En passant

Inventaire musical à la Prévert (21)

Nous avons vu l’envol de Larry Greco dans le monde des yéyés. Dans le sillage, les Faux Frères tentèrent aussi leur chance à Paris en 1963. En fait le groupe existe depuis 1958 à Lausanne sous différentes formes. En 1963, ils peuvent publier leur premier disque chez Vogue. Selon les photos des pochettes, ils sont présentés comme un duo. En réalité ils sont cinq, mais l’accent est principalement mis sur les vocalistes et guitaristes, Gaston Schaefer et Jean-Pierre Skawronsky (Ska), qui sont aussi occasionnellement compositeurs. Il est évident que présenter un duo à la Everly Brothers, n’est pas ridicule, ils sont encore un modèle pour beaucoup. L’aventure parisienne réussit bien à Larry Greco, mais pour les Faux Frères, le résultat est plus mitigé. Beaucoup de promesses dont les plus significatives furent plusieurs passages télévisés à « Age Tendre et Tête de Bois », et la publication d’un premier EP suivi de deux autres, toujours pour Vogue. Le succès est présent en Suisse de belle manière, mais Vogue n’a pas trop l’air de distribuer les disques en France. De ce fait, je me souviens que dans les années 1980, leurs disques constituaient une bonne monnaie d’échange dans les foires aux disques. Autre ombre au tableau, ils sont étudiants et les parents ne voient pas forcément leurs fils en idoles des jeunes, les études avant tout. A la fin de 1964, ils passent professionnels et signent chez Barclay. Ils sont maintenant officiellement un duo et complètent avec des musiciens de studio pour le reste. La première publication Barclay, et peut-être leur meilleure réussite du pont de vue musical, leur permet de relancer un peu la machine, le disque marche plutôt bien, même en France. Deux titres feront l’objet d’une interprétation en allemand, histoire d’essayer de conquérir la partie germanophone du pays. Suivront deux autres publications chez Barclay qui ne sont pas inconnues en Suisse, mais restent toujours assez boudées ailleurs.
Parmi leurs projets, ils ont dans l’idée de fonder en Suisse leur propre label. Ce label aura une certaine importance par la suite et deviendra l’un des plus connus en Suisse avec une pléthore d’artistes qui vont du jazz à la pop en passant par la variété. Il servira aussi de distributeur pour des marques étrangères. Evidemment ils se réservent la primeur des publications avec un EP en 1967, suivi d’une single, qui marquera la fin plus ou moins officielle du duo, mais ils ne se priveront pas d’enregistrer des tentatives en solo. Et puis ce sera aussi l’occasion de se retrouver de temps à autre pour se rappeler du bon temps comme en 1993 pour une réédition en CD.

La discographie des Faux Frères est bien présente sur la Toile. En voici une large sélection. Sauf mention contraire, ce sont des originaux composés par Schaefer et Ska, en solo ou en duo. Tous ceux qui aiment les Everly Brothers seront en territoire connu. Rappelons que ces derniers furent l’un des grands groupes de la musique moderne, aux grandes harmonies vocales et aux arrangements classieux. Les Faux Frères s’en tirent plutôt bien dans cet exercice, mais dépasser les modèles est mission impossible. Mais ils n’ont pas à rougir de leur carrière.

1963 – Premier EP Vogue.

Oh Oui – Adaptation de « Oh Yeah » du duo US à la Everly Brothers, Travis And Bob.

Be Bop A Lula. La fameuse de Gene Vincent.

Romance D’un Prisonnier.

Vous, Vous.

1963 – Deuxième EP Vogue.

Quand Je Serai Célibataire.

J’aime Entendre.

Camargue.

Le Balayeur Des Quais. Adaptation de « Just In Case » des Everly Brothers.

1963 – Troisième EP Vogue.

Quinze Ans.

N’lui Dis Pas. Adaptation de « Tell Him No » du duo Travis And Bob. Egalement repris aux USA par Flash Cadillac & Continental Kids, le groupe que l’on entend jouer « Suzie Q » dans Apocalyse Now.

Les Cent Pas.

Jours Heureux. Adaptation de « Some Sweet Day » des Everly Brothers.

1965 – Premier EP Barclay.

Mieux Que Tout Ca. Adaptation de « Just A Little Bit Better » de Herman’s Hermits.

Viens Jouer Joe.

Ce Serait Trop Beau. Adaptation de « Oh Lonesome Me » de Don Gibson.

Une Fille Sur L’Autre Quai.

1965 – Second EP Barclay. 

Pas de titres disponibles sur la Toile.

1966 – Troisième Ep Barclay. 

Pourquoi Suis-Je Là. Adaptation de « What Am I Doing Here With You » de P.F. Sloan, également interprété par Twiggy.

Elle Et Moi. Adaptation de « Her And Him » de Bruce And Carroll.

Une Fille Pour Deux Garçons. Adaptation de « You Like Me Too Much » des Beatles.

On Aime Voir Les Filles.

1967 – EP Evasion.

J’ai Vu Sourire La Pluie.

Vague A L’âme.

Le Soleil De Tes Yeux,

En Rêves.

1968 – Single Evasion.

Le Vent Des Plaines.

Documets.

1963 – Whatd I Say, en live lors de l’émission « Age Tendre Et Tête De Bois ».

Ce serait Trop Beau, lors d’une réunion.

Ma Tête Tourne. A l’origine ce titre ne figurait que sur un album de compilation du label.

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En passant

Bas nylons et une vidéo qui parle sans le vouloir


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Dans cet article nous allons décortiquer une vidéo et constater qu’elle peut parler sans mots.
Elle est la preuve que dans certains cas la discrétion n’est pas de trop et peut s’avérer une sorte d’assurance tranquillité. Si vous publiez une vidéo de votre femme ou de votre mari faisant du ski dans une station de sport d’hiver, aucun problème, seules les personnes qui vous connaissent vous identifieront. Même si on devine Megève en arrière plan, c’est un indice que vous y êtes allés rien de plus, ce n’est pas marqué sur votre visage que vous habitez Marseille. Quand vous publiez du contenu à caractère sexuel autrement que passif, cela devient un peu plus risqué, surtout si c’est de la vidéo. Par passif, j’entends des photos ou de petites vidéos dans un endroit quelconque qui pourrait être n’importe où. Nous allons étudier un cas un peu plus parlant, qui concerne une personne exhibitionniste genre plutôt soft, parfois en public, mais quand même un peu allumeuse. En me transformant en Sherlock Boss Holmes, rien qu’en analysant des vidéos, j’ai réussi à trouver avec une quasi certitude le domicile de cette personne, du moins un lieu où elle séjourne régulièrement. Elle ne se cache pas particulièrement, montre son visage, mais ne va pas jusqu’à donner son adresse et son numéro de téléphone. On peut la contacter via un mail, mais cela s’arrête là. Il est probable que quelques personnes savent qui elle est, pour autant qu’ils aient vu les vidéos. Pour information, quand vous en saurez un peu plus, inutile de chercher les vidéos car elles ont été « supprimées pour avoir enfreint les règles » etc, etc. Il reste quand même un point délicat, une personne mal intentionnée pourrait harceler ou importuner cette personne, allez savoir. Je m’imagine bien que parmi les visiteurs de certains sites, il n’y a pas que des anges, même quelques personnages très peu recommandables. Pour ma démonstration et par respect pour cette personne, je vais rester très discret. Vous ne verrez pas son visage, je ne mentionnerai aucun lieu, rien de plus banal qu’une rue ou une maison perdus dans un coin, mais il peuvent parler. Peut-être reconnaîtrez-vous certains endroits, mais vous auriez aussi pu le faire en visionnant les vidéos.
Pour analyser une vidéo, il faut la parcourir et repérer ce qui pourrait servir d’indice. Le premier pas est de situer dans quel endroit la prise de vue a été faite. Il faut trouver le ou les indices qui serviront de détonateur. Certaines vues peuvent montrer, sans que cela soit intentionnel, quelque chose de significatif, une particularité propre à un endroit. Par exemple, si le paysage est montagneux, il y a peu de chances que ce soit en Belgique ou au Sahara. Repérer la topologie d’un endroit, le style des maisons, les magasins style grandes enseignes, le genre de signalisation routière, sont autant d’indices qui peuvent vous diriger vers un lieu, un pays plus ou moins précis. Souvent la vidéo vous aidera en faisant apparaître des indices qui font partie du décor. vous devrez les exploiter par recoupement. Il est bien rare qu’après en avoir récoltés plusieurs, surtout s’ils sont répétitifs, vous n’arriverez pas à situer un lieu approximatif. Ensuite, c’est sans doute le plus difficile, localiser dans ce fouillis un endroit précis. On peut procéder en appliquant un succédané de la triangulation que les géomètres connaissent bien. Vous avez repéré une église, un marché Carrefour, un pont routier typique, un passage à niveau, une gare. Tous ces indices reportés sur une carte vous donneront avec une certaine précision un regroupement de quelques kilomètres carrés. On peut imaginer, dans le cadre d’une grande surface que la personne ne va pas faire 50 kilomètres en voiture pour aller faire ses commissions, c’est un très bon indice. Mais vous verrez dans la démonstration que la personne m’a pas mal aidé en laissant traîner des indices sur ses nombreuses vidéos, je n’ai eu « qu’à me servir ». C’est sans doute involontaire de sa part, mais vu qu’elle a le plus souvent fait ses petits films dans le même coin, ce fut d’autant plus facile. Pour les recherches de lieux, j’ai utilisé Street View, qui est très bavard, sinon très indiscret.

Voilà un premier indice significatif, pas la voiture en somme de grande série, mais je dirais suite à une grosse erreur de la personne, car il s’agit peut-être de la voiture dont elle se sert (je ne le sais pas encore). L’immatriculation est très très brièvement lisible sur un plan de la vidéo. Elle indique tout au plus une région qui fait des milliers de kilomètres carrés, Je sais, je suppose maintenant que c’est plutôt là qu’ailleurs.

Pour cette petite séance d’exhibition, le lieu choisi est une petite gare. Si on regarde le paysage, on remarque que nous sommes dans une plaine assez large entourée de montagnes, seules celles de droite sont visibles.. De plus, il y a une voie ferrée. bon indice car il n’y en a quand même pas partout. A partir de là, il faut rechercher sur la carte un endroit qui peut correspondre à une plaine, avec un train qui circule dans la région que la plage minéralogique me suggère.  Il faut fouiller, cela peut prendre du temps, mais avec un indice comme la ligne de chemin de fer, on cherche les gares et on compare avec le paysage environnant. J’ai fini par trouver, ne pouvant aller dans la gare, je me suis mis juste sur la route à côté. Vous remarquerez que la crête des montagnes à droite, a un profil qui correspond exactement. Il y a une différence de luminosité, les rochers sont moins nets, mais la position du soleil n’est pas la même. Je tiens un lieu précis.

Lors d’une scène filmée dans la voiture, apparaît dans la partie noire de la photo, le logo (que j’ai effacé) d’une banque, géographiquement cette banque se trouve à quelques kilomètres au nord de la gare que nous avons vue précédemment, Cela précise un peu plus la région. Remarquez, la conductrice porte des gants et une blouse blanche, elle fume une cigarette qui vient probablement d’être allumée et que les vitres sont mouillées donc il pleut.

Autre confirmation dans une autre vidéo, on voit le départ en voiture depuis la maison il pleut. Après une interruption du film, scènes mises sur une autre vidéo, très probablement celle d’où j’ai tiré la photo pour la banque, le film reprend. Un peu après, deux indices très clairs apparaissent. Une maison que l’on reconnaît facilement et un garage (nom effacé) que l’on peut identifier spécialement par la voiture dessinée sur le mur. Les photos sont plus que probablement la suite de la scène devant la banque, les vitres sont mouillées, la personne tient toujours une cigarette à la bouche et à la main. gants et blouse blanche. C’est la seules scènes où on trouve ce genre de météo. Ces endroits se trouvent dans le même lieu que la banque, assez près si l’on regarde bien l’avancement de la combustion de la cigarette à peine entamée sur la photo de la banque. On devrait tenir maintenant un lieu assez précis. Reste à fouiller les environs à la recherche de la maison. Une suite de vidéos vont m’aider.

Une ou deux fois, les déplacements et les petites scènes d’exhibitionnisme se font en scooter. Il est typique de la marque Mio, modèle probable 2007 ou 2009, en édition peinture teinte rose.

Sur celle-ci, c’est un départ de la maison. On aperçoit le volant et il nous confirme que c’est bien une Citroën qui est conduite. Plus intéressant, par la vitre on voit une zone avec du matériel hétéroclite déposé, c’est évidemment pas au centre ville que l’on va trouver ce genre de choses.

 

Sur l’extrait d’une vidéo, on aperçoit brièvement un coin de paysage au moment où la personne sort de chez elle (en haut). Remarquez les bandes de trois briques rouges et les boîtes aux lettres sur l’image. On peut constater que nous sommes presque à la campagne, à la périphérie d’une agglomération, une zone plutôt industrielle, entraperçue trois images plus haut. Maintenant, il faut en quelque sorte chercher pareil endroit sur Street View en mettant la vue satellite. On peut se repérer sur les montagnes en haut pour les déplacements. A la fin on y arrive, la maison, le réservoir blanc, le tertre. Vous pouvez penser que je me suis trompé, et pourtant si je regarde de l’autre côté, je vois ceci  :

La voiture (même modèle que la première image), les trois boîtes aux lettres et les séries de trois briques rouges et le fameux scooter devant la maison. Nous y sommes ! J’ai volontairement enlevé une partie du décor, ne gardant que l’essentiel. Evidemment, j’ai un peu résumé tous les indices, ne vous présentant que les images les plus significatives. Ce que vous ne voyez pas, c’est tout le reste, les images d’indices probables, toutes celles qui n’en sont pas. Le total des vidéos représente entre deux et trois heures de visionnages. J’ai survolées certaines, notamment les passages filmés en intérieur ne pouvant guère vous donner des indications, la marque du réfrigérateur ou de la chaîne audio sont des indices morts. Un air de musique entendu dans une vidéo ne vous indique pas la marque de la chaîne ou du poste de radio. Voilà, je sais avec une quasi certitude que cette personne réside dans cette maison, à longueur d’année ou occasionnellement. Encore une fois, ne faites pas n’importe quoi sur la Toile. J’ai démontré que l’on pouvait savoir beaucoup de choses rien qu’en regardant des vidéos. Dans le cas présent, cette personne peut dormir tranquille, je suis juste un observateur qui passe son chemin.