Enfin dirons-nous, on va pouvoir s’écouter les Beatles en streaming. Après des années de tergiversations, quelques puissantes mais agonisantes compagnies phonographiques, Universal dans le cas présent, ont décidé de jeter du lest. Elles ont enfin compris que le paysage musical avait changé
Je pense avoir largement payé mon dû au niveau des royalties dans le cas des Beatles. Entre les éditions courantes, les éditions exotiques, j’ai dépensé des montagnes de thunes pour ma petite collection. Bien sûr, je vais continuer à débourser, les écouter est réservé aux détenteurs d’un acompte premium. J’en ai un à quelque part, que je paye depuis pas mal de temps, alors écouter les Fab Four ne me coûtera rien de plus.
Les Beatles n’ont jamais été mon groupe favori, ils n’ont jamais enregistré le meilleur album de tous les temps, ils n’ont jamais surclassé les autres, si ce n’est au point de vue succès. J’ai tout au plus cédé au charme de quelques unes de leurs chansons. Je ne m’en porte que mieux musicalement. Plus qu’on ne le pense, ils étaient l’arbre qui cache la forêt. Les laisser un peu de côté, m’a permis de m’intéresser, de découvrir d’autres choses, tout aussi sinon plus intéressantes. Au lieu de les écouter en boucle, prendre un peu de temps pour aller voir ailleurs, chercher, trouver, comparer. A ce jeu-là, j’ai sans doute été gagnant sur toute la ligne.
Il reste malgré tout un point sur lequel je dois m’avouer vaincu et je reconnais ma défaite sans aucune aigreur. Jamais un duo de compositeurs-interprètes n’a aligné autant de chansons si charmeuses, si classe, si faciles à laisser entrer dans son oreille pour se fixer dans la mémoire. Si certains peuvent se targuer de quelques belles réussites, aucun ne peut prétendre à une place sur le trône à leurs côtés.
A l’heure où la popularité de certains artistes se mesure en vues sur YouTube et des ventes faramineuses avec des disques qui restent dans les bacs des magasins, les Beatles n’ont rien à craindre, ils sont déjà immortels…
De la soupe qu’on nous sert sur médias bien en vue, je dirais qu’elle est souvent trop chaude, tiède, froide, glacée, surtout insipide, bref j’ai jamais trop envie d’y goûter. Pourtant aux détours des chemins de cette Toile qui mène partout et nulle part, il arrive qu’on mette un pied en forme de coeur dans un endroit inconnu, mais oh combien délicieux. Je trimbale quand même un sacré passé d’écoutes musicales, et que quelque chose arrive encore à m’étonner, ça m’étonne. Il y a bien longtemps, à l’instar de ceux qui allaient sur les chemins de Katmandou, en bon fainéant et l’esprit moins aventureux, j’allais sur les chemins du folk renaissance assis dans mon salon. Nos amis les Anglais, les Bretons et d’autres, teintaient ces musiques ancestrales d’un courant résolument moderne, parfois même enivré de psychédélique. J’ai toujours eu quelques références dans ce style, en particulier un groupe de virtuoses instrumentistes, Pentangle.
Quand j’ai découvert Cactus In Love via le titre « Le Monstre », je tout de suite pensé à un morceau de Pentangle, sans doute « Light Flight ». La basse de Thompson, la batterie de Cox, la guitare de Jansh ou celle de Renbourn, résonnent encore dans mes oreilles. La voix n’est pas celle de Jacqui McShee mais celle de Cécile Cognet, par ailleurs guitariste, textes et musiques, mais c’est tout aussi beau. Stéphane Beaucourt contrebasse; Théophile Demarco batterie, percussions; Denis Bruneel violoncelle, sont les autres atouts maîtres de la formation.
Il est des voyages sur une mer de notes qui ne donnent pas envie de rejoindre le port. Assurément ce navire taillé dans un cactus donne envie d’aller au-delà de l’horizon.
Le chant d’une sirène? Ca y ressemble fortement!!!