En passant

Dimanche en quelques manches d’hiver (3)

Il y a 100 ans

Brigitte Bardot (1934 – 2025)

Elle fut surtout célèbre comme actrice, mais elle chanta aussi. Je vais développer un peu plus ce côté sans trop entrer dans les détails. Ironiquement la chanson la plus connue internationalement et qui porte son nom fut une chanson enregistrée pour le carnaval de Rio en 1960 par Jorge Veiga. Il existe déjà des pochettes de disques qui arborent sa photo, ce sont des bandes sonores des films où elle apparait. Son premier vrai disque est justement extrait du film « Vie privée » où elle chante « Sidonie ». Le disque sorti en 1962 reste assez anecdotique dans sa discographie. Le disque suivant voit une première collaboration avec Serge Gainsbourg « L’appareil A Sous », nouvelle ironie c’est l’autre face « La Madrague », composée par Jean-Max Rivière et Gérard Bourgeois qui obtient le succès. Ils resteront pour plusieurs disques les compositeurs attitrés. Il faudra le retour de Gainsbourg, d’abord discret, en 1965 pour « Bubble Gum », puis pour « Harley Davidson » en 1967, pour que B.B. soit à nouveau sur les ondes radio. En plus, la chanson devient assez iconique. Une autre va le devenir, mais d’une toute autre manière. Gainsbourg a composé « Je T’aime… Moi Non Plus » en 1967 et l’enregistre d’abord avec Bardot, mais elle refuse que le disque soit publié. Il l’enregistrera deux ans plus tard avec Jane Birkin et il devient un très gros succès, no 1 en Angleterre, cas très rare pour un artiste français. En comparant les deux versions, celle avec Bardot est incontestablement plus sensuelle. Via le film d’Arthur, Penn Bonnie et Clyde viennent à la mode en 1967. Le duo s’y met aussi et celui-là ne sera pas censuré par Bardot. Sa dernière apparition discographique remonte à 1973, un duo avec Sacha Distel « Tu Es Le Soleil De Ma Vie » adaptation d’un succès de Stevie Wonder. De manière générale, les disques de Brigitte Bardot sont d’assez jolis collectors, le phénomène risque de s’amplifier.

Jorge Veiga – Brigitte Bardot (1960)

L’appareil A Sous, première composition de Serge Gainsbourg pour Bardot (1963)

La Madrague (1963, clip 1968)

C’est Rigolo (1963)

Bubble Gum, autre chanson de Gainsbourg (1965)

Harley Davidson (1967)

Je T’aime… Moi Non Plus (1967)

Bonnie And Clyde (1968)

Tu Es Le Soleil De Ma Vie, avec Sacha Distel (1973)

Deux chansons début d’année

U2 – New Year’s Day

Abba – Happy New Year

CHANSONS
MONUMENTS

Chansons qui ont un brin d’éternité

Bien qu’il soit mort à l’âge de 31 ans, Franz Schubert (1797-1828) a composé plus de 1000 oeuvres, des mélodies pour piano, des symphonies, de la musique sacrée. La plupart de sa musique sera surtout découverte après sa mort et fera de lui un des compositeurs autrichiens les plus adulés dans la catégorie romantique. L’une de ses oeuvres le plus connues reste sa fameuse Sérénade (Ständchen), du moins par l’oreille des gens, écrite peu avant sa mort. C’est en fait un chant dont il écrit la mélodie sur un poème de Ludwig Rellstab. En 1840, le compositeur Franz Liszt la retranscrit pour le piano, manière courante de l’interpréter aujourd’hui. C’est ainsi qu’elle paraît sur des enregistrements vers 1910. La première version en allemand se situe probablement vers 1932. Le amateurs de classique la connaissent depuis longtemps, mais il faudra la version anglaise enregistrée par les Platters en 1957 pour qu’elle soit propulsée dans l’oreille des teenagers, parents y compris. Bien qu’elle ne soit pas vraiment un succès pour eux, ils sont tellement populaires à l’époque que les fans finissent par tomber dessus.

Probablement la seconde version en allemand enregistrée par le ténor autrichien Richard Tauber (1934)

La version originale anglaise des Platters, 1965

Un choix parmi d’autres…

Serge Gainsbourg – Negative Blues (1963)

Monty – Une Fois (1965)

Los Canarios – Three-Two-One-Ah! (1967)

The Majority – Tears Won’t Help (1966)

John Leyton – Oh Lover (1961)

Si Mozart…

La musique c’est aussi ça…

Trois chansons où on parle de la vie…

Mama Béa Tekielski – La Vie

Johnny Hallyday – C’est La Vie

Claude Nougaro – C’est Ca La Vie

Perry Bamonte (1960 – 2025)

Il fut le clavier et guitariste de Cure de 1900 à 2005, puis de nouveau à partit de 2020.

High

Strange Attraction

En passant

Voyage début de siècle (31)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

Découverte du Japon, suite

La voyageuse continue de nous expliquer les fondements et les croyances du Japon. Il est vrai que par rapport aux religions monothéistes, c’est un peu plus compliqué, ils auraient même une certaine tendance à avoir des dieux vivants. Pour un oriental, voyager au Japon est assez déroutant, beaucoup de choses ne se font pas comme ici. On ne serre pas les mains, une inclinaison du buste remplace le bonjour, en pénétrant chez quelqu’un on enlève systématiquement ses chaussures, si vous mangez des nouilles avec des baguettes n’hésitez pas à les aspirer bruyamment, c’est un compliment envers le cuisinier. Et une chose qui va ravir les radins, on ne donne jamais de pourboire. Même si vous ne faites pas tout correctement, les Japonais sont d’une extrême gentillesse, ils vous pardonneront bien des choses en votre qualité d’étranger. Pas besoin de leur dire ils le savent, physiquement vous paraissez assez différent d’eux. Mais voyons la suite de l’histoire japonaise.

Pour mettre fin à cet état de choses, le mikado éleva un membre de l’ancienne et puissante famille des Minamotos, du nom de Yoritomo, au rang de shogoun, ou général de la couronne. Ce titre lui donnait plein pouvoir sur tout l’empire. Yoritomo sut exercer pour son profit personnel la puissance dont il avait été investi. Son autorité sans cesse croissante devint si grande, que le shogoun, premier vassal de l’empereur, était en réalité le maître. Il réussit en outre à faire décréter que sa dignité resterait à titre héréditaire dans sa famille.
Yoritomo mourut à Kamakoura, en 1199, après avoir consacré les dix dernières années de sa vie au rétablissement de la paix et de l’ordre dans le pays. Désormais, Nippon eut deux souverains. Tandis que le successeur des shogouns gouvernait de son palais de Kamakoura, le mikado, dispensé des affaires et réduit au rôle de souverain spirituel, résidait à Kioto. Trop saint pour entrer en contact avec les humains, trop pur pour toucher la terre de ses pieds, il donnait ses rares audiences caché derrière un rideau; il ne se mouvait que porté sur les épaules de ses serviteurs. Ses ministres et ses femmes exceptés, jamais un sujet n’entrevoyait sa personne sacrée.
Le Dr Kaempfer, médecin allemand au service de la Hollande, qui vint au Japon au dix-septième siècle, raconte ce qui suit: «On attribue à toutes les parties du corps de l’empereur une telle vertu, qu’il ne se hasarde jamais à en retrancher la moindre parcelle. Aussi, pour que ses ongles, ses cheveux, sa barbe, n’atteignent pas une longueur démesurée, est-on obligé de les lui couper la nuit pendant son sommeil; car les Japonais admettent que ce qu’on lui prend de cette façon est un larcin qui ne peut nuire ni à sa sainteté, ni à sa dignité.»
Cependant la puissance des shogouns tomba à son tour en décadence et les guerres civiles ravagèrent de nouveau le pays.

Alors s’éleva l’homme que le Japon vénère comme son plus grand héros, Jyeyasou, général habile autant que puissant souverain. A Nikko où se trouve son tombeau, nous verrons le culte presque divin qui lui est voué encore aujourd’hui.
Jyeyasou (1542-1616), rejeton de l’ancienne famille Tokougava, fut le chef d’une dynastie de shogouns qui pendant trois siècles (1542-1868) détint le pouvoir attaché à ce titre. Jyeyasou et ses successeurs procurèrent au pays une longue série d’années de paix. Sous leur règne, le régime féodal atteignit son apogée. Les relations avec l’étranger qui étaient devenues très actives furent rompues, sauf avec les quelques Hollandais et les Chinois établis à Nagasaki. En même temps, les missionnaires catholiques subissaient les persécutions les plus cruelles. Les revenus et le pouvoir du mikado étaient réduits à la portion congrue; de même les prétentions des Kouge noblesse desang impérial, d’un rang plus élevé que
le shogoun lui-même, qui avait le privilège de donner au mikado son épouse et ses 12 concubines choisies dans leurs familles. Les Kouge habitaient le voisinage du palais impérial à Kioto.
Au même rang de noblesse se plaçaient les daimios avec leur escorte de samourai (soldats héréditaires); le shogoun était leur suzerain. Chaque daimio possédait son fief peuplé de soldats et de ministres. Mais le shogoun pouvait disposer à son gré de la vie et des biens des 255 daimios. On pourra lire plus loin comment ils allèrent à Yeddo pour prêter le serment de fidélité au shogoun; car Jyeyasou, aussitôt parvenu à cette dignité, transféra sa résidence de Hamakoura à Yeddo.
En 1605, Jyeyasou abdiquant en faveur de son fils, se retira à Shizmika, pour s’adonner aux arts et aux sciences. C’est l’époque de la renaissance japonaise. Tel fut, jusqu’en 1854, l’état d’un pays vivant dans un isolement complet, laissant s’écouler des siècles sans tenter un rapprochement avec les nations voisines.
A l’énergique Jyeyasou et à ses descendants avaient succédé des shogouns faibles et incapables contre lesquels les Kouge ne tardèrent pas à se soulever. Espérant à l’aide du mikado conquérir une position plus élevée, ils cherchaient à relever la puissance de celui-ci et à en faire de nouveau le maître des destinées du Japon.
En 1854, une flotte américaine, sous le commandement du commodore Perry, abordait à Yokohama. C’est à la conduite mesurée et habile de ce chef, que l’on doit d’avoir vu tomber les barrières élevées autour d’un pays merveilleux à peine entrevu jusqu’alors par les autres nations.
L’arrivée des Américains fut le coup de grâce porté au shogoun. Sa chute entraîna la ruine des institutions surannées qui depuis des siècles tenaient le Japon dans les ténèbres et l’esclavage. Le mikado rentra en possession de tous les droits de ses ancêtres. Il y a perdu de son prestige et de sa sainteté: le peuple est admis à voir son visage.

A suivre

Sources : Wikipédia, B.N.F, DP