En passant

Voyage début de siècle (11 bis)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

Vers Salt Lake City

Après un dernier regard sur Yellowstone, la voyageuse va vers ce qui sera sa prochaine grande étape, Salk Lake City. Cette ville peut constituer une drôle de curiosité pour une voyageuse Suisse, car c’est la capitale d’une branche du christianisme fondée en 1830, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, plus connus sous le nom de Mormons. Leur histoire occuperait les pages d’un livre et ce n’est pas le but ici, mais s’il y a un point dont on se souvient particulièrement, à l’origine ils prônent la bigamie. Ils durent complètement abandonner cette tendance en 1890 pour se soumette à la loi américaine qui la proscrit. Le mouvement avec ses hauts et ses bas est toujours présent et va fêter son bicentenaire. Une chose sans doute intéressante chez eux, c’est la généalogie. Ils essaient tant bien que mal de remonter aux origines familiales de chacun et possèdent des archives très fournies. Avec l’informatique, ils mettent maintenant tout cela gratuitement en ligne. J’ai même retrouvé dans ces archives une copie du registre où le nom de mon père est inscrit lors de son arrivée à New York en 1929. Pour ce qui est de ma famille côté paternel, je suis remonté jusqu’à un ancêtre né en 1520, c’est à dire sous le règne de François 1er, cinq ans après la bataille de Marignan. C’est dire si c’est fouillé.
Mais voyons la suite.

Ma prochaine étape devait être Butte, la capitale du Montana. Il ne me semblait pas avoir quitté la terre des merveilles, lorsque j’arrivai dans la région des Big Belt Mountains ramification des Montagnes Rocheuses. La voie ferrée qui se hasarde jusqu’à 1700 mètres d’altitude, est une entreprise des plus téméraires. Jetés sur les abîmes, des ponts en bois rivalisent d’audace avec les gorges étroites où le train, suspendu au flanc de la montagne, s’élève comme s’il voulait escalader les pics inaccessibles. Plus d’une fois, en voyant à un détour du chemin, surgir un de ces ouvrages de l’art technique américain qui défient toute notion d’équilibre et de sécurité, je doutai que nous puissions passer sans que le pont, ébranlé sous le poids du convoi, ne s’effondrât dans le gouffre. Mais sans même ralentir sa marche, la locomotive continue sa course vertigineuse vers Butte.
Fondée en 1864, Butte est la plus grande ville du Montana; sa population s’élève déjà à 50,000 habitants. Elle me fit une impression désagréable et triste. Encore étais-je condamnée à y passer plusieurs heures! Elle doit son nom aux monticules de granit, riches en minerai d’or, d’argent et de cuivre, qui l’entourent. La production du cuivre surtout est énorme. Lorsque, à la poste, je voulus payer un timbre de deux cents avec une pièce rouge, on me dit dédaigneusement: «Gardez votre monnaie, le cuivre n’a pour nous aucune valeur.»

J’ai regretté plus tard de n’avoir fait aucune tentative pour visiter une mine. Comme le jour de mon arrivée à Butte était un dimanche, j’avais supposé que le travail chômait; j’appris dans la suite que, nuit et jour, sans interruption, les jours fériés comme les autres, on poursuit la conquête acharnée du précieux métal. C’est à Butte que se trouve la grande mine de cuivre et d’argent d’Anaconda, qui fut vendue, en 1898, 45,000,000 de dollars.

Le soir, je roulais du côté d’Odgen et de Salt Lake City. A mon réveil, le soleil éclairait ma couchette de ses premiers rayons; cela me parut d’heureux augure pour mon voyage. Je dus changer de train à Ogden, d’où se détache un embranchement de la ligne principale qui conduit à la Cité des saints des derniers jours, ainsi que les Mormons ont baptisé la ville dont le nom géographique est Salt Lake City. Des villages prospères, des jardins et des vergers florissants, de luxuriantes prairies, des champs fertiles, défilent sous mes yeux. C’est bien la contrée dont l’armoirie porte comme emblème l’abeille diligente. L’Utah est une des régions les plus isolées de l’Amérique du Nord. Enfermé dans une ceinture de montagnes et de hauts plateaux qui empêchent l’écoulement des eaux du côté de la mer, ce nom de Grand Bassin, qui lui fut donné à l’origine, correspond parfaitement à cette configuration.
L’hôtel où je descendis, maison neuve très grande et très élégante, dissipa tous mes préjugés sur le régime des Mormons. C’est un des meilleurs, des plus confortables que j’aie rencontrés en Amérique. Il contient 300 chambres et se prétend garanti contre le feu. Dans un pays où les hôtels flambent comme des boîtes d’allumettes cet avis, qui figure en tête des prospectus, ne manque pas d’être apprécié à sa juste valeur. Presque partout où j’ai logé dans le Nouveau Monde, on lit sur la porte des chambres: Issue en cas d’incendie. A ce sujet, mon compagnon de voyage du Yellowstone, tandis que cette inscription m’inspirait une sorte de sécurité, elle n’éveillait au contraire chez lui qu’une appréhension pénible.

A suivre

Sources : Wikipédia, B.N.F, DP

En passant

Vinyles en fusion (168)

Il n’a jamais existé un France un organe officiel qui représente exactement la popularité d’une chanson, ce que nous appelons le hit parade. Par contre les Américains et les Anglais sont beaucoup plus organisés et ces classements existent pratiquement depuis 1900. Ce sont de véritables industries du classement qui analysent les ventes, les passages radio ou télévision. Ils sont compilés dans des classements qui reflètent les critères précédents. Ces classements hebdomadaires rebondissent sur un classement annuel qui reflète le nombre de semaines où la chanson apparait ainsi que sa position dans le classement. Au final, ces données permettent d’établir les chansons les plus populaires de l’année. Aux USA le Cashbox et le Billboard sont les deux principaux organes qui établissent les statistiques. Bien qu’ils agissent séparément, le résultat est assez identique, une chanson peut-être no 1 à une place et no 2 dans l’autre, mais jamais un no 1 sera no 20 dans dans le second. Voici à partir de 1956, année ou le rock and roll est bien établi, les cinq meilleures chansons de l’année.

1967

 1) Frank Sinatra – Somethin’ Stupid  (482 points)

2) The Beatles – Hello, Goodbye (451 points)

3) The Beatles – All You Need Is Love (449 points)

4) The Beatles – Penny Lane (418 points)

5) Petula Clark – This Is My Song (412 points)

Documents

Des archives musicales, peu importe le pays, de la télévision ou autres durant les seventies

Creedence Clearwater Revival – Lookin’ Out My Back Door

La pop en version étrangère

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente. Voici une sélection de trois chansons d’artistes anglophones interprétés dans une langue plus ou moins exotique. Pour ceux qui voudraient entendre la version originale, un clic sur Youtube apportera la réponse.

Mr Tambourine Man, première version publiée The Brothers Four (avant Bob Dylan), 1965
*****
Version en allemand par The Magics, 1965

Like An Old Time Movie, version originale Scott McKenzie, 1967
*****
Version en espagnol par Miguel Rios, 1969

Louie Louie, version originale Richard Berry, 1957
*****
Version en italien par I Trappers, 1965

Trois très belles reprises…

Dollhouse – Born Under A Bad Sign (Albert King)

Jet Harris – Besame Mucho (Los Cadetes Del Swing)

Sacha – Gipsy Airs (Pablo de Sarasate)