My very premiers disques

Si j’ai écouté de la musique depuis tout petit, le plaisir de faire mon propre programme via un tourne disque ne viendra qu’en 1965, les finances familiales le permettant. L’achat d’un simple et bête appareil coûtait une petite fortune. Si aujourd’hui un lecteur CD tout simple coûte deux ou trois dizaines d’euros, en 65 un appareil moyen coûtait environ une centaine d’euros. Grosso-modo, cela représentait 1/5 d’un salaire décent. Bref, je l’ai eu et j’ai enfin pu me lancer dans le début de ma collection de vinyle. En faisant appel à mes souvenirs, je peux reconstituer quels furent mes premiers disques achetés ou entrés en ma possession via un cadeau d’anniversaire par exemple. Ca vous intéresse? Eh bien les voici…
Note: tous ces disques sont encore en ma possession à un exception près.  J’ai reproduit la pochette avec laquelle ils étaient emballés quand je les ai achetés, sauf le premier qui n’en avait pas. Je suis sûr de l’ordre d’achat/possession pour les quatre premiers. Après j’ai des doutes sur l’ordre exact, mais ils figurent bien dans la série de tête

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C’est le premier que j’ai eu en ma possession, un peu avant d’avoir mon tourne-disque. Refilé par un copain qui l’avait acheté en 4 titres, il avait les moyens, il me refila le simple.

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Le premier achat, c’est celui-ci, incontestablement. Je n’ai jamais décollé de ma passion pour ce groupe qui est sans doute celui que j’ai le plus écouté et le plus collectionné. Bientôt 50 ans, ça commence à faire des milliers de passages.

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Le second est radicalement différent. Comme beaucoup d’adolescents de l’époque, j’adorais les Shadows. Dans le plus pur style de ce genre de musique, un groupe qui m’emballa un temps avec un instro qui s’appelait « Natacha ». Pas facile à trouver sur YouTube, sauf ici tiré d’un pressage japonais qui gratte bien, mais en stéréo.

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Le troisième, Dick Rivers, cette histoire de train qui passe au dessus de la vallée.

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Le premier 33 tours que j’ai possédé, pas acheté mais offert, fut celui de Hugues Aufray à l’Olympia. Je dois dire qu’il m’a bien aidé à remonter aux sources du folk. C’est le genre de truc que j’ai une certaine peine à réécouter maintenant, mais celle-là je l’aime encore bien.

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Réunissant toutes mes petites économies, j’ai franchi le pas de mon premier achat de 33 tours. Je dois dire que je l’ai autant choisi pour la pochette que pour le contenu. En 1965, un groupe cassait la baraque avec une chanson de Dylan « Mr Tambourine Man », je veux bien sûr parler des Byrds. Ce hit changea un peu la face du monde, du moins celui musical. Dylan n’avait pas encore tout à fait installé l’électricité chez lui, il semble bien les Byrds décidèrent de lui faire franchir définitivement le pas, après avoir entendu ce que les Byrds avait fait de son homme au tambourin en le mettant sous haute tension. Je le considère encore comme un album essentiel dans ma discographie. Cette pochette avec la photo prise par un oeil de poisson et les lunettes rectangulaires de Jim Mc Guinn, m’avaient complètement flashé. Après toutes ces années, la chanson que j’écoute encore avec délice, c’est « It’s No Use », titre que je trouve génial d’invention et de sonorité pour l’époque.

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C’est sans doute plus facile de se rappeler le 33 tours que les 45 tours, car ils étaient moins nombreux. Le 3ème album fut le toujours fameux « Live At Marquee Club » enregistrée par les Yardbirds. J’avais tellement adoré « For Your Love » que je me suis lancé dans l’achat de ce disque. Par rapport au côté commercial du hit, on tombait ici dans quelque chose de différent, je ne m’en suis pas tout de suite rendu compte, mais je mettais un pied dans la musique noire et le blues. Après un temps d’hésitation, j’ai adoré. On peut souligner l’importance que peuvent avoir les premiers disques, avec un peu de curiosité on remonte les sources pour d’autres découvertes. Hugues Aufray pour le folk, Eddy Mitchell, Dick Rivers pour le rock, les Yardbirds pour le blues, vous comprenez pourquoi j’ai l’air de connaître la musique, si je puis dire. Tout est parti de là. Sur cet album, en ouverture, leur fameuse version d’un titre de Chuck Berry…

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Le suivant, je m’en souviens, je le guettais car il passait tous les jours à Salut les Copains. ce fut mon premier achat pour un chanteur que j’ai fidèlement suivi jusqu’à aujourd’hui.Il possédait une voix et il a adapté des trucs anglais qui supportent la comparaison avec les originaux. Mon plus grand plaisir fut de discuter avec lui bien des années plus tard, alors « Tout Ira Très Bien »!!!

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J’ai toujours apprécié la France Gall des années 60, celle d’après dans un moindre mesure. Elle alignait des chansons originales quand tout le monde faisait des adaptations ou presque. Son père et Gainsbourg furent parmi les « fournisseurs ». Le premier acheté fut celui-ci, cette charmante et très courte chanson…

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Quand j’avais un peu d’argent et que les Yardbirds avaient sorti un disque, ben… je l’achetais! C’est ainsi que « Heart Full Of Soul » est arrivé chez moi. C’est encore aujourd’hui un de mes disques préférés, c’est tellement beau. Ah ils savaient faire des beaux trucs en 1965. Sur Youtube, on le trouve plusieurs fois, mis en ligne par un tas de monde. Malheureusement, certains amateurs mettent cela en ligne d’après des disques remixés au son horrible. Alors j’en ai pris un qui sonne exactement comme le vinyle d’époque.

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En 1965, entre les Yardbirds et les Kinks on pouvait hésiter. Si chez moi les Yardbirds l’ont emporté, je vénère aussi les autres. Quelle classe!

Après ces premiers achats qui se situent entre l’été et l’automne 65, il m’est pratiquement de me rappeler une suite logique. Les choses s’emballèrent un peu question quantité. Un coup de chance financier qui arriva à mon père, fit que je pus en profiter dans une certaine mesure et m’acheter pas mal de disques. De plus, je ne rechignais pas à acheter des disques soldés à un franc ou deux. Tout ce dont je me souviens c’est que je mis dans ma collection juste après, à part ceux dont je parle dans l’article, des artistes comme les Animals, les Pretty Things, les Searchers, les Zombies, Buddy Holly, Eddie Cochran, Jerry Lee Lewis, ce n’est que le départ d’une longue série…

Adieu à un pote

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Je l’ai appris aujourd’hui, un guitariste que je connaissais bien, Gypie Mayo, nous a quittés ce jour. Nous avons passé de nombreuses soirées ensemble à discuter de tout et de rien dans la quiétude des backstages. Je te vois toujours me lançant ton « hello » derrière tes lunettes qui cachaient si peu ton regard pétillant, ou ta fourchette qui se battait avec un plat de pâtes récalcitrant. Tu mettais précieusement ta topette de bière à l’abri derrière ton ampli prêt à cracher les sons que tu ne manquerais pas de faire juter de ta guitare.

Né en 1951, comme beaucoup de jeunes de cette époque, c’est en écoutant « Apache » des Shadows qu’il s’intéresse à la musique. Il veut une guitare Fender comme Hank Marvin. Il l’aura! Après de multiples participations dans diverses formations, il se met en lumière en prenant la suite de Wilko Johnson au sein de Dr Feelgood pour une flopée d’albums. Pendant plus de 10 ans, à partir du milieu des années 90, il sera le soliste des Yardbirds dans leur nouvelle aventure et le soliste en titre de l’album « Birdland », principal témoin de la renaissance des Yardbirds.

Te souviens-tu des fous rires lors d’un certaine dédicace alors que je sortais une de tes plus bizarres apparitions discographiques avec un certain corbeau? Même tes amis ne savaient pas que tu avais joué là-dedans. Je crois que depuis ce moment là, je suis devenu pour toi plus qu’un simple passant. Il est improbable que là où tu es maintenant, ces choses ont de l’importance. Pour moi elles font partie de mes souvenirs, un parmi tant d’autres, mais pas le moins important.

Adieu mon pote, tu est dans mon éternelle amitié, avec cette flamme qui brûle pour éclairer quelques moments agréables de ma vie.

Piaf chez les autres

J’avais abordé hier le 50ème anniversaire de la mort d’Edith Piaf, juste ce qu’il fallait en dire. Si elle reste la chanteuse française la plus connue à l’étranger, son répertoire n’a pas échappé aux artistes étrangers. Je vais faire comme d’habitude mon travail d’encyclopédiste et vous proposer un survol de ses chansons d’une manière un peu plus inédite que toutes les revues de ses chansons que l’on pourra faire ces jours-ci. En avant la musique…

Rendons grâce à ceux qui ont de manière involontaire capté l’attention de Piaf pour la faire chanter autre chose que ses chansons originales, écrites par elle-même ou par ses compositeurs attitrés, qui souvent partageaient aussi son lit, mais ça c’est une autre histoire…

C’est une de ses chansons parmi celles qui ont la préférence de ceux qui ne sont pas vraiment ses contemporains. En 1955, un titre américain composé par le célèbre tandem Jerry Leiber et Mike Stoller, qui écriront aussi le « Jailhouse Rock » pour Presley, est enregistrée par les Cheers. Cette chanson atteindra les oreilles de Piaf, qui voudra en faire une version française. Cela deviendra une de ses meilleures ventes et celle qui approchera le plus le rock and roll. Je veux bien sûr parler de « L’Homme A La Moto ».

Même histoire, Piaf entend lors d’une tournée une valse venue d’Argentine enregistré par un certain Angel Cabral. Cele deviendra « La Foule », une de ses chansons les plus représentatives.

Un autre succès américain, créé en 1951 par un chanteur alors très populaire, Frankie Laine. La chanson « Jezebel » est un standard repris des centaine de fois. C’est Charles Aznavour, alors dans l’entourage de Piaf, qui fut chargé de mettre des paroles françaises dessus. Il l’enregistrera lui-même plus tard.

Il y a encore d’autres exemples, mais je n’ai retenu que ceux-là. Maintenant inversons les rôles, ceux qui ont repris un titre de Piaf, parfois avec un grand succès. En 1959, Piaf est no1 au Cashbox, enfin presque. Sa chanson « Les Trois Cloches », composée par le Suisse Jean Villard Gilles, enregistrée par un trio vocal, the Browns, fait un tabac au pays du coca. Bien qu’elle fut adaptée en anglais bien avant, c’est cette version qui connut la gloire. Aux USA, c’est par excellence la chanson de Piaf que tout le monde connaît. Six ans plus tard, la version enregistré par Brian Poole et les Tremoloes, cette fois-ci en Angleterre fut également un hit.

On peut être un groupe anglais lancé sur les traces des Beatles et interpréter Piaf. C’est le cas des Four Pennies qui eurent un no1 en 1964 avec « Juliet ». Piaf en version beat, mais ça existe, une sorte d’hymne à l’amour…

La suivante est une des plus canons enregistré par un artiste américain. Vous connaissez tous Cher et ses extravagances. En bien c’est la même presque 50 ans avant. Alors mariée à Sonny avec lequel elle forme le duo Sonny and Cher. Bien qu’ils enregistrent ensemble de nombreux succès, cela n’empêche pas l’un et l’autre de faire des disque en solo, aussi avec succès. Sonny produit Cher et met sa main à la pâte musicalement, pas seulement sur les fesses de sa femme. Son avantage, il a travaillé avec le fameux Phil Spector et il faut bien l’avouer, il aime bien un peu l’imiter. Il fait enregistrer le fameux « Milord » et l’on sent bien cette influence. Piaf avec un soupçon de Phil Spector, c’est canon je vous dis.

C’est sans doute la plus étrange destinée pour une chanson de Piaf. Le célèbre « Padam Padam » fut adapté par un chanteur américain, Vince Riccio. Disons qu’il s’est inspiré de ce titre, librement. C’est plutôt un rock. Je ne sais pas si Piaf a eu l’occasion de l’entendre, possible car cela date de 1961. Plus sûr, avec la version des Chaussettes Noires « Madame Madame », cette fois avec des paroles françaises.

Le genre de truc que je n’aime pas, même s’il s’agit d’une chanson de Piaf. Je sais que certains vont adorer, mais je cherche en vain, quelque chose de Piaf dans ce truc.

Le bon truc pour relancer une carrière ou la maintenir, enregistrer un disque de Noël ou un album de chansons de Piaf. Certains l’on fait, avec plus ou moins de bonheur. Patricia Kass, du moins son producteur, a senti le vent venir, dame c’est le cinquantenaire de sa mort. A mon avis les chansons de Piaf en son digital, c’est un peu comme un enregistrement de John Lee Hooker avec un orchestre symphonique. Donc, je zappe. Par contre dans la série, il y a celui de Catherine Ribeiro publié en 1977, l’hommage d’une grande dame à une autre grande dame. Là, il n’y avait pas de carrière à relancer, c’était juste un cri du coeur.

Il existe assez peu de chansons inconnues et inédites de Piaf. Il y en a une que j’ai découverte dans l’intégrale « L’accordéoniste », qui compte plus de 400 chansons. J’ai pris une semaine de vacances , là j’exagère un peu, et je suis parti en exploration. Une chanson y figurait à l’état de maquette, enregistrée peu de temps avant sa mort dans son appartement. Etonnante chanson, sûrement un truc qui aurait eu du succès si. Le son un peu brut, rattrapé avec la magie des studios, en fait une chanson présentable et audible. Pour terminer, écoutons celle qui en fin de compte est inimitable…

Mort de légendes

Les légendes ne meurent pas même si elles disparaissent physiquement. Récemment trois d’entre elles sont parties vers un monde meilleur. Des chanteurs qui eurent un instant de gloire, il en disparaît presque tous les jours. Et puis il y a ceux qui ont marqué d’une manière plus significative leur époque. Parmi les immortels,  il y en des plus immortels que d’autres. Un bref hommage à trois personnages qui sont déjà dans les livres d’histoire. Ils rappelleront quelques souvenirs à plus d’un teenager des sixties.

Reg Presley (1941-2013), chanteur des Troggs

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Beaucoup de groupes se lancèrent à la conquête de la gloire. En 1965, l’objectif était très simple, battre les Beatles ou les Rolling Stones sur leur propre terrain. La recette à trouver pour le faire un peu moins évidente. Les Troggs originaires de Andover en Angleterre eurent une idée pas si mauvaise que cela. Comme on était en pleine mouvement de libération sexuelle, ils eurent l’idée d’inclure un peu de cela dans leurs disques. Les paroles furent plutôt élémentaires, mais un brin provocatrices si on veut bien considérer cela sous l’angle du sexe. Le premier disque qui les révéla en 1966 fut « Wild Thing » chanson qu’ils empruntèrent à un groupe plus obscur les Loved Ones. Leur version plus brute, plus hargneuse devint un hit considérable à travers le monde. Les paroles assez sages malgré tout expriment plus l’amour violent que la belle chanson romantique avec clair de lune et souper aux chandelles. Au niveau musical, les Troggs furent assez innovateurs, maniant une rythmique  basique et appuyée, on les considère volontiers comme des précurseurs du punk. La version de Jimi Hendrix en 1967 au festival de Monterey, acheva de propulser la chanson au firmament. Le troisième succès des Troggs « I Can’t Control Myself » est dans la même veine, paroles un peu plus explicites. N’ayant sans doute plus besoin de chercher à se démarquer, la suite de leur discographie est nettement plus sage. Ils connaîtront encore de nombreux hits, bien que leurs succès aillent en s’amenuisant. Au cours des années 70, ils reviennent dans le style du début pour un titre, « Strange Movies », au vocal appuyé de plaintes lascives, qui désigne clairement la vision d’un film pornographique. En arrière plan, circule une cassette non officielle dans laquelle  le groupe y va d’un ramassis de gauloiseries lors une conversation. Cela leur suffira pour continuer à tourner pendant les presque 40 années suivantes dans les circuits nostalgiques.

Reg Presley, la voix des Troggs, passionné d’ufologie et de paranormal, s’est tue définitivement le 4 février 2013.

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George  » Shadow » Morton (1940-2013), producteur américain

Il est un de ces quelques producteurs qui manièrent les artistes comme des marionnettes, mais sans qui ces marionnettes n’auraient probablement  jamais eu la moindre notoriété. Ils ne se contentèrent pas d’enregistrer des artistes, mais posèrent un style qui leur appartient moralement puisqu’ils en sont les créateurs. De plus, tout le monde  connaît leur travail. Le sommet de l’oeuvre de Morton se concentre entre 1964 et 1966. Sous sa houlette, il propulse les Shangri-Las, groupe vocal féminin blanc, au sommet avec deux titres qui font désormais partie de l’histoire « Remember » et « Leader Of The Pack ». Morton aime bien glisser des bruits dans ses enregistrements, des oiseux pour le premier, un bruit de moto pour le second. Cela ne serait sans doute pas suffisant si les chansons étaient quelconques, mais il exploite sur  fond musical classe, tous le tourments que peuvent ressentir une adolescente de cette époque y figurent. Ce sera son âge d’or bien qu’on le retrouve plus tard avec des noms prestigieux comme Vanilla Fudge ou New York Dolls. Sombrant dans l’alcoolisme, il disparaît de la circulation, mais ses oeuvres du début sont constamment revisitées par des artistes prestigieux.

Il est décédé le 14 février 2013,  victime du cancer

Tony Sheridan, (1940-2013), chanteur

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Il est un personnage clef dans l’histoire musicale du 20ème, bien que l’on peut supposer que sa contribution est involontaire. Né en Angleterre, il tourne dans le monde du rock en accompagnant des rockers comme Vince Taylor. Il s’expatrie en Allemagne où il se fait accompagner par un groupe alors pas très connu qui s’appelle les Beatles. On sait aussi qu’ils servirent de groupe d’accompagnement pour le disque qu’enregistra Sheridan en Allemagne, une version rock de « My Bonnie ». Selon la légende, qui n’a aucune raison d’être enjolivée, c’est ce disque qui attira l’attention de Brian Epstein, l’homme qui fabriqua les Beatles. Alors les événements de la vie ne tenant parfois qu’à un film, on peut supposer que l’histoire de la musique moderne en fut changée, s’il n’avait pas existé. Le reste de sa carrière, bien qu’il fut un excellent artiste, restera à jamais liée avec le nom des Beatles. Bien d’autres s’en contenteraient.

Tony Sheridan est décédé à Hambourg, le 16 février 2013

Salut Alvin!!!

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Il y a des trucs qui comme ça font mal au ventre. Je viens d’apprendre la mort de Alvin Lee, l’homme qui jouait de la guitare plus vite que son ombre.

Une histoire d’une sorte d’amour qui remonte à bientôt 50 ans. Ma première rencontre avec lui, elles ne seront jamais que virtuelles, je m’en souviens très bien. C’était en 1967. Dans la boutique d’un disquaire local, le patron me mit sous le nez un album avec le commentaire qu’il y avait un guitariste intéressant là dedans. C’était le premier album de Ten Years After. Je l’ai bien sûr écouté. Au premier titre, « I Want To Know » je fus conquis. J’avais le bonheur de le comparer avec la version antérieure enregistrée par Eric Clapton et parue sur un album assez obscur « What’s Shakin » sorti l’année précédente. A l’évidence ce mec en avait. Un jeu très rapide, agressif, tout en nuances. Dans ce fameux obscur album, dont je ne dirais jamais assez le pas en avant qu’il me fit faire, il y avait un autre titre que j’adorais « I Can’t Keep From Crying Sometimes  » interprété par Al Kooper. Le version de Ten Years est bien différente, un tempo plus lent, avec guitare remplaçant le piano, j’étais encore une fois conquis. Le troisième que je connaissais déjà « Spoonful », que j’avais écouté pratiquement en boucle dans la version de Cream sur le troisième EP français, bien revisité par le groupe. Alvin Lee ne cachait pas une certaine admiration pour Clapton. car quand on écoute les chutes du deuxième album live « Undead », Lee présente ce titre comme étant emprunté à Cream, alors qu’il savait très bien que les véritables origines du titre sont ailleurs. Le reste de ce premier opus me marqua à jamais, je découvrais « Help Me », eh oui ce classique qui m’avait échappé, j’avais encore à apprendre.  J’ai eu plus de peine avec le second plus insaisissable, proche du jazz, ce qui ne m’apparut pas évident à l’époque. Avec le temps et mon approche de cette musique, il est parmi ceux que je préfère. Il y avait bien sûr en fond d’album, ce fameux « I’m Going Home » qui illuminera les nuits de Woodstock. J’étais mordu, et les albums suivant ne manquèrent pas à l’appel de ma discothèque. Avec ces titres qui m’ont fidèlement accompagné tout au long de ma vie « Hear Me Calling », « Sad Song », « Bad Scene » et j’en passe.

Alvin Lee était le mentor de Ten Years After, mais il ne réussit jamais, il ne l’aurait sans doute pas voulu, mettre dans l’ombre les trois autres membres du groupe qui sont parfaitement au niveau du maître. C’est un des rares groupes pop à tourner dans l’esprit d’un orchestre de jazz, solos, improvisations, à chacun son numéro. C’est bon en album, mais c’est encore meilleur en live. Les années ont passé, j’entendrai toujours la guitare de Lee résonner dans un coin de ma tête et sans doute aussi de mon coeur. Sa voix, son chant, accompagneront cet écho. J’ai des milliers d’amours en musique, mais je ne sais à quelle place le mettre, mais c’est loin devant. Salut Alvin!!!

Je n’y étais pas, mais heureusement des vraies caméras capturèrent pour l’éternité ce moment… éternel

Entre calme et tempête

Un orchestre de jazz? Ben oui, c’est d’ailleurs une reprise du fameux Count Basie pour le premier titre

Pour quelques souvenirs de plus

Les Boss en retour de vacances

– Alors Boss, ces vacances?

– Elles sont finies hélas!

– Qu’avez-vous fait?

– Eh bien, je me suis promené en Bretagne et en Normandie.

– Alors vous ramenez de merveilleux souvenirs?

– C’est sûr, la bouffe était de première, les paysages à croquer et le reste mmmhhhh…

Le Boss mange un petit quelque chose

– Vous aviez sûrement le regard au ras du sol?

– Vous voulez dire au ras des jambes?

– Oui, j’aurais du y penser.

– J’en ai même contemplé une paire de très très près, le moins que je puisse dire c’est qu’elles étaient divines.

– Ah couvertes de nylon?

– Bien évidemment vous croyez quoi, je bois du vin, pas du jus de raisin, pour l’ivresse des sens c’est plus efficace!

– Peut-on en savoir plus?

– En bien pour l’instant, il vous faudra attendre, mais prochainement il se pourrait bien que vous ayez quelques détails supplémentaires, mais chut!

Le Boss, pour une fois fréquente une pucelle

– Avez-vous fait des rencontres intéressantes?

– Ah ça oui, surtout vers la fin du voyage!

– Bien sûr, vous parlez de rencontres entre gens  branchés nylon?

– Oh vous savez, les conversations de foot ne m’intéressent pas trop.

– Et que pensez-vous de la France en nylon, en général?

– A part les rencontres mentionnées ci-dessus, c’est un peu le désert, heureusement elles élèvent le niveau. Dieu merci, je connais quelques unes de ces jolies amatrices de bas et de lingerie glamour, cela me console des larmes que je verse sur les pantalons.

– Mais dans tout cela aucune vision réconfortante au détour d’une rue?

– Une seule je crois. Une touriste japonaise victime d’un coup de vent coquin, mais j’avais l’oeil au bon endroit. Elle a sûrement préféré un porte-jarretelles de fabrication française  en lieu et place d’une Tour Eiffel en plastique. C’est tout à son honneur.

– Merci Boss pour ces instantanés de votre voyage.

– De rien, mais faites moi plaisir continuez vos observations alentours, le spectacle s’offre parfois là où on l’attend le moins. Non, non, je ne déconne pas…

Photo des jambes de la charmante japonaise prise au zoom. Trop tard pour profiter du coup de vent révélateur,!!!

Sur l’écran de mon cinéma… Marilyn!

Ah Marilyn que n’a-t-on pas dit sur elle? Tout et surtout rien…

La mort de Marilyn, je n’en ai aucun souvenir. Personne n’en a parlé à la maison. Aucun événement de la vie locale pour me repérer. Il faut bien se dire que les jeunes olibrius de mon âge n’avaient vu aucun de ses films. Ils étaient réservés à une classe d’âge plus mûre. Nous étions condamnés aux aventures de Tarzan et aux documentaires sur la culture des champignons atomiques qui commençaient à pousser ici et là. En 1962, Marilyn, j’en avais rien à cirer. Je connaissais à peine le nom de Brigitte Bardot, c’était plus dans notre actualité proche. Et puis des vedettes féminines, il y en avait des tas. Toutes autant prétendantes les unes que les autres au titre de la plus belle,  susurré  par la voix de miroir.
Ce qui est plus certain pour moi, c’est qu’elle a commencé de me taper dans l’oeil quand la mode des posters a remplacé la tapisserie. Je crois que ce phénomène a fait beaucoup plus pour son passage à la postérité que ses films. On représentait sur ce grand format surtout les vivants, mais aussi les disparus. Pour les choisir, il fallait avoir la gueule, belle ou moche, mais une gueule. Evidemment, elle ne pouvait pas passer à côté parmi les élus. Son visage angélique et son corps était bien dans les goûts du temps. Point la silhouette de ces mannequins faméliques qui font les canons de la mode d’aujourd’hui avec leurs démarches d’insectes fuyant un nuage d’insecticide. Non, elle avait ce charme de l’Amérique puritaine d’alors où tout était suggestion, le sexe encore plus que le reste. Ses déhanchements étaient un appel à la sensualité, quel homme ne rêvait pas d’elle? Mais, elle, à quoi rêvait-elle?
Sans doute de devenir une actrice, elle en fut une, sûrement pas dans le registre où elle se voyait. Fragile, dans un Hollywood qui fait ce qui lui plait, elle n’avait pas la force de demander à être autre chose qu’une poupée de pellicule. S’imaginait-elle en sex symbol pour les années futures et même un brin d’éternité? Difficile à dire, mais on sait qu’elle en est devenu un. Un de ceux qui sont au panthéon des plus incontournables.
Cinquante ans après, il a toujours le visage de cette femme à la beauté exquise, qui aura toujours 36 ans, éternellement!

Un journal du 6 août 1962