Crosby Stills Nash & Young – Deja Vu


Dans nos jeunes années, souvent nos parents nous accusaient d’écouter de la musique sans queue, ni tête, pour reprendre une expression que j’ai quelquefois entendue. Et pourtant en écoutant cet opus, on a envie de les traiter de cons. Cette musique est bien loin d’un rock and roll à la Jerry Lee Lewis, c’est plutôt soft et mélodieux. Et puis rien qu’en écoutant les harmonies vocales, on peut rechercher parmi les artistes qui tirèrent les larmes aux yeux de nos géniteurs un équivalent, on en trouvera un ou deux, mais c’est tout. Et encore c’est pas sûr qu’ils aient fait mieux. Dont acte.
Cet album est le résultat d’une synthèse des voies ouvertes quelques années plus tôt par les Byrds, dont David Crosby fit partie. Groupe qui travailla passionnément un folk électrisé. Un outsider, Buffalo Springfield, aligna de belles harmonies vocales tout en ne reniant pas le style des Byrds. Ce fut le fief de Neil Young et Stepen Stills. Et puis il y a un Anglais de service, Graham Nash. Lui vient des Hollies, un groupe rival des Beatles, mais dans la catégorie sérieux. Et encore, il avaient aussi un petit air à se donner de la peine pour les vocaux.
La réunion des tous ces ingrédients ne pouvait que donner un album passionnant. De la pop baba cool, des mélodies apaisantes, des voix qui chantent la passion. Il y a quand même plus de trouvailles et de variations dans deux minutes de leur musique, que dans toute la carrière d’un rappeur. Je sais, cela va peut-être en faire bondir certains, c’est comme ça. Ce que comprends en musique est sans doute plus vaste que les murs gris des banlieues qu’il ne suffit pas de chanter pour pour qu’un arc-en-ciel se pose dessus.
Cet album sert juste un peu à me rendre la vie un peu moins chiante, mais pour ça il faut l’écouter. J’ai essayé et ça marche.

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Bo Hansson – The Lord Of The Rings


Avant que le Seigneur des Anneaux devienne un événement commercial et cinématographique, c’est d’abord un livre de J.R.R Tolkien qui intéressa spécialement les lecteurs branchés sur la fantasmagorie. Au tournant des années 60 et 70, l’apparition d’une musique basée sur les effets électroniques commence à devenir populaire. Le style est déjà exploité depuis longtemps par des musiciens comme Pierre Henry en France, Gershon Kingsley ou Mort Garson aux USA. A l’époque, on appelle souvent cela de la musique expérimentale. Le synthétiseur et ses dérivés commencent à faire des adeptes parmi les musiciens pop comme les Moody Blues, seconde époque. De plus en plus les albums sont thématiques, il racontent et tournent autour d’un sujet , d’une histoire. Des artistes deviendront très célèbres en exploitant ce style à leur manière. On pense à Mike Oldfield, Tangerine Dream, Jean-Michel Jarre et bien d’autres.
Un des premiers, pour ne pas dire un des pionniers est un Suédois, Bo Hansson. Né en 1943, il est dès le milieu des sixties un musicien très connu dans son pays, qui a eu l’honneur de voir une de ses compositions « Tax Free », enregistrée par Jimi Hendrix. En 1970, comme musicien multi-instrumentiste, il compose un album dont la musique lui est suggérée par le livre de Tolkien, première oeuvre musicale inspirée par cette histoire. La publication d’un disque en fait un succès dans son pays. En 1972, sa publication par le label Charisma lui donne une résonnance mondiale qui confirme la beauté de la musique de Hansson auprès des amateurs. Malgré d’autres disques dans le même style, Bo Hansson sera toujours plus apprécié pour ce premier opus.
Musique intimiste, planante, prenante, elle ouvre la voie à d’autres albums devenus fameux par la grâce du maniement de l’électronique. Ce n’est qu’un des premiers à avoir exploré le style, mais c’est un excellent début, une référence connue des spécialistes, qu’ils soient littéraire ou musiciens.

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Alan Stivell – Renaissance de la Celtie

Une fois passée la magie des sixties, il restait à créer musicalement quelque chose pour traverser la décennie suivante. Bizarrement si les mouvements contestataires marquent un pas en avant dans la pensée existentialiste, le mouvement se fera en partie en marche arrière en redécouvrant des valeurs plus traditionnelles. Musicalement de nouvelles tendances voient le jour ou s’affirment, le hard rock, le punk et le disco, la new wave. Le folklore traditionnel toujours omni-présent à travers une tendance variété et quelques chansons à succès comme « Tom Dooley », « Le Pénitencier », « Santiano », va devenir une musique de spécialistes. Des centaines d’ensembles, de chanteurs, de chanteuses s’engouffreront dans le mouvement, tantôt traditionaliste, tantôt progressiste en prenant de l’ampleur, au point que le festival folk deviendra une institution au même titre que le festival de jazz, de rock, de pop. Le folk est jusque-là essentiellement américain avec les mélanges qu’il a pu subir à travers les ethnies qui vivent plus ou moins en communauté. S’il fallait choisir quelques noms parmi les pionniers qui ont eu une influence, on peut nommer Leadbelly, Woody Guthrie, Cisco Houston, Pete Seeger. Le autres, bien qu’assez populaires sont des suiveurs, Joan Baez, Bob Dylan, qui ne deviendra que très populaire en électrifiant sa musique. Le mouvement qui va éclore en Europe est beaucoup plus local. Pour la France, le charmes des vieilles chansons, celles des troubadours, deviendra une phénomène quasiment de mode. On se s’étonne pas trop de retrouver dans les répertoires des chansons que l’on chantait à l’école. Mais ce qui va prendre le plus d’importance dans le folk, c’est celui d’obédience celtique, via la Bretagne.
Les artistes français que l’on peut ranger dans une tradition folk au tournant des seventies sont Hugues Aufray, sans oublier Marie Laforêt que l’on peut assimiler à un genre de Joan Baez française. Il y en a d’autres, moins connus et assez marginalisés. Celui qui va faire bouger les choses et créer une sorte de redécouverte du folk celtique est Alan Stivell.
Il est né en 1944. Il apprend le piano très jeune, mais grâce à son père il va redécouvrir un instrument oublié, la harpe celtique. Cette dernière est assez différente de sa copine classique, elle est plus petite et le son plus cristallin. Il en devient carrément un virtuose, il donne son premier concert en 1953 et enregistre son premier disque en 1959. Si le chemin est encore long avant la venue du succès, il développe en attendant sa passion pour ses racines, en apprenant le breton, la cornemuse, la bombarde. C’est en 1970, que paraît l’album « Reflets » qui va faire de lui le troubadour de la Bretagne moderne. Il pose une musique qui au fil des ans mélangera la tradition et le moderne et surtout la portera sur tous les continents. En 1971 son album « Renaissance De La Harpe Celtique » achèvera de le rendre populaire, tant l’instrument que la musique. Il entrainera dans sa suite de nombreux artistes qui se recommanderont de la musique celtique, Tri Yann, An Triskell, Dir Ha Tan et des tas d’autres…
Depuis il n’arrête pas et même si la concurrence anglaise est très forte dans ce style, il en est incontestablement une figure de proue et bien à l’origine de la popularité de cette musique.

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