En passant

Voyage début de siècle 24

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

Découverte d’Hawaï suite

La voyageuse parle des indigènes, de leur culture et croyances. Si à ses yeux ils ne sont pas parfaits, elle n’en est pas moins critique envers les colonisateurs blancs, souvent responsables d’une sorte de dégénération de la race et aussi importateurs des maladies qui affectent les indigènes. On peut aussi noter certaines similitudes entre leur religion ancestrale et le christianisme.

En général la race kanake est lourde et dépourvue de charmes. Les Hawaïens ont les lèvres charnues, des traits grossiers, des corps informes qui paraissent encore plus comiques dans leur singulier accoutrement. Les femmes portent une espèce de fourreau blanc sans ceinture, boutonné au dos, que les Américains appellent Mother Hubbard, les indigènes holokou.
En voyant ces masses humaines se mouvoir péniblement, on ne croirait pas que jadis un peuple sain et beau, d’allure martiale, parcourut le littoral des îles Hawaï. Comme dans toutes les îles de l’Océan pacifique, les blancs, ces grands tueurs des races, accomplissent insensiblement leur œuvre de destruction. L’alcoolisme, les maladies autrefois inconnues, le mélange des sangs, auront bientôt raison de toute une race. Les Kanakes disparaîtront, engloutis dans la grande invasion colonisatrice de l’Occident. L’indigène hawaïen est impropre à toute tâche quelconque. Les hommes aussi bien que les femmes sont paresseux, inconstants, peu scrupuleux et ennemis du travail; le beau sexe passe pour infidèle et léger à l’excès. Un Kanake n’a-t-il rien à manger? Il s’en va chez un voisin plus fortuné qui l’accueillera toujours chaleureusement. Lorsqu’à son tour il a gagné quelque argent, il décore sa maison de fleurs, prépare un festin et invite ses parents et amis.
Les insulaires sont impressionnables et superstitieux au plus haut degré. Aujourd’hui encore, les sorciers, les Kahounas dont j’ai parlé plus haut, exercent une grande influence sur le peuple. Parmi les Kahounas se trouvait une catégorie chargée de faire mourir les gens par la prière. Dans ce but, ils enfouissaient ou brûlaient, en murmurant des évocations, un morceau d’ongle, des cheveux ou un peu de salive de la personne condamnée. A partir de ce moment, le Kahouna se tenait constamment dans le voisinage de sa victime qui, frappée d’une crainte superstitieuse, ne pouvant plus ni manger ni dormir, finissait par mourir misérablement.
C’est sans doute sous l’influence d’une semblable obsession qu’un insulaire de Kekaha, sur l’île de Hawaï, mourut dernièrement. On lui dit un jour: (Dans une semaine, tu mourras.» De ce moment, ce jeune homme, robuste et en parfaite santé, perdit tout espoir, se coucha et passa, en effet, de vie à trépas à l’heure indiquée.
Les Kahounas s’entendaient du reste à merveille à tirer profit de la superstition des Kanakes. Suivant une antique tradition, l’homme possède deux âmes, dont l’une ne le quitte qu’après sa mort, tandis que l’autre entreprend de temps en temps des voyages. Il arrivait qu’un Kahouna cupide faisait croire à l’un de ses voisins que son âme venait de partir et ne reviendrait plus, retenue qu’elle était par un dieu irrité. Effrayé, le propriétaire de l’âme fugitive s’empressait d’offrir au sorcier une somme d’argent importante pour apaiser la divinité et faire rentrer la volage au bercail.

Les Kahounas formaient deux catégories: la classe inférieure composée de sorciers et de fumistes, la classe supérieure formée de prêtres et de détenteurs des formules sacrées. Chargés du service du temple, ces derniers étaient très instruits en médecine et en astronomie, et avaient la garde des livres saints qui grâce à eux, ont été conservés depuis des siècles.

L’idée que les peuples polynésiens se faisaient de la création du monde, du premier péché, du déluge, coïncide d’une manière frappante parfois avec les récits de l’Ancien Testament. «Il y avait, avant la création du monde, trois dieux puissants, Kane, Kan et Lono. Leur action réunie fit jaillir la lumière sur le chaos dont ils tirèrent d’abord trois sphères célestes pour leur demeure, puis la terre, le soleil, la lune et les étoiles. De leur salive, ils créèrent ensuite une troupe d’anges destinés au service des trois dieux primitifs. Pour terminer leur œuvre, ils firent l’homme et formèrent son corps de terre rouge, sa tête d’argile blanc. Kane, le dieu supérieur, insuffla la vie à l’Adam hawaïen, dont une côte donna naissance à la bonne Eve des îles polynésiennes. Le nouveau couple, Koumouhonua et Keolakouhonua, fut placé dans un beau jardin, le Paliouli, arrosé des trois fleuves de vie et planté d’arbres magnifiques, parmi lesquels l’arbre à pain sucré.
Le plus puissant des anges, Kanaloa, le Lucifer hawaïen, exigea que le couple humain l’adorât, malgré la défense de Kane, père des dieux. Après d’inutiles efforts pour créer un homme qui lui obéirait absolument, Kanaloa, ivre de vengeance, résolut de détruire Koumouhonua et sa compagne. Ayant pris la forme d’un grand lézard, il se glissa dans le Paradis, je veux dire le Paliouli, et induisit les deux habitants au péché. Ceux-ci furent chassés par un énorme oiseau que Kane envoya contre eux.»

Telle est la tradition hawaïenne du péché originel.

A suivre

Sources : Wikipédia, B.N.F, DP

En passant

Vinyles en fusion (183)

A mes visiteurs,

Je vais complètement réorganiser le blog. J’ai publié plus de 2000 articles au fil du temps et cela commence à prendre de la place. De plus, je remarque que des vieux articles ne sont absolument plus lus, donc je vais diminuer la voilure.
Il y a aussi un autre phénomène qui commence à me faire monter la moutarde dans le nez. Des gens mal intentionnés se font passer pour des pénalistes et prétendent vous faire cracher de l’argent en vous accusant de violer les droits d’auteurs, l’IA n’est sans doute pas étrangère à cela pour la récolte. J’ai récemment vécu un cas avec une photo personnelle publiée en 2011, donc qui m’appartient, un site l’a reprise 2017 en s’attribuant les droits d’auteurs. Cerise sur la gâteau, via une société tierce et pas très sérieuse au niveau du droit, ils prétendent m’accuser d’utilisation sans autorisation et demandent une indemnisation. La justice et les jugements par email, ce n’est pas sérieux. Voilà où nous en sommes aujourd’hui, il y a des milliers de témoignages semblables, la Toile en déborde. Je sais que je suis dans mon bon droit, cala tombe bien car j’ai une amie qui est juriste et pourra me confirmer la chose si besoin était. J’en arrive à la conclusion que je ne vais pas passer mes futures journées à me justifier face à ce genre d’attaque. Cela modifiera un peu le contenu du site.
Je vais surtout laisser les articles musicaux, les textes sont de moi, les vidéos de Youtube et ce n’est pas eux qui vont se manifester pour avoir mis un lien sur mon blog. Et puis, malgré tout, je me suis plus extasié dans ma vie sur la musique que sur des paires de jambes en nylon.
Pour le bas nylon, ce sera sensiblement différent. Il y aura toujours des photos, mais elles seront enlevées après un laps de temps et seront postées dans des articles à part. La plupart des photos « nylon » ne sont plus visibles, ce sera de la nourriture en moins pour ces « justiciers » d’opéra, désolé pour vous.
Au pire, si cela devait quand même arriver, je mettrai le site en privé.
Merci de votre attention.

Il n’a jamais existé un France un organe officiel qui représente exactement la popularité d’une chanson, ce que nous appelons le hit parade. Par contre les Américains et les Anglais sont beaucoup plus organisés et ces classements existent pratiquement depuis 1900. Ce sont de véritables industries du classement qui analysent les ventes, les passages radio ou télévision. Ils sont compilés dans des classements qui reflètent les critères précédents. Ces classements hebdomadaires rebondissent sur un classement annuel qui reflète le nombre de semaines où la chanson apparait ainsi que sa position dans le classement. Au final, ces données permettent d’établir les chansons les plus populaires de l’année. Aux USA le Cashbox et le Billboard sont les deux principaux organes qui établissent les statistiques. Bien qu’ils agissent séparément, le résultat est assez identique, une chanson peut-être no 1 à une place et no 2 dans l’autre, mais jamais un no 1 sera no 20 dans dans le second. Voici à partir de 1956, année ou le rock and roll est bien établi, les cinq meilleures chansons de l’année.

1982

 1) Paul McCartney & Stevie Wonder – Ebony and Ivory  (467 points)

2) Men At Work – Down Under (463 points)

3) Survivor – Eye Of The Tiger (459 points)

4) Dexys Midnight Runners – Come On Eileen  (439 points)

5) Steve Miller Band – Abracadabra (439 points)

Documents

Des archives musicales, peu importe le pays, de la télévision ou autres durant les seventies

Eric Clapton – Layla

La pop en version étrangère

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente. Voici une sélection de trois chansons d’artistes anglophones interprétés dans une langue plus ou moins exotique. Pour ceux qui voudraient entendre la version originale, un clic sur Youtube apportera la réponse.

Play With Fire, version originale Rolling Stones, 1965
*****
Version en espagnol par J.M. Baule, 2019

Mas Que Nada, réécriture de Nanã Imborô, version originale Jorge Ben, 1963
*****
Version en italien par Marita, 1968

Première version enregistrée, The Great Society avec Grace Slick, 1966
*****
Version en serbe par Seka Kojadinović, 1968

Trois très belles reprises…

Senator Bobby – Wild Thing (Loved Ones)

The Animals – Don’t Let Me Be Misunderstood (Nina Simone)

Manfred Mann – Mighty Quinn (Bob Dylan)

0114