Intéressons-nous un peu à l’Europe des sixties et ce qui fut son fond musical, principalement distillé par la radio et un peu la télévision. La plupart des grands succès furent d’origine anglo-saxonne et la plupart couvrent tous les pays européens, Elvis Presley ou les Beatles marquent des points autant en Espagne qu’en Finlande. Localement, ces hits seront souvent repris en adaptation dans une langue nationale. Il arriva même que des artistes nationaux crèvent les frontières pour obtenir un succès sur le plan européen, c’est le cas pour l’Italie, la France, la Hollande notamment. Voici à partir de 1960, mois par mois, des titres qui furent incontestablement populaires dans leur version originale pour le mois en question.
1964
Juillet 64 – Roy Orbison – It’s Over
Août 64 – The Beatles – A Hard Day’s Night
Septembre 64 – The Rolling Stones – It’s All Over Now
Octobre 64 – The Animals – House Of The Rising Sun
Novembre 64 – Manfred Mann – Doo Wah Diddy
Décembre 64 – Roy Orbison – Oh Pretty Woman
Documents
Des demoiselles francophones peu connues durant les sixties
Adèle – 1966
J’ai Peur Parfois
Je Ne Veux Plus D’accordéon
La pop en version étrangère
Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente. Voici une sélection de trois chansons d’artistes anglophones interprétés dans une langue plus ou moins exotique. Pour ceux qui voudraient entendre la version originale, un clic sur Youtube apportera la réponse.
Trois reprises de Georges Brassens en langue étrangère…
Au Bois De Mon Coeur, 1957 ***** Version en anglais par Lianne La Havas, 2013
Les Amoureux Des Bancs Publics, 1953 ***** Version en allemand par Franz Josef Degenhardt, 1986
Les Copains D’abord, 1964 ***** Version en italien par Beppe Chierici , 1976
Des chansons tradition folk de partout
La musique est le plus beau lien entre les cultures. Qui écoute celle des autres n’a pas envie de leur déclarer la guerre.
Blow The Candles Out par O’Rives (Angleterre / Irlande)
M’en Va A La fontaine par Rowan (France)
Si Maritau Rosa par ensemble folk (Italie / Sicile)
Un instrument typique du folklore suisse. A une époque où le téléphone n’existait pas, il était employé dans les Alpes pour communiquer entre les vallées. La portée du son peut aller jusqu’à 10 kilomètres, sans aucune amplification.
Dans le post précédent, je vous avais parlé du label suisse Layola en m’étalant sur ce qui était un de leurs groupes phares, les Sevens. Ce ne fut de loin pas les seuls à enregistrer pour le label, nous allons y rester encore un moment. Certains artistes n’y firent qu’une brève apparition, d’autres eurent la chance de pouvoir enregistrer plusieurs disques. Je vais bien entendu vous parler de ce qui se rapporte au beat ou au rock, mais divers styles allant de la musique folklorique suisse en passant par le jazz et la variété y furent produits. La plus grande difficulté pour moi fut de pouvoir parler de musiciens avec des clips sonores à l’appui. Je m’étalerai donc plus particulièrement sur ceux dont j’ai pu trouver des échantillons sonores. Il est à noter aussi que Layola distribua sous licence des artistes et des maisons de disques étrangères, notamment le label hollandais CNR. Je ferai l’impasse sur ces publications car elle concernent en fait des artistes étrangers qu’on ne peut pas ranger comme artistes suisses.
The 5 Dorados – Comme dans bien d’autres pays, les Shadows laissèrent leur empreinte. Alors évidemment on voulut faire comme eux, enregistrer de l’instrumental rock. Ce fut le cas pour ce groupe, mais il n’enregistra pas exclusivement du matériel instrumental, jouant aussi la carte des reprises de succès du moment. Quelques 45 tours et 2 albums virent le jour sur Layola, mais leur carrière se poursuivit sur d’autres labels, la dernière parution remontant à 1981.
The Mods – Un unique single pour ce groupe, C’est un des trucs de Layola hyper difficiles à trouver, je ne l’ai jamais vu. On se demanderait presque s’il existe tant il est inaccessible. Je n’ai vu que la réédition de 2000 dans les enchères.
1965 – All The Day. Un original, face A.
Nobody’s Woman. C’est le « Bald Headed Woman » que l’on connaît par les Kinks ou les Who, une assez belle reprise.
The Savages – Autre groupe instrumental qui publia un album et un single. L’album fut repris par le label Star Disc un peu plus tard. Pour le titre que je vous propose « Partisans », vous connaissez sans doute l’arrangement de ce traditionnel russe par les Fantômes en France. Ils reprennent aussi aussi « Méfie-Toi » de ce même groupe, à côté de deux titres des Aiglons « Christine » et « T’en Va Pas », une reprise instrumentale de la chanson qui représenta la Suisse à l’Eurovision en 1963, chantée par Esther Ofarim. Pour deux points, elle rata la première place derrière le Danemark.
1966 – Partisans
The Countdowns – Un groupe originaire de Bâle. C’est un des bons ensembles qui enregistra deux singles pour le label. On est bien dans ce style de beat / garage qui ravissent les collectionneurs aujourd’hui.
1966 – Vacation. Premier single face A. Titre original.
1966 – Far Away. Premier single face B. Titre original.
1966 – Sexmaniac. Second single, face A. Leur meilleur titre, composition originale.
1966 – Second single face B. Une belle reprise du titre de Bo Diddley.
The Ghools – Aussi un de ces groupes qui passa comme un météore sur le label, on ne sait pratiquement rien d’eux. Ce single est réputé pour être une des plus rares pièces du label.
1966 – It Will Be Fine.
The Ruby Rats – La particularité de ce groupe est d’être entièrement féminin, vocal et instrumental. C’est un pendant des Liverbirds dont je vous ai parlé ailleurs. Elles viennent de Cologne et atterrirent dans les studios Layola, on ne sait trop comment. Leur seul et unique disque à l’ambiance très Tamla Motown. Une belle et agréable rareté.
1966 – Ruby Soul. Face A, un medley de soul music.
1966 – Heatwave. Reprise de Martha & The Vandellas.
The Dynamites – Un autre groupe qui prit son essor dans la ville de Bâle, ils se forment à la fin des fifties. En 1964, ils publient un premier EP pour un petit label Sesam. Il contient deux originaux et une reprise de « I Wanna Be Your Man » des Beatles / Rolling Stones et « Nadine de Chuck Berry. Il semble avoir été tiré à 500 exemplaires, mais seulement une cinquantaine existent avec une pochette illustrée, tirage arrêté pour cause de manque de moyens. Trouver une copie de ce disque avec la pochette est une gageure. La suite est plus souriante, ils signent chez EMI via le label Columbia et enregistrent les fameux quatre titres originaux qui figureront sur le rare EP publié en France. Musicalement, c’est très réussi, ils gagnent avec cette publication une petite éternité auprès des collectionneurs. On peut également trouver quatre autres titres, dont trois reprises, sur un album de compilation en live intitulé « Swiss Beat Live », avec d’autres artistes du label. Il eurent encore la chance de pouvoir publier un single chez Philips, autre marque qui a une représentation locale. C’est un peu moins intéressant et leur ultime trace phonographique, mais il s’agit encore une fois de titres originaux. On retrouvera par la suite certains membres dans d’autres formations. En 2019, tous leurs enregistrements et quelques inédits sont rééditions en forme vinyle, Je vous mets en ligne ce qu’il existe d’eux sur Youtube,
1964 – Dance. Titre original.
1964 – Nadine. Reprise de Chuck Berry.
Les quatre enregistrements pour Columbia parus sur le EP français, titres originaux, 1965.
Too Late.
Don’t Leave Be Behind. Assez inspiré des Them.
Tell Me Yes Or No.
Someone Like Me.
1966 – Right Down . Single Philips face A, titre original.
1966 – Say It Today – Single Philips face B, titre original.