En passant

Voyage début de siècle (17)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

La Californie 4ème partie

Nous l’avons vu, la voyageuse séjourne chez des parents déjà installés en Californie. C’est assurément une chance pour elle car ils sont plus au fait des curiosités que l’on peut voir dans les alentours. Les guides touristiques sont encore un peu de la science fiction, encore plus pour des gens qui habitent à des milliers de kilomètres. Ce qui n’empêche nullement les autochtones de faire du tourisme plus ou moins local, surtout si les moyens de transports existent où si l’on possède un de ces fameux tacots symboles des débuts du tourisme automobile.

J’avais dans le jardin de mes hôtes, l’illusion de me promener sous les tropiques. J’y vis pour la première fois des colibris en liberté. Leur vol bourdonnant, semblable à celui de la mouche, leur a valu le nom anglais de humming birds. Comme les papillons, dont ils ne dépassent guère la taille, ils voltigent autour des fleurs, dont ils puisent le nectar de leurs longs becs effilés; puis ils s’élancent dans les airs, sans que l’on aperçoive le battement de leurs ailes, tant il est rapide, et reviennent en ligne oblique à la même fleur. Cet être minuscule est si léger que la plante s’incline à peine sous son poids. Tout son petit corps brille comme un joyau; le cou est d’un jaune d’or bruni, les ailes, rouge foncé, et le reste du plumage vert-bleu a des reflets métalliques.

Au début du 20ème siècle on ne parle pas d’écologie. Pourtant la voyageuse fait quelques réflexions qui pourraient faire penser qu’elle serait plutôt verte aujourd’hui. Elle remarque bien que les Américains ont par trop l’habitude de tirer profit d’un peu tout sans trop se soucier de l’avenir. Heureusement l’immensité du territoire en atténue un peu les effets.

Grâce à mes aimables parents j’eus l’agrément de faire, dans les environs, de superbes promenades en voiture. La plus belle me conduisit dans les forêts de Santa-Cruz, patrie du magnifique sequoia (séquoia sempervirens), connu chez nous sous le nom de Wellingtonia. Le tronc rouge-brun de cet arbre royal s’élance si haut que la cime se perd dans les airs. La force de la sève des sequoias est telle, que lorsqu’ils sont à moitié sciés ou calcinés, on les voit reverdir et pousser de nouveaux jets. Leur vigueur fléchit toutefois devant la rapacité des hommes; sans trêve ni merci les coups de hache troublent le calme solennel de la forêt. Chaque fois que je voyais tomber avec fracas un de ces vénérables géants, il me semblait entendre un soupir s’exhaler sous la voûte sombre. Cela fait mal de voir la brutalité, l’insouciance avec laquelle on poursuit la destruction de la forêt californienne. Personne ne songe à remplacer ce qu’on abat. Aussi le jour ne me paraît pas éloigné où, de même que les Indiens et les buffles, les séquoias, ces merveilles de la nature, ne seront plus qu’un souvenir. Il y a des réserves cependant; on voit à certains endroits des groupes d’arbres géants, ceints d’une clôture, que l’on visite comme des bosquets sacrés. Non loin du village de Felton, dans les forêts de Santa Cruz, se trouve une trentaine de ces big trees (séquoia gigantea). Personne ne connaît leur âge. Témoins d’époques disparues, ils s’élevaient vers le ciel, aussi puissants, aussi magnifiques qu’aujourd’hui, lorsque les blancs arrivèrent dans le pays. Quelques-uns sont creusés par le temps ou le feu; la plupart portent d’anciennes traces d’incendie. Tous ces colosses séculaires ont leur nom: le Géant abrite aisément une vingtaine de personnes debout; le Pionnier a 21 mètres de circonférence sur 75 de hauteur; des racines du Général Sherwood a surgi une famille de dix à douze individus, dont chacun serait considéré comme une merveille en Europe.

Un de ces fameux arbres, on pourrait dire que ça c’est du tronc sans référence au chanteur.

A suivre

Sources : Wikipédia, B.N.F, DP

En passant

Vinyles en fusion (175)

Il n’a jamais existé un France un organe officiel qui représente exactement la popularité d’une chanson, ce que nous appelons le hit parade. Par contre les Américains et les Anglais sont beaucoup plus organisés et ces classements existent pratiquement depuis 1900. Ce sont de véritables industries du classement qui analysent les ventes, les passages radio ou télévision. Ils sont compilés dans des classements qui reflètent les critères précédents. Ces classements hebdomadaires rebondissent sur un classement annuel qui reflète le nombre de semaines où la chanson apparait ainsi que sa position dans le classement. Au final, ces données permettent d’établir les chansons les plus populaires de l’année. Aux USA le Cashbox et le Billboard sont les deux principaux organes qui établissent les statistiques. Bien qu’ils agissent séparément, le résultat est assez identique, une chanson peut-être no 1 à une place et no 2 dans l’autre, mais jamais un no 1 sera no 20 dans dans le second. Voici à partir de 1956, année ou le rock and roll est bien établi, les cinq meilleures chansons de l’année.

1974

 1) John Denver – Annie’s Song   (443 points)

2) George McCrae – Rock Your Baby (439 points)

3) Terry Jacks – Seasons In The Sun (434 points)

4) Carl Douglas – Kung Fu Fighting (433 points)

5) Ray Stevens – The Streak (431 points)

Documents

Des archives musicales, peu importe le pays, de la télévision ou autres durant les seventies

The Who – Baba O’Riley

La pop en version étrangère

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente. Voici une sélection de trois chansons d’artistes anglophones interprétés dans une langue plus ou moins exotique. Pour ceux qui voudraient entendre la version originale, un clic sur Youtube apportera la réponse.

Loves Made A Fool Of You, première version enregistrée Buddy Holly, 1958
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Version en hollandais par Lenie Van Der Biezen, 1966

I Can Never Go Home Anymore, version originale The Shangri-Las, 1966
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Version en croate par Melita Poljanec, 1967

La Nuit, version originale Adamo, 1964
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Version en japonais par Fubuki Koshiji, 1965

Trois très belles reprises…

PJ Proby – Hold Me (Eddie Duchin)

Bob Dylan – Things We Said Today (The Beatles)

Magnus Carlson – Montague Terrace (In Blue) (Scott Walker)