Vince Taylor – Le diable en cuir noir – 1ère partie – L’aurore

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Le diable en cuir noir – 1ère partie – L’aurore

Vince Taylor est le seul rocker à la discographie presque essentiellement française. Il y a une bonne raison à cela. Quand les teenagers français découvrent vraiment le rock and roll, celui-ci a déjà rassasié la plupart des jeunes des pays dans lequel il a été le plus populaire, les USA et l’Angleterre. En France, quand le rock and roll démarre vraiment vers 1960, les disques proposés sont pour la plupart un succédané du vrai rock and roll anglo-saxon, des reprises chantées en français. Il manque un vrai rocker, un mec qui a ça dans le sang et qui chante en anglais. il n’y a personne sur le territoire national qui corresponde à ces critères. Alors on va en attraper un qui passait par là, Mr Vince Taylor.

Brian Maurice Holden de son vrai nom, il est né le 14 juillet 1939. Sa famille émigre aux Etats-Unis en 1946. Il fait ses études et passe un brevet de pilote d’avion. Mais c’est surtout l’attirance pour le rock and roll dès que Bill Haley cartonne avec « Rock Around The Clock », qui retient son attention. Il commence à chanter localement ici et là. Sa soeur a marié Joe Barbera, des fameux Hanna-Barbera studios. Lors d’un voyage à Londres, il emmène Brian avec lui en lui suggérant de tenter sa chance dans son pays natal. Il a l’occasion de rencontrer Tommy Steele, alors la grande vedette du rock and roll anglais. Il fréquente le 2i’s lieu de rencontrede tous les rockers à Londres. Il monte alors un groupe pour l’accompagner qui se nommeront les Play-Boys. Il se produisent sur scène et rencontrent pas mal de succès. La firme Parlophone le remarque et lui signe un contrat en 1958. Pour son premier disque il enregistre « I Like Love » et « Right Behind You Baby », deux titres puisés dans le fameux répertoire des disques Sun, qui chauffent passablement. Les musiciens qui l’accompagnent sont Tony Sheridan (g), (avant de se faire accompagner par les Beatles), Tony Harvey (g), Brian Locking, (b) Brian Bennett (dm), (deux futurs Shadows). Le disque ne rencontre aucun succès. Pour le suivant il enregistre en face principale un slow, Pledding My Love » de Johnny Ace. De l’aute côté, et on se demande pourquoi l’avoir mis là, le fameux titre de sa composition « Brand New Cadillac ». Cette chanson qui va devenir fameuse par la suite, est un hymne digne d’un rocker qui rêve un jour de se balader en cadillac. En plus de cela c’est un des rares authentiques rocks crées en Angleterre. Le groupe est le suivant: Joe Moretti (g), redoutable musicien de sudio, Lou Brian (p), Brian Locking (b), Brian Bennett (dm). Le disque monte un peu dans le hit parade, mais n’obtient qu’un succès d’estime. Son contrat est résilié, mais il a l’occasion d’enregistrer encore pour la firme Palette, un autre fameux titre, « Jet Black Machine, qui sera un succès moyen en 1960. Les Play-Boys qui ne sont pas crédités sont: Tony Harvey (guitare), Alain le Claire (piano), Johnny Vance (basse), Bobbie Woodman (batterie). Le sort va décider de la suite de sa carrière. Ses Play-Boys avec qui il est un peu en froid, doivent aller à Paris pour se produire à l’Olympia, dans un spectacle qui présente les artistes de rock anglais aux Parisiens. Vince demande à les accompagner et ils acceptent, nous sommes en 1961. Lors des réglages pour le concert, l’absence d’un des chanteurs, Duffy Power, permet à Vince de le remplacer pour ce travail. Là, il fait une telle démonstration que c’est finalement lui qui est retenu à la place de Power. C’est le départ pour Vince.
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Pendant ce temps-là, Mr Barclay, celui des disques, à un problème. Un certain Johnny Hallyday en rupture de disques Vogue, vient de lui passer sous le nez. Averti qu’un phénomène se produisait à l’Olympia, il va regarder et est assez vite convaincu que ce Vince Taylor est celui qui va lui faire oublier Hallyday. C’est de l’authentique, du vrai rock, adjugé, le contrat est signé. On lui fait enregistrer, n’ayant pas de répertoire propre, une série de standards du rock and roll accompagné par ses fameux Play-Boys qui sont restés avec lui. La formation, en fait de fameux musiciens, comprend maintenant dans une formation parfois fluctuante: Bob Steel (guitare), Tony Harvey (guitare), Alain Le Claire (piano), Johnny Vance (basse), Bobbie Clarke (batterie). Ses reprises sont d’une grande qualité et surtout Vince va devenir une bête de scène. Il va mettre dans ses prestations une sensualité, un érotisme, magnifié par le costume de cuir noir et la chaîne qu’il a adoptés. Du jamais vu, et du plus jamais vu pourrait-on dire. Pendant une bonne année, il va être une immense vedette et les 20 titres qui figurent sur ses disques vont se vendre à la pelle, emballés dans de superbes pochettes. Les tournées seront triomphales, les stars se précipiteront pour le voir, Brigitte Bardot, Edith Piaf, seront de la partie. Ils feront un show au Folies Pigalle fin avril- fin mai 62, intitulé « Twist Appeal », qui aura un énorme succès. Vince chante entouré de jolies filles qui se trémoussent sur sa musique, c’est de l’érotisme à la mode de l’époque, son jeu de scène ne l’étant pas moins.

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Ca c’est le côté pile. Le côté face est moins évident. Vince a quand même un caractère instable, un foutu caractère diront certains. Les événements sont aussi contre lui. Le Palais des Sports où il doit se produire, le 18 novembre 1961, est saccagé par les fans avant même son apparition sur scène. Ce rock, dont il est l’emblème absolu en France et sur scène, commence à lui attirer des regards de travers. On est pour ou contre lui, et parfois on se tape dessus pour le montrer. Avec ses musiciens, c’est des relations d’amour et de haine. Ils ne vont pas tous supporter.
Un premier constat de Mr Barclay, l’amène à réfléchir. Son poulain a vendu beaucoup de disques qui compensent juste les frais engagés, grandes campagnes publicitaires, promotion. Maintenant on lui reproche presque de chanter en anglais, alors on lui fait enregistrer un titre en français « Mini », une lamentable tentative de slow où son accent n’est pas la meilleure image pour un disque qui doit marcher. Il manque le côté exotique. Publié en mars 1962, le disque est un peu sauvé par le reste, notamment une bonne version de « My Babe ». A partir de là c’est un peu la voie de garage, il ne se passe plus grand chose. Son orchestre se détache et enregistre quelques disques pour son compte, on retrouve Bobbie Clarke chez le rival Johnny, au sein de Joey et les Showmen. Il a malgré tout encore plein de fans. Une campagne de soutien journalistique est organisée pour réclamer de nouveaux disques. Barclay se laisse fléchir et après presque deux ans de silence, un disque sort avec deux titres fantatstiques, « Memphis Tenessee », alors en vogue par Chuck Berry et « Shot of Rythm and Blues » emprunté à Arthur Alexander. Pour l’accompagnement on débauche discrètement les Showmen, alors en exclusivité pour Hallyday. On retrouve au verso deux titres en Français, dans cet exercice toujours difficile pour Vince. Le disque sera une honnête vente qui redorera un peu son blason. Mais les ennuis continuent. En mal de disques, Vince avait fondé son propre label, Taylor Disques. Un peu pour se produire lui-même, mais aussi pour sortir un disque de sa muse d’alors, la chanteuse Helen April. Toujours sous contrôle de Barclay, un disque sortit profitant du départ de l’idole nationale au service militaire « Oh Johnny ». La situation s’envenima, Taylor estimant que le pressage du disque avait été bâclé, ce qui est assez vrai quand on écoute les copies qui circulent encore, la distribution du disque tourna court. Ce fut le seul disque qui parut sur ce label. Le chanteur se produit malgré tout sur scène épisodiquement. Il a encore une aura mais le crépuscule du dieu va commencer

Le diable en cuir noir – 2ème partie.

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Bessie Smith – L’impératrice noire

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Bessie Smith est née en 1892, 1894, ou 1895, on ne sait pas très bien, les sources divergent. Par contre elle est née dans le Tennessee, ça c’est sûr. Comme beaucoup de noirs américains, la situation de tous les jours n’est pas des plus enviables. C’est souvent la ronde des petits boulots comme employée de maison ou autres blanchisseuses. Jusqu’au début des années 20, sa vie reste dans l’ombre. Elle a cependant une attirance et un réel don pour le chant. En se mariant et avec son mari comme impresario, elle commence à percer dans la musique. En 1923, les disques Columbia la signent pour enregistrer sur le label. Le succès vient rapidement et dans ce style elle est une des premières artistes noires à acquérir un véritable vedettariat. Elle rencontre, joue, se fait accompagner par des musiciens qui deviendront prestigieux par la suite, Louis Armstrong, Fletcher Henderson, Sidney Bechet. A cette époque, elle n’a qu’une seule véritable rivale, Ma Rainey. Son succès grandissant presque uniquement salué par la communauté noire, la fera passer un peu au second plan, l’histoire retiendra surtout le nom de Bessie Smith. Le répertoire de Smith est un mélange de blues et de jazz tout à fait représentatif de ces années. Bon nombre de ses interprétations vont rester dans les mémoires comme « Gulf Coast Blues », « Baby Won’t You Please Come Home ». Pendant quelques années, elle va rester d’une popularité grandiloquente. Ses cachets atteindront parfois 2000 dollars par jour, une grosse somme à cette époque. Sa vie sentimentale n’est pas de tout repos, son mari n’est pas toujours fidèle, elle non plus, de plus elle affiche une penchant pour la bi-sexualité. Ils finiront par se séparer, son mari étant certainement moins intéressé par sa carrière qui souffre de la dépression de 1929, où l’argent se fait plus rare. Après 160 titres enregistrés pour Columbia, sa maison de disques l’a met à l’écart. En 1933, le producteur John Hammond tente de la relancer, sans y mettre beaucoup de flamme. Le 26 septembre 1937, elle est victime d’un grave accident de voiture. Elle mourra semble-t-il, par manque de soins immédiats. Certaines versions disent qu’elle a été refusée dan un hôpital parce qu’elle était noire. D’autres disent que les secours ont tardé à venir ou qu’elle était trop gravement atteinte pour survivre à ses blessures. On ne saura jamais ce qui est vrai ou faux.
L’influence de son style, sa manière profonde de chanter seront source d’inspiration pour un tas d’artistes. Billie Holiday la première, Janis Joplin plus tard. C’est même elle qui payera un monument funéraire sur sa tombe qui en est dépourvu. L’Amérique a parfois mal à ses héros.

Un des rares documents sonores existant d’elle, St Louis Blues 1929

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