Del Shannon est un des plus respectables chanteurs et compositeurs américains des sixties. De son vrai nom Charles Westover, il est né dans le Michigan en 1934. Comme beaucoup il est influencé par Hank Williams, la star du country. Il apprend à jouer de la guitare pendant son enfance. En 1958, de retour de son service militaire en Allemagne, il fait des jobs quelconques la journée, mais le soir il se produit comme chanteur dans les clubs, car il est très doué vocalement, sa voix pouvant se percher très haut. Il rencontre un disc jockey qui le présente à des producteurs en relation avec les disques Big Top. Un contrat est signé est il peut enregistrer son premier disque publié vers la fin de 1960 dont il a écrit, comme co-auteur, la face principale « Runaway ». Le disque est un succès immédiat qui le propulse d’un jour à l’autre au rang de vedette. Le disque fera le tour du monde et la France lui réserva un accueil poli via les adaptations de Richard Anthony et Rocky Volcano sous le titre « Mon Amour Disparu ». Il faudra encore attendre une quinzaine d’années pour qu’il devienne ici vraiment un gros tube quand Dave le mettra à son répertoire, devenu cette fois « Vanina ». Del Shannon continuera à marquer des points avec ses disques et compositions suivants « Hats Off To Larry » (Oublie Larry par les Pirates), « So Long Baby » (Avec Moi par Sylvie Vartan), « Hey Little Girl » (Ma Mère par Frank Alamo), « Cry Myself To Sleep » (Je Pleure Aussi par les Pirates), « Little Town Flirt » (Si Tu Penses par Eddy Mitchell), « The Swiss Maid ». Comme on le voit son répertoire est pillé par les artistes français, même si, ici, ses disques se vendent assez mal. Assez bizarrement, il est assez vite relégué au second plan dans son pays, mais il compense en devenant une star dans d’autres pays, l’Angleterre plus particulièrement. En 1963, il change de maison de disques et va chez Amy. Son premier disque sera une version d’un des premiers succès des Beatles « From Me To You », il est le premier d’une très longue série à le faire. Ses succès restent assez modérés avec ses premiers enregistrements pour ce label. En 1965, il revient au premier plan avec « Keep Searchin` » (Il Te Faudra Chercher par Richard Anthony) qui est 9ème US et 2ème UK dans les meilleures ventes. Ce sera un peu son chant du cygne du point de vue succès. Après il continuera une carrière plus errante malgré que des gens comme Andrew Loog Oldham, producteur des Rolling Stones, s’occupent de lui. Ce sera encore comme producteur qu’il aura le plus de réussite, notamment en 1969 quand il s’occupera de son ex rival, Brian Hyland. Le disque publié « Gypsy Woman », reprise de la chanson de Curtis Mayfield, sera une grosse vente US. Au fil des ans, tant son aura est encore grande, il trouvera toujours quelqu’un avec qui s’acoquiner pour chanter et sortir des disques. Les fameux Tom Petty et Jeff Lynee en sont des exemples parfaits. Il est un visiteur régulier des circuits nostalgiques.
Malgré tout, il décide de mettre un point final à sa carrière en se suicidant en 1990.
Sur bien des points, il est un incontournable chanteur des sixties, sa voix, son talent, son style sont uniques. Il a marqué des millions de teenagers.
Oui sans rire c’est un groupe à découvrir et surtout à redécouvrir. C’est une des plus belles pages de l’histoire des sixties vue sous l’angle de l’oncle Sam, le top ten où peuvent encore figurer quelques légendes comme les Doors et autres Jefferson Airplane. L’apport des Byrds est essentiel non seulement au niveau créatif, mais pour toutes les dérives musicales dont ils sont un peu ou parfois beaucoup à l’origine. Adulés dans un premier temps pour avoir su aligner quelques hits encore dans toutes les mémoires, ils ont peu à peu exploré un peu toutes les symboliques dérives que l’on attribue à cette Amérique riche en croisements musicaux. La première chose que l’on peut trouver dans leur musique, c’est le folk, en quelque sorte la base de lancement. Après vient le rock qui se mélange au premier. C’est simple, mais il fallait l’affirmer une bonne fois, le folk peut être électrique, juste de quoi faire râler tous les puristes, sauf Bob Dylan qui mordit bien vite à l’hameçon. Après le reste peut venir, le psychédélique, la country, le jazz, les premiers tâtonnements d’un instrument des temps modernes, le synthétiseur. Oui, tout cela se trouve chez les Byrds et bien d’autres chose encore. En parler ce n’est rien, le découvrir par le son c’est mieux. Nous y allons de ce pas, non sans avoir quelque peu présenté les acteurs de cette pièce…
Le groupe d’origine est fondé de musiciens aux qualités évidentes, mais un a un parcours un peu plus éclectique, il s’agit de Jim Mc Guinn. C’est un guitariste qui fréquente les milieux de folk. Bien avant sa célébrité, on le retrouve dans de nombreux enregistrements, notamment pour Judy Collins et Hoyt Axton. On peut l’entendre sur les premiers enregistrements de ce dernier comme accompagnateur et si l’on prête l’oreille, il fait même les backing vocaux sur certains titres. Finalement nous arrivons vers ce qui va devenir les Byrds avec l’addition de David Crosby, guitare-chant; Gene Clark, chant-percussions; Chris Hillman, basse-chant; Mike Clarke, batterie, et bien sûr Mc Guinn, Jim plus tard Roger. Nous sommes en 1964 et le groupe met au point une musique à base de folk, mais qui guigne déjà légèrement vers quelque chose de plus électrique. Après une rencontre avec Dylan, dont ils sont tous des fans, celui-ci leur propose une de ses compositions « Mr Tambourine Man ». Ils décrochent un contrat sur le label World Pacific et mettent en boîte assez de titres pour faire un album rempli de compositions personnelles. Les choses traînent et c’est finalement Columbia qui les signe avec l’intention d’exploiter plus à fond les possibilités évidentes du groupe. Pour le premier simple, ils retravaillent la composition de Dylan, déjà dépoussiérée aux sessions précédentes, en l’électrifiant de manière définitive. La version éditée est en réalité assurée instrumentalement par des musiciens de studio, Mc Guinn étant le seul y jouant. Instantanément « L’homme au tambourin » devient un hit mondial et se classe no 1 au USA – UK. C’est une des premières réponses sérieuses à l’invasion de la Beatlemania. L’image du groupe est également exploitée et Mc Guinn fait fureur avec ses lunettes rectangulaires, tandis que les minettes hurlent de plaisir devant ces chevelus qui se dandinent sur scène. Un album est très vite mis en vente, on y retrouve quelques titres qui furent enregistrés précédemment mais dans de nouvelles versions, d’autres sont délaissés pour des nouveautés. Qui ne se rappelle pour ceux qui l’ont vu, du visuel de la pochette de ce premier album, et sa photo prise avec un œil de poisson? Le contenu vaut bien l’emballage, c’est frais, c’est innovateur, vocalement perfectionniste. Mc Guinn pose, avec sa Rickenbacker, son remarquable jeu de guitare, le jungle-jangle, qui en fera un des guitaristes les plus originaux de son temps. Les membres seront au fil du temps tous plus ou moins compositeurs, Mc Guinn étant le principal fournisseur. Sur cette première galette la mixture vient principalement du folk, mais on y trouve aussi des titres très électriques comme l’original et excellent « It’s No Use » qui situe parfaitement les ambitions du groupe. Un second single, « All I Really Want To Do » autre œuvre de Dylan, ils y reviendront bien souvent par la suite, marche moins bien. Il est un peu scié par la version de Cher qui connaît un gros impact, mais les Byrds se classent quand même à la 4ème place des charts en Angleterre. Pourtant le single suivant, « Turn Turn Turn », un traditionnel revisité par Pete Seeger, va de nouveau faire un carton et leur donner un second numéro aux USA et internationalement une nouvelle déferlante sur les radios. Un album de même nom est mis en vente assez semblable au premier dans sa conception et son contenu. Le single suivant est du Bob Dylan, sans lui. Un composition de Gene Clark, « Set You Free This Time » , qui ne décolle pas vraiment. Il est vrai qu’à partir de là, les Byrds vont cesser définitivement d’appartenir au monde des créateurs de hits, malgré des tentatives absolument parfaites comme le gigantesque « Eight Miles High ». Au désespoir de leur maison de disques qui cherche à les placer commercialement, et qui jusqu’au bout ne doutera pas leurs possibilités, ils deviendront surtout un groupe réputé pour ses albums. Ces albums sont autant de perles comme « Fifth Dimension », « Younger Than Yesterday », « Notorious Byrd Brothers », « Sweetheart Of The Rodeo », « Dr Byrds And Mr Hyde » pour n’en citer que quelques uns. On y trouve tout ce qui a fait des Byrds un groupe pas comme les autres, explorant la musique du nord au sud et de l’est à l’ouest. Leurs traces sont identifiables à bien des carrefours. Le groupe connut bien des hauts et des bas, jamais musicalement. Au gré des humeurs, ils furent cinq, puis quatre et même trois. Les changements de personnel nombreux, on peut identifier une dizaine de compositions différentes, Roger Mc Guinn en sera le seul membre constant. Le groupe original se retrouvera plusieurs fois lors de réunions posthumes après la fin officielle du groupe original en 1973. Deux Byrds originaux sont partis rejoindre l’infini, Gene Clark en 1991 et Michael Clarke en 1993.
Roger Mc Guinn est toujours très actif comme musicien. Il propose sur son site ses interprétations de traditionnels qu’il diffuse libres de droits, pour marquer sa politique anti-showbiz. C’est une mine d’or pour les amateurs de folk. Voilà très brièvement résumé l’histoire de ces quelques zoiseaux qui firent plus que survoler la musique. Le meilleur moyen de se rendre compte c’est d’aller explorer leur histoire. Voici un bon résumé de ce que j’ai pu trouver qui les concerne en son et vidéo. Attardez-vous un instant, le voyage en vaut la peine.
Les Byrds se foutent un peu des Rolling Stones là, non?