En passant

Voyage début de siècle (9)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

Yellowstone

L’exploration continue, découverte d’une vie encore assez sauvage.
Nous remontons dans les voitures que nous avions abandonnées au bord du chemin, et continuons notre route à travers une forêt magnifique où mes yeux se délectent à la vue des animaux qui se promènent tranquillement sous les épais ombrages. Des troupeaux d’élans nous examinent de leurs grands yeux humides et confiants; de mignonnes petites bêtes à queue relevée en panache comme celle des écureuils, au pelage fauve strié de bandes noires — ce sont des tamias — traversent la route par bandes. Des marmottes, que notre vue ne met pas en fuite, se chauffent paisiblement sur des blocs de rochers. Que cette forêt non profanée par la main de l’homme a de charme en sa fraîcheur inculte et primitive! Les buissons et les arbres morts y ont formé des fouillis inextricables parmi les pins blancs, les sapins, les cèdres rouges, les platanes nains, les peupliers argentés et les saules, qui poussent spontanément et pêle-mêle.
Au sortir des bois la route longe les rivières Gibbon et Fire-hole. Les sites pittoresques se succèdent sans interruption; toutefois je fus heureuse d’arriver à l’hôtel de Fountain Geyser, dernière station de notre deuxième journée. Nous y trouvâmes des gîtes agréables. Point de serviteurs nègres mais de jeunes ladies américaines d’une serviabilité quelque peu protectrice.
Le dîner fini, nous nous acheminons du côté de la Fontaine, grand geyser qui nous fit le plaisir de s’élancer dans l’air en notre honneur. Les pots à couleur, que les Américains appellent aussi mud puffs, furent plus gracieux que la Fontaine; ce sont de petites buttes des cratères en miniature, qui déversent une boue rose, verte, jaune ou blanche. Ce limon a servi à crépir les murs de l’hôtel. Dans chacun de ces trous, la masse bourbeuse gargouille, bouillonne, siffle, lance des bulles, qui forment sur le sol comme une végétation fantastique. Au bout d’un instant, toutes ces formations bizarres, fleurs multicolores, têtes de serpents, retombent dans le cratère. Spectacle merveilleux et incompréhensible que l’on voudrait suivre pendant des heures!

Photo contemporaine

On peut imaginer que pour notre voyageuse, ce parc n’en finit pas de l’émerveiller. Il en va sans doute de même pour un Américain qui viendrait de Floride. D’un autre côté elle n’est pas trop dépaysée, le Wyoming est un état situé dans les montagnes, comme en Suisse, que l’on se retrouve ici ou là, elles ne sont jamais très loin ou visibles à l’horizon.
Le trajet du lendemain ne fut que de 14 kilomètres. Nous arrivâmes au bassin supérieur des geysers où, l’hôtel ayant brûlé, des tentes avaient été dressées pour héberger les touristes. C’est un superbe emplacement entouré de forêts, et plus riche encore en phénomènes que la contrée que nous venons de parcourir, 26 geysers et plus 400 sources chaudes y sont en activité. La terre ébranlée par de fréquentes secousses, frémit sous les pieds et résonne de coups sourds. La couche uniforme d’un gris argenté qui la recouvre est interrompue par les cônes blancs des geysers éteints et par de petites buttes où les sources chaudes s’épanchent. Pareils à des suaires, des nuages de vapeur se traînent au-dessus de ce paysage étrange; l’air est lourd, saturé d’émanations sulfureuses. Une belle ligne de collines boisées, s’étendant du sud-est au nord-est, encadre ce tableau prodigieux devant lequel, au premier moment, je me crus le jouet d’un mirage ou de quelque rêve fantastique. Du côté du sud, des conifères profilent leurs hautes silhouettes sur le ciel clair.

Dans la suite de son récit elle mentionne le geyser le plus célèbre du parc le Old Faithful (photo ci-dessus). Elle lui attribue un précision d’horloge pour ses éruptions, toutes les 63 minutes. Peut-être était-ce le cas lors de sa visite, mais aujourd’hui les éruptions varient entre 45 et 125 minutes, pour une durée de 1,5 à 5 minutes et d’une hauteur de 32 à 56 mètres.
Non loin des tentes se trouve un geyser bien connu et très populaire, le Vieux Fidèle (Old Faithful), qui doit son nom à la régularité avec laquelle il fonctionne. Toutes les 63 minutes, exactement, nuit et jour, se produit une éruption; je n’en observai pas moins de cinq. Son cratère, en forme de parallélogramme, couronne une butte d’environ quatre mètres de hauteur, formée par des dépôts calcaires; cette butte est formée par de petites vasques superposées, dont les parois ont, sous l’eau aussi pure que du cristal, des étincellements de pierres précieuses et sont bordées d’un collier de perles. L’éruption du Vieux Fidèle s’annonce par quelques jets de courte durée, mais très forts. Tout à coup la colonne d’eau bouillante jaillit à une hauteur de quarante mètres. Pendant trois minutes le geyser lance sa gerbe colossale, puis retombe tout d’une pièce dans son cratère apaisé.

A suivre

Sources : Wikipédia, B.N.F, DP

En passant

Vinyles en fusion (165)

Il n’a jamais existé un France un organe officiel qui représente exactement la popularité d’une chanson, ce que nous appelons le hit parade. Par contre les Américains et les Anglais sont beaucoup plus organisés et ces classements existent pratiquement depuis 1900. Ce sont de véritables industries du classement qui analysent les ventes, les passages radio ou télévision. Ils sont compilés dans des classements qui reflètent les critères précédents. Ces classements hebdomadaires rebondissent sur un classement annuel qui reflète le nombre de semaines où la chanson apparait ainsi que sa position dans le classement. Au final, ces données permettent d’établir les chansons les plus populaires de l’année. Aux USA le Cashbox et le Billboard sont les deux principaux organes qui établissent les statistiques. Bien qu’ils agissent séparément, le résultat est assez identique, une chanson peut-être no 1 à une place et no 2 dans l’autre, mais jamais un no 1 sera no 20 dans dans le second. Voici à partir de 1956, année ou le rock and roll est bien établi, les cinq meilleures chansons de l’année.

1964

 1) The Supremes – Baby Love (439 points)

2) Righteous Brothers – You’ve Lost That Loving Feeling (434 points)

3) Roy Orbison – Oh, Pretty Woman (411 points)

4) The Beatles – I Feel Fine (411 points)

5) The Beatles – A Hard Day’s Night (410 points)

Documents

Des archives musicales, peu importe le pays, de la télévision ou autres durant les seventies

Creedence Clearwater Revival – Travelin Band

La pop en version étrangère

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente. Voici une sélection de trois chansons d’artistes anglophones interprétés dans une langue plus ou moins exotique. Pour ceux qui voudraient entendre la version originale, un clic sur Youtube apportera la réponse.

Call My Name, version originale James Royal, 1967
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Version en français par Gil Now, 1968

Past, Present & Future, version originale The Shangri-Las, 1966
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Version en français par Uta, 1969

Leader Of The Pack, version originale The Shangri-Las, 1964
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Version en allemand par Die Crazy Girls, 1965

Trois très belles reprises…

Some Velvet Morning – Rowland S Howard · Lydia Lunch (Nancy Sinatra & Lee Hazlewood)

L’Aventurier – Quentin Mosimann  (Indochine)

Phantasmagoria In Two – Hidden By Ivy (Tim Buckley)