Daniel et les souvenirs d’en bas

Daniel est un aventurier du nylon. A l’instar du Boss, il est parti un jour à la découverte, à sa manière, de cette matière mystérieuse dont il ne soupçonnait pas encore qu’elle l’accompagnerait tout au long de sa vie. Petit dernier d’une famille qui comptait des éléments féminins, il observait le rituel, à l’époque immuable, des bas qui s’accrochent et se décrochent. Attiré par ces sensations qui avaient le goût de l’interdit, comme seul l’interdit peut en avoir, il partait en exploration à la recherche des paires de bas qui traînaient négligemment ici et là.

« Dès mon plus jeune âge j’ai été bercé, fasciné, comme hypnotisé par les bas de nylon que portait ma mère, ma grande soeur et aussi tout mon entourage féminin.
Très jeune, une envie irrésistible de passer des bas sur mes jambes d’enfant est née en moi et ne m’a jamais plus quitté.
Je devinais bien que ce n’était pas bien,  pas dans les normes…
Mais l’envie, au risque de me faire surprendre a toujours été la plus forte. Quelle révélation! Quelle douceur que ces quelques grammes de nylon tout plissé sur ma peau frissonnante. »

Oui, vous l’avez deviné, Daniel est devenu un travesti occasionnel. Mais c’est aussi, et c’est pour cela que je lui ouvre les portes de mon blog, un observateur attentif que tout ce qui est féminin et qui porte nylon autour de lui. A l’heure où tant de gens passent anonymement sur les blogs, lui, il désire raconter les souvenirs de toutes ces femmes auxquelles il a subtilisé d’un regard, un peu de leurs secrets cachés sous les jupes. Daniel, un homme heureux? On peut l’affirmer. Il a bouclé la boucle. S’il transforme parfois en travesti, il ne se cache pas dans quelque alcôve secrète. Son épouse est la complice de ces jeux. Eh oui cela existe…

Mais partons à la découvertes de ses anecdotes, de ses témoignages, de son pèlerinage, il en a tant à raconter. Merci à lui…

Premiers souvenirs…

Je me souviens d’une bonne qui travaillait chez ma cousine. Il y avait une épicerie. Souvent c’était elle qui montait sur un escabeau pour compléter les rayon de boites de conserves. Il fallait les lui passer une par une et c’était un peu long, mais j’adorais que ma cousine me fasse confiance. J’étais au pied de cet escabeau et tant d’années après je revois avec précision les dessous de cette bonne qui ne se souciait pas beaucoup de me dévoiler tous ces trésors.
Ma cousine lui donnait ses bas filés, mais peu importe elle les portait encore un peu. Elle avait de jolis jupons ou aussi des combinaisons en indémaillable. Quelle douceur pour mes petites mains quand j’en trouvais une qui séchait ou qui était en attente d’être lavée…
Curieusement comme j’étais encore très jeune je ne m’intéressais pas beaucoup aux culottes et encore moins à ce qu’elles cachaient.
Ce qui me fascinait, c’était les bas coutures, les bas noirs de fin nylon et les jarretelles qui les tendaient vers le haut. Toujours 4 jarretelles (c’est peut être pour cela que je porte essentiellement des PJ et serre taille à 4 jarretelles) c’est ce que je trouve le plus beau.
J’ai passé ainsi de longs moments au pied de cet escabeau que je bénissais. Et puis il avait une cave à vins dans laquelle on accédait par une trappe. Je me suis toujours demandé pourquoi ma cousine pour remonter l’escalier en bois très vertical, passait la première.
Souvent par la suite, j’ai eu envie de lui en parler mais je n’ai jamais osé. Je suis sûr qu’elle prenait plaisir à me montrer les dessous de sa jupe… la bonne aussi…
Puis j’ai eu aussi les institutrices…
L’une d’elle, était très sévère et nous prenions des gifles très souvent.
Elle passait dans les rangs de la classe et moi, j’admirais ses talons aiguilles, ses bas à couture, ses jupes serrées qui dévoilait l’emplacement de ses jarretelles.
Eh bien, si je l’admirais discrètement, je la haïssais aussi. Elle donnait aussi de très sévères fessées sur nos petites fesses déculottées devant les autres.
Je peux vous dire que personne ne bronchait. Ensuite elle nous envoyait sous son bureau…
Alors là, je tenais ma vengeance. Je regardais ses jambes dans la pénombre. Je les humais. Quel parfum émanait de ses jambes. Un vrai bonheur.
Elle devait être très agitée et elle se levait puis regagnait sa chaise.
Sa jupe remontait et me dévoilait les dentelles de ses jupons et il n’était pas rare qu’elle soit assise avec la jupe très remontée me dévoilant le revers de ses bas et les magiques jarretelles. Je regardais ces rubans tendus et la boucle des jarretelles qui pinçaient le revers me transportaient de joie. Je tenais ma vengeance, sous son bureau à admirer ses dessous…

J’ai eu dans mon entourage, souvent des visions de jupes trop relevées, trop courtes, sur des escabeaux.
D’ailleurs, ça me rappelle un détail que l’on ne voit plus aujourd’hui.
Dans leur façon de mettre leurs bas les femmes, parfois, faisaient un pli au revers de leur bas comme s’ils avaient été trop long, alors que ce n’était pas le cas.
Je ne comprenais pas pourquoi elles ne réglaient pas leurs jarretelles un peu plus courtes pour fixer les revers correctement.
Je disais me trouver désespéré de la disparition des bas.

Oh bien sûr celle-ci ne s’est pas faite du jour au lendemain et dans ma famille, mère, cousines ne cédèrent pas tout de suite et jamais pour certaines.
Je me souviens à ce sujet là, d’une publicité dans les revues de l’époque( l’écho de la mode) peut être ou l’on voyait une énorme paire de ciseaux qui s’apprêtait à couper net le ruban d’une jarretelle. Le slogan: “Fini les jarretelles” Porter le bas*$_^;:…
C’était en fait l’ancêtre du bas Dim up. Je haïssais cette publicité car j’avais compris que les créateurs voulaient supprimer la belle lingerie.
J’ai du me rendre à l’évidence. Le bas que je chérissais disparaissait.
La longue traversée du désert commençait pour moi.
Les notes (pam pam pam pam!!!!) de la pub pour les collants Dim me vrillaient les oreilles et je pleurais le souvenir de leurs ancêtres” les bas Dimanche”.
Mes seuls refuges étaient quelques films en noir et blanc où l’on apercevait parfois une belle actrice mettre ou ôter un bas devant la caméra…(Merci F. Truffaut et les quelques autres qui n’abdiquèrent jamais devant les dictats de la nouvelle race de couturiers, Paco Rabanne…etc…
Ah!!! La jarretière… Arletty a eu cette parole magique en disant:
” La jarretière! C’est le dernier obstacle avant le bonheur.”
Elle avait tout compris.
La belle Laura Antonnelli a déclenché en moi une vague de bonheur, quand je l’ai vu perchée sur son escabeau, tout en sachant que le jeune fils de la maison regardais sous ses jupes, les magnifiques bas à couture qu’elle portait avec tant de naturel et d’élégance aussi. Ce jeune acteur, a perdu dans le film sa virginité avec la belle Malicia, mais je crois qu’il a aussi perdu la vie en se suicidant quelques années plus tard… Amoureux de Malicia ou peut être de ses jolis dessous??
Ce film (vu des dizaines de fois) me donna le goût pour les films Italiens de l’époque… Oh bien sûr, pas des grands films mais ou la place des femmes avec leurs jolis dessous n’était jamais oubliée.
Et puis il y a eu le film culte: “La Clef”.
Un autre vrai bonheur de voir la délicieuse Stéfania Sandrelli évoluer dans des tenues d’une rare élégance, et qui laisse le vent soulever sa robe sur la plage ou dans une gondole pour nous laisser admirer ses jambes magnifiques que de merveilleux bas noirs ennylonnent de la plus exquises des façons.
Pour finir mon trop long propos ( c’est plus fort que moi dès qu’il s’agit de bas…) ceux qui disaient que les gaines, corsets et autres porte jarretelles étaient dangereux pour la femme et sa manière de conduire, ne sont que les descendants de ceux qui nous expliquaient que le train tuerait tout le monde et qu’il était impossible de respirer à plus de 40 km/h…

Juillet 2009. Il faut faire des kms pour apercevoir une Belle qui porte des bas.
Parfois la chance est là.
14 juillet 1990. La foule est là. Massée entre le pont Bir Hackeim et le Trocadéro.
Je l’aperçois de loin. Elle porte un imperméable???
A-t-elle peur d’un orage? Le temps est au beau fixe.
Ses jambes sont gainées de noir…Curieux pour un 14 juillet…
Elle a a peu près la trentaine…je lui dis bonjour. Elle me dit bonjour.
Je lui propose de regarder le feu d’artifice d’une façon inédite pour elle. Intriguée, elle accepte.
Ainsi nous regardons le feu depuis la terrasse d’un immeuble de grande hauteur voisin. Elle est sous le charme.Moi aussi mais je ne lui dit pas que c’est grâce à ses belles jambes… C’est elle qui m’a dit plus tard dans la discussion, qu’elle portait des bas plutôt que des collants. Je ne lui avait rien demandé…Comme quoi des fois.
Un peu plus tard, j’ai pu vérifier qu’elle ne m’avait pas menti…

A suivre

9 réflexions sur “Daniel et les souvenirs d’en bas

  1. Merci le Boss.
    je ne pouvais rêver plus bel hommage.
    Je viens de lire l’histoire d’un garçon des années 50 qui a vu disparaitre petit à petit les trésors qui rendaient encore plus belles nos mamans, nos sœurs et toutes les autres.
    Je lis là une histoire presque triste car elle sonne le glas d’une époque, mais en même temps c’est aussi une histoire qui fait revivre un peu l’ambiance de ces années là.
    Les bas de nylon sont toute ma vie et le resteront jusqu’à mon dernier souffle.
    Mon travestissement partiel n’est qu’une envie très forte de prolonger mon amour pour ces quelques grammes de fibres magiques.
    Ma douce, qui aime elle aussi beaucoup le nylon et le fait que j’en porte m’a dit un jour, alors que je passais une paire de bas:
    « C’est ce coté décalé, presque ridicule qui fait le charme de te voir ainsi, les jambes impeccablement nylonnées et perché sur tes talons ».
    Je crois que c’est le plus bel hommage que je pouvais recevoir …
    Ce soir c’est le Boss qui parle de ma passion et je lui suis très reconnaissant de passer beaucoup de temps pour encore et encore nous parler bas.
    Merci Le Boss.
    Daniel

    • Bonsoir Daniel,
      Je crois que dans la vie il y a deux manières d’être passionné. La passive, qui consiste le plus souvent à aller vers ce que l’on aime, sans jamais en dire plus. Et puis l’autre, peu importe le sujet, mais partager ses expérience et ses souvenirs afin d’en faire profiter les autres. Nous sommes quelques uns à partager une passion pour le nylon, auquel j’associe la musique dans mon cas, mais on le fait. Nous soutenir, témoigner, c’est avec cela que l’on ira de l’avant.
      Alors de temps en temps, parler de ceux qui viennent vers nous est une sorte de devoir.

      Merci

  2. « A l’heure où tant de gens passent anonymement sur les blogs, lui, il désire raconter les souvenirs de toutes ces femmes auxquelles il a subtilisé d’un regard, un peu de leurs secrets cachés sous les jupes. »

    C’est beau !!!!!

    J’ai lu ce doux récit, la passion d’apercevoir, de deviner… toujours avec le même respect ! Et la « fin » de cette histoire… ou devrais-je dire le début ;), est pleine de promesses soyeuses…
    Bisous à vous Boss, et baisers soyeux à Daniel !

    • Un grand merci à Miss legs pour ce charmant compliment qui me touche profondément.
      Bravo pour tout ce que vous faites et bravo aussi au Bos ,bien évidemment.
      Doux baisers de nylon à Miss Legs.
      Daniel

    • Merci Miss,

      Oui nous avons un nouveau passionné parmi nous et pas le moindre. Nous aurons encore certainement l’occasion de lire ses « aventures »

      Bisous à vous Miss

  3. Je suis toujours subjuguée par les récits qui me parlent d’un temps que les moins de… heu… 40 ans (ben ouais, encore 1 an de sursis) ne peuvent pas connaître. Quand porter nylon paraissait normal plutôt que snob, démodé ou pervers, rayez la mention inutile… oh et puis, rayez-les toutes !
    J’ai une paire de bas Dimanche, vendus à l’unité, chinés sur Ebay… et franchement, si on les compare aux Dim-up, y’a pas photo. Enfin si, y’aura photo un jour ou l’autre 😉
    Heureux homme, heureux couple.
    A suivre ? Bientôt ?
    Bisous multiples

    • Pour autant que je m’en rappelle, c’est vrai qu’il ne doit pas y avoir photo, enfin surtout pour les Dim-up.
      On attend les photos avec impatience, dit-il l’oeil en trou de serrure.
      Suite il y aura, j’y bosse comme un Boss
      Bisous particuliers

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