Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.
New York
Je parcourais Broadway. Soudain le tram stoppa, arrêté par un cheval gisant sur le sol, un homme grièvement blessé et les débris d’une voiture que la nôtre avait heurtée. En un clin d’œil la voie fut déblayée, et la circulation, interrompue un instant seulement, reprit plus fiévreuse que jamais. Oh! cruelles nécessités des grandes villes!
Broadway, autrefois la voie la plus large de New-York, en est encore aujourd’hui la plus importante et la plus animée. Longue de 29 kilomètres, elle a un mouvement de circulation très intense, surtout dans la partie la plus rapprochée du port. C’est à chaque heure du jour un torrent de véhicules de toutes sortes, torrent sur lequel on a jeté des ponts pour permettre aux piétons de circuler.
La ville haute ressemble à un échiquier; ses rues rectilignes se croisent symétriquement à angle droit; disposition monotone, ennuyeuse, mais grâce à laquelle il est extraordinairement facile de s’orienter. Les voies parallèles aux quais, qui vont du sud au nord, portent le nom d’avenues; celles qui les coupent transversalement se nomment simplement rues (streets). Toutes portent un numéro d’ordre avec l’indication de leur direction. Seules quelques avenues désignées par des lettres de l’alphabet ainsi que les rues de la ville basse dénommées selon la coutume européenne.
La plus belle et la plus élégante des rues de New-York est la Fifth Avenue qui aligne sur une longueur de 10 kilomètres des édifices somptueux, des palais de marbre, demeures des négociants fortunés et des milliardaires américains.
Je parcourus en tramway le plus de rues possible et j’eus maintes fois l’occasion de m’étonner des contrastes qu’offre New-York, non seulement dans ses différents quartiers, mais aussi dans le style des constructions d’une même rue. Des sky-scrapers, énormes immeubles de location, des hôtels de quinze étages et plus coudoient de vieilles petites maisons de bois. Ailleurs, une gracieuse église gothique, aux murs tapissés de lierre, vient rompre l’alignement banal des bâtisses modernes, qui sont en général plus remarquables par leurs proportions gigantesques que par l’originalité de leur architecture
A partir de la 45e rue, qui croise la Cinquième Avenue, celle-ci n’est plus bordée que de palais et d’hôtels particuliers, construits presque tous dans le style gothique anglais. Le palais Renaissance italienne de Mme V. H. Vanderbilt et celui du club métropolitain, nommé aussi club des millionnaires, rompent agréablement l’uniformité du style. La résidence de Cornélius Vanderbilt, également d’architecture anglaise, se trouve dans la Cinquième Avenue, où l’on voit encore la gare centrale, l’Académie de médecine, l’Université Colombia, la cathédrale de Saint- Patrice, la bibliothèque Lenox, l’Académie nationale de dessin, un arsenal, Ecole normale, qui compte 1600 élèves, des églises, ainsi que plusieurs autres édifices publics.
A suivre
Sources : Wikipédia, B.N.F, DP












