Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.
Les chutes du Niagara
Notre voyageuse suisse a plutôt une bonne impression des USA, mais il y a quand même quelques petits détails qui la choquent.
Dans l’hôtel allemand que j’ai choisi, la table est abondante et le prix de pension, trois dollars, relativement peu élevé. Quel dommage que les notions de propreté du personnel diffèrent tant des miennes! Les couverts sont malpropres, les habits des garçons crasseux, tandis qu’à deux pas la voix des grandes eaux évoque la sensation de la blancheur immaculée! Le mugissement de la cataracte au bruit de laquelle je m’endormais le soir, et la vue d’un superbe cerisier couvert de fruits rouges, devant ma fenêtre me firent passer sur ces petits inconvénients.
La ville voisine des chutes, Buffalo, est sur les rives du lac Erié, distante d’une trentaine de kilomètres. On peut s’y rendre en tramway. Il y a justement un exposition annoncé à grands cris pour le premier mai, elle s’y rend. Mais là encore, elle est un peu déçue.
La grande exposition pan-américaine pour laquelle on avait fait une réclame énorme, devait s’ouvrir le 1er mai 1901. Le 16 juin, les différents bâtiments n’étaient garnis que de caisses non déballées. L’oncle Sam, si habile et si pratique, était cette fois à peine à la hauteur des exposants européens coutumiers des retards. Seules la halle des machines électriques, remplie d’ingénieux appareils en mouvement, et la superbe section californienne des fruits et des conserves, formaient un ensemble achevé. De peinture ou de sculpture, il n’y avait pas trace encore; or c’était surtout pour les beaux-arts que j’avais fait le voyage.
On peut le constater dans son récit, il y a à boire et à manger. Mais son but n’était pas de passer sa vie dans l’endroit, le voyage va continuer. Avant le départ encore deux images de chutes.
A suivre
Sources : Wikipédia, B.N.F, DP









