Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.
Vers Yellowstone
Notre voyageuse est en route pour le parc de Yellowstone. Le voyage débute en autocar, de Duluth à Saint Paul dans le Minnesota, la suite se fera en train, ces trains habitués à faire de longs arrêts dans certaines villes. Lors de l’un de ces arrêts elle a l’occasion d’approcher un véritable Indien, cela valait bien une petite photo. Elle le regarde avec une certaine admiration, consciente qu’elle a devant elle un race qui lui est encore inconnue, mais un être humain avant tout. Cette partie voyage se fait à travers trois états, le Minnesota, le Dakota du Sud, le Wyoming, état où se trouve Yellowstone. C’est un état plutôt montagneux avec le Colorado au sud et le Montana au nord, relativement proche de l’océan Pacifique qui est à un peu plus 1000 km à vol d’oiseau.
La voyageuse ne mentionne pas le durée du voyage, apparemment sans anicroches si ce n’est une petite aventure. Elle était descendue du train pour se dégourdir un peu les jambes quand soudain le train se remit en marche sans prévenir. Heureusement elle cria si fort que le train s’arrêta pour lui permettre de monter à bord. Cela valait bien un petit commentaire…
Cet incident montre qu’en Amérique le voyageur ne doit compter que sur sa minutieuse attention, et qu’il lui faut constamment ouvrir l’œil. D’un autre côté, les voyages offrent de grandes facilités, surtout en ce qui concerne les bagages. Chacun a droit au transport gratuit de 75 kilogrammes, sans aucune surtaxe, à moins que les colis ne soient de dimensions trop fortes. Dans les gares d’embarquement, le préposé aux bagages, au lieu d’un récépissé compliqué et long à remplir, vous remet un jeton de zinc portant un numéro; il en attache un semblable à vos malles. Ce simple procédé rend la compagnie responsable de vos effets. Avant chaque grande station un employé, le transfer-agent, parcourt les wagons. On lui remet, avec le jeton, l’adresse de l’endroit et de l’hôtel où l’on descend et, en échange de la somme de 25 cents (fr. 1.25), vous trouvez vos bagages à l’arrivée.
Voici enfin ce fameux parc. Le terme de parc est assez réducteur, car en fait c’est dans l’ordre de grandeur de la Corse. Il fut fondé par Ulysse Grand, le même qui commandait les troupes nordistes pendant la guerre de Sécession, devenu président. C’est un endroit de contrastes, on y trouve de tout même un gros volcan et bien sûr les fameux geysers dont le nombre dépasse les 300. La différence d’altitude est de 3462 mètres pour le point le plus haut et 1610 pour le plus bas. Le climat est montagnard plutôt froid en hiver avec des températures de -20 en hiver et +20 en été. C’est également une réserve de faune et de flore exceptionnelle. Il n’est pas étonnant qu’en 1901, une visite du parc est agendée sur six jours. Reprenons son récit…
Nous étions quarante environ. Comme l’on est contraint, pendant les six jours que dure la visite du Parc, de se joindre à une société, j’avais eu soin de choisir, dans la mesure du possible, mes compagnons de route. Le premier arrivé était un blond Viennois, aimable et jovial. La langue commune nous réunit tout naturellement. Puis un jeune couple de Chicago, en voyage de noce, plutôt réservé, malgré la lune de miel, et une demoiselle d’un certain âge, de Washington, se joignirent à nous. La plus grande cordialité ne tarda pas à régner entre les membres de notre petite bande. La journée était splendide. Le chemin de fer à voie étroite qui devait, en deux heures, nous amener à Cinnabar, parcourt d’abord la vallée du Yellowstone, puis une gorge encaissée où mugit ce fleuve puissant dont le nom signifie Pierre jaune. Ce défilé est l’entrée du Parc National.
A suivre
Sources : Wikipédia, B.N.F, DP








