The Kinks – Well Respected Gentlemen Of The Sixties

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Pour certains teenagers des années 60, plus que la venue du nouveau Beatles ou Rolling Stones, ce qu’ils guettaient, c’était la sortie du nouveau disque des Kinks. Assurés de trouver à chaque fois une nouvelle merveille, ils partaient vite chez le disquaire du coin afin d’assouvir leur soif de « Kinksmania », car elle existait réellement. En plus pour les fans français, ils étaient assurés de trouver une de ces magnifiques pochettes qui magnifiait leurs publications ici. C’est sans conteste une des plus belles séries de pochettes éditées en France pour un artiste étranger dans les sixties. De plus elles avaient des photos qui n’ont que rarement leur équivalent ailleurs. Et puis en les regardant, on peut également s’inspirer des tenues vestimentaires qu’ils arboraient, joli clin d’oeil à une élégance vestimentaire décontractée. Mais voyons leur parcours
Bien qu’ils n’aient jamais eu l’aura des Beatles ou des Rolling Stones, les Kinks n’en restent pas moins un groupe phare de la scène anglaise. Toujours élégamment vêtus, ils sont à ranger dans la catégorie des mods, en opposition à celle des rockers. C’est avant tout le groupe de deux frères guitaristes Ray et Dave Davies, avec dans la première époque les faire-valoir que sont Pete Quaife (basse) et Mick Avory (batterie). Les changements de personnel seront assez nombreux au fil des ans, seuls les frères Davies assureront une constante. Le plus grand mérite des Kinks est d’avoir connu une longue série de hits avec des chansons originales et très classe, composées par Ray Davies entre 64 et 70. Il est à lui tout seul Lennon et Mc Cartney ou Jagger-Richard. Remarqués par Larry Page en 1963, ils devront attendre leur troisième simple « You Really Got Me » pour enfin connaître la gloire, une gloire qui ne les lâchera pas de si tôt. Suivra une série impressionnante de succès « All Day And All Of The Night », « Tired Of Waiting For You », « Set Me Free » « Till The End Of The Day », « Dedicated Follower Of Fashion », « Sunny Afternoon », « Dead End Street », « Waterloo Sunset », « Lola », « Apeman » pour les plus connus. Le son de leurs premiers hits est assez brut, les textes simples, on est encore sous l’influence du r’n’b dont ils se réclament. Les faces B constituaient aussi de jolis détours, parfois aussi plaisants que la face principale. A partir de 1966, l’atmosphère devient plus intimiste et les paroles des chansons de Davies sont autant de témoignages sur la vie et l’observation de ses contemporains. La cohésion du groupe est plus réelle dans la musique que dans la vie courante. De nombreuses mésententes et bagarres font de la survie du groupe presque un miracle. Malgré tout ils continuent d’étonner et d’être acclamés dans le monde entier. De temps en temps, Dave Davies se détache du groupe et enregistre en solo. Son simple « Death Of A Clown » est couronné de succès. Ils sont un des premiers groupes à avoir pris au sérieux la notion de concept album. A partir de 1967, les compositions de Ray Davies vont dans ce sens là. Ce sera « The Village Green Preservation Society » en 68 et « Arthur Or The Decline And Fall OF The British Empire » en 69, albums très prisés des fans. Au tournant des seventies, ils perdent une partie de leur influence et des fans de la première heure, mais étendent quelque peu leur notoriété aux USA. Ils continueront d’enregistrer des albums durant les 70’s et plus sporadiquement par la suite, entre séparations et reformations et changements de personnel. Chrissie Hynde des Pretenders a été l’épouse de Ray Davies.
Bien des années après, les Kinks sont à considérer comme quelque chose à part dans la musique des sixties. Un succès considérable qui n’a jamais sombré dans la facilité commerciale. L’habilité d’un compositeur qui avait du talent à revendre, la manière de le mettre en musique et en paroles, façon poète moderne. Et puis, c’est tout simplement beau.


Pour terminer, une sélection de la discographie des Kinks pour les années 60. Vous trouverez les hits dans l’ordre chronologique d’apparition, excepté « Dandy » qui n’est pas disponible en écoute intégrale. Ensuite quelques titres plus secondaires qui constituaient souvent d’excellentes faces B, ou leur étrange mais délicieuse version de « Long Tall Sally » la plus originale de toutes. Enfin des titres inédits restés dans les tiroirs.

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Wanda Jackson, une rockeuse dans le roll

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Les couloirs du rock and roll foisonnent de mâles, toutes les grandes vedettes de ce style sont du sexe dit fort. Dans les années 50, très peu de noms féminins parvinrent à se glisser dans cette forteresse inexpugnable. Certes, si l’on fouille les discographies des petits labels, on trouve bien quelques noms qui ne dépassent guère la banlieue de la ville où ils furent enregistrés. Dans les discographie de vedettes féminines, Brenda Lee pour la plus connue, on trouve bien quelques traces de chansons qui appartiennent à cette musique sans que l’on puisse vraiment considérer les interprètes comme des rockeuses. Sous un angle plus strict, un des deux noms à sortir de l’ombre fut Janis Martin en 1956. Elle réussit a s’imposer très brièvement surtout avec un titre, « My Boy Elvis », puis retourna dans l’ombre pour mener un vie de femme au foyer, dont elle ressortira occasionnellement pour chanter. Il nous reste encore un nom, qui lui s’imposera de manière plus sûre et pour plus longtemps, dont le rock and roll fut un des aspects, mais pas le seul. Il s’agit bien sûr de Wanda Jackson.
Elle est née en 1937. Son père est un musicien, il offre un guitare à sa fille qui s’intéresse beaucoup à cet instrument dont elle apprend les rudiments. Elle chante aussi. A 15 ans elle gagne un radio crochet et on lui offre une émission de radio qu’elle anime. Le chanteur de country Hank Thompson, la remarque et la fait chanter avec lui. En 1954, elle a l’occasion de faire ses premiers enregistrements avec son mentor. Elle essuie un premier refus de sa future maison de disques de la signer. Elle part chez Decca. Pour l’instant son répertoire est exclusivement country, le rock n’existe pas vraiment à ce moment là. Depuis la fin de ses études, ce sont ses parents qui la chaperonnent. En 1956, elle est signée cette fois par Capitol, qui est rappelons-le, une des plus grosses boîtes de disques américaines. Avec cette signature l’éventail des possibilités devient énorme. Elle a plusieurs fois partagé l’affiche avec Presley qui l’encourage dans la voix du rock and roll, ce qui ne la laisse pas indifférente. Parmi ses premiers enregistrements figure « I Gotta Know », qui va franchement vers ce style et qui obtient un bon succès. Au cours des années 50, sa discographie inclura de nombreux standards de rock and roll créés par Little Richard, Jerry Lee lewis, Chuck Berry, Carl Perkins, Elvis Presley. Ses versions sont plus que présentables, son vocal à l’arraché et railleur faisant merveille. Elle devient une star au Japon et chante dans ce pays en 1959. La plupart de ses disques sont assez populaires, sans qu’elle soit une habituée des premières places du hit parade, c’est même une bonne vendeuse de disques. Pour la plupart des rockers elle incarne définitivement la chanteuse de rock, la seule véritable idole féminine. Elle a aussi enregistré des titres en allemand, car elle est très populaire en Europe qu’elle visite fréquemment. Vers le milieu des années 60, elle se tourne beaucoup plus vers la country et ses enregistrements prennent le pas. Elle enregistrera même des albums de musique religieuse, affrontant une crise de mysticisme. Mais les fans suivront peu. Au fil des ans elle continuera d’enregistrer de nombreux disques où elle revient parfois au rock and roll dans un titre ou l’autre. Sa carrière se poursuit jusqu’à nos jours. Elle hante les festivals de la planète, se produit avec les anciennes gloires encore en activité. Son tour de chant ne manque jamais d’inclure quelques bon vieux rocks. Elle est un peu obligée, car le public vient surtout pour la rockeuse.
On peut adorer la country, mais Wanda Jackson dans ce style n’est qu’une bonne chanteuse de plus.Tandis que pour le rock and roll elle reste la plus grande vocaliste et la plus populaire dans ce style.

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