En passant

Une star au club

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Jerry Lee Lewis a toujours été un personnage assez fantasque, mais s’il est une qualité qui fait l’unanimité autour de lui, c’est celle d’interprète. Surdoué du piano, une voix puissante, il sait chauffer une salle en moins de deux. Assez bizarrement un des albums où le personnage est au sommet de son art est resté passablement dans l’ombre, du moins pour les USA. Il s’agit de celui enregistré au Star-Club de Hambourg en 1964.
Le 5 avril 1964, Jerry Lee Lewis est annoncé sur la scène du Star-Club. Le club possède indirectement sa maison de disques gérée par Philips. Justement Philips possède pour l’Allemagne les droits de licence pour la nouvelle maison de disques de Lewis, Smash records, sous marque de Mercury. L’idée d’enregistrer un album live fait vite son chemin dans l’idée du producteur assigné, Siggi Loch. A ce moment là, la carrière de Lewis est au creux de la vague, il a de la peine à se remettre de son fameux mariage avec sa nièce mineure et surtout du scandale que cela a alimenté. Il dira lui-même dans un interview : « J’ai passé de 10000 à 100 dollars la soirée ». Mais artistiquement le chanteur est toujours en pleine possession de ses moyens et sa réputation sur scène est intacte. De plus, si le rock and roll est presque devenu ringard aux USA, l’Europe est toujours demanderesse. On peut enfin voir sur scène, ces stars qui enflammèrent les années 1950, mais qui dédaignèrent passablement le vieux continent au moment de leur pleine gloire. Alors on les fait venir et ils tournent, tournent.
Le concert et son enregistrement ne demande pas une grande mise en scène, des micros pour l’enregistrement, un groupe pour l’accompagner. Ce sera la travail des Nashville Teens, ramené à un trio, guitare, basse, batterie. A ce moment, ils n’ont pas encore eu leur hit « Tobacco Road » et ils sont encore peu connus. Petite séquence ironie, le solo que le guitariste John Allen étale dans « Matchbox » est presque note pour note le même que celui que l’ont peut entendre dans « TNT » des Nashville Teens. Le disque n’est pas un chef d’oeuvre d’enregistrement, c’est surtout la sono du piano qui est poussée à fond, mais cela n’a pas l’air de déranger beaucoup de monde.
A sa publication. le disque sans susciter une ruée vers les magasins pour l’acheter, intéresse ceux pour qui le nom de Lewis représente quelque chose. Le disque est publié seulement en Allemagne, France, Angleterre, dans d’autres pays après 1970, ce qui ne lui donne qu’une visibilité restreinte au niveau de l’Europe. Pour des raisons contractuelles, il n’est pas publié aux USA, il ne le sera qu’une trentaine d’années plus tard, et devient chez le fan américain une sorte de mythe dont il faut posséder une copie. Il faut aussi préciser qu’il fait un peu double emploi avec un album prévu aux USA « The Greatest Show On Earth » pas trop différent en contenu, mais avec plusieurs titres de country music. Il est publié en France sous le titre « Alabama Show ».
Avec le temps qui passe, il est consacré comme une des plus chaudes galettes du rock and roll enregistré en public. Un critique dira : « Ce n’est pas un album de rock and roll, c’est un crime sur la scène ! »
La publication de l’album se résume à 12 titres, mais le concert en totalisait 15. Deux chansons semblent avoir été définitivement perdues et la troisième « Down The Line », initialement écarté pour un défaut de balance au départ a refait surface ici et là. Les sélections présentées ici, apparaissent selon l’ordre du disque avec à la fin la chanson écartée. En bonus, je vous mets la version de « Long Tall Sally » qui figure sur l’album live en Alabama, peut-être la seule chanson de cet album qui pourrait faire pâlir celle du Star-Club. C’est celle que vous trouvez sur le EP français de 1964 « Enregistrement Public ».

La chanson écartée de l’album.

La version de « Long Tall Sally » enregistrée en Alabama.

 

 

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En passant

Une décennie de nylon

Eh oui, il y a dix ans que je sévis sur ce blog, Le 24 juillet 2009, je mettais mon premier article en ligne. C’est beaucoup pour un sujet qui en fin de compte est très limité, je veux parler du bas nylon bien sûr. J’ai beaucoup évoqué de souvenirs personnels le concernant, car dire d’un objet qu’il est beau, bien, fantastique, cela tourne vite en rond. Pour cela, il fallait aller au-delà de la béate admiration et l’aborder sous d’autres angles possibles, je crois avoir pas trop mal réussi. Bien d’autres ont tenté le coup, mais peu ont acquis la longévité nécessaire à faire perdurer un blog, au bout de quelques articles, ils disparaissent par manque de flamme. La musique n’est pas étrangère à ma longévité, j’ai été bien avant l’apparition de la Toile un peu journaliste musical. Cette musique est en fait ma vraie passion, celle que j’explore depuis 50 ans sans jamais me lasser, j’ai une sorte de petite encyclopédie dans ma tête, à laquelle j’essaye toujours d’ajouter des pages. C’est ainsi qu’il y a toujours eu une juste balance entre le nylon et le vinyle sur mon blog.
Depuis quelques années, j’ai un peu diversifié en y ajoutant un peu de culture se référant le plus souvent aux pages de l’histoire un peu insolite. On peut admirer une belle paire de jambes en nylon et se cultiver, ce n’est pas incompatible, encore faut-il proposer de quoi le faire. J’aime bien sourire en affirmant que plus c’est inutile plus c’est beau. Lire un journal vieux de cent ans et croire que c’est celui d’aujourd’hui est une expérience amusante, mais peut-être pas complètement inutile. Le présent n’est vraiment utile que pour regarder le passé et prévoir le futur.
Tenir un blog c’est un peu comme tenir un bistrot, on y fait des rencontres, et de ce point de vue, je suis un tenancier heureux. Avec certains je n’ai qu’un contact virtuel, mais pour d’autres ce fut une rencontre pour de vrai dont les retombées sont encore réelles aujourd’hui, on est devenu des complices pour le rire et le meilleur Pour certaines d’entre eux, vous retrouverez les liens qui conduisent à leur petit coin nylon sur ce blog. Pour le plus significatifs, vous pourrez les retrouver sur mon livre « La Petite Encyclopédie Sur L’Art De Porter Le Bas Nylon » qui est toujours disponible sur Amazon. Un blog ce n’est rien sans quelques commentateurs qui viennent de temps en temps glisser quelques mots. Il y a eu Daniel, un mordu, qui malheureusement nous a quittés il y a deux ans, victime d’en de ces maladies qui vous bouffe. J’espère que là-haut tu es bien, comme tu vois je ne t’ai pas oublié, ni le verre que nous avons bu ensemble avec ta femme. Mais parlons des bien vivants et des très présents, il y a Cooldan qui est un fan, sans doute du bas nylon, mais encore plus des Beatles dont il connaît quasiment l’histoire au jour le jour, sans pour cela manquer d’érudition sur la musique en général. Il y a aussi Peter Pan, c’est notre Monsieur Cinéma, il m’a avoué un jour qu’il était venu ici via le cinéma, mais il est resté, tant et si bien que je lui ai confié la rubrique cinéma et il a toute ma confiance. Je vais vous en citer encore un, Paul Hyamide, il est plus discret, mais c’est un authentique musicien et je crois savoir qu’il a fait des rencontres où j’aurait bien voulu être présent.

Un blog c’est aussi des statistiques, alors en voici quelques unes : en dix ans plus de deux millions de visiteurs sont venus, bien entendu les habitués comptent à chaque visite ; il y a plus de mille articles, toutes tendances confondues ; il y a 189 abonnés dont 173 via Twitter ; l’article le plus regardé a été visité plus de 68 000 fois : le moins regardé 172 fois, c’est un article récent. L’article le plus commenté l’a été 55 fois.

Je remets en ligne mon premier article, pas très spectaculaire du point de vue photo, mais le texte en-dessous est toujours d’actualité. Merci à tous et on continue !!!

nylon1

Madame, vous qui passez près de moi,
Vous m’offrez la courbe si belle de vos jambes.
Non, je ne vous demanderai rien de plus,
Mais laissez-moi un instant encore.
Ne vous éloignez pas si vite de ces yeux,
Qui cherchent l’ivresse des sens.
Mon regard aime à se perdre,
Sur les reflets de vos atours.
Deviner les coquins secrets qui se cachent,
Sous l’apparence sage de votre robe.
Telle est ma quête silencieuse,
Ma folie, ma soif, ma croisade.
Madame, je frissonne de bonheur et remercie vos mains,
Qui ont accroché ces bas en haut de mes rêveries.