Les trésors de la collection du Boss

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Dans ma collection de disques, j’ai des trucs souvent pas très ou pratiquement inconnus, issus le plus souvent de disques obscurs. Seul un spécialiste pourra vous dire de qui il s’agit. Pour une fois, vous pourrez écouter de la musique en vous laissant simplement entrainer par la musique. Vous ne saurez ni le titre ni l’interprète, vous entendrez juste une chanson ou une mélodie…

Oui je sais, il y a Shazam et autres logiciels qui vous dévoilent le titre et l’interprète et l’âge du capitaine. Pas la peine d’essayer, il n’y figurent pas et on les trouve pas sur YouTube ou si peu

Un bel exemple de folk américain avec tout ce que cette musique peut avoir de beau, tout en restant d’une sobriété exemplaire.

Dans la plus pure tradition d’une inspiration à la Beatles, une chanson qui fait mouche.

Un bel exemple de musique planante, toute la magie de l’électronique quand elle est employée dans un sens créatif

Des riffs de rock and roll, un son caverneux, tout le charme d’un enregistrement à la vieille méthode avec du matériel élémentaire

Un instrumental, oui mais pas dans le style Shadows

Disco Boss

Le disco ne m’a jamais trop inspiré, bien que dans ces années-là, j’ai un peu été DJ. En arrière plan je continuais bien sûr d’écouter mes musiques bien ciblées. J’écoutais du punk, du hard rock, on parlait aussi de new wave, mais c’est aussi les années ou j’étais très folk. Je me souviens d’avoir vu Renaud sur scène, alors assez peu connu. Dans tout ce fatras disco, je dois avouer qu’il y avait un ou deux trucs que j’aimais bien. En voici une sélection qui nous permettra de nous replonger dans les années 70, c’est aussi de la musique rétro.

Un de mes trucs préférés

Un que j’adorais, un titre qui m’avais marqué dix ans plus tôt, mais par quelqu’un d’autre. Made in France

Des autres aussi Français

Ce fut réellement une grande chanteuse, elle aurait pu faire d’autres choses ailleurs, mon titre préféré

Ca aussi j’aimais bien

Entre reggae et disco

Les années disco ne peuvent se concevoir sans l’omniprésence de Abba, s’il y a un seul titre d’eux que j’ai aimé, c’est celui-ci et c’est étonnant

Le disco c’est mieux quand c’est pas trop disco, enfin à mon avis. Boney M la grosse machine disco a eu un petit coup de génie, reprendre dans une assez bonne version le vieux tube des Yardbirds « Still I’m Sad », qui fut en 1965 le premier truc dévié du chant grégorien à obtenir un succès mémorable, 3ème dans les charts anglais.

En attendant le psycho, Rocka Billy fait du revival

La grande époque du rock and roll reste les années 50. Il cédera peu à peu sa place à d’autres musiques selon les effets de mode. Il est cependant toujours présent en toile de fond musical. Les Beatles, les Rolling Stones, l’interprètent à leur façon. Ce n’est plus tout à fait le son des années 50, il est modifié par les évolutions de la technique. Cependant une poignée d’amateurs, déjà des nostalgiques, font moins de concessions. Ils gardent une ligne qui sans être toujours pure et dure, est plus proche des origines. Vers la fin des années 60, il y a un premier retour, on réédite les années 50 avec complaisance. De quoi remettre à neuf l’écoute de quelques sillons devenus inaudibles ou par trop introuvables. Certains profitent pour s’engager dans l’aventure. Sha Na Na par exemple, est assez parodique et ne plaira pas trop aux puristes. D’une certaine manière les années 70 sont assez désertiques, certes les anciens encore présents tournent toujours, mais ils se dirigent parfois dans d’autres directions plus en accord avec l’air du temps, mais pas toujours avec bonheur. Malgré tout, il y a toujours quelques irréductibles qui résistent à l’envahisseur comme dans un certain village gaulois. Ce sont pour la plupart des nouveaux venus, des trop jeunes pour avoir vécu la grande époque. Mais ils ont la passion, la flamme, ils l’entretiennent à leur manière. Il fallait être attentif, avoir l’oeil ou l’oreille, les publications étaient souvent confidentielles et très peu programmées à la radio. Durant toutes ces années, alors que j’avais la passion aussi pour d’autres musiques, j’en avais attrapé quelques unes au vol. En voici dans un résumé succint et incomplet ce qu’il m’en reste. Les Straycats et le psychobilly sont encore loin, mais en attendant…

Les Wild Angels – Dans les nuits pleines de brouillards de la vieille Angleterre, c’est 1970. Un groupe très traditionnel enregistre un LP dans une boîte qui s’appelle « The Revolution », pour un label secondaire. Rien que des reprises qui chauffent plutôt, rien d’original, sinon un bel enthousiasme. Ils auront juste le temps d’accompagner un Gene Vincent qui n’a plus trop de temps à vivre.

En 1972, il sont signés par le label beaucoup plus important, Decca. Cela leur permet d’avoir une diffusion plus grande. Il sortent l’album « Out At Last », truffé de reprises. Il reprennent le fameux « Brand New Cadillac » de Vince Taylor, dans une version qui sonne  bien, tellement qu’on dirait que les Clash s’en sont inspirés quelques années plus tard.

L’Angleterre n’est pas seule en piste. En Hollande courant 72 et 73, le groupe Long Tall Ernie & The Shakers connaît quelques succès assez retentissants localement et débordent un peu des frontières nationales. Ce n’est pas très puriste dans la conception, mais l’esprit est présent teinté  de paillettes du glitter rock.

A l’initiative de Kim Brown guitariste-chanteur des fameux Renegades, décédé récemment, l’Italie met au point Kim & The Cadillacs. C’est encore un groupe paillettes qui a pourtant le mérite d’entretenir la flamme rock dans ses enregistrements. Ils sont très populaires à partir de 1976 et sortent plusieurs albums alignant des morceaux très connus.

Un personnage très important dans le rock and roll revival fut Crazy Cavan. Il rassemble une grande partie des véritables nostalgiques anglais sous sa bannière, assez pour devenir une icône avec son groupe les Rhythm Rockers. Au cous de sa vingtaine d’albums sa flamme ne vacille pas, le premier en 1976.

Un seul album en 1977, Little Tina & Flight 56, m’a laissé quelques plaisants souvenirs, au point que c’est l’album rock and roll que j’ai le plus écouté cette année-là. Je le trouvais comme poursuivant la tradition avec un certain charme. Ici une reprise convaincante de « My Boy Elvis » de Janis Martin.

On ne peut parler de revival sans mentionner Freddie Fingers Lee, un Jerry Lee Lewis de remplacement presque encore plus efficace que son modèle. Pianiste et guitariste survolté, ses shows valent le détour. Vieux routier, il a travaillé avec pas mal de monde dont Screaming Lord Sutch, mais c’est dans les années 70 qu’il trouvera un public digne de lui. Le voici dans deux extraits du fameux film documentaire « Blue Suede Shoes », admirable film qui résume très bien l’esprit rock de ces années 70. Dans le second, il casse un piano à la hache, ça c’est une attitude rock and roll!

Sans doute un groupe qui a eu des réussites commerciales un peu trop évidentes, plusieurs disques à succès, Matchbox n’en reste pas moins un détour agréable si on ne veut pas se prendre la tête avec les puristes. Je les cite car ils ont pavé une partie du chemin pour les suivants, mais je n’ai jamais trop aimé ce groupe, sans le détester.

Bien plus attachant, Ray Campi est aussi un incontournable de cette époque, le dernier que nous mentionnerons ici. Un extrait aussi du film mentionné précédemment, dans lequel il apparaît.

Les seventies se terminent, les Straycats et le psychobilly ne sont pas loin sur les pages du calendrier. Le rock and roll renaîtra toujours de ces cendres, j’en suis sûr.