Un dimanche sur les traces de l’opéra de papa

Comme le dimanche est un jour de calme pour l’esprit, même en période de confinement, alors pourquoi pas profiter de se cultiver un peu. Comme je le dis toujours, dans la culture il n’y a rien qui ne sert à rien. On va explorer un air d’opéra. Musique souvent dédaignées par les jeunes générations, elle n’en manque pas moins d’attraits, d’ailleurs les musiciens pop l’ont quelquefois mis à leur programme. Alors partons à la découverte de l’ancêtre de notre opéra rock, c’est différent mais pas inaccessible. Plus que les autres musiques, il nécessite de bien vouloir se laisser charmer.

Mon père vers 1907

La première musique dont j’aurais pu devenir un connaisseur, ce n’est pas le rock and roll ou la pop music, mais l’opéra. Mes parents en étaient de grands amateurs. Ma mère, une Italienne bon teint, avait été bercée par cette musique. Elle me racontait qu’elle allait voir ces belles dames qui sortaient de La Scala à Milan, les soirs de concerts. Vittorio De Sica fait allusion à ce phénomène dans son film « Miracle ä Milan ». Mon père aimait les belles voix, lui-même avait tâté de plusieurs instruments à cuivres, même que la Garde Républicaine voulait l’engager, chose qu’il avait refusée car il détestait tout ce qui pouvait ressembler à quelque chose de militaire. Avant d’avoir un lecteur de disques dans la famille, c’est la radio qui était branchée sur les postes qui diffusaient ce genre de musique. Alors des airs d’opéras, j’en ai entendu plus souvent qu’à mon tour. J’écoutais par la force des choses, sans détester, sans faire des sauts de joie non plus. Si je ne m’intéressais pas de savoir qui chantait quoi, ma mémoire auditive en a quand même mis un sacré paquet de côté dans le tiroir correspondant. Mon père me parlait de ses idoles à lui, il y avait Enrico Caruso, Giuseppe Di Stefano, Mario Del Monaco, Maria Callas, le constat était toujours le même, ils avaient de belles voix et je ne peux que lui donner raison. Plus tard quand j’ai exploré par curiosité cette musique, il m’arrivait souvent de penser « Ah tiens ça je connais ! ». Un film documentaire m’avait passionné « Le Baiser De La Tosca » de Daniel Schmid, sorti en 1984. Un film acclamé par la critique américaine et que Dustin Hoffman a choisi de présenter suite à sa restauration lors du trentième anniversaire de sa sortie. Le film se déroule à la Casa Verdi, fondée par le célèbre compositeur, une maison de retraite à Milan qui accueille de plus ou moins vieilles gloires de l’art lyrique. On y retrouve des personnes à jamais marquées par cette sorte de combat à coup de voix plus belles les unes que les autres, d’instruments de musique précis comme la colère divine, d’amours éternels qui n’existent que dans les rêves. On a parfois l’impression qu’elles attendent leur dernier soupir, pas du tout de manière triste, dernier soupir qui les enverra dans les nues rejoindre Puccini, Verdi, Rossini. La maison et ses pensionnaires sont un autre opéra dont les murs suintent de milliers de notes qu’eux seuls sont capables de chanter ou de jouer. C’est une comédie musicale à l’envers, rien n’est imaginaire, tout est vrai.
Ceci dit, je considère l’opéra aussi intéressant que toute autre musique. Pour l’exécutant elle demande un don qui n’est pas accessible à chacun, mais quel don, celui de faire vibrer les murs d’une immense salle, sans le moindre micro. Il faut sans doute une discipline de fer et de faire, bien qu’il paraît que Caruso fumait comme un pompier, il mourut d’ailleurs jeune. Réservé d’abord à une élite fortunée, l’opéra s’est bien démocratisé au fil du temps. Rendu accessible par le phonographe et ensuite par le microsillon, chacun pouvait au moins par l’oreille l’écouter avec délectation. Luciano Pavarotti a fait un énorme travail pour le rendre populaire, n’hésitant pas à mélanger le classique et la musique moderne, interprétant des duos avec James Brown, Elton John, Joe Cocker et des tas d’autres, ou mettre des chansons comme « My Way », « Volare », à son répertoire. Aujourd’hui, des foules considérables se déplacent pour aller voir des spectacles d’opéra. Ce n’est plus l’affaire de quelques croulants, mais un public qui mélange tous les âges. Les Arènes de Vérone sont un des lieux les plus courus en Italie. Pendant six mois, presque sans arrêt, des spectacles se jouent à guichets fermés dans une arène qui peut contenir 22000 personnes assises, enceinte jouissant d’une acoustique parfaite. Si l’on se contente d’une modeste place, on peut aller écouter de l’opéra pour 10 euros.

Alors prêts pour écouter un peu d’opéra ?

A tout seigneur, tout honneur. Caruso, la première star internationale de l’opéra. Un extrait de « L’Elixir D’Amour » de Donizetti « Una Furtiva Lagrima ». Cet enregistrement date de 1904 et s’il ne restitue pas pleinement la voix de Caruso, il en donne une belle idée.

Luciano Pavarotti, extraordinaire d’intensité, dans ce qui est à mon avis un des plus beaux opéras « La Tosca » de Puccini. L’extrait « E Lucevan Le Stelle » en est le plus célèbre. Bien que l’opéra ne soit pas exclusivement une spécialité italienne, c’est sans doute la langue qui convient le mieux à ce genre d’exercice.

Roberto Alagna est un ténor franco-italien qui ne démérite pas. Il chante un très bel et célèbre air, celui de l’introduction « La Sicilienne » de « Cavaliere Rusticana » composé par Mascagni. Dans la réalité, cette partie se passe dans les coulisses, on ne voit pas le chanteur qui se montre en scène juste après. Ce clip est intéressant car les paroles françaises s’affichent à l’écran et permet de comprendre ce qui se dit dans un opéra, dont les paroles ne sont pas toujours très accessibles, à l’instar de la musique classique, qui est muette mais qui parle avec des notes. L’opéra en principe, est toujours chanté dans la langue originale. Pour moi, c’est le premier air d’opéra qui m’a marqué et qui m’a aussi décidé d’en découvrir plus. Dommage pour les bruits de fond dans l’enregistrement.

Mario Del Monaco, une autre star de l’opéra et une puissante voix. Il chante un des plus célèbres opéras de Verdi « La Traviata » extrait « Lunge Da Lei – Aria Di Alfredo » », un des ces airs qui tournaient presque en boucle sur l’électrophone paternel. Je connais cet air par coeur, auquel je prêtais une oreille qui n’était pas complètement indifférente.

Autre extrait très connu de « La Traviata », en quelque sorte la chanson à boire « Brindisi », un duo avec choeurs.

Ruggero Leoncavallo est un peu moins connu que les autres compositeurs italiens. Mais il suffit d’entendre une fois l’introduction de « Vesti La Giubba » de « Pagliacci » pour s’en rappeler toujours. Ici le maestro Giuseppe Di Stefano, l’un des interprètes les plus populaire de l’opéra italien, une des idoles à mon père.

José Carreras, Plácido Domingo, Luciano Pavarotti. dans « La Donna E Mobile », de « Rigoletto » et toujours Verdi, trois ténors pour le prix d’un.

Un ténor nouvelle vague, l’Américain Michael Spyres. Ici dans l’opéra de Bizet « les Pêcheurs De Perles » et le très célèbre « Je Crois Entendre Encore ». Pour moi, cette mélodie est un des musts de l’opéra.

Le regretté baryton russe Dmitri Hvorostovsky, une étoile qui brillait de mille feux et qui a l’air de bien s’amuser dans le « Largo » du « Barbier De Séville » de Rossini. Son chant est très intelligible.

Alfredo Kraus est un ténor espagnol, considéré comme l’un des plus grands. Avec « La Partida » d’Alvarez, qui ne fait pas partie d’un opéra, il montre le punch que l’on peut donner à une chanson qui reflète l’âme espagnole.

Maria Callas, la reine de l’opéra. Ici c’est un peu la Castafiore de Tintin, mais oui c’est le célèbre « Air Des Bijoux » de Faust via Gounod. Alerte aux abris elle va chanter comme dirait le capitaine Haddock !

Toujours Maria Callas et Bizet dans « Habanera » de « Carmen », parmi les plus célèbres airs d’opéra.

Pour terminer, un truc que j’aime moins mais que j’admire pour la performance. Vivaldi n’a pas composé que ses célèbres « Quatre Saisons ». Dans l’opéra « Griselda », la partie intitulée « Agitata Da Due Venti’ est une vacherie telle qu’on peut se demander s’il pensait que quelqu’un serait capable de l’interpréter un jour. Les candidates ne se pressèrent pas au portillon, mais la cantatrice Cecilia Bartoli s’en tire à merveille et l’on considère son interprétation comme phénoménale. Elle fascine tellement que même si elle chantait à poil, on ne s’en apercevrait même pas. Tout en chantant le répertoire classique, elle aime interpréter et recherche des airs qui n’ont jamais eu de mise en lumière. C’est assurément l’une des plus grandes cantatrices actuelles, une cantatrice de l’impossible, et ce n’est pas moi qui le dit.

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (34)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1967 – The Action / Shadows And Reflection. Pour les amateurs de musique issue du mouvement Mod et publiée en France, c’est une des plus belles pièces de collection que l’on puisse rêver. Ce groupe qui eut peu de retentissement à l’époque se vit quand même gratifier de ce bel EP magnifiquement emballé et publié par Odeon. Ce groupe fait partie de ceux dont absolument tout ce qui est d’époque se collectionne en y mettant le prix. Une copie à l’état neuf de cet EP peut friser les 1000 euros.

1969 – Mighty Baby / Egyptian Tomb. Ce groupe est une suite du précédent, nouveau nom et musique différente, on s’aventure dans la progressive anglaise. Cet unique simple publié par Philips est aussi un collector, mais bien plus modeste. Pour les plus grosses pièces, il faut se tourner vers l’album en édition UK ou US qui valent quelques bons dollars.

1966 – The Royal Guardsmen / Bears. Le groupe connut une certaine notoriété aux USA en mettant en chansons les aventures du fameux Snoopy, héros typiquement américain, alors assez peu connu en France. Vogue relaya ses aventures via un EP et quelques singles qui rencontrèrent peu de succès chez nous. Pour en comprendre toute la saveur, il fallait bien évidemment savoir l’anglais. Cet EP plutôt rare contient quand même un truc intéressant, une chanson à l’ambiance un peu particulière « Bears », typique de ces bizarreries qui parfois servent de remplissage pour les albums.

1972 – Jackie McAuley / Rocking Shoes. Pour les bons élèves qui suivent les classe pour obtenir un diplôme en connaissances musicales générales, ce nom leur rappellera quelque chose. C’est en effet un ancien Them / Belfast Gypsies. Il se lança dans une carrière solo et publia un album sur le label Dawn (le même que Mungo Jerry), aujourd’hui assez recherché, mais musicalement assez éloigné de ce qu’il faisait avant. La France n’eut droit qu’à ce rare single publié dans la foulée. Il a composé le hit « Dear John » pour Status Quo. Il est toujours en activité aujourd’hui.

1966 – The Association / Along Comes Mary. On ne peut pas dire que que ce groupe a  cassé la baraque en France, malgré passablement de publications. Il en va autrement aux USA, où le groupe a eu plusieurs hits et participa même au festival de Monterey. Ici, toutes les publications sont assez peu courantes, sans toutefois constituer une priorité pour les collectionneurs. Sur le premier EP publié par Riviera, on retrouve une de leurs belles réussites « Along Comes Mary » assez représentative de leur style, mélodie accrocheuse et maîtrise vocale assurée. J’ai toujours assez aimé ce groupe.

1967 – Bram Rigg Set / I Can Only Give You Everything. Ce très obscur groupe de garage américain dont c’est le seul disque enregistra cette reprise du standard des Them. EMI jugea bon de le publier en France pour en faire un très rare single assez recherché

1967 – The Shags / As Long As I Have You. Par la suite ce groupe fusionna avec le précédent pour former Pulse qui publiera un album en 1968. Mais en 1966, ce single publié aux USA fera aussi l’objet d’une publication française, tout aussi obscure. C’est assez étonnant à l’écoute, car on pourrait le faire passer pour un inédit des Kinks, tellement le style est proche.

1966 – Les Dixiebelles / Down At Papa Joe’s. Ce trio vocal noir américain connut quelques succès vers 1964 aux USA. L’ambiance de leur musique fait assez saloon, il ne manque plus que les coups de flingue dans le lampadaire. Certaines sources donnent cet EP paru en 1964. date de la publication US, mais je dirais plutôt 1966 en France, car le verso de la pochette ne correspond pas à la présentation que faisait Barclay en 1964.  Mystère.

1960 – Billy Boy Arnold – Here’s My Picture. Ce bluesman qui fut une source d’inspiration pour les Yardbirds et bien d’autres, est aussi l’un de ceux de la grande époque des débuts du blues électrique encore en vie. En 1960, un unique single est édité par le label Arteco, aussi peu visible que la Lune lors d’une éclipse. Il s’agit en fait d’enregistrements publiés en 1956. Pour les amateurs, c’est un régal.

1966 – Patti Austin / Leave A Little Love. Une chanteuse de soul métis américaine à la voix noire. Elle fit des débuts assez modestes, avant de connaître une grande notoriété. Alors qu’elle n’a que 16 ans on lui fait enregistrer « Leave A Little Love », version américaine d’une chanson créée en Angleterre par Lulu. On la connaît aussi en France via Johnny « Laisse Un Peu D’Amour » sur le EP « Mon Anneau D’Or. Cet EP publié par Decca / Coral France la même année, du fait de sa rareté, est une valeur sûre chez les collectionneurs qui aiment ce qui sonne noir.

1963 – Barry & The Tamerlanes / I Wonder What She’s Doing Tonight. La chanson est relativement connue en France via l’adaptation des Missiles sur leur second EP « Que Peut-Elle Bien Faire ». Le Barry du groupe n’est autre que Barry De Vorzon qui fonda Valiant records et qui composa « Rhythm Of The Rain » (En Ecoutant La Pluie) pour les Cascades. Il avait d’ailleurs composé cette chanson à l’intention de ce groupe, mais finalement l’enregistra lui-même avec un certain succès. Un EP avec une très belle pochette est paru en France, mais n’attira pas spécialement l’attention. Il est devenu un collector qui peut atteindre entre 100 et 150 euros. Bien évidemment ce sont surtout les fans américains qui recherchent cette pièce.

1968 – Colors Of Love / I’m A Train. Il y en a qui se prennent pour Napoleon d’autre pour un train. Ce gag musical qui ne manque pas de vapeur fut réalisé par ce groupe peu connu dont on sait au moins qu’il avait dans ses rangs une certaine Elaine Page, vedette en devenir. Comme Page One, la marque des Troggs via Larry Page, était distribuée en France par Fontana, on publia ce single en espérant qu’il devienne un hit, mais ce en fut pas le cas. En réalité, ce sont les Troubadours qui en firent une première version française « La Chaîne » en 1967, avant que le compositeur Albert Hammond ne la soumette à ce groupe anglais. Il l’a réenregistrera lui-même en 1974 avec beaucoup plus de succès.

1961 – Léo Petit / Apache. Léo Petit est un requin de studio qui fut très connu dans divers milieux allant du jazz à la variété. Il fut aussi le William Stanray des Guitares Du Diable. Sous diverses appellations il publia de nombreux disques. Sur ce rare EP paru chez Trianon, il propose une assez originale version du célèbre « Apache » des Shadows au tempo ralenti.

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Exploration en terre musicale inconnue (33)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1965 – Bo Diddley – Hey Good Lookin’. Bien qu’étant musicalement aussi important que son collègue d’écurie Chuck Berry, Bo Diddley est beaucoup moins présent dans les éditions françaises des sixties. Ce premier EP peu courant avait pourtant bénéficié de quelques passages pour « Hey Good Lookin' » dans l’émission « Salut Les Copains », je me souviens de l’avoir entendu. Comme j’aimais bien, j’ai cherché le disque, mais j’ai eu bien du mal à le trouver. A noter que c’est une composition de Chuck Berry, ceci explique peut-être cela pour l’avoir publié, les Lionceaux en firent une adaptation « Hey Bo Diddley ».

1959 – The Kalin Twins / Clickety Clack . Ces jumeaux connurent un sacré succès international avec leur hit « When », même la France ne resta pas en arrière avec une flopée d’adaptations en « Viens », notamment par Dario Moreno, Gabriel Dalar, Danyel Gérard, Claude Piron (futur Danny Boy). La publication française des jumeaux est assez courante, par contre insuccès oblige, les suivants sont bien plus rarissimes, comme ce titre figurant sur le troisième EP « Clickety Clack « .

1960 – Jane Morgan / Tête De Bois. Une Américaine qui chante en français sans aucun accent, c’est rare. Même si sa discographie française est minuscule, elle a séjourné longtemps en France et a chanté surtout dans les cabarets. Elle a même chanté devant « Le Général ». Retournée aux USA, elle se fit petit à petit une réputation grandissante en interprétant des standards aussi bien issus du jazz que de la variété et de la chanson française, tout en se produisant devant tous les présidents américains de Kennedy à Bush. Elle vit toujours âgée de 96 ans. De ses rares publications françaises écoutons la célèbre chanson sur la jeunesse de Bécaud. Et c’est sans accent !

1966 -Keith Relf / Mr Zero. Keith Relf, c’est bien sûr le chanteur des Yardbirds. Pris par quelques envies de faire un peu de solo, il profita pour enregistre quelques titres en collaboration avec le reste du groupe. Sur ce single très difficile à localiser, beaucoup plus que le EP où il figure à côté du hit « Over Under Sideways Down », il reprend une chanson de Bob Lind.

1970 – Linda Hoyle & Affinity / Eli’s Comin.  Au tournant des années 1970, sonne l’heure de la musique progressive anglaise. De très intéressants labels comme Vertigo, publient de la musique où l’exploration de l’âme et des recherches musicales vont bon train. Un simple d’une chanteuse peu connue avec un groupe qui l’est un peu plus, Philips pensa que c’était une bonne idée de le publier en France, même s’ils surévaluèrent la possibilité qu’il devienne un hit.

1964 – Jack Nitzsche – The Lonely Surfer. Homme aux nombreuses facettes, bras-droit de Phil Spector, musicien, compositeur, producteur, arrangeur, il est partout. Comme chef d’orchestre et musicien, il sort en 1964 un album de surf selon ses visions de cette musique. Un rare EP est publié en France par Vogue qui présente son assez modeste succès dans les charts américains.

1965 – Buck Owens / Act naturally. Grosse vedette de country aux USA, mais passablement ignoré en France avec seulement un EP publié. Et cette publication réside surtout dans le fait qu’il est un des quelques privilégiés qui eurent la chance de voir les Beatles enregistrer une de ses chansons, par ailleurs bien mise en évidence sur cette rare publication française.

1966 – Sopwith Camel / Postcard From Jamaica. La label Kama Sutra émergea au milieu des sixties grâce à la réussite des Lovin’ Spoonful. Distribués par Polydor en France, le label essaya d’imposer d’autres artistes venant du même creuset. Ce fut le cas pour ce EP consacré à Sopwith Camel, musicalement pas très différents de leurs rivaux, mais au succès bien moindre. Il n’obtint guère plus de succès en France.

1966 – The Sherry Sisters / Refléchis. Un duo noir américain qui enregistra dans une multitude de langues dont le français, mais qui ne rencontra que le succès au Japon. Cet EP, leur seule publication française à ranger dans les obscurités, comprend les adaptations de quatre de leurs plus ou moins bides aux USA. Pas facile à trouver, mais assez intéressant pour les amateurs de r’n’b.

1966 – I Setti Latini / Il Jerk. Le label Vogue publia sous licence bon nombre de disques enregistrés en Italie. A ma connaissance, il n’y en a pas eu beaucoup qui cartonnèrent en France, s’il y en a eu. On peut parfois se demander ce qu’espéraient les producteurs en les publiant. Ce titre, vaguement inspiré du « Cool Jerk » des Capitols, avait un goût sans doute trop italien pour le public français. Le EP sur lequel il figure contient les deux singles parus en Italie. Il est quand même recherché par les collectionneurs.

1964 –  Nancy Sinatra. Cuff Links And Tie A Clip. Si la discographie du père peut sembler indigeste à certains, celle de la fille l’est nettement moins. Le succès ne vint pas immédiatement, il fallut attendre sa fameuse histoire de bottes pour démarrer vraiment sa carrière. La France ne s’emballa pas pour publier sa discographie. C’est seulement en 1964, soit près de trois ans après ses débuts, qu’un premier EP fut publié reprenant, entre autres, son premier enregistrement. Ce n’était pas encore le bon moment, car il est passé assez inaperçu, et compte par les rares de sa discographie française.

1958 – Tommy Sands / Maybeline. Nous venons de parler de la femme, alors parlons du mari. En effet, Tommy Sands fut marié avec Nancy Sinatra de 1960 à 1965. Il entama une carrière de chanteur en 1957, mais se cantonna plutôt dans un style pour teenager soft. Sa discographie française est assez abondante et contient 9 EP’s plus ou moins courants et plus ou moins recherchés. Il aborda épisodiquement le rock and roll, comme cette plutôt bonne version de « Maybeline » de Chuck Berry, publiée sur son 5ème EP.

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En passant

Exploration en terre musicale inconnue (32)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

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1964 – The Kingsmen / Little Latin Lupe Lu. Les Kingsmen eurent leur heure de gloire internationale en 1963 avec « Louie Louie », ce fut le cas même en France. Si l’opus qui contient leur hit est assez courant, les suivants le sont beaucoup moins. Le troisième et bien plus rare EP est peut-être un des plus intéressants par le contenu, il contient une très bonne reprise du titre enregistré par les Righteous Brothers à leurs débuts. De par leur style, les Kingsmen sont de pionniers du garage punk qui engendra l’un des plus merveilleux mouvements musicaux américains des sixties.

1962 – The Champs – Experiment In Terror.  cinquième et dernier EP des Champs publié en France. Il propose la transformation en twist de leur célèbre « Tequila », Plus intéressant, un autre instrumental qui aurait fait merveille comme musique de série tv, s’il n’était pas déjà la musique de générique d’un film du même nom tourné par Blake Edwards « Allo… brigade spéciale ». Les plus avertis reconnaîtront sans doute la patte du compositeur Henry Mancini. On le retrouvera un peu plus tard avec une histoire de panthère rose. A part cela, le disque est peu courant.

1962 – The Chantels / Well I Told You. Un des tout premiers groupes noirs féminins à avoir eu une entrée dans les charts. De leurs premiers succès, la France a fait l’impasse et tente de se rattraper avec cet ultra rare EP publié par London. La chanson extraite, dans lequel elles s’adjoignent un vocal masculin, n’est pas sans rappeler le fameux « Hit The Road Jack » de Ray Charles. J’ose pas vous dire le prix de cette rareté.

1963 – Ed Bruce / See The Big Man Cry. En général, le label Wand représenté en France par Vogue, n’est pas réputé pour avoir dans son écurie des chanteurs de country music. Voici une exception avec ED Bruce, très peu connu chez nous dont c’est le seul EP publié ici. Le titre extrait dont il est le compositeur sera un hit en 1965 pour une plus grosse star de cette musique, Charlie Louvin. Cette édition française est bien obscure.

1965 – Gary Farr & T-Bones / I’m Louisiana Red. Le très rare EP français de ce groupe est très célèbre dans le monde des collectionneurs parce qu’il montre par erreur les Yardbirds sur la photo de la pochette. Ce n’est d’ailleurs pas complètement anachronique, car les T-Bones n’étaient pas tout à fait étrangers à la musique des Yardbirds, ils partageaient en plus le même producteur, Giorgio Gomelsky. C’est une curiosité dans la discographie des deux groupes, mais cette erreur peut coûter cher aux chasseurs de vinyles. Le titre est une reprise d’une chanson autobiographique du bluesman Louisiana Red.

1968 – Wonderland / Moscow. Groupe d’origine allemande formé de musiciens allemand et anglais venus de diverses formations notamment les Rattles avec Achim Reichel guitariste de la première époque. Ce rare single publié en France nous montre un de leurs plus intéressants titres.

1965 – Brian Poole & The Tremoloes / Time Is On My Side. Le groupe dont les connaisseurs se rappellent qu’ils furent signés par Decca en lieu et place des Beatles, ne se débrouilla quand même pas mal avec quelques bons succès à la clé. La France restera assez distante, aucun de leurs titres ne fut un succès chez nous. Quatre EP’s furent publiés, dont celui-ci quatrième et dernier de la série et aussi le plus rare. Il contient le titre qui réussit beaucoup mieux aux Rolling Stones, « Time Is On My Side ». Pour être honnête, en Angleterre où il ne sortit que sur la forme d’un EP avec le même contenu et une pochette différente, il est à considérer comme un mini-album. La pratique était assez courante chez les Anglais, on mettait en évidence quelques titres, parfois du contenu introuvable ailleurs, mais il n’était pas destiné à la base à conquérir le hit parade. Contrairement à la France qui le publia comme base de lancement  jusque vers 1967, cet honneur était réservé au single chez les Anglais.

1963 – Lou Monte / Pepino The Italian Mouse. Lou Monte est le bel exemple du chanteur dont le public français, du moins les plus anciens, connaît par coeur une chanson, mais dont il ne connaît absolument pas le nom du créateur. Ce chanteur italo-américain est une référence dans la variété humoristique américaine, un pendant d’Henri Salvador chez nous. Ce fut d’ailleurs lui qui popularisa un adaptation de cette chanson dans les pays francophones et en fit un de ses grands succès « Minnie Petite Souris ». L’original, chanté avec l’accent calabrais, vaut son pesant de trappe à sourire.

1961 – Ernie K-Doe / Mother In Law. Encore une de ces belles pièces de collection rare et recherchée parue sur le label London. Elle concerne un chanteur de r’n’b noir, Ernie K-Doe, assez populaire aux USA où sa chanson fut un succès et reprise par pas mal de monde. Si l’original fut complètement zappé en France, il est assez connu via les versions de Richard Anthony et Frankie Jordan sous le titre de « Belle Maman ».

1959 – Dave « Baby » Cortez / The Happy Organ. En 1959, le rock instrumental aux USA n’était pas uniquement l’apanage de Duane Eddy ou Johnny & The Hurricanes. Un artiste et organiste noir vint joyeusement faire la nique au reste avec un titre qui se hissa allègrement à la première place du Billboard, « The Happy Organ ». Publié en France par London, il fut loin d’atteindre les mêmes ventes qu’aux USA. Une assez belle rareté pour les intéressés.

1960 – Peppino Di Capri / Forget Me. Restons encore un peu en Italie. Malgré une discographie française assez abondante, Peppino Di Capri reste assez peu connu en France. Il débuta dans une catégorie poids plume du rock and roll à la sauce italienne derrière Adriano Celentano et Little Tony. Comme ses rivaux, il lui arrivait de chanter en anglais. Comme ce titre sur ce premier EP français, que l’on peu considérer en regardant le clip comme un sommet du kitsch.

1966 – Bob Kuban / The Cheater. Sous ce nom se cache le groupe Bob Kuban & The In-Men , Kuban étant le meneur et batteur de la bande. Cette chanson fut son seul hit, Il fut publié en France la même année sous forme d’un EP qui ne mentionne que le nom de Bob Kuban, mais ne rencontra aucun succès. Dans cette histoire d’infidélité, ironie du sort, le chanteur du groupe fut tué par l’amant de sa femme en 1983.

1969 – The Guerillas / Lawdy Rolla. Cette production française très rare et très peu connue est le fait d’un groupe dans lequel on trouve Manu Dibango, qui vient de décéder R,I,P., pas encore le saxophoniste très connu. Musique d’inspiration africaine, elle est un des prémices de certains de ces artistes du cru qui acquirent une certaine célébrité par la suite. En face B figure une reprise en anglais de « Ne Me Quitte Pas » de Brel.

Exploration en terre musicale inconnue (31)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1967 – The Hounds / My World Feel Down. Les groupes suédois furent quelque peu représentés dans les éditions françaises. Toutefois à l’exception des Shamrocks, on peut considérer ces publications comme plutôt rares si on les recherche. C’est le cas pour les Hounds qui s’accaparèrent de ce titre créé par le groupe anglais Ivy League, qui aura plus de retentissement un peu plus tard dans la reprise américaine par Sagittarius, opus même considéré comme une perle de musique psychédélique. Mais la version des Hounds ne démérite pas. Evidemment, ce EP très rare est recherché par les fans suédois et ils sont nombreux.

1966 – Tom Jones / Lonely Joe. Avant d’entamer sa célèbre et longue carrière, Tom Jones enregistra quelques titres sous la houlette du fameux producteur Joe Meek, Ces bandes restèrent dans les tiroirs. Une fois le personnage connu, les affairistes décidèrent qu’il était temps de les publier, ce fut le label Columbia qui s’en chargea. La France relaya le phénomène avec deux EP’s, le premier partagé avec un certain Beau Brummel Esquire, et celui-ci intégralement consacré à Tom Jones. Il est évident que ces publications sont beaucoup plus rares que celles sorties par Decca à la mème époque.

1963 – Marijan / La Course Folle. Pas évident de mettre la main sur cette pièce. Publié par le label Golf Drouot, c’est une adaptation vocale d’un titre instrumental d’un groupe du même label, les Aiglons et leur fameux « Stalactite ».  L’interprète de cette reprise sera plus connu par la suite sous le nom de Michel Orso. C’est assez réussi et bien dans l’ambiance de l’époque avec l’accompagnement assez efficace des obscurs Doodles.

1965 – Catherine Ribeiro / La Voix Du Vent. Le petit disque de cette grande dame de la chanson et de la pop devenu un collector. Il eut quand même un peu de succès à sa sortie, ce qui permit à la dame de figurer sur la fameuse affiche de Salut Les Copains regroupant les fameuses vedettes du yéyé. Mais les ventes restèrent sans doute assez confidentielles. Sans blaguer j’aurais pu vendre ma copie des tas de fois, mais j’ai préféré le garder. La seule copie que j’ai trouvé par la suite, c’est un Anglais qui m’en a offert un bon prix. Ceux qui connaissent ce disque ne savent sans doute pas de qui est la version originale. Elle est le fait d’un groupe anglais assez peu connu, The Majority. Alors, pour vous faire plaisir, je la mets à la suite.

1965 – The Lollipops / Busy Signal. C’est toujours assez étonnant de voir le nombre de 45 tours EP’s, interprétés par des groupes noirs et publiés en France et qui sont d’excellents collectors. Celui-ci ne déroge pas à la règle, car il n’a pas du tout intéressé les radios à sa sortie et les ventes furent sans doute très limitées. Trois femmes et du r’n’b, vocalement c’est toujours beau.

1965 – Les Fizz / Trois Filles Pour Un Garçon. On peut faire la comparaison avec le précédent, trois filles mais cette-fois blanches et bien de chez nous. Elles interprètent une chanson composé pour l’occasion par Sacha Distel. Je vous laisse faire votre opinion. Sachez cependant que ce disque ne court pas les rues, ou alors ils court plus vite que moi, je n’ai jamais réussi à l’attraper…

1964 – The Lennon Sisters & Cousins / Where Have All The Flowers Gone Cette famille de parents très prolifiques, mais qui n’a aucun lien avec John Lennon est connue aux USA pour ses interprétations de variété folklorisante. Un très rare EP vit le jour en France par les bons offices des disques Vogue, label qui fit un travail assez intéressant pour la promotion du folk américain en France. Sans trop de surprises, on trouve sur le disque une version du classique de Pete Seeger, dont il existe de multiples versions éditées en France, chantées par une flopée d’artistes

1968- The Fugs / Crystal Liaison. Groupe phare de la contre-culture américaine, mené par Ed Sanders un poète américain qui a écrit l’histoire de l’Amérique en vers. Les premiers albums sont assez dans une tradition de folk électrique assez basique, mais ils distribués très confidentiellement. Les choses changent quand ils se tournent vers des musiques plus décadentes, un peu à La Frank Zappa. Ils sont signés par le label Reprise avec un petit air de légende à la clé.  Ce très rare single français est extrait du second album, au contenu musical d’époque.

Un document les Fugs à la tv suédoise en 1966, là on est sur la route de la décadence: « The Garden Is Open » et « Super Girl »

1963 – Julie Grant / Cruel World. Chanteuse anglaise assez peu connue, presque pas du tout en France, malgré deux EP’s publiés par Vogue. Une des ses titres « Come To Me », non publié en France, devint assez connu via la reprise de Richard Anthony « Si Tu As Besoin D’Un Ami ». Sur la seconde publication, on retrouve ce titre assez intéressant qui aurait pu être enregistré par sa rivale bien plus connue, Cilla Black.

1963 – Henrietta & The Hairdooz / You Got A Lot To Learn. Encore un de ces disques d’artistes noirs, ici un quatuor féminin américain, publiés en France et qui passa pratiquement inaperçu, mais qui ont de très bon indices de cotations sur le marché. Quand je dis inaperçu, précisons que Nancy Holloway en fit une adaptation « A Quoi Ca Sert De Pleurer ». Très bon pour les oreilles, mais peu visible pour yeux des collectionneurs.

1966 – The Seekers / Someday One Day. Les Seekers, groupe d’origine australienne, eut un succès phénoménal en Angleterre et en Australie, mais la France les bouda avec un entrain qui faisait plaisir à voir. La discographie publiée ici est de ce fait pas trop courante. Elle est surtout recherchée par les fans étrangers. Il y a eu 4 EP’s publiés entre 1965 et 67. Sur le troisième se trouve une chanson de Paul Simon (Simon & Garfunkel) dont il avait fait cadeau au groupe, celle que je vous propose. Ils sont toujours très bon vocalement, mais la voix de la chanteuse, Judith Durham, me fera toujours frissonner.

1968 – Tyranosaurus Rex / Deborah. Premièrement, je ne comprends pas pourquoi ce disque n’a pas eu de succès à sa sortie, voilà un truc original en 1968. Deuxièmement, un moyen d’avoir des collectors pour pas cher, c’est d’anticiper. Acheter un disque peu connu, en espérant que l’artiste devienne une star plus tard. C’est un peu comme à la bourse, il faut avoir du nez et aussi un peu connaître les possibles évolutions d’un style. Bien malin celui qui a acheté cette pièce en 1968, en pensant que ce groupe allait casser la baraque deux ans plus tard sous le nom de T-Rex. La semaine passée une copie s’est vendue £ 150 sur Ebay. Alors si vous le voyez aux puces, n’hésitez pas!

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En passant

Exploration en terre musicale inconnue (30)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1970 – Graham Bond / Springtime In The City. Graham Bond est une légende et un organiste anglais, qui avec quelques autres figures, posa les premières pierres de ce qui allait devenir l’UK Blues Boom. Avec son groupe Organisation, il enregistra deux albums qui devinrent assez vite réputés auprès des fans. A ses côtés, on retrouve des musiciens d’une grande pointure: Jack Bruce à la basse; Ginger Baker à la batterie; Dick Heckstall-Smith au saxophone. Les eux premiers furent membres de Cream, le troisième fera partie de Colosseum et d’une multitude d’autres participations, les Blesbreakers de John Mayall et Sweet Pain notamment. Entre 1963 et 1966, une série d’enregistrements furent réalisés avec les mêmes musiciens, mais où l’on voit apparaître un certain John McLaughlin. Ils restèrent plusieurs années dans les tiroirs. Dans certains titres, on remarque une approche du free jazz. Il fallut attendre 1970, pour qu’un double album de ces enregistrements soit enfin édité sous le nom de « Solid Bond ». Assez bizarrement, alors que cette musique n’a aucune prétention commerciale, on alla jusqu’à publier un single en France. Paradoxalement, c’est deux titres assez conventionnels qui figurent sur cette édition. Autant dire que c’est une rareté.

1961 – Oscar Brown  Jr / Wok Song. Cette chanson fait définitivement partie des classiques d’un musique entre soul et jazz. Une des plus célèbres versions est celle d’Oscar Brown Jr qui l’adapta du compositeur original Nat Adderley en y ajoutant des paroles. En France on la connaît surtout par Claude Nougaro « Sing Sing Song ». Publié en France une première fois en 1961 par Philips et une seconde fois par CBS en 1964, elle ne charma pas trop le public français. Le deux éditions sont plutôt rares.

1968 – The Searchers / Umbrella Man. Pour tenter de relancer la machine en très nette perte de vitesse, les Searchers signent avec la label Liberty. Ce premier single resta dans l’ombre et ne se vendit que peu, il est de ce fait une très rare pièce dans la discographie du groupe. Une édition française fut publiée, là encore c’est sans doute en rareté pure, la pièce la plus rare des sixties de la discographie française des Searchers. Comme beaucoup de groupes liverpooliens ils eurent de la peine à adapter une démarche plus pop.

1961 – Ann Margret / I Just Don’t Understand. Chanteuse et un peu sex symbole d’origine suédoise, on la voit comme chanteuse et aussi comme actrice, notamment aux côtés de Presley. En 1961, elle enregistre la chanson que je vous présente et qui est une petite révolution, mais elle n’y est pour rien. C’est un des premiers disques connus qui contient de la fuzz guitar. Pour ceux que ne connaissent pas, c’est un artifice d’amplificateur qui transforme le son de la guitare en une sorte de bourdonnement d’abeille. Cette chanson figure également au répertoire des Beatles et de Freddie & The Dreamers. Dans sa publication française en EP, c’est un disque plutôt rare.

1958 – The Sons OF The Pioniers / Montana. Depuis 1933 à aujourd’hui, ce groupe nonobstant de nombreux changements de personnel, perpétue la tradition de la musique folk américaine blanche et de la country music. En 1958, on tente la publication d’un EP, qui ne semble pas avoir donné l’envie à beaucoup de monde d’aller visiter le Montana.

1966 – The Young Holt Trio (Unlimited) / Wack Wack. Dans les années 60 le jazz n’a pas complètement disparu. De temps à autre un artiste ou un groupe arrive à décrocher un succès. C’est la cas pour ce trio américain qui obtint quelques petites consécrations aux USA. Ce titre assez accrocheur, même pour celui qui n’aime pas le jazz, fit l’objet d’une publication en France sans bousculer le routine. A noter que c’est un groupe de jazz qui essaya de donner une image plus progressive au jazz traditionnel, en bousculant un peu les conventions et en la mélangeant avec la soul music ou la variété. A titre d’exemple, je vous mets en-dessous leur version très spéciale de « Lady Madonna » des Beatles. Malheureusement dans le clip, il manque les 40 dernières secondes.

1963 – Helen Shapiro – J’ai Tant De Remords.  La très jeune star féminine anglaise du début des sixties fait aussi partie des artistes qui ont tenté le coup d’enregistrer quelques titres en français. Elle interprète ici une reprise de son titre anglais « I Apologise ». Cette tentative, comme beaucoup d’autres, ne rencontra pas vraiment le succès. Le seul avantage, c’est d’avoir fabriqué des collectors pour les fans.

1961 – Linda Scott / Don’t Bet Money Honey. Seule apparition sur un rare EP de cette chanteuse américaine. Un splendide titre, en plus une composition personnelle, qui n’est pas sans rappeler les vocaux des Ronettes ou des Crystals deux ans plus tard, elle est pourtant de race blanche, mais on s’y tromperait. On peut voir dans le film de David Lynch « Mulholland Drive » une chanteuse interprétant en playback sur l’original, une autre de ses succès figurant également sur la publication française « I’ve Told Every Little Star ». Extrait dans le second clip.

1967 – Roy Orbison / Ooby Dooby. Roy Orbison est un des chanteurs les plus importants de l’après-guerre. Du rock dans roll à l’opérette, il a un très vaste répertoire de possibilités. Bien qu’il soit surtout connu comme chanteur de ballades, il débuta pourtant comme chanteur de rock and roll sur les fameux disques Sun. Passé complètement inaperçu, un EP de lui fut publié en 1957 par London France qui illustre justement sa face rock. C’est un rareté comment dirais-je, très rare. La pochette est très marrante.

1969 – Cloud / Cool Jane. Une de ces obscurités tellement obscures qu’elles restent obscures, on sait juste que c’est d’origine américaine. C’est plutôt commercial, mais plaisant à écouter.

1965 – Burt Bacharach / Trans Boats & Planes. Celle-là vous la connaissez certainement, elle fut un gros succès pour Claude François « Quand Un Bateau Passe ». Cette immense compositeur aux presque innombrables succès écrits pour les autres, fit sa première tentative comme interprète avec cette chanson. En fait il dirige l’orchestre laissant la partie vocale au groupe féminin les Breakaways. Ce fut un gros succès en Angleterre, très légèrement concurrencé par la version parallèle de Billy J Kramer & The Dakotas. On l’oublie facilement, il a fait l’objet d’une édition française sur un EP sorti à l’époque, pas trop visible. Pour les cinéphiles, rappelons qu’il fut le mari de la belle Angie Dickinson.

1968 – Ian Whitcomb / Nervous. Ce chanteur anglais fit une carrière exclusivement aux USA avec un certain succès. Trois EP’s furent publiés en France qui sans être rarissimes ne sont pas parmi les plus en vue. Son répertoire est plutôt rock, mais c’est avant tout un spécialiste de l’humour et de l’amusement. Le voici dans un clip pour la tv française, vous comprendrez ce que je veux dire. Il est toujours en action du côté de la Californie où il réside. A noter que Willie Dixon a enregistré un truc assez semblable en 1960.

1967 – Tommy James & The Shondells / I Think We’re Alone Now. Durant le seconde moitié des sixties, Tommy James et son équipe furent de réguliers visiteurs du hit parade. Leurs succès n’exercent pas la même attirance entre eux, certains sont de très gros hits, d’autres n’ont qu’une carrière modeste. La publication française est assez respectueuse de leurs parcours dont cinq EP’s pour les débuts. Parmi eux, les deux derniers sont plus rares que les autres, ne contenant pas de hit majeur. Emballés dans de superbes pochettes, ils sont assez volontiers recherchés par les collectionneurs internationaux et leur visibilité moindre fait un peu monter les prix. Le titre proposé est un extrait du 4ème EP.

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (29)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1963 – The Big Three / What’d I Say. Ce trio anglais était au moins aussi populaire à la fameuse « Cavern » de Liverpool que les Beatles. Mais une fois la porte de sortie franchie, ils l’étaient beaucoup moins. Après s’être mordu les doigts de ne pas avoir signé les Beatles, Decca s’accrocha à tout ce qui pouvait avoir une connexion avec les Beatles. Ils signèrent Pete Best, le batteur écarté au profit de Ringo Star, et ce trio en publiant un EP enregistré en live dans le fameux endroit. Rien de très original, mais une bonne reprise du classique de Ray Charles. Ils n’eurent par ailleurs que des succès mineurs dans les classements. le seul qui tira bien son épingle du jeu fut le bassiste John Gustafson qui fit partie des Merseybeats, Quatermass, Roxy Music, et plus tard une reformation des Pirates de Johnny Kidd. Le EP fut fut publié en France, mais il est d’une rareté à fait pâlir un vampire assoiffé de vinyle.

1972 – Greenfield & Cook. Un splendide duo folk/psyché d’origine hollandaise. On peut se demander à son propos pourquoi un disque ne devient pas un succès. Assez connus dans leur pays d’origine, ce premier single français, malgré ce titre accrocheur pour autant que l’on aime un peu planer, se solda par une échec total. Il est vrai qu’à la même époque la France se gargarisait avec les Poppys, qui intéressaient assez peu les fumeurs de joints. Tiens fume, c’est pas du belge !

1966 – The Beatstalkers /You’d Better Get A Better Hold On. Groupe d’origine écossaise qui avait le pouvoir de transformer l’eau bénite en whisky, du moins c’est ce que l’on pourrait croire en lisant les commentaires au dos de la pochette de ce très rare EP français. Certes, ils furent populaires en Ecosse, mais le reste du monde sembla assez hermétique à leur talent. Cette publication française reste un des seuls témoignages d’époque si l’on désire les voir en photo sur la pochette. C’est sans doute ce qui fait son attrait, car une copie peut se vendre plusieurs centaines d’euros. Le titre proposé montre une tendance r’n’b assez proche de celle  des Small Faces.

1968 – Les Classels / Les Trois Cloches. De temps en temps les vieille recettes de succès sont remises au goût du jour. Les fameuses « Tois Cloches » firent le tour du monde avec Edit Piaf et les Compagnons de la Chanson, puis plus tard par les Browns en version anglaise. Le groupe canadien les Classels en proposa un version dépoussiérée et résolument moderne. Ce plutôt réussi, mais le miracle ne se reproduisit pas, du moins dans sa publication française.

1966 – Bobby Fuller Four / I Fought The Lav. Les hits américains ne trouvent par forcément grâce auprès du public français, sauf peut être auprès des chanteurs français qui l’adaptent (ici Caude François « J’ai Joue Et J’ai Perdu »). Cet EP publié par London est rarissime, très récemment une copie s’est vendue 276 euros sur Ebay. Bobby Fuller ne profita pas longtemps de sa notoriété, car on trouva son cadavre dans un coin d’Hollywood, suicide, mais plus probablement meurtre, le mystère n’est toujours pas résolu.

1959 – Toni Dalli / Just Say I Love Her. Seule publication française de ce chanteur né en Italie et possédant une très belle voix, digne d’un chanteur d’opéra. C’est plus de la variété italianisante que de l’opéra, mais cela ne l’empêcha pas de se produire dans les plus grandes salles américaines comme Carnegie Hall. Je suis toujours en admiration devant des gens qui possèdent ce genre de don. Comment voulez-vous qu’une femme à qui l’on fait une déclaration d’amour dans ce style ne tombe pas dans vous bras?

1972 – Drama / Mary’s Mama. Le chanson est bien connue en France, elle fut la proie de Sheila « Le Mari De Mama ». Mais elle fut créée par ce groupe hollandais dont cette publication française retourna assez vite dans les oubliettes. C’est un bel exemple de musique que je n’aime pas, tellement c’est vite énervant. Mais chacun ses goûts, ce n’est pas une critique, juste un avis personnel.

1964 – Billy Strange / House Of The Rising Sun. Ce guitariste et arrangeur américain hors-pair a une discographie assez abondante dont une partie a été éditée en France, qui sans être rare, n’est pas très courante. De toutes les versions instrumentales qu’il existe de ce fameux « Pénitencier », celle-ci est assurément une des plus flamboyantes.

1964 – Les Guitares Sèches / Le Pénitencier. Restons avec cette fameuse chanson. Johnny n’est pas le seul à l’avoir enregistré. Il y a eu les Players et aussi ce groupe produit par l’excellent Ken Lean. La version reste dans l’essence de l’original, une chanson de folk traditionnel. Ce n’est de loin pas déplaisant et mérite un petit détour. La qualité du son n’est pas au top, il y a quelques grattements et même un petit saut, mais ce n’est pas le genre de disque que l’on peut trouver à tous les coins de rues, en posséder et en trouver une copie est déjà presque un exploit. Je l’ai dans ma collection depuis plus de 50 ans et ce n’est pas le disque dont je me séparerais en premier.

1967 – Billie Davis / Angel In The Morning. Elle fut la petite amie de Jet Harris, le premier bassiste des Shadows. Elle connut un succès anglais en 1963 avec une reprise de « Tell Him » des Exciters. Sa carrière en dents de scie la voit réapparaître après un silence conséquent dans le fond des chars anglais avec une version, mais pas l’original, de cette chanson écrite par Chip Taylor, qui composa aussi « Wild Thing » pour les Troggs. Cette première publication française ne lui apporta pas gloire et fortune au pays des mangeurs de cuisses de grenouilles.

1969 –  Bill Deal & The Rhondells / What Kind Of Fool Do You Think I Am. Un groupe américain blanc qui sonne bien noir. Seule publication française pas trop facile à apercevoir, même avec une loupe.

1969 – The Frost / Help Me Baby. Le groupe est une des belles révélations de 1969, surtout avec son guitariste très remuant, Dick Wagner. C’est une sorte de hard rock version vintage comme Blue Cheer. Ils connurent une assez belle notoriété en France avec leur premier album enregistré en live et surtout la chanson « Rock And Roll Music » qui n’a d’ailleurs rien à voir avec la chanson de Chuck Berry. Un second single en fut extrait avec une version raccourcie du titre que je vous propose ici en version intégrale, « Help Me Baby » qui chauffe bien. Ce single n’est pas vraiment courant. Plus tard, Dick Wagner sera le guitariste d’Alice Cooper.

1959 – The Islanders / The Enchanted Sea. Si vous êtes un fan de Sacha Distel ou Sheila, vous connaissez peut-être cette chanson d’origine américaine. Ils en firent un peu plus tard une reprise sous le nom de « Un Bateau S’en Va », ils ne furent d’ailleurs pas les seuls. L’original parut en France en 1959 sur un EP partagé avec un autre groupe, les Warriors. Ce disque est une petite innovation pour l’époque, il utilisait passablement les effets sonores, comme ici les vagues. Quant aux Islanders, ils disparurent très vite de la circulation, plus vite que leur chanson reprise maintes fois.

1970 – Flynn Mc Cool / U.S. Thumbstyle. Ce groupe très peu connu résulte de la fusion des deux autres groupes, l’un fut les Shakespeares assez connu en France, mais originaire de Rhodésie et l’autre les Grapefruit. Ce dernier est une découverte des Beatles qui les signèrent avant que le groupe n’aie mis en route son label Apple. C’est ainsi que les disques furent licenciés au label RCA, qui permit un groupe de trouver quelques succès avec leur morceau fétiche « Dear Delilah ». Sous leur nouveau nom, la fusion produit un rare album, dont il semble que le groupe n’autorisa pas la publication, mais on se passa de son avis. C’est plutôt pop et ce rare single en fut extrait pour une édition française.

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