme à la radio. On pouvait découvrir une facette de l’underground français. Pas immédiatement captif à l’oreille, il avait quand même tout pour devenir un disque culte dans une discothèque d’un mélomane averti. Rien que le label sur lequel il est publié Saravah est déjà une référence, l’un des meilleurs qui n’aie jamais existé par ici. Pour ceux qui ne le savent pas, c’est un compositeur mondialement connu pour une mélodie qui a fait le tour du monde « Un Homme Et Une femme », qui en est l’instigateur. Oui Pierre Barouh, c’est lui, un grand bonhomme qui a su utiliser son argent de manière intelligente, pour des plaisirs égoïstes. La musique de cet album? Elle va du bruit tapotement discret au grincement sorti d’un instrument à cordes allant à la rencontre d’un air folk oublié ou d’un lever d’orient. Brigitte Fontaine est une grande chanteuse, les musiciens des bigs, Areski le merveilleux, Leo Smith de l’avent et de la garde et l’Art Ensemble Of Chicago, excusez du peu. Chansons tortueuses ou surréalistes, cris d’amour dans le vague, couronnés par l’Académie Charles Cros. Un prix honorifique, mais bien pâle à coté de la reconnaissance internationale dont il est un fils chéri. Et puis ce petit scandale à sa sortie, cette fameuse « Lettre Ouverte A Mr Le Chef De Gare De la Tout De Carol », si savoureuse et toujours sans réponse.
Madame Fontaine, je vous aime, il n’y pas pas tant de ces chanteuses qui méritent que je leur dise mon amour platonique, celui que je distribue les soirs de bonne humeur. Vous vous en foutez? Alors là, vous voyez comme je comprends bien votre musique!

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