One hit wonder – Un petit 45 tours et puis s’en vont

Sous cette appellation les Anglo-Saxons désignent des artistes dont la célébrité ne repose que sur un seul véritable succès. Si certains arrivent à vivre sur cette réputation et entrer dans la légende pour une certaine mesure, d’autres disparaissent complètement. Ce sont en général ces chansons qui hantent les circuits nostalgiques et dont les nostalgiques ne veulent se rappeler que celles-là. Un grand nombre de personnes seraient bien incapables de citer un autre titre de l’artiste en question. Pour ma part je trouve cela extrêmement regrettable, car si je n’avais pas été plus curieux, j’aurais loupé de sacré trucs.
Voici une série de ces tubes d’un instant dont quelques uns, s’il vous est impossible de les situer d’après le titre et l’artiste, vous rappelleront sans doute quelque chose. Dans tous les cas, ces titres ne sont que les succès d’un instant pour les artistes qui les enregistrèrent. Ils ravagèrent les année soixante. En avant la nostalgie…
Dans l’ordre j’indique l’année, l’artiste, le titre de la chanson, le nom de la version française si j’en connais une, car certains de ces hits furent également des succès en France.

1) 1958 – Jody Reynolds – Endless Sleep. Un gros succès de l’année par un artiste resté obscur.

2) 1960 – The String-A-Longs – Wheels (Auprès de ma blonde – Marcel Amont). Le manager de Buddy Holly composa ce truc après sa mort, interprété par un groupe qui fut autant populaire que cette popularité fut courte.

3) 1960 – The Brothers Four Greenfields (Verte campagne – Les Compagnons de la Chanson – Henri Salvador et d’autres). L’un des plus gros hits de l’année. Quatre jeunes qui ont la passion du folk enregistrent cette incontournable mélodie, leur seul succès, mais ils existent encore aujourd’hui.

4) 1962 – The Duprees – You Belong To Me. Très inspiré du style doo woop, ce quatuor vocal imposa un des derniers trucs à succès dans le genre, juste avant que les Beatles arrivent.

5) 1963 – The Ran-Dells – The Martian Hop (Le martien -Henri Salvador). Disque un peu humoristique, qui ne fit pas rire très longtemps.

6) 1963 – Little Peggy March – I Will Follow Him (Chariot – Petula Clark) En reprenant ce titre de Petula Clark et non le contraire, Elle connut un bon succès. Un des quelques cas d’une chanson française qui connaît un succès international.

7) 1963 – Soeur Sourire – Dominique. Cette Belge et authentique religieuse connut aux USA un incroyable succès qui sera 3 semaines no 1 au Cashbox. Depuis plus rien sinon son suicide bien des années plus tard.

8 1963 – The Exciters – Tell Him (Dis-lui – Claude François). Excellent groupe noir américain, mais surtout connu pou ce titre là. Ironie du sort un de leurs titres « Do Wah Diddy Diddy » connut un immense succès par Manfred Mann, un année plus tard.

9) 1963 – The Surfaris – Wipe Out. Le surf devient populaire, ici dans sa version instrumentale, un classique.

10) 1964 – Millie – My Boy Lollipop. (C’est toi mon idole – Agnès Loti). Un fond de reggae pour cette petite Jamaicaine. L’une des premières incursions de cette musique dans les succès.

11) 1964 – Lorne Greene – Ringo (Chanté en français par lui-même). Un des héros de la série Bonanza. Un belle voix pour ce succès de western version disque.

12) 1965 – Barry Mc Guire – Eve Of Destruction (Ce monde absurde Claude François). Un des plus beaux exemplaires du débuts des mouvements contestataires aux USA. Devenu un hymne.

13) 1965 – Unit Four + Two – Concrete And Clay (Comment fait-elle – Richard Anthony). De la musique latino. Un gros hit sans aucun lendemain.

14) 1966 – Question Mark And The Mysterians – 96 Tears. Une belle rengaine qui tourna dans tous les jukeboxes. Sans lendemain, mais inoubliable.

15) 1966 – Bobby Hebb – Sunny (Sunny – Richard Anthony). Joli, mais si la chanson est restée, qui se souvient encore de son nom?

16) 1966 – Count Five – Psychotic Raction. Du garage punk dans un des ces titres qui exploraient l’âme humaine et ses comportements. Encore une référence dans le répertoire de nombreux artistes aujourd’hui, les Cramps s’y sont frottés eux aussi.

17) 1967 – Billy Stewart – Summertime. Chanson incontournable, dans une version qui ne manque pas d’originalité.

18) 1968 – The Left Banke – Walk Away Renee. Merveilleux groupe qui souffrit que les Four Tops mettent ce titre à leur répertoire.

19) 1969 – Norman Greenbaum – Spirit In The Sky. Un gros hit plaisant mais sans lendemain.

20)1969 – Fifth Dimension – Acquarius/Let The Sunshine In (Laisse entrer le soleil – Julien Clerc pour le deuxième titre). La musique de « Hair » exploitée pas de nombreux artistes, rapporta gros à ce groupe qui en fit sans doute l’une des plus belles interprétations. On a de la peine à se rappeler d’un autre de leurs titres.

The Surfaris quelques années plus tard

Sélectionner popoupplayer ci-dessous et vous aurez accès aux titres en écoute intégrale

Les Renegades – Une Cadillac sur la route du succès

renegades
Le marché anglais devint vite saturé après l’explosion des Beatles. Il y avait cent fois plus de groupes que de maisons de disques pour leur signer un contrat. Certains décidèrent de s’expatrier sur le continent et le marché local avide de signer de véritables anglais avec l’accent et tout le barda d’amplificateurs et de guitares. Pour d’aucuns juste le fait d’être un citoyen britannique était un gage de garantie. Si pas mal d’entre eux obtinrent un contrat, la plupart durent se contenter de labels secondaires, avec peu de possibilités et pour une misère sur le plan financier. Il y en a quand même une poignée qui firent nettement mieux.
Les Renegades viennent de Birmingham, la ville qui pouvait prétendre à une troisième ou quatrième sur la scène musicale après Londres ou Liverpool. Selon la légende, ils enregistrent comme musiciens de studio pour un budget label un album de reprises de hits. Ce fait est probable, mais en fait pas confirmé par aucun des membres qui sont Denys Gibson, lead guitar; Kim Browm, rythmn guitar, chant; Ian Mallet, basse; Graham Johnson, drums.
En 1964, lors d’une tournée en Finlande, ils sont signés par le label Scandia. Ils adoptent la tenue des Nordistes de la guerre de sécession. Ils mettent en boîte un maquillage beat et ralenti du fameux « Brand New Cadillac » de Vince Taylor dont il s’attribuent la paternité au niveau du copyright sous le titre raccourci de « Cadillac ». Le disque sera une véritable bombe dans tous les pays nordiques où tous les groupes le mettent à leur répertoire, notamment les Shamrocks pour la Suède, ainsi que les Hep Stars avec Benny Anderson futur Abba. Par le jeu des licences, l’Italie les consacre au rang de stars en entendant leur hit. Ils débarquent dans le pays pour recenter leur carrière et enregistrent une version en italien de leur succès. A partir de là, ils travailleront dans les deux pays avec une préférence de plus en plus marquée pour l’Italie. Si les disques suivants n’eurent pas autant de succès, il n’en reste pas moins que leur discographie contient quelques très bons titres. On ne peut taire leur cover de « Thirteenth Woman » une vieillerie de Bill Haley transformée en monstre rugissant dans une ambiance de garage punk. Les Fuzztones s’en inspirèrent sur un de leurs albums. Ils canalisèrent aussi une reprise du fabuleux « Take A Heart » des Sorrows dans une version excellente, mais assez différente. En 1966, ils participent au festival de San Remo avec les Yardbirds. Pour les uns comme pour les autres on peut se demander ce qu’ils foutaient là, mais passons. On peut encore souligner le fait qu’ils étaient aussi capables de composer d’excellentes chansons comme « Things Will Turn Out Right Tomorrow » ou « Matelot » Un grande partie du répertoire de leur époque glorieuse est de fabrication maison. Ils resteront un nom en Italie jusqu’à la fin des sixties, avec des changements de personnel, enregistrant des disques moins intéressants et souvent en italien. Finalement séparés, Kim Brown participa à diverses aventures musicales, la plus connue étant un groupe de revival, Kim and the Cadillacs, eh oui, ceci toujours en Italie. Aujourd’hui il vit entre la Finlande et l’Italie, comme par le passé, il chante encore tout en ayant produit Guido Toffoletti, un des grands noms du blues en Italie.
Les Renegades eurent la chance d’enregistrer un disque qui devint quasi unanimement un titre d’anthologie pour musique où l’on recherche le truc qui accroche pour en faire un hit. Les groupes issus de la Beatlemania s’évertuèrent à trouver ce truc. Certains y parvinrent d’autres non. Ce fut le cas des Renegades et il leur a juste manqué un peu de chance pour en faire un hit mondial. Ils avaient tout pour cela, une petite touche de génie qui les fit plus que de simples interprètes. A en juger par les prix que mettent certains collectionneurs pour se procurer leurs plus belles pièces, la magie semble encore opérer.
Ian Mallet est décédé le 26 octobre 2007
Kim Brown est décédé le 11 octobre 2011

Très joli clip des Renegades pour la télévision finlandaise. Malheureusement le son est un peu faible. Il faut regarder les attitudes dans le public c’est délectable.

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