En passant

Voyage début de siècle (13)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

Salt Lake City

La voyageuse visite Salt Lake City, la ville qui est la capitale des Mormons. Elle s’extasie presque sur cette ville et reconnait que l’endroit est accueillant, les hôtels confortables, on n’est pas chez les sauvages. Plus intrigant pour elle, c’est de savoir ce que sont en réalité les pratiquants de cette religion, on sait que cela existe, mais reste encore assez mystérieux pour une citoyenne suisse au début du 20ème siècle. Ella va partir à la découverte de cette croyance et certainement comparer cela à sa propre religion, le protestantisme.

Un guide m’offre une carte, imprimée en rouge, renfermant le credo des Mormons. Il contient treize paragraphes, dont je transcris les suivants pour mes lecteurs.
1° Nous croyons en Dieu, le Père éternel, en son fils Jésus-Christ et au Saint-Esprit.
6° Nous croyons à l’organisation de l’Eglise telle qu’elle existait à l’origine; nous croyons aux apôtres, aux prophètes, aux pasteurs, aux maîtres, aux évangélistes.
7° Nous croyons au don des langues, aux prophéties, aux révélations, aux visions et aux guérisons miraculeuses.
8° Nous croyons que la Bible — pour autant que sa traduction est fidèle — et le livre des Mormons sont la parole de Dieu.
Ici j’interrompis ma lecture et demandai ce que c’était que le livre des Mormons. Il faut, pour le comprendre, remonter à l’origine de l’histoire du mormonisme.
Dans une forêt de Vermont, un garçon de 14 ans, Joseph Smith, eut des visions célestes qui l’éclairèrent sur l’état d’apostasie de la chrétienté et l’appelèrent à être le restaurateur de la véritable Eglise de Jésus-Christ. Dieu d’abord, puis le Christ, apparurent à ses yeux éblouis. Ils lui présentèrent des dogmes nouveaux, lui défendant d’adopter ou de conserver aucun de ceux qui existaient. Enfin un ange, du nom de Maroni, lui révéla l’existence de tables d’or sur lesquelles les nouvelles lois étaient gravées. Smith prétend, en effet, qu’il trouva, enfouies dans une colline près du village de Manchester, des tables de métal couvertes de hiéroglyphes, qu’il déchiffra avec l’aide de Dieu; il put ainsi donner au monde la véritable foi. Telle est, d’après Smith, l’origine du livre des Mormons, dont voici un bref résumé:
Six cents ans avant Jésus-Christ une tribu israëlite, les Néphites, partirent de Jérusalem sous la conduite de leur chef Léhi et émigrèrent en Amérique, dont ils peuplèrent certaines contrées. Après sa résurrection, le Christ apparut à ces descendants d’Abraham, leur annonçant l’Evangile qui complète l’enseignement des prophètes. Le dernier de ceux-ci, Maroni, l’ange gardien des tables d’or, devint celui du nouveau temple. Son père, Mormon, guerrier distingué autant que fervent chrétien.

Autre portrait de Brigham Young

Il y eut des gens pour croire à ces balivernes, que Joseph Smith avait puisées dans un roman écrit, en 1812, par un certain Spaulding, dont le manuscrit fut copié chez l’imprimeur par un compère de Smith. Les deux mystificateurs lui donnèrent le titre de livre des Mormons, et c’est sous ce nom que les adeptes de la nouvelle foi se firent connaître. Joseph Smith, qui avait fondé une Eglise sur cette grossière tromperie, ne tarda pas à grouper autour de lui un nombre considérable de disciples. Le prophète Joe, ainsi qu’il se faisait appeler, prêchait en public, et ses auditeurs l’adoraient comme un sauveur.
Inutile de dire que, dès le début, les persécutions commencèrent, acharnées et violentes. Les saints furent cruellement maltraités, traqués d’un territoire à l’autre. Après avoir fondé la ville de Far-West dans le Missouri, puis celle de Nauvoo, sur les bords du Mississipi, le prophète et son frère furent massacres,
en 1844, à Carthage, petite ville de l’Illinois, par la populace ameutée. Le successeur de Joseph Smith, un peintre-vitrier du nom de BrighamYoung, homme très habile et doué d’une volonté de fer, marcha sur les traces du prophète, spécialement en ce qui concerne la polygamie. Il le dépassa même de beaucoup sur ce point, puisqu’il n’eut pas moins de 25 femmes, dont quatre étaient les veuves de son prédécesseur. Un procès en divorce que lui intenta la plus jeune de ses compagnes, jette un jour peu favorable sur la vie conjugale du chef des Mormons et permet de supposer qu’une femme devait s’armer de courage pour briguer l’honneur d’être l’épouse du prophète. Anne-Elise, Mrs. Young n° 19 suivant les uns, n° 15 suivant les autres, accusait son mari de laisser ses femmes dans le dénuement. Tandis que la favorite du moment habitait un palais, où elle vivait dans le luxe et l’abondance, le reste des épouses légitimes, réduites à la portion congrue, se morfondaient dans de misérables demeures, chacune ne recevant par mois que cinq livres de sucre, une livre de chandelles, un morceau de savon et une boîte d’allumettes.

Malgré l’invraisemblance de ces assertions, Anne-Elise obtint gain de cause. Le prophète, condamné aux frais très élevés du procès, dut payer à la plaignante une rente annuelle de 500 dollars. Cette mésaventure conjugale ne semble pas l’avoir découragé, quatre ans plus tard — il avait alors 77 ans — Brigham Young offrait à une vingt-sixième élue son cœur et sa main!
En adoptant le principe de la polygamie, Joseph Smith s’appuyait sur l’exemple des patriarches Abraham et Jacob, ainsi que sur Moïse. Cet état lui paraissait être la clef du royaume des cieux, le plus haut degré de la gloire céleste, puisque, d’après la loi divine, les liens formés sur la terre se continueront dans l’autre monde.

La voyageuse semble bien au fait des récits bibliques. A la date de son voyage, il circule déjà le fait que Joseph Smith s’inspira très fortement pour écrire la « bible » des Mormons, d’un livre inédit écrit par Solomon Spalding mort en 1816. Dans les lignes qui précèdent, il a été fortement question de polygamie, mais nous verrons dans la suite que cette pratique devint illégale.

A suivre

Sources : Wikipédia, B.N.F, DP

En passant

Inventaire musical à la Prévert (252)

Disques sous la loupe

Des curiosités musicales diverses, des ambiances particulières, une démarche artistique originale. Des disques qui sont des collectors de plus ou moins grande valeur, mais qui en ont une artistiquement parlant. Les découvrir c’est partir à l’aventure.

Janis Joplin – US LP

Janis Joplin restera comme l’une des plus grandes chanteuses du 20ème siècle. Performances vocales et présence sur scène exceptionnels. Cet album est son second et final album studio. Il sera publié postérieurement, elle meurt peu après avoir terminé l’enregistrement, deux semaines après la mort de Jimi Hendrix. Elle entre ainsi, comme lui, dans le club des 27, celui des stars qui sont mortes à l’âge de 27 ans.
Entre reprises et originaux accompagnée par le Full Tilt Boogie Band, la musique est du pur Joplin. Le titre le plus célèbre « Move Over » est un des quelques titres qu’elle a composés au long de sa carrière, mais elle excelle aussi dans les visites d’autres répertoires, arrivant même à en faire des versions incontournables. Du fait de l’actualité qui l’entourait, c’est son album le plus vendu, neuf semaines en tête du Billboard, quatre fois disque de platine.
Il reste sa musique et son sourire, les photos où elle ne sourit pas sont assez rares, sourire et musique eternels.

Artiste : Janis Joplin
Titre : Pearl
Genre : pop, blues
Label : Columbia
No Catalogue :  KC 30322
Pays : USA 1970
Meilleure enchère sur Ebay 496 euros, premier tirage US scellé avec une différence dans le collage de la pochette. Cela n’existe que sur les tous premiers tirages.
Note : l’album a été publié dans d’innombrables pays.

Move Over

Visites au musée du Boss

Au cours de ma vie je ne sais pas combien j’ai écouté de disques, probablement des millions. Dans ce musée il y a certains disques qui reviennent régulièrement, pas seulement pour un titre mais plusieurs. C’est assurément le cas pour les albums, mais aussi un autre support, le fameux EP qui présentait le plus souvent quatre titres. En France jusqu’en 1967-68, c’était le format le plus courant, d’autres pays dans une moindre mesure les publiaient aussi, mais le single deux titres était la référence. Ces fameuses publications françaises sont très demandées par les collectionneurs étrangers, car elles avaient l’avantage d’être présentées dans une pochette en carton avec fréquemment une photo de l’artiste. En revisitant ma collection, voici quelques unes de ces pépites qui m’enchantèrent pour deux, trois, quatre titres.

Don’t Let It Go

The Run-A-Rounds – I Couldn’t Care Less

Dans une future pièce du musée encore en construction, ces chansons y figureront probablement. Je ne les ai pas encore suffisamment écoutées, elles sont de découverte plus ou moins récente et ne font pas partie de mes 20 premières années d’écoutes, mais je suis sûr que je les écouterai encore dans dix ans.

 Sting – Fragile Portuguese Version