Michel Legrand n’est pas le seul compositeur français a être connu à Hollywood, il y a aussi Francis Lai. Pour le film à succès de Arthur Hiller Love Story, il compose la musique. Elle fera le tour du monde et si tous n’ont pas vu le film, par contre ils ont entendu la musique. Il en existe plus de 500 reprises, la plupart des crooners s’y collèrent, beaucoup sont des copies carbone, la version qui se démarque un peu est celle de Nino Tempo et April Stevens, un duo frère et soeur, qui la traitent sur un tempo plus rapide dans un style proche du r&b. On peut oublier les autres.
Version originale, Francis Lai et orchestre, 1970
La version de Nino Tempo et April Stevens, 1973
Dans le fatras de la production phonographique, il y a des millions de chansons dont seule une petite partie émerge des profondeurs. C’est un peu la même chose que l’iceberg dont vous voyez le sommet hors de l’eau. Même chez les artistes très connus, il y a les succès et la part qui reste plus ou moins dans l’ombre. D’autres artistes n’ont jamais accédé à la notoriété, mais parfois on trouve dans leur démarche, de très intéressantes petites pépites. Ils se peut aussi qu’elles furent des succès dans une autre partie du monde, mais restent plutôt inconnues chez nous. Elles ne demandent qu’à briller de tous leurs feux. C’est un peu le principe de cette rubrique, exhumer ces chansons qui méritent une peu plus que de rester au fond de la cave. Sans distinction de style, artistes connus ou inconnus, ils n’ont pas échappé, un jour ou l’autre, à ma curiosité. Assez pour que je m’en rappelle encore aujourd’hui.
Choix aléatoires
The Zombies – It’s Alright With Me (1964)
The Nashville Teens – Watcha Gonna Do (1965)
Billy J Kramer & The Dakotas – Second To None (1964)
The Searchers – [I’ll Be] Missing You (1964)
The Four Pennies – Black Girl (1965)
Swingin’ Church !
La musique c’est aussi ça…
Trois reprises de Led Zeppelin…
Sershen & Zaritskaya – Whole Lotta Love
Curio & Brass – Immigrant Song
Lindsey Stirling – Kashmir
Earl Jean McCrea Reavis (1942 – 2026)
Elle fut une des chanteuses du trio vocal féminin noir, les Cookies, et aussi la dernière survivante. Elles connurent un gros hit en 1963 avec « Don’t Say Nothin’ Bad About My Baby ». Mais elle ont aussi une petite part d’immortalité avec la reprise de « Chains » par les Beatles sur leur premier album. En 1964, elle enregistre un disque solo sous le pseudo de Earl Jan « I’m Into Something Good » qui, s’il ne fut pas un succès pour elle, en sera un très gros pour Herman’s Hermits. Les trois titres sont des compositions du tandem blanc Gerry Goffin et Carole King, qui fournirent une pléiade de succès à de nombreux artistes principalement noirs.
Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.
Suite du séjour et quelques considérations sur la vie militaire au Japon, presque un rêve pour nos généraux occidentaux d’alors, et autres coutumes.
Si cette docilité absolue, cette soumission à la volonté supérieure est utile à l’enfance, elle l’est encore davantage plus tard, lorsque l’enfant devenu soldat doit servir la patrie. J’ai entendu des officiers allemands parler avec enthousiasme de l’obéissance et de la discipline sévère de l’armée japonaise. On n’entend jamais, sur les places d’exercice ou dans les casernes, un mot grossier, jamais une injure ni un juron. D’où vient cela? De l’éducation des enfants assurément, auxquels, dès le plus jeune âge, on apprend l’obéissance et le respect envers les parents. Les premières semaines de service militaire doivent paraître encore plus dures au conscrit japonais qu’à nos jeunes paysans. Jusqu’à ce moment, son unique vêtement consiste en une longue et ample tunique — le kimono — des sandales et un mouchoir noué autour de la tête. Avant l’incorporation, le petit homme passait ses journées accroupi ou roulé en boule sur sa natte, comme un hérisson; le riz qu’il mangeait à l’aide de petites baguettes formait sa seule nourriture. Maintenant le pauvre garçon est emprisonné dans un uniforme collant; il doit apprendre à boutonner sa tunique et à se sangler; tout le jour, ses pieds sont serrés dans des souliers, et ses jambes dans des guêtres; une cravate empesée l’étrangle. Il faut qu’il apprenne à s’asseoir sur une chaise, à manger à une table, à dormir dans un lit, toutes choses à lui inconnues. Il lui est défendu de se jeter à quatre pattes, de grimacer et de s’insurger contre les ordres de ses supérieurs. Kaisenberg fait une description impayable du recrutement des jeunes Japonais. «Un médecin de l’état-major assisté d’une commission décide si les futurs défenseurs de la patrie — ils se présentent dépouillés de tout vêtement — sont aptes ou non au service. Cette scène rappelle la cage des singes dans un jardin zoologique. L’un après l’autre, les petits hommes jaunes font leur apparition, courbés en deux par leurs grands saluts, grelottant de froid. Leurs lèvres murmurent craintivement: 0 seigneurs! soyez indulgents! Une révérence profonde du côté du commissaire — le tronc formant un angle droit, les mains posées sur les genoux — tandis qu’un son sifflant, le comble de la politesse, s’échappe des narines de la pauvre recrue. Le troisième acte de la soumission est la transformation du petit homme en tire-bouchon. Puis la main rude du médecin l’empoigne et le secoue à plusieurs reprises vigoureusement. Une dernière fois le pauvre garçon implore l’indulgence des supérieurs, en aplatissant ses mains sur ses côtés; enfin il se laisse passivement ausculter, tapoter, palper. Suivant l’arrêt, il continuera à cultiver la terre, ou endossera l’uniforme.» Les renseignements suivants sur l’armée et les soins médicaux sont empruntés à l’ouvrage de E. de Hesse-Wartegg, La Chine et le Japon. Une fois acclimatés à la caserne, les conscrits ne sont pas malheureux. Ils dorment par escouade de vingt à trente dans une grande salle claire, bien aérée et tenue avec une propreté minutieuse. Chaque caserne a son infirmerie et son installation de bains, avec eau froide et eau chaude, dont les soldats peuvent user à volonté deux ou trois fois par jour. Il n’existe pas de salle de police, les cas d’insubordination étant de rares exceptions. La nourriture — trois repas — consiste en légumes verts, radis blancs, haricots et poissons secs. Toutes déductions faites, la solde s’élève à environ 2 yen (5 fr.) par mois. Le corps des officiers mérite, paraît-il, toutes les louanges. Un grand nombre d’officiers ont servi dans les armées européennes et parlent le français, l’allemand et l’anglais.
On attache une grande importance aux soins à donner aux malades. Tous les médecins sans exception ont acquis leurs diplômes dans les universités européennes et, depuis 1877, la société de la Croix-Rouge travaille avec succès au Japon. Quoique organisée récemment, elle comptait, en 1897, plus de 28,000 membres et possédait, outre un revenu annuel de 200,000 francs, un fonds de réserve de fr. 1,250,000. Le couple impérial qui lui porte un vif intérêt contribue pour une grande part à sa prospérité. La Croix-Rouge japonaise n’exerce pas seulement son activité en temps de guerre, mais aussi en temps de paix. Les tremblements de terre très fréquents ne la laissent pas chômer. En 1891, elle a fondé un grand hôpital à Tokio. Ayant obtenu une permission spéciale, je pus visiter les châteaux impériaux, en particulier le grand palais du mikado, dont les bâtiments en bois se cachent mystérieusement derrière de hautes murailles. Simple et sans faste à l’extérieur comme à l’intérieur, ce palais, qui fut plusieurs fois détruit par le feu, ne date que de 1854. Les demeures de la haute noblesse, des kuge, éparpillées jadis entre la muraille et le palais, ont disparu. Ces vastes cours désertes, cet ensemble inconhérent de constructions réunies sans aucun plan, semble-t-il, donnent une impression de désolation et d’abandon. On me conduisit d’abord dans la salle du trône, le Shi-shin-den, ce qui veut dire halle de pourpre mystérieuse. Elle servait autrefois aux réceptions du jour de l’an et aux audiences. Il n’était permis qu’aux kuge et aux daimios d’y entrer; encore devaient-ils se tenir loin du trône, prosternés jusqu’à terre. Le mikado les recevait, assis derrière un rideau sur son trône en forme de tente. Aucun mortel n’était admis à contempler son auguste personne.