100 % pure énergie!

Comme vous le savez je ne suis pas sectaire en musique. Je peux aussi bien écouter des trucs très calmes ou alors complètement déjantés, question d’humeur. Pour cette fois, je vais aller plutôt dans la deuxième catégorie.

Un des albums de rock and roll les plus énergiques reste celui de Jerry Lee Lewis au Star-Club de Hambourg. C’est en 1964 et il est vraiment en pleine forme. Pour s’en persuader cet extrait parle de lui-même.

Toujours le rock and roll quelques années plus tard un certain Chuck Berry n’en croit pas ses oreilles, un certain Jimi Hendrix attaque un de ses classiques le laissant songeur. On est loin de sa version et de celle qu’en firent les Chaussettes Noires (Eddie Sois Bon). On peut aimmer l’original, mais c’est quand même moins énergique! De quoi bouffer sa guitare!

Vers la fin 68, alors que je commençais (déjà) à trouver que la pop tournait un peu en rond, j’ai découvert le premier album d’un groupe de Detroit, MC5. J’étais sur le cul en écoutant ça et je le suis toujours plus de 40 ans après. J’ai trouvé un merveilleux document de la grande époque en live. C’est toujours aussi brûlant!

Une année plus tard, les Stooges viennent dans ma discothèque avec bien sûr l’incontournable Iggy Pop. Une de ses bonnes idées c’est d’avoir reformé le groupe original. Bien des années après c’est toujours aussi diaboliquement bruyant et l’Iguane toujours aussi remuant malgré son âge. Un clip récent où le guitariste Ron Asheton est encore présent, décédé depuis. On a pas tous la santé du chef, mais les vétérans se portent bien, merci pour eux.

Bien que Aerosmith a un répertoire qui lui est tout à fait propre, le groupe ne dédaigne pas revisiter certains classiques. Comme ce « Baby Please Don’t Go » du très calme Big Joe Williams déjà revisité plus énergiquement par Them en 1965 et Amboy Dukes en 1966. La version de Aerosmith permet à Mr Tyler d’exprimer toute sa rage vocale.

Nos disques mythiques (5)

1960 – Un personnage étrange, du moins en apparence avec son bandeau sur l’oeil, casse la baraque dans le hit parade anglais. Avec un titre de sa composition, « Shakin’ All Over », il crée un des rares classiques du rock and roll anglais. Rares sont les chansons qui peuvent prétendre à cette appellation en étant sorties des studios d’enregistrement de ce pays. Son nom, Johnny Kidd, allusion à un célèbre pirate, avec à la clef  le nom de son groupe qui ne pouvait que s’appeler les Pirates. Avec sans aucun doute « Apache » des Shadows sorti la même année, tous les apprentis guitaristes font leurs classes sur ces deux titres. Le titre de Kidd est absolument partout, tout le monde le cite et le joue, il en existe des dizaines de versions gravées dans la cire tout au long des années 60 et bien au-delà.

Ce titre est tellement indispensable dans la discographie des teenagers de l’époque que la France ne le publie pas du tout. Heureusement, les plus désireux peuvent toujours se rabattre sur les imports, mais quand on est rocker et que l’on habite dans une village de 300 âmes, c’est plus difficile. En 1962, pour se calmer les nerfs on peut se procurer les deux excellentes reprises faites par les Fantômes « Le Diable En Personne », chanté en français, et celle de Vince Taylor, en anglais.
Pendant que son disque tourne, Johnny Kidd continue sa carrière qui ne verra plus aucun succès de cette taille le récompenser. Pourtant sa discographie est prestigieuse. A l’instar d’un John Mayall, son groupe verra défiler des musiciens qui vont devenir célèbres et que l’on retrouvera ailleurs, Tornados, Dakotas, Patto, Deep Purple. Si le hit de Kidd peut le faire classer comme rocker, il n’en est pas vraiment un par la suite. Il explore les influences de la Tamla Motown, du blues avec ou sans rythme. De plus, c’est un des premiers à avoir ce que l’on peut considérer comme un show visuel quand il se produit sur scène.

Vers 1965, la France se réveille enfin et publie le premier et unique 45 tours avec bien sûr le hit en lettres grasses. Les trois autres titres sont empruntés à différentes époques et donnent un petit aperçu des autres possibilités de l’artiste. Enfin on le tenait ce fameux disque, plus besoin d’aller chercher ailleurs. En 1966, en octobre, il se tue dans un accident de voiture. Il avait 31 ans. Dans les années 70, trois  membres des Pirates, Spencer, Farley, Green, reforment le groupe qui devient un attraction de la scène anglaise.