Pour le plaisir des z’yeux

Une chose presque impensable il y a 50 ans, les défilés de lingerie sont devenus à la mode, on y va comme on va au salon de l’auto. Bien sûr, les belles carrosseries sont d’un style un peu différent. Celles-là on ne peut pas les prendre pour faire un tour d’essai et la maison ne donne pas des détails sur la consommation au 100km, ni une garantie totale de trois ans, pièces et main d’oeuvre. Si le mari ou l’amant hésite bien à suivre sa belle pour aller faire les commissions, je crois qu’il ne dira pas non, si elle veut aller dans ce genre de manifestation. Même il marchera tellement vite que la pauvre aura de la peine à le suivre. N’est-ce pas Messiers?
Les moeurs ont bien changé. Maintenant on se retrouve entre copines dans ces fameuses réunions à domicile, on teste le modèle qui fera sans doute mousser monsieur, sagement parti ce soir-là à son club de boules, ou simplement resté à la maison si bobonne était partie chez la copine organisatrice. Ah que je voudrais être un mouche, comme dirait l’autre, pour savoir ce qui se dit dans ce genre de réunions. Bon comme je n’en suis pas une, et qu’en fin de compte je ne le regrette pas, allons voir un bout de défilé de chez Ars Vivendi, en plus le fond musical est bon. Suivez-bien les attitudes des spectateurs, elle sont riches d’enseignements. J’ai sélectionné la partie la plus intéressante, si vous voyez ce que je veux dire.

One hit wonder – Un petit 45 tours et puis s’en vont

Sous cette appellation les Anglo-Saxons désignent des artistes dont la célébrité ne repose que sur un seul véritable succès. Si certains arrivent à vivre sur cette réputation et entrer dans la légende pour une certaine mesure, d’autres disparaissent complètement. Ce sont en général ces chansons qui hantent les circuits nostalgiques et dont les nostalgiques ne veulent se rappeler que celles-là. Un grand nombre de personnes seraient bien incapables de citer un autre titre de l’artiste en question. Pour ma part je trouve cela extrêmement regrettable, car si je n’avais pas été plus curieux, j’aurais loupé de sacré trucs.
Voici une série de ces tubes d’un instant dont quelques uns, s’il vous est impossible de les situer d’après le titre et l’artiste, vous rappelleront sans doute quelque chose. Dans tous les cas, ces titres ne sont que les succès d’un instant pour les artistes qui les enregistrèrent. Ils ravagèrent les année soixante. En avant la nostalgie…
Dans l’ordre j’indique l’année, l’artiste, le titre de la chanson, le nom de la version française si j’en connais une, car certains de ces hits furent également des succès en France.

1) 1958 – Jody Reynolds – Endless Sleep. Un gros succès de l’année par un artiste resté obscur.

2) 1960 – The String-A-Longs – Wheels (Auprès de ma blonde – Marcel Amont). Le manager de Buddy Holly composa ce truc après sa mort, interprété par un groupe qui fut autant populaire que cette popularité fut courte.

3) 1960 – The Brothers Four Greenfields (Verte campagne – Les Compagnons de la Chanson – Henri Salvador et d’autres). L’un des plus gros hits de l’année. Quatre jeunes qui ont la passion du folk enregistrent cette incontournable mélodie, leur seul succès, mais ils existent encore aujourd’hui.

4) 1962 – The Duprees – You Belong To Me. Très inspiré du style doo woop, ce quatuor vocal imposa un des derniers trucs à succès dans le genre, juste avant que les Beatles arrivent.

5) 1963 – The Ran-Dells – The Martian Hop (Le martien -Henri Salvador). Disque un peu humoristique, qui ne fit pas rire très longtemps.

6) 1963 – Little Peggy March – I Will Follow Him (Chariot – Petula Clark) En reprenant ce titre de Petula Clark et non le contraire, Elle connut un bon succès. Un des quelques cas d’une chanson française qui connaît un succès international.

7) 1963 – Soeur Sourire – Dominique. Cette Belge et authentique religieuse connut aux USA un incroyable succès qui sera 3 semaines no 1 au Cashbox. Depuis plus rien sinon son suicide bien des années plus tard.

8 1963 – The Exciters – Tell Him (Dis-lui – Claude François). Excellent groupe noir américain, mais surtout connu pou ce titre là. Ironie du sort un de leurs titres « Do Wah Diddy Diddy » connut un immense succès par Manfred Mann, un année plus tard.

9) 1963 – The Surfaris – Wipe Out. Le surf devient populaire, ici dans sa version instrumentale, un classique.

10) 1964 – Millie – My Boy Lollipop. (C’est toi mon idole – Agnès Loti). Un fond de reggae pour cette petite Jamaicaine. L’une des premières incursions de cette musique dans les succès.

11) 1964 – Lorne Greene – Ringo (Chanté en français par lui-même). Un des héros de la série Bonanza. Un belle voix pour ce succès de western version disque.

12) 1965 – Barry Mc Guire – Eve Of Destruction (Ce monde absurde Claude François). Un des plus beaux exemplaires du débuts des mouvements contestataires aux USA. Devenu un hymne.

13) 1965 – Unit Four + Two – Concrete And Clay (Comment fait-elle – Richard Anthony). De la musique latino. Un gros hit sans aucun lendemain.

14) 1966 – Question Mark And The Mysterians – 96 Tears. Une belle rengaine qui tourna dans tous les jukeboxes. Sans lendemain, mais inoubliable.

15) 1966 – Bobby Hebb – Sunny (Sunny – Richard Anthony). Joli, mais si la chanson est restée, qui se souvient encore de son nom?

16) 1966 – Count Five – Psychotic Raction. Du garage punk dans un des ces titres qui exploraient l’âme humaine et ses comportements. Encore une référence dans le répertoire de nombreux artistes aujourd’hui, les Cramps s’y sont frottés eux aussi.

17) 1967 – Billy Stewart – Summertime. Chanson incontournable, dans une version qui ne manque pas d’originalité.

18) 1968 – The Left Banke – Walk Away Renee. Merveilleux groupe qui souffrit que les Four Tops mettent ce titre à leur répertoire.

19) 1969 – Norman Greenbaum – Spirit In The Sky. Un gros hit plaisant mais sans lendemain.

20)1969 – Fifth Dimension – Acquarius/Let The Sunshine In (Laisse entrer le soleil – Julien Clerc pour le deuxième titre). La musique de « Hair » exploitée pas de nombreux artistes, rapporta gros à ce groupe qui en fit sans doute l’une des plus belles interprétations. On a de la peine à se rappeler d’un autre de leurs titres.

The Surfaris quelques années plus tard

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