Lionel Hampton – Du jazz en virtuose

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Lionel Hampton est une grande figure du jazz et une des plus populaires. Tout le monde ou presque a entendu une fois son nom. Au cours d’une très longue carrière, il s’est exprimé dans diverses tendances, instruments et autant de rencontres pas tout à fait fortuites.
Il est né en 1908 à Louisville dans le Kentucky. Il passe une partie de son enfance dans les états de l’est, avant que sa famille ne se déplace vers Chicago. Très tôt il s’intéresse à la musique et devient un multi-instrumentiste en apprenant le xylophone, c’est avec cet instrument qu’il bâtira sa légende, mais aussi la batterie, la guitare, le piano. Il débute assez modestement dans diverses formations. Vers la fin des années 20, on le retrouve plus spécialement comme batteur, bien qu’il se perfectionne au vibraphone dans l’orchestre de Les Hite. Louis Armstrong engage l’orchestre pour quelques dates et c’est là que Hampton se fait remarquer derrière son xylophone dont il commence à jouer avec une virtuosité remarquable. En 1934, il commence à organiser ses propres formations dont il devient le chef d’orchestre. On peut le voir au cinéma avec Bing Crosby et Armstrong dans « Pennies From Heaven ». Cela ne l’empêche de travailler avec Benny Goodman qui le remarque et l’engage. Jouer dans un orchestre multiracial et devant de grandes audiences, donne un grand coup d’élan à sa popularité. Il continue cependant de mettre au point son orchestre et d’enregistrer ses propres disques à partir de 1937. En 1940, il quitte définitivement Goodman, lance son big band et pendant dix ans, il deviendra extrêmement populaire. Sa carrière sera jalonnée de titres qu’il rendra populaires comme « Flying Home », « Stardust », Hey Ba-Ba-Re-Bop ». Il a l’occasion d’accueillir dans son orchestre ou d’aller jouer avec tout le gratin des musicien de jazz, dont les noms constituent presque le bottin mondain de cette musique. Certains de ses enregistrement pavent la route à ce qui sera plus tard le rhythm and blues. En 1953, il tourne en Europe avec un grand succès. On trouve dans son orchestre un certain Quincy Jones, qu’il n’est plus trop nécessaire de présenter. Les grandes années du jazz passées, il continue avec un succès moindre ses activités de musicien. Son statut de légende compense entièrement l’aura qu’il a perdue dans le vedettariat. Les fans sont toujours aussi nombreux et fidèles à sa musique. Il a toujours été très engagé dans le domaine de la charité, soutenant de multiples causes. Il passe les dix dernières années de sa vie dans un calme relatif, empêche par une santé déclinante de se produire sur scène de manière trop astreignante. Il meurt finalement en 2002 à l’âge respectable de 93 ans.
Lionel Hampton laisse un apport considérable au jazz à travers de multiples facettes. Il n’a jamais sombré dans la monotonie, testant, innovant chaque fois qu’il en avait la possibilité. Sa discographie en atteste, on peut toujours essayer de deviner derrière quel instrument il se cache. Sa virtuosité au xylophone est plus que légendaire, mais ce n’est qu’un aspect du musicien. Il a bien d’autres côtés qui méritent un détour, il est un virtuose de la passion.

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Du jazz sans saké

Toujours étonnants ces Japonais. Et les Japonaises encore plus. Quelques étudiantes de la Takasogo High School, au lieu d’aller draguer les boys après les heures de classe ont décidé de faire partie d’un orchestre de jazz, un big band pour être plus précis. Le Big Friendly Jazz Orchestra, c’est son nom. Elles font ça avec passion et c’est loin d’être de l’amateurisme. En pensant que d’une année à l’autre, les effectifs doivent se plus ou moins se renouveler, quel niveau! Leur répertoire n’est pas très original dans le sens que tous les morceaux sont des standards, très connus pour la plupart. Trève de bla bla, admirons le résultat. Deux morceaux de Charles Mingus « Boogie Stop Shuffle », « Haitian Fight Song », ainsi que « Sing Sing Sing », un morceau que tous les amateurs de Benny Goodman connaissent bien.
De quoi nous en boucher un coin, même un sacré coin.

Regardez bien la jeune fille qui est derrière la batterie, pas celle de cuisine. Allons messieurs les batteurs ne soyez pas jaloux… c’est juste un caprice de jeunesse!

Bessie Smith – L’impératrice noire

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Bessie Smith est née en 1892, 1894, ou 1895, on ne sait pas très bien, les sources divergent. Par contre elle est née dans le Tennessee, ça c’est sûr. Comme beaucoup de noirs américains, la situation de tous les jours n’est pas des plus enviables. C’est souvent la ronde des petits boulots comme employée de maison ou autres blanchisseuses. Jusqu’au début des années 20, sa vie reste dans l’ombre. Elle a cependant une attirance et un réel don pour le chant. En se mariant et avec son mari comme impresario, elle commence à percer dans la musique. En 1923, les disques Columbia la signent pour enregistrer sur le label. Le succès vient rapidement et dans ce style elle est une des premières artistes noires à acquérir un véritable vedettariat. Elle rencontre, joue, se fait accompagner par des musiciens qui deviendront prestigieux par la suite, Louis Armstrong, Fletcher Henderson, Sidney Bechet. A cette époque, elle n’a qu’une seule véritable rivale, Ma Rainey. Son succès grandissant presque uniquement salué par la communauté noire, la fera passer un peu au second plan, l’histoire retiendra surtout le nom de Bessie Smith. Le répertoire de Smith est un mélange de blues et de jazz tout à fait représentatif de ces années. Bon nombre de ses interprétations vont rester dans les mémoires comme « Gulf Coast Blues », « Baby Won’t You Please Come Home ». Pendant quelques années, elle va rester d’une popularité grandiloquente. Ses cachets atteindront parfois 2000 dollars par jour, une grosse somme à cette époque. Sa vie sentimentale n’est pas de tout repos, son mari n’est pas toujours fidèle, elle non plus, de plus elle affiche une penchant pour la bi-sexualité. Ils finiront par se séparer, son mari étant certainement moins intéressé par sa carrière qui souffre de la dépression de 1929, où l’argent se fait plus rare. Après 160 titres enregistrés pour Columbia, sa maison de disques l’a met à l’écart. En 1933, le producteur John Hammond tente de la relancer, sans y mettre beaucoup de flamme. Le 26 septembre 1937, elle est victime d’un grave accident de voiture. Elle mourra semble-t-il, par manque de soins immédiats. Certaines versions disent qu’elle a été refusée dan un hôpital parce qu’elle était noire. D’autres disent que les secours ont tardé à venir ou qu’elle était trop gravement atteinte pour survivre à ses blessures. On ne saura jamais ce qui est vrai ou faux.
L’influence de son style, sa manière profonde de chanter seront source d’inspiration pour un tas d’artistes. Billie Holiday la première, Janis Joplin plus tard. C’est même elle qui payera un monument funéraire sur sa tombe qui en est dépourvu. L’Amérique a parfois mal à ses héros.

Un des rares documents sonores existant d’elle, St Louis Blues 1929

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