Du sexy sur les pochettes de disques des 50’s au 70’s

Ma longue carrière de collectionneur et chasseur de vinyle m’a permis de visualiser et d’admirer des dizaines de milliers de pochettes de disques. Je les ai toujours considérées comme des ouvres d’art à part entière. Leur magnificence s’étale particulièrement bien sur les pochettes d’albums, un carré d’un peu plus d’une grosse trentaine de centimètres de côté. L’idée d’en faire un étalage artistique remonte surtout aux années 60, spécialement à partir  de 65-67 quand le lancement d’un artiste se faisait sur la réputation de quelques titres s’étalant sur les deux faces d’un 33 tours, dont on extrayait éventuellement un 45 tours. Avant c’était le contraire, l’album était plutôt une compilation des précédents avec éventuellement un ou deux titres inédits. Dans les années 50, on faisait assez peu de cas de la présentation d’une pochette de disques. C’est très visible en France ou le EP 4 titres domine largement. La mise en scène est souvent répétitive ainsi que les photos souvent pâles ou grossièrement découpées, une laideur sans nom. C’est un peu plus sympathique dans les pays anglo-saxons, un marché nettement plus vaste, où l’on prend un peu plus soin de la présentation et surtout où les albums sont plus nombreux.

Après l’apparition du rock and roll et la suite qui en découle, on est conscient que le teenager recherche un contact visuel avec ses idoles. La discographie des albums de Presley en est une belle illustration, la pose est souvent tout à l’avantage du modèle. L’idée d’en faire quelque chose de sexy, si cela existe, est tout à fait involontaire. Par la suite la vapeur fut inversée et on cultivera quelquefois l’idée du sexy, parfois sans rapport aucun avec le contenu, même s’il apparaît de façon très suggérée et s’il flirte parfois avec la perversité.

Sans aller vers l’encyclopédie, voici quelques illustrations sur le sujet tirées de ces fameuses pochettes éditées il y a bien longtemps pour certaines.

 

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Dans les années 50, la très populaire péruvienne Yma Sumac étale ses charmes sans trop les montrer. C’est typique du sexy involontaire, mais on la travaille sur chaque nouvelle publication.

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Ici c’est un peu moins involontaire, mais évidemment quand on tient un sex symol qui chante, on le met plutôt en évidence sur la pochette. La première est juste ce qui sert d’illustration pour la bande sonore d’un film dans lequel BB joue, mais la seconde est destinée à taper dans l’oeil avec cette pose plutôt légère, attitude et vêtements. Ici la réédition à l’identique bien des années plus tard.

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L’album de 1968, on va un peu plus loin dans la suggestion, quatre ans et des poussières après la précédente.

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Peut-être la plus culottée (enfin plutôt déculottée) de cette fin des sixties. Des femmes à poil pour habiller le talent du plus révolutionnaire guitariste de ces années-là.

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L’intérieur de la pochette dépliante du premier album en 1969 où l’on voit les membres à poil. Elle fut censurée dans son édition française. Je ne sais pas ce peuvent penser les adolescentes d’aujourd’hui, mais qu’elles ne rient pas, ils pouvaient incarnaient l’idée du mec dont leur grand-mères rêvaient. L’album n’avait pas besoin de cette publicité, car musicalement il est fantastique. 

La machine est lancée, sans plus entrer dans le détail voici quelques pochettes, toutes années 70, chacun y trouvera son compte

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Nos disques mythiques (19)

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DEM BONES – DEM BONES – DEM T-BONES

En 1965, les fans des Yardbirds ne pouvaient presque pas passer à côté de ce disque, car il est assez directement lié à ce nom. D’abord parce que le fameux producteur russo-suisse Giorgio Gomelsky, en est aussi le producteur. Ensuite parce que le Yardbirds étaient le groupe résidentiel du Marquee Club, fonction qu’ils durent abandonner suite à leur succès grandissant. C’est ainsi que Gomelsky réussit à les remplacer par ses nouveaux poulains, Gary Farr & T-Bones. Etre sous sa houlette n’était pas une mauvaise chose, il donna aux Rolling Stones leurs premières chances. Il amena les Yardbirds à la gloire, un peu plus tard Julie Driscoll et Brian Auger, et encore plus tard il écrira une belle page avec le fameux groupe français, Magma. Son nom est indiscutablement lié à la musique progressive des années 70.

En comparaison Gary Farr (chanteur et fils d’un ancien champion de boxe) et son groupe furent relativement malchanceux, ils n’eurent pas l’ombre d’un succès qui naquit de la poignée de 45 tours qu’ils enregistrèrent. Le seul point visuel d’époque qui existe d’eux est ce 4 titres publié en Angleterre avec une photo prise en compagnie du squelette d’une de ces sympathiques bestioles préhistoriques qui mesuraient au moins dix mètres de haut. Il faillit y en avoir un second, en France. Le label Riviera qui distribuait alors les productions de Gomelsky pour l’Hexagone, édita un quatre titres du groupe, un peu différent en contenu, mais avec une photo des Yardbirds à la place des T-Bones.

La conception de cette édition anglaise offre des titres nouveaux pour les fans, bien qu’il s’agisse de quatre reprises venues du répertoire noir. Le titre le plus étonnant est « Get The Money », d’inspiration afro-cubaine et exploitation de la face B du titre le plus connu de Mongo Santamaria, « Watermelon Man ». La durée du morceau est assez exceptionnelle, près de cinq minutes. Rappelons qu’en 60-65, trois minutes c’était déjà presque long. Une particularité propre à ce titre et à ce disque, la version publiée ici comprend un fond vocal en espagnol au fil du morceau, absent sur les rééditions subséquentes. Pour le reste, nous trouvons « Deed and Deed I Do » (Bo Diddley); « I’m Louisiana Red » (Louisina Red); « Jumpback (Rufus Thomas).

Sans être révolutionnaire, le contenu est très plaisant. Une très belle illustration de ces musiciens anglais qui puisaient à la source de la musique noire, pour en faire des versions assez personnelles. Bien que certains titres ne manquant pas de punch, le son reste soft, jamais agressif. Gary Farr continua une carrière discrète en soliste ou comme chanteur du groupe Lion, dont le guitariste Robin Le Mesurier n’est autre que l’actuel guitariste de scène de Johnny Hallyday. Il est mort d’une maladie cardiaque en 1994.

C’est une pièce vraiment rare et très recherchée par les amateurs du genre. Un copie en bon état peut dépasser les 200 euros, beaucoup plus que le prix que je l’ai payée il y a 50 ans!

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La fameuse édition française avec la photo des Yardbirds. Egalement très cotée.

C’est la version du EP anglais, celui qui l’a mise en ligne possède visiblement le disque original

Comme le quatrième titre « Jumpback » n’est pas disponible sur YouTube, je vous mets à la place un titre intéressant que figurait sur un 45 tours anglais également puisé dans le répertoire noir, « How Many More Times », bien connu dans la version de Led Zeppelin.