Bas nylons à travers quelques rêvasseries

Abondance de biens ne nuit pas affirme le proverbe. Il a sans doute un peu raison, mais il a surtout tort dans certains cas. Pour se payer aujourd’hui la vue d’un bas nylon et d’une jarretelle, c’est très simple. Je suppose que je n’ai pas à vous donner de mode d’emploi, car si vous lisez ces lignes, c’est que vous avez une connexion Internet.

Si je remonte 60 ans dans le passé, les choses étaient un peu différentes. On avait sans doute quelques chances d’apercevoir cela « en direct », soit parce que son épouse ou sa petite amie portait des bas, chose qui était absolument courante, accidentellement suite à une jupe un peu trop relevée, un croisement de jambes révélateur, ou une dame qui essayait d’ajuster son bas plus ou moins discrètement. Le spectacle aperçu pour de vrai était naturellement bien apprécié. Pour combler ce manque, il n’existait pas vraiment de palliatif, mais ce n’était pas le désert non plus. Quelques revues coquines existaient, mais pas de manière très visible, il fallait s’organiser pour en trouver. Cela devient plus facile à partir des années 70.

Avant cela, tout était bon à prendre, la moindre suggestion, la plus petite image qui faisait travailler l’imagination était un régal, Dans ce genre, on pouvait y mettre les publicités dans les journaux. Bien que peu ou pas illustrées par des exemples très représentatifs, on peut imaginer que certains regards s’y attardaient.

Remontons le temps, il n’y a pas Internet et vous lisez les journaux, ceux parus il y a longtemps à travers quelques uns de ces spots immobiles, principalement dans les années 50, que j’ai découverts…

Commençons par un texte datant de 1957, sans illustrations mais qui parle du bas. Vous y remarquerez que l’on fait déjà allusion au bas « qui tient tout seul » sans porte-jarretelles. Ce bas existait déjà dans les années 50, mais il faudra attendre encore quelques années pour qu’il devienne vraiment un accessoire beaucoup courant.

 

Après ça on inventa le rap… hélas!

Un groupe plutôt grandiose et l’un des plus grands chanteurs de l’histoire de la pop, Roger Chapman

Sous estimé, Spirit avait quelques trucs pour marquer les autres, comme ce titre qui inspira sans doute Led Zeppelin pour « Stairway To Heaven » pas vrai ?

Chez les Moody Blues, dans chaque recoin d’album il y a toujours un truc intéressant…

Toujours dans mes écoutes

C’était avant Led Zeppelin…

Oh que c’était beau !

Ce marteau qui n’arrête pas de frapper mes oreilles depuis 49 ans…

Un slow tellement inoubliable que je ne l’ai pas oublié

Un jour j’ai rencontré un musicien de rue qui a fait partie de ce groupe, très étonné que je me souvienne de son passage dans ce divin morceau …

Les Who dans un de mes préférés…

Retour en 1967, avec ce truc que j’ai écouté pas mal de fois, il eurent un hit en France avec une chanson rétro et une fille qui s’appelait Loulou.

Ca aussi c’était pas mal

Je crois que le clip existe en couleurs, la musique pas besoin !

Eric Clapton et quelques amis…

 

Bas nylons et la suite d’un vampire

Suite de l’histoire du vampire…

Dans cette campagne ou bien des superstitions sont encore vivaces, on commence à parler d’un vampire qui rôde la nuit.  On se barricade la nuit, nombre de maisons sont isolées, on a peur. Bien sûr, le vampire que l’on ne connaît pas a été vu ici ou là. La canton de Vaud, qui a adopté la réforme depuis 400 ans est farouchement protestant. Mais on va faire des concessions, la croix symbole catholique par excellence, mais qui a le supposé pouvoir d’éloigner vampires réapparaît dans les maisons est adopté, l’ail aussi. Si Mélies était passé par là, il avait le décor en place pour tourner un film de vampires.

A partir d’ici l’histoire réelle diffère sensiblement de celle que Jacques Chessex raconte dans son livre. La chronologie qu’il a adoptée dans son livre cite comme première profanation, celle de de la tombe de Rosa Gilliéron, c’est en fait probablement la troisième. On peut parcourir la presse de l’année 1903, on n’y trouve pas mention des cas qui sont cités dans le livre comme étant les deuxièmes et troisièmes profanations, du moins pas tout de suite et pas dans cet ordre, nous verrons cela plus loin.  Chessex a sans doute voulu faire monter le suspense en les mettant à la suite de celle de Rosa. Comme on l’a vu, celle-ci eut un retentissement international, et tout ce qu’il a été dit à son propos est bien réel, elle causa une forte émotion et probablement un moment d’hystérie collective. Mais le silence, comme sur beaucoup d’autres événements tragiques, retombe assez vite. D’autre part, certains faits sont tus par les enquêteurs, on peut les comprendre, car ils ne veulent pas de troubles sociaux. On peut imaginer que cela n’aurait pas manqué, si l’on avait eu un présumé coupable entre les mains. Et de plus, comment l’éviter, il n’y a même pas un simple gendarme par village ?

Reprenons le déroulement exacts des faits, car l’histoire n’est pas finie…

La police cherche toujours, elle arrête quelques suspects qui sont rapidement relâchés. L’histoire connaît un rebondissement, probablement vers la mi-mai de l’année. Un nommé Constant Favez est surpris dans une étable en train de commettre un acte de bestialité, il est remis à la police. A part quelques témoins locaux qui sont forcément au courant de ce qui a été constaté, la presse ne fait pas mention de cette arrestation sur le moment, ce qui n’empêche pas les rumeurs de circuler. Il présente en effet un coupable idéal pour les profanations, chez le villageois et sans doute dans l’esprit des enquêteurs. Le personnage a tout pour faire un coupable, il est un peu simple d’esprit, mais il surtout connu une triste enfance et a été victime de sévices sexuels. C’est un mec costaud, plutôt colérique une sorte de force de la nature, employé surtout comme garçon de ferme. Il n’hésite pas à se saouler la gueule et semble vivre un peu en marge, étant peu causeur. Fait intriguant, il a été un camarade de classe de Rosa à l’école villageoise.

S’il ne peut guère nier ce qu’il faisait quand il a été surpris, par contre il nie absolument les profanations. Pendant qu’on cherche à y voir clair, il est maintenu en prison La psychiatrie est encore une science assez neuve en 1903, mais il va se faire un allié avec un spécialiste du genre, le docteur Albert Mahaim. Il est un des pionniers dans l’étude de la psychiatrie moderne depuis 30 ans et son but est de soigner les malades mentaux et de les réinsérer dans la vie normale selon leurs possibilités. Le cas Favez l’intéresse et il l’étudie. Il découvre en lui un personnage qui n’est certes pas un enfant de choeur, mais le croit innocent des profanations, des tests effectués prouvent qu’il est incapable de découper des morceaux de viandes sans en faire de la bouillie. Il fait quand même une étrange constatation, Favez a les yeux rouges et est sensible à la lumière, de plus sa dentition est anormalement longue, particulièrement les canines. Pas au point d’en faire un vampire, le docteur est rationnel, les vampires à la Dracula n’existent pas, d’ailleurs ils ne s’intéressent qu’au sang frais. Il plaide en sa faveur et obtient qu’il soit relâché au bout de deux mois. Il est quand même condamné à une amende pour bestialité.

A sa sortie Favez va faire une grosse connerie quelques jours après. Dans le village de Ferlens (Mézières d’après Chessex) habite une dame âgée que Favez, complètement ivre, attaque et malmène avec probablement l’intention de la violer. L’agression tourne court, car des voisins alertés par les cris viennent à son secours. Il est à nouveau arrêté et retourne en prison. Cette fois-ci le délit est grave, de plus il reconnaît les faits. Il y aura procès, au mois de décembre, et par la même occasion on pourra reparler des profanations, car le mystère n’est pas éclairci.

Revenons sur les deux autres profanations.

Deux autres tombes ont subi le même sort, postérieurement à celle qui fit scandale selon le livre de Chessex. Dans la chronologie des faits elles sont certainement antérieures, comme l’enquête le supposa. Un fait a l’air clairement établi, le vampire ne s’intéresse qu’à des défuntes enterrées depuis peu de temps. Or, les tombes des victimes présumées sont décédées avant l’affaire de Ropraz. Les deux cas furent un peu découverts par hasard, certains indices découverts le laissait supposer. La grande différence réside dans le fait, que les tombes furent ouvertes et refermées, ce qui rendait moins visible la profanation. En effet, une tombe met quelques temps à ne plus paraître creusée récemment, elle s’uniformise avec la autres. Bien malin qui s’apercevrait que quelqu’un la ouverte et refermée peu après une inhumation.

Le premier cas est celui d’Elise Buttet habitant à Ferlens (Justine Beaupierre pour Chessex), morte d’une variante de la tuberculose, le 31 décembre 1902 et enterrée deux jours plus tard. Un poche à glace que la défunte utilisait pour soulager son mal et qui avait souhaité être enterrée avec, est retrouvée sur sa tombe vers la fin mai. Elle a probablement été sommairement remise dans la terre, qui ravinée par la pluie, la fait apparaître en surface vers la fin de mai. La tombe fut réouverte et on constata que le cadavre avait été exhumé, mais pas mutilé, c’est ainsi que l’on présenta les faits lors du procès. L’affaire passa plus ou moins sous silence, probablement que Favez était en prison à ce moment là, inculpé de bestialité.

Cet article parut quelques six mois après la date à laquelle on suppose la profanation, début 1903. Larticle est quand même un peu plus objectif, le vampire est un dégénéré, rarement dangeurx, on s’éloigne un peu de Dracula.

Le second cas, Rosa Goël (Nadine Jordan pour Chessex) de Carrouge âgée de 22 ans, meurt le 3 février (un jour après l’enterrement de la précédente dans un village voisin) d’une tuberculose osseuse. Les soupçons de profanation de sa tombe sont un peu différents. Au début du printemps, des enfants du village trouvent des cheveux près du cimetière, situé non loin de l’école et les rapportent à l’instituteur. Les enfants, du moins certains, sont affirmatifs, ils reconnaissent les cheveux de Rosa. L’instituteur signale la chose et remets les cheveux au juge de paix. Lors du procès, il apparaîtra que ce dernier ne semble avoir réagi que tardivement, mais pour finir le cercueil de Rosa est déterré et encore une fois, on constate qu’il y a profanation. Apparemment seuls les cheveux ont été coupés. Une fois de plus, un certain silence est observé, le procès permettra de connaître plus de détails. S’il s’était avéré qu’il y a vraiment eu des mutilations comme celles de Ropraz, les juges en auraient certainement fait mention, il n’y avait aucune raison de les passer sous silence et de diminuer la gravité des accusations portées contre Favez.

Le procès a lieu en décembre de la même année, autant dire qu’il attire du monde. Il en décevra certains, il n’y a pas de lynchage, ni de condamnation à mort, par ailleurs impossible selon la loi. Dans le considérations juridiques suisses, il apparaît comme un des premiers jugements où la psychiatrie sert de fil conducteur, le docteur Mahaim est présent. Il est à l’évidence celui qui connaît le mieux la personnalité de l’accusé.  Favez est certainement un personnage un peu dérangé, il a eu une enfance qui est loin d’être placée sous de bons auspices, mais pas complètement fou. Il peut s’avérer dangereux, il l’a prouvé lors de l’agression, il a des fantômes qui le hantent. Le verdict est empreint d’une certaine humanité, la poire est coupée en deux. Il est déclaré irresponsable, acquitté des accusations de profanations par manque de preuves évidentes, mais condamné pour l’agression. Un internement dans un asile d’aliénés est prononcé, dans lequel Mahaim intervient pour qu’il s’effectue dans les murs de l’institution qu’il dirige, ce qui lui sera accordé. Il se voit peu à peuse voyant peu à feu confier des tâches de travaux lui laissant une certaine liberté, en s’occupant du bétail par exemple.

Mais l’histoire n’est pas tout à fait terminée, c’est Chessex qui la raconte…

En 1915, il s’évade, entre en France et s’engage dans l’armée française et finit comme légionnaire un peu plus tard, cette légion qui efface le passé dans une certaine mesure. Il se retrouve dans la section d’un caporal compatriote, un certain Frédéric Sauser, qui va devenir très célèbre sous le nom de Blaise Cendrars. Ce dernier publiera plus tard un roman, Moravagine, qui peut s’inspirer de l’histoire de Ropraz. Le 28 septembre 1915, lors d’un combat, Favez est tué, Cendrars perd un bras. Ainsi pourrait s’arrêter l’histoire, mais elle a encore une autre suite hypothétique, dont Chessex nous fait part dans son livre. A la suite d’un pur hasard, assez difficile à expliquer quand même, ce serait les restes de Favez qui seraient fans la tombe du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.

Jacques Chessex, je le répète, n’a pas fait une chronique criminelle, mais un roman inspiré de faits réels avec la liberté de les raconter comme il l’entendait. Il faut également préciser que Chessex a eu des informations de première main, ce qui lui permet d’apporter une éclairage nouveau sur une affaire un peu perdue dans les brumes des faits divers. D’abord, rappelons qu’il a habité le village de Ropraz pendant les 30 dernières années de sa vie. Il a interrogé des témoins oraux et pu consulter les carnets du père de Rosa Gillieron  Il l’affirme dans une interview à demi mots, il connaît le nom du réel coupable et posséderait même l’arme du crime, un couteau de boucher qui servit à découper le cadavre, récupéré dans des circonstances assez extraordinaires.

Plus de 100 ans après, force est de constater que les faits n’ont jamais été élucidés. Un présumé coupable a été innocenté, il ne l’est peut être pas. Dans le cas contraire, le vrai coupable n’a jamais été arrêté. Les moyens d’investigation d’alors, étaient assez obsolètes. Et puis ces campagnards, témoins ou non des faits, sont un peu comme les gitans, ils n’aiment pas beaucoup que l’on vienne se mêler de leurs affaires. Il y a des clans, des intérêts parfois très sordides. On hésite à parler, a accuser les autres, les consciences ne sont pas toujours blanches. Alors même si le crime est en haut de l’échelle de l’horreur, être placé deux ou trois échelons au dessous ne permet pas d’ouvrir la bouche. Tant pis pour la justice.

Peut être sans relation avec l’histoire, mais le Jorat est situé sur une anomalie géologique, le magnétisme terrestre y est plus élevé. C’est sans danger pour tout un chacun, mais certaines personnes peuvent y être plus sensibles que d’autres.

Du côté de chez Nylon et Boudoir-Zine

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Bas nylon et un certain vampire

Le Suisse ne se distingue pas particulièrement dans les affaires criminelles. Elles sont assez peu nombreuses, chose assez logique dans un pays qui a une petite surface et assez peu d’habitants. Des meurtres et des affaires sordides il en existe aussi, faits plus particulièrement concentrés dans les grandes villes. Et quand on dit grande ville c’est à ramener à l’échelle du pays, la plus grande étant Zürich avec un peu plus de 400 000 habitants.

L’exécution de Freymond en 1868

Il y a quand même quelques affaires de crimes célèbres à l’échelon plutôt local, mais rien à voir avec les tueurs en série style Landru ou Joseph Vacher. Il y en a au moins trois qui sont surtout restées en mémoire grâce à des livres à succès qui les racontent. Elles ne se déroulent pas en ville, mais dans un décor campagnard, dans le canton de Vaud en des lieux assez proches. La première de ces histoires, la plus ancienne, est celle de Héli Freymond, qui assassina sa femme et tenta de tuer un de ses meilleurs amis. A la base c’est une stupide histoire de cupidité et d’argent. Ce fut le dernier condamné à mort dans ce canton, exécuté en 1868.  Une autre se déroula dans la petite ville de Payerne sur fond de nazisme en 1942. Quelques admirateurs d’Hitler sont persuadés que l’Allemagne va envahir la Suisse. Ils imaginent tout un scénario qui les voit accéder aux plus hautes fonctions le jour où ils arriveront et comme preuve de leur bonne foi, assassinent un honnête et estimé marchand de bétail juif. Mais moins doués en matière de crime que leurs collègues de la gestapo, ils sont rapidement découverts et condamnés à des peines de prison plus ou moins lourdes, la peine de mort n’existant plus en Suisse sur le plan civil.

La troisième est celle que je vais essayer de vous résumer. Elle a été remise dans l’actualité, comme celle de Payerne, par deux livres écrits par Jacques Chessex (1934-2009) : « Le crime nazi de Payerne » et « Le vampire de Ropraz ». Il est le seul écrivain suisse qui se vit attribuer le Prix Goncourt pour son roman « L’ogre » en 1973. Le choix de Chessex pour ses deux livres n’est pas tout à fait fortuit. Il était enfant et habitait Payerne quand eut lieu le crime nazi. Il en gardait quelques souvenirs. Pour le second, il habitait à quelques mètres du cimetière du village où est enterrée une des victimes de l’autre histoire, celle du vampire. Disons-le tout de suite, Chessex ne raconte pas ces histoires comme le ferait un journaliste, mais il le fait comme un romancier doué, empreint d’un certain mysticisme. Toutefois son livre ne respecte pas la chronologie des faits, et me semble-t-il, il prend un certain plaisir à en modifier ou exagérer certains autres.  En me basant sur son livre et le déroulement de l’histoire telle qu’il la raconte, j’ai refait l’enquête selon la presse de l’époque, et les choses apparaissent sous un angle un peu différent. Toutefois les faits qui concernent Rosa Gilliéron ont l’air très proches de ce qui s’est réellement passé. Mais rappelons que Chessex a écrit un roman basé une histoire vraie et non pas une chronique historique.

Que s’est-il passé réellement?

Ropraz, cela ne vous dira pas grand chose, c’est le nom d’un petit village qui comptait et compte toujours quelques maisons, situé dans le Jorat, une partie vallonnée du canton de Vaud au nord-est de Lausanne. En 1903, au moment où commence l’histoire, c’est un endroit encore un peu oublié des dieux. La vie y est misérable, on vivote, les hivers y sont parfois terribles et longs. Comme c’est souvent la coutume à cette époque dans les campagnes, on est volontiers superstitieux, le voisin pour peu qu’il fasse un truc un peu bizarre est catalogué comme sorcier, les vieilles légendes ne sont pas tout à fait mortes. L’étranger de passage est forcément là pour faire un sale coup, il a d’ailleurs une drôle de tête. C’est juste si on ne le chasse pas à coups de fourche. Ambiance garantie.

Au début de février 1903, on est en plein dans un de ces hivers qui fait des siennes, neige abondante, routes plus ou moins carrossables recouvertes de neige, froid de canard. Le 17 février, Rosa Gilliéron âgée de 20 ans, dont le charme ne laisse pas indifférent, meurt d’une méningite. C’est la fille d’un notable de Ropraz qui possède quelques biens. Il est aussi ancien député et juge de paix, une spécialité locale qui consiste surtout à s’occuper de quelques affaires officielles en exerçant un rôle d’administrateur ou éventuellement  judiciaire.

Le 19, l’enterrement a lieu, il rassemble une foule considérable dans l’église de Ropraz, venue par des chemins peu praticables. On se doit d’y paraître, le père de la défunte est un personnage en vue. L’inhumation a lieu juste à côté dans le petit cimetière attenant à l’église. l’histoire pourrait s’arrêter là.

Le 21, un samedi au point du jour, un habitant du village passe à côté du cimetière avec son char à boeufs et remarque quelque chose d’anormal. Il ne peut s’empêcher d’aller jeter un oeil à l’intérieur. Dans le cimetière retentit un cri d’effroi, la tombe de Rosa a été profanée et on aperçoit le cercueil. C’en est trop pour lui, il ressort du cimetière et se précipite vers le café à proximité pour donner l’alerte.

Des heures après arrivent enfin à Ropraz une délégation de représentants de l’ordre et de la police, ainsi qu’un docteur. Ce dernier donne l’ordre d’ouvrir le cercueil dont le couvercle a déjà été visiblement soulevé et remis. Ce qu’ils découvrent est une horreur absolue. Je ne vais pas entrer dans les détails sordides, sachez juste que le corps a été violé, massacré, découpé, on a même mangé de la chair. Je pense que cela vous suffit comme description.

Malgré des moyens d’information encore assez primitifs, la nouvelle sera répandue dans presque le monde entier, on mentionne cette sinistre histoire dans les journaux américains. Sur place c’est la consternation, on veut un ou des coupables. Une enquête assez rapidement menée et sans doute un peu bâclée conduit à l’arrestation de deux membres de la famille Caillet, habitants d’un village voisin. C’est une famille peu recommandable, dont un fils et les parents sont en prison pour assassinat. On les soupçonne, car le père de Rosa fut président de la justice qui devait statuer sur le crime commis par les parents, Les indices sont minces, une lampe retrouvée dans la tombe et dont les frères Caillet avaient acheté un modèle semblable quelques temps avant. Les journaux les désignent déjà comme les coupables, mais des témoignages, notamment de leurs femmes respectives, font apparaître qu’ils ne pouvaient être à Ropaz la fameuse nuit. On doit les relâcher. D’autres noms sont avancés, la rumeur publique dans un endroit où tout le monde connaît tout le monde y va de ses petites suppositions.

Journal Gazette de  Lausanne

Le Petit Parisien

Journal français La Lanterne

A suivre

Des trucs années 80-90 entre enfer et paradis

Un Monsieur que j’ai beaucoup écouté et une voix que j’avais découverte dans Wall Of Woodoo

C’est le meilleur concert que j’ai vu, ce type est absolument envoûtant. Son et image pas terrible, mais à l’époque on s’en foutait !

Découvert dans les années 80, je suis encore un fidèle

Wilko Johnson, ex Dr Feelgood, un joueur de guitare au style identifiable, cette chanson est un de mes classiques

Des Français qui reprenne un truc anglais très connu

Un disque que je passais en radio à l’époque où fais les nocturnes d’une station locale

Du garage punk version 80’s

Du très spécial pour terminer, souvent classés comme des néonazis, bien qu’en découvrant les paroles le doute est permis, on peut y voir ce que l’on veut. Emmenés depuis les années 80 par Douglas Pearce, un personnage qui aime bien jouer sur les clichés avec un certain sens de l’ironie teinté d’humour. La  musique est plutôt sombre, noire, mais à l’écoute de certains titres, un peu à l’instar de certains titres des Doors, on découvre des chansons qui vont d’une sorte de néofolk au chant grégorien.

Bas nylons et un bourgeois dans le milieu

Plongeons dans le Paris du début des années 30. Dans ce que je pourrais appeler le monde moderne, bien que cela remonte à presque 90 ans. C’est une époque que j’aime bien, plus particulièrement du point de vue artistique. Le cinéma, devenu parlant, sortait des chefs-d’oeuvre presque à la chaîne, les surréalistes menaient le bal, le jazz traversait l’Atlantique. La vie était certainement plus simple, les plaisirs aussi. Un soupe à l’oignon avait le goût de l’oignon, les légumes une autre saveur, pas contaminés par les pesticides, le poisson remuait presque encore dans les assiettes.

Paris avait aussi  ses côtés plus sordides, tout n’était pas que rire et gaîté. Le bourgeois allait encore s’encanailler dans des endroits plus ou moins recommandables, s’offrir un moment de plaisir avec une dame  peu farouche faisait aussi partie du programme. La prostitution était courante, banale. Dans les endroits dédiés, chaque mètre de trottoir était presque un terrain privé, régi par quelques notables appartenant à cette branche du milieu, ceux qui vivaient des revenus de la prostitution, le « pain de fesse » comme l’argot les désignait. Rien n’était immuable ou réglementé de manière stricte, un souteneur pouvait de temps en temps aller s’illustrer dans une autre spécialité, ou un braqueur se faire quelques billets en mettant temporairement un dame dans le circuit de la prostitution. Le milieu avait même son code d’honneur et ses lois, elles n’avaient rien à voir avec celle de la République, mais y contrevenir était punissable. Selon la gravité du cas, la peine de mort était prononcée sans jugement et le plus souvent sans tarder. Mais on négociait aussi moyennant quelques billets ou en créant des alliances contre un éventuel envahisseur. Un petit coin de Paris pouvait changer de mains entre deux symboliques propriétaires, une mauvaise gagneuse rejoindre des endroits comme les taules d’abattages, lieux où la victime travaillait à la chaîne, couchée sur son lit et les jambes écartées. Tout se décidait entre messieurs en buvant de l’anisette, ou en jouant à la belote.

Notre histoire commence dans un de ces endroits, le long de la rue de Poissonniers, du côté de Barbes. Parfois les malfrats rêvent d’une vie bourgeoise bien rangée, parfois c’est le contraire…

Boissier et le Corse

Les Becs Salés hier et aujourd’hui, un confiserie

Source Gallica, BNF, DP