En passant

Vinyles en fusion (173)

Il n’a jamais existé un France un organe officiel qui représente exactement la popularité d’une chanson, ce que nous appelons le hit parade. Par contre les Américains et les Anglais sont beaucoup plus organisés et ces classements existent pratiquement depuis 1900. Ce sont de véritables industries du classement qui analysent les ventes, les passages radio ou télévision. Ils sont compilés dans des classements qui reflètent les critères précédents. Ces classements hebdomadaires rebondissent sur un classement annuel qui reflète le nombre de semaines où la chanson apparait ainsi que sa position dans le classement. Au final, ces données permettent d’établir les chansons les plus populaires de l’année. Aux USA le Cashbox et le Billboard sont les deux principaux organes qui établissent les statistiques. Bien qu’ils agissent séparément, le résultat est assez identique, une chanson peut-être no 1 à une place et no 2 dans l’autre, mais jamais un no 1 sera no 20 dans dans le second. Voici à partir de 1956, année ou le rock and roll est bien établi, les cinq meilleures chansons de l’année.

1972

 1) Chuck Berry – My Ding-A-Ling  (470 points)

2) Gilbert O’ Sullivan – Clair (466 points)

3) Gilbert O’Sullivan – Alone Again (439 points)

4) Carly Simon – You’re So Vain (438 points)

5) Johnny Nash – I Can See Clearly Now (416 points)

Documents

Des archives musicales, peu importe le pays, de la télévision ou autres durant les seventies

Nazareth – Vigilante Man

La pop en version étrangère

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente. Voici une sélection de trois chansons d’artistes anglophones interprétés dans une langue plus ou moins exotique. Pour ceux qui voudraient entendre la version originale, un clic sur Youtube apportera la réponse.

Vaya Con Dios – Just A Friend Of Mine, 1987
*****
Version en français par Louis-Ronan Choisy, 2010

Gimme All Your Lovin’ , version originale ZZ Top, 1983
*****
Version en hollandais par WC Experience, 1996

Pretty Blue Eyes, version originale Steve Lawrence, 1959
*****
Version en italien par Carla Boni, 1960

Trois très belles reprises…

Sarah Middleton Woolley – Now the Sun Has Gone (The Beatmen)

The Beatchers – And I Love Her (The Beatles)

Rick Wakeman – Things We Said Today (The Beatles)

En passant

Voyage début de siècle (15)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

La Californie

Pour rejoindre la Californie depuis Salt Lake City, il faut traverser le Nevada, état qui pour la voyageuse peut lui rappeler par certains côtés sa Suisse natale, surtout ses montagnes enneigées. Elle ne fait que de le traverser, elle pénètre en Californie par le nord pour poser des valises à San Francisco. En superficie la Californie est le troisième état des USA, derrière l’Alaska et le Texas. Il s’étire plutôt en longueur qu’en largeur et occupe une bonne partie de la côte ouest au bord du Pacifique. Le climat est particulier, les écarts de température saisonniers sont moindre, il fait plutôt doux en hiver et chaud sans excès en été, les températures les plus froides tournent autour de huit degrés. La pluviométrie est très modérée, ce qui parfois cause des soucis et facilite les incendies de la végétation.

Des coups de canon et des feux d’artifice m’accueillirent, le 3 juillet, à mon arrivée à la première station californienne. N’allez pas croire, au moins, que c’était en mon honneur! On célébrait le 4 juillet, la grande fête nationale des Etats-Unis. A bord du Kurfürst déjà, des Américains m’avaient prévenue et conseillé de ne pas me mettre en route ce jour-là. Malgré cet avis je ne voulus pas manquer la manifestation patriotique, plaisir plutôt dangereux, où l’on risque sa peau, car, sans interruption, les coups de mortier partent et les fusées sifflent.
En Californie, comme ailleurs du reste, je fus accueillie par des compatriotes. Ils me firent voir Oakland, charmante ville, remarquable surtout par son exubérante végétation. Des chênes au feuillage toujours vert, des poivriers argentés qui me rappellent nos saules, donnent aux belles allées de la petite cité un ombrage bienfaisant. A toutes les maisons, au moindre pan de mur, le géranium-lierre accroche ses fleurs roses en si grand nombre, que l’effet en est féerique. Dans les jardins, les hauts palmiers balancent leurs gracieux panaches.

Oakland est plus ou moins considéré comme un faubourg de San-Francisco. Berkeley, la ville voisine, possède une partie de l’Université de l’Etat; on y enseigne les lettres et les sciences. Les autres branches ont leurs professeurs à l’Université-mère de San Francisco. La haute école californienne, fondée en 1868, fréquentée par 2400 étudiants, dont un grand nombre du sexe féminin, donne la plupart de ses cours gratuitement. Ses revenus provenant de donations, s’élèvent à huit millions de dollars. Il y a des jardins remarquables par leur beauté et leur étendue, ainsi que des champs d’essai qui, au début, ont rendu de grands services aux farmers.
La bibliothèque, fort riche, renferme 70,000 volumes; les musées et les laboratoires sont immenses. D’Oakland, situé dans la baie de San-Francisco, un bac conduit en vingt minutes à la capitale de la Californie. Quelque grande que soit cette cité — elle compte environ un demi-million d’habitants — son histoire n’est pas longue. En 1776, les Mexicains fondèrent, un peu au sud de la ville actuelle, la mission Dolorès, dont une église et un cimetière abandonné sont les derniers vestiges. 59 ans plus tard, ils construisirent, à trois mille à l’est, un petit village, Yerba Buena — nom espagnol de la menthe sauvage — que, lors de la conquête de la Californie, les Américains appelèrent San-Francisco, Frisco dans le langage populaire.

La voyageuse va pouvoir faire un peu de patriotisme, car dans la fameuse ruée vers l’or qui eut lieu en Californie un demi siècle auparavant, se trouva étroitement mêlé un de ses compatriotes, Johann August Sutter. Il émigra en 1834 aux Etats-Unis pour fuir des ennuis judiciaires suite à une faillite. De fil en aiguille il finit par arriver en Californie une région alors mexicaine. L’endroit est alors peu peuplé et le gouvernement accorde très facilement des concessions pour qui veut bien développer la région, notamment avec l’élevage. Il obtient mieux qu’un petit coin pour jardiner, un terrain de 20000 hectares dans le voisinage de Sacramento. Il devient alors un éleveur et fonde une colonie qu’il appelle la Nouvelle Helvétie. En 1847, le Etats-Unis annexent la Californie. Arrive ce qui va précipiter son malheur, mais qui aurait pu aussi faire son bonheur. Au début 1848, on découvre de l’or sur ses terres. Commence alors une ruée vers ce précieux métal, qui engendre l’arrivée de personnages plus ou moins recommandables qui font régner la loi, pas toujours celle officielle. Il sera surtout spolié de ses terres. Il se battra jusqu’à la fin de sa vie pour essayer de faire reconnaître ses droits, mais n’y parviendra jamais. Il meurt en 1880 à 77 ans. Pour la postérité, le célèbre écrivain Blaise Cendrars raconte son épopée dans « L’Or » paru en 1925. Une comté et une rue de San Francisco portent son nom. Son fils sera le fondateur de Sacramento, capitale actuelle de la Californie.

Le lieu où furent trouvées les premières pépites d’or.

Lorsqu’en 1848 le premier gisement d’or fut découvert en Californie, dans un terrain appartenant à un Suisse, le capitaine Sutter, de Liestal, des milliers d’individus, attirés par le précieux métal, décidés à s’en emparer coûte que coûte, affluèrent de toutes parts. Le hameau s’accrut dans des proportions énormes, en même temps qu’il s’y développait une floraison épouvantable de vices et de passions criminelles. La métropole californienne a conservé jusqu’à présent le nom de mauvaise ville que lui donnèrent les autres Etats. Elle ne s’est d’ailleurs pas arrêtée dans son essor. Au contraire, grâce à sa position sur l’Océan pacifique, si favorable à son développement commercial et industriel, elle tend toujours plus à devenir la rivale de New-York. Dans l’Amérique cosmopolite, elle est peut-être la cité où les éléments les plus divers se fondent le mieux en une population ayant un caractère bien à elle. Toutes les nations européennes sont représentées; on y trouve également de grandes colonies japonaises et mexicaines ainsi que 15,000 Chinois. Les langues que l’on entend le plus sont le français et l’espagnol. San-Francisco est située à l’extrémité septentrionale d’une longue presqu’île de 48 kilomètres qui sépare l’Océan pacifique de la baie de San-Francisco. Son port est un des plus grandioses du monde. Un rempart de hautes montagnes, les Coast Range, court du nord au sud, le long du littoral; il n’est coupé que par un passage étroit, la Porte d’or (Golden Gâte), dont Francis Drake fut le premier Européen qui en franchit le seuil.

A suivre

Sources : Wikipédia, B.N.F, DP