Wanda Jackson, une rockeuse dans le roll

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Les couloirs du rock and roll foisonnent de mâles, toutes les grandes vedettes de ce style sont du sexe dit fort. Dans les années 50, très peu de noms féminins parvinrent à se glisser dans cette forteresse inexpugnable. Certes, si l’on fouille les discographies des petits labels, on trouve bien quelques noms qui ne dépassent guère la banlieue de la ville où ils furent enregistrés. Dans les discographie de vedettes féminines, Brenda Lee pour la plus connue, on trouve bien quelques traces de chansons qui appartiennent à cette musique sans que l’on puisse vraiment considérer les interprètes comme des rockeuses. Sous un angle plus strict, un des deux noms à sortir de l’ombre fut Janis Martin en 1956. Elle réussit a s’imposer très brièvement surtout avec un titre, « My Boy Elvis », puis retourna dans l’ombre pour mener un vie de femme au foyer, dont elle ressortira occasionnellement pour chanter. Il nous reste encore un nom, qui lui s’imposera de manière plus sûre et pour plus longtemps, dont le rock and roll fut un des aspects, mais pas le seul. Il s’agit bien sûr de Wanda Jackson.
Elle est née en 1937. Son père est un musicien, il offre un guitare à sa fille qui s’intéresse beaucoup à cet instrument dont elle apprend les rudiments. Elle chante aussi. A 15 ans elle gagne un radio crochet et on lui offre une émission de radio qu’elle anime. Le chanteur de country Hank Thompson, la remarque et la fait chanter avec lui. En 1954, elle a l’occasion de faire ses premiers enregistrements avec son mentor. Elle essuie un premier refus de sa future maison de disques de la signer. Elle part chez Decca. Pour l’instant son répertoire est exclusivement country, le rock n’existe pas vraiment à ce moment là. Depuis la fin de ses études, ce sont ses parents qui la chaperonnent. En 1956, elle est signée cette fois par Capitol, qui est rappelons-le, une des plus grosses boîtes de disques américaines. Avec cette signature l’éventail des possibilités devient énorme. Elle a plusieurs fois partagé l’affiche avec Presley qui l’encourage dans la voix du rock and roll, ce qui ne la laisse pas indifférente. Parmi ses premiers enregistrements figure « I Gotta Know », qui va franchement vers ce style et qui obtient un bon succès. Au cours des années 50, sa discographie inclura de nombreux standards de rock and roll créés par Little Richard, Jerry Lee lewis, Chuck Berry, Carl Perkins, Elvis Presley. Ses versions sont plus que présentables, son vocal à l’arraché et railleur faisant merveille. Elle devient une star au Japon et chante dans ce pays en 1959. La plupart de ses disques sont assez populaires, sans qu’elle soit une habituée des premières places du hit parade, c’est même une bonne vendeuse de disques. Pour la plupart des rockers elle incarne définitivement la chanteuse de rock, la seule véritable idole féminine. Elle a aussi enregistré des titres en allemand, car elle est très populaire en Europe qu’elle visite fréquemment. Vers le milieu des années 60, elle se tourne beaucoup plus vers la country et ses enregistrements prennent le pas. Elle enregistrera même des albums de musique religieuse, affrontant une crise de mysticisme. Mais les fans suivront peu. Au fil des ans elle continuera d’enregistrer de nombreux disques où elle revient parfois au rock and roll dans un titre ou l’autre. Sa carrière se poursuit jusqu’à nos jours. Elle hante les festivals de la planète, se produit avec les anciennes gloires encore en activité. Son tour de chant ne manque jamais d’inclure quelques bon vieux rocks. Elle est un peu obligée, car le public vient surtout pour la rockeuse.
On peut adorer la country, mais Wanda Jackson dans ce style n’est qu’une bonne chanteuse de plus.Tandis que pour le rock and roll elle reste la plus grande vocaliste et la plus populaire dans ce style.

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Dave Brubeck 1959 – Et un hit, un! »

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La carrière de Dave Brubeck est prolifique, nous n’allons pas la détailler ici, mais plutôt nous arrêter sur un point précis, sans doute le plus connu. Le jazz en général est une musique qui a ses inconditionnels. Les ventes d’un disque du genre ne peuvent pas rivaliser avec la plus mauvaise vente d’un succès des Beatles. En 1959, Brubeck enregistre son album « Time Out » en quartet. Les membres de la session sont Dave Brubeck, piano; Paul Desmond, saxophone ténor; Joe Morello, batterie; Gene Wright, contrebasse. Le concept de l’album, il y en a un, est d’utiliser des mesures et tempos changeants qui ne sont habituellement pas utilisées en jazz.
Les titres de l’album sont les suivants:
Blue Rondo A La Turk / Strange Meadow Lark / Take Five / Three To Get Ready / Kathy’s Waltz / Everybody’s Jumpin / Pick Up Sticks.
A part le premier qui est inspiré d’une sonate de Mozart et « Three To Get Ready » d’un thème de Haydn, les compositions sont de Brubeck, excepté « Take Five » de Paul Desmond. A sa sortie l’album est accueilli plutôt fraîchement par les critiques. Il va pourtant devenir l’une des meilleures ventes d’albums de jazz, toutes époques confondues. Il sera bien aidé par un titre de l’album, « Take Five » qui va devenir un standard que l’on entend autant dans les boîtes de nuit, qu’en musique de fond dans les centres commerciaux. C’est le genre de titre qui séduit toutes les classes d’âge. Il s’en fera même des versions vocales, et pas seulement pour ce titre là. Claude Nougaro, charmé, transformera le « Rondo » en « A Bout De Souffle », il mentionne d’ailleurs Brubeck dans la chanson. Il fait une chanson avec un truc presque inchantable. Il ne s’arrête pas là, car « Three To Get Ready » devient « Le Jazz Et La Java », un de ses titres les plus connus, qui illustre bien le mélange voulu des styles dans les morceaux de l’album. Même les yéyés, Richard Anthony en l’occurence, fera du titre phare « Ne Boude Pas » qu’il poussera même à l’enregistrer en anglais.
En enregistrant cet album, Brubeck a sans doute laissé quelques plumes auprès des puristes, mais il a gagné le coeur de millions de fans qui n’étaient pas spécialement destinés à s’intéresser à un disque de jazz, certes en version plutôt accessible, reconnaissons-le quand même.

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