Des chansons (im)mortelles

Les death songs, ainsi que les anglophones les appellent, sont des chansons qui parlent de la mort. Nous avons aussi cela en français, « Le Moribond » de Brel ou « L’Homme A La Moto » de Piaf en sont deux exemples. On trouve dans cette catégorie des chansons qui parlent plus spécialement la perte d’un être cher. Ce thème revient quelquefois dans les chansons de teenagers années 50 ou 60. Certaines sont même encore dans toutes les oreilles. Nous allons spécialement en revisiter quelques unes dans une optique années 50 ou 60 et en donnant la préférences aux versions originales, certaines furent aussi des succès en France, via le chemin des adaptations. Un bref descriptif présente chaque chanson.

C’est une des plus anciennes du genre que je connaisse, datant de 1955 elle est le fait d’un combo noir dans le style doo wop. Elle est sinistre à souhait, on a même rajouté des pleurs vers la fin. Même si vous la découvrez maintenant, elle est relativement connue et a été reprise ici et là. C’est l’original et sans doute la meilleure version.

Voici la version originale du succès d’Edith Piaf  « L’Homme A La Moto », enregistré en 1955 pat les Cheers. C’est la chanson type du motard qui élève sa machine à la hauteur d’une déesse.

Une qui revient souvent dans les oldies, le sommeil éternel de Jody Reynolds

Un grand succès au tournant des années 50/60 encore dans beaucoup de mémoires. (Adapté en France par Richard Anthony). Repris notamment en France par Vince Taylor.

Nous parlions dans un post précédent des Tornados, de « Telstar », et du fameux producteur Joe Meek. Eh bien voici une de ses productions précédentes, la première qui cartonna en 1961 en se classant à la première place du hit parade anglais. C’est du beau travail qui suscite encore pas mal d’admirateurs aujourd’hui. L’interprète, John Leyton, est aussi acteur. On peut le voir dans « La Grande Evasion » avec Steve Macqueen. (Adapté en France par les Chats Sauvages)

Un des succès de Pat Boone dans ce style. Version française Johnny Hallyday

Le surf a aussi ses moments morbides, le célèbre duo Jan & Dean copie carbone des Beach Boys.

Une des plus célèbres de la série, encore un de ces trucs mis en note par un producteur de géniem George Morton. Mais oui c’est la fameuse version originale du « Chef De La Bande »  qui fit les beaux jours de Franck Alamo. En passant vous verrez dans le clip où Amy Winehouse s’inspirait pour ses coiffures, elle ne s’en cachait d’ailleurs pas.

Twinkle  passa assez rapidement dans le monde du succès avec sa composition personnelle « Terry ». A l’apogée de sa carrière elle était encore adolescente, mais fut quand même la petite amie de Brain Jones des Rolling Stones et Peter Noone, le Herman des Herman’s Hermits. Dans son titre fétiche c’est Jimmy Page, alors musicien de studio, qui tenait la guitare. Elle est décédée d’un cancer en 2015. Version française Claude François.

Jimmy Cross est un chanteur américain peu connu, mais il apparaît avec sa chanson « I Want My Baby Back » dans une fameuse compilation avec comme but de présenter les pires chansons jamais enregistrées. Le disque était fourni avec un sac vomitif, c’est dire. En fait ce n’est pas si mal foutu que ça, c’est voulu comme une parodie des chansons funèbres, et puis c’est assez rigolo. Et puis chose qui fera sans doute plaisir à notre régulier commentateur Cooldan, l’histoire commence sur le chemin du retour après un concert des Beatles. Les groupe anglais Downliners Sect en fit une version. Il en existe même une adaptation française par l’ancien Pirate jean-Pierre Orfino.

A propos des Downliners Sect, je n’en parle pas souvent mais c’est un de mes groupes préférés, les voici justement dans une chanson du cru

Music sans frontières

Nous allons encore explorer des choses pas très connues, mais sous un angle un peu international, dans des styles un peu différents, mais tous années 60.

Chanson morbide, mais excellente pour planer un peu, the Evil, un groupe de Floride qui n’a une discographie fleuve, mais que des bons titres,

Les mêmes avec leur plus fameux titre, un titre endiablé et un son comme on aimerait bien en trouver dans le rap, enfin on peut toujours rêver.

Passons en Angleterre, avec un titre pour le moins charmant et aussi une musique pour rêver

Un 45 tours de ce groupe anglais peut atteindre plus de 700 euros aux enchères. Regardez dans votre cave on sait jamais…

En 1969, les Zombies sont séparés. Le chanteur du groupe Colin Blunstone sous le nom de Neil MacArthur reprend dans une version popisée leur fameux hit « She’s Not There ». Il en enregistre une version en anglais et une en italien en reprenant les paroles de la version qu’avait enregistré notre Noel Deschamps national pour tenter de percer sur le marché italien.

C’est bien connu nos yéyés français pillaient les répertoires anglo-saxons pour trouver matière è chansons. On collait des parole françaises et c’était parti! Il y en a un ou deux qui faisaient preuve d’un peu plus d’originalité en reprenant des titres moins conventionnels. C’est le cas de Claude Righi, qui aura une tube un plus tard avec un slow « Elle » que l’on entendait dans toutes les boîtes à tubes (J’ai lu cette phrase dans un livre). Bien plus intéressant ivi, où il reprend « I Got My Mojo Working » de Muddy Waters devenu « Laissez-Moi Seul ».

Un très bon Ronnie Bird en anglais

Les Sinners, groupe canadien, enregistrent en 1966 ceci

Les Outsiders, groupe hollandais, très dans le style des Pretty Things

En Suède, les Hootenanny Singers sont très populaires. Pour l’histoire, si vous êtes attentif, vous reconnaîtrez un des futurs membres d’Abba. La chanson qu’il interprètent est extraite d’un film et fut reprise en France par les Célibataires « Ecoute »

Même exercice avec les Hep Stars, vous retrouverez l’autre élément masculin d’Abba (à l’orgue). Par ailleurs, les Hep Stars étaient plutôt bons dans les covers, comme cette reprise assez remuante d’un titre bien connu des fans des Who ou des Kinks.

Les Anglais partent rencontrer le succès en Finlande (et en Italie). C’est le cas des Renegades avec une reprise assez personnelle du titre des Sorrows « Take A Heart ». C’est du vrai live, très proche de la version studio.