Bas nylons et encore cette dame

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Poursuivons notre exploration dans la photothèque d’Annemarie Scwarzenbach, cette icône lesbienne qui avait fait de la photographie, la littérature, son anti-nazisme affiché, et ses voyages à travers le monde, une manière de vivre et de se démarquer de son milieu familial très conservateur.

Rappel : biographie et premier article et second article

La Finlande figura dans son carnet de route. Dans les années 1930, pour une Suissesse, c’est un pays que l’on connaît peu. Sa situation très au nord, partiellement à l’intérieur du cercle polaire, fait que si l’on a l’intention et les moyens de voyager, on préfère aller vers des endroits plus chauds. L’histoire du pays est partagée entre la domination suédoise et russe. A la fin 1939, les Russes tentent d’envahir la Finlande, mais repartent la queue basse et doit signer un traité de paix en 1940, toutefois en lui cédant la Carélie qui devient russe. Ironie du sort, quand l’Allemagne déclare la guerre à la Russie, la Finlande devient un allié plus ou moins ami des forces de l’Axe, mais pour des raisons sensiblement différentes. Elle combat alors contre la Russie, mais nouveau revirement de situation, quand c’est la débâcle allemande, la Finlande combat du côté allié, elle signe un nouveau traité de paix avec la Russie en 1944. Elle arrive à sauver son indépendance, en justifiant qu’elle a combattu avec les Allemands pour récupérer la Carélie, mais qu’elle n’a jamais appuyé l’armée allemande à Stalingrad. Elle doit néanmoins payer des dettes de guerre à La Russie.

Après la guerre, toujours un peu sous l’oeil de Moscou qui se fait toujours un peu sévère et méfiant, elle arriva a construire un pays résolument moderne, démocratique et parlementaire. Aujourd’hui c’est un pays qui fait partie de l’Europe, avec sa monnaie. Elle est souvent cité en exemple pour sa qualité de vie.

Toutes les photos ci-dessous datent des année 1930. La date précise est inconnue, mais sont probablement vers 1934-35.

 

Bas nylons et chose sauvage

La chanson que nous allons survoler aujourd’hui a deux particularités. La première est d’avoir été un tel succès pour un artiste que l’on croit que c’est lui qui l’a créée. La seconde est de marquer un tournant dans l’orientation des paroles des messages transmis. Jusque-là, les textes de la plupart des chansons à tendance sentimentale racontent des histoires d’amours heureux ou malheureux. Avec celle qui nous intéresse, la sexualité y fait une apparition plus débridée, à double sens . On sort d’une certaine routine propre aux pays anglo-saxons, où les choses sont dites en douceur. En comparaison à la même époque (1965), la France est déjà moins pudibonde sur ce thème, certaines chansons de Brassens sont franchement libertines. On peut penser au « Gorille » qui date déjà de 1952, c’est presque déjà une vieillerie. Les Rolling Stones ont enregistré Satisfaction » en 1965, c’est une des chansons qui a balisé la route. Dans les paroles, on peut très bien interpréter cette satisfaction que Mick Jagger n’arrive pas a atteindre par une frustration d’ordre sexuel, bien que les mots n’y font pas directement allusion. En 1965, un groupe américains les Wild Ones, via le compositeur Chip Taylor, enregistre l’original de la création qui nous intéresse « Wild Thing ». Ce sera un bide complet, jusqu’à ce qu’elle soit récupérée par les Troggs six mois plus tard. Elle deviendra un hit international avec de nombreuses premières places, notamment aux USA, plutôt rageur pour les créateurs surtout que leur version ne démérite pas. La mode du texte à connotation sexuelle est lancée, les Troggs confirmeront peu après cette tendance avec « I Can’t Control Myself » encore plus évocateur. Dans ce genre d’exercice, il paraît presque normal que de nombreux  enfants de « Wild Thing » voient le jour, phonographiquement parlant. Nous allons donner le biberon à quelques uns d’entre eux.

 

 

La version originale des Wild Ones, 1965

La version des Troggs. Une des rares chansons rock où l’on peut entendre un solo d’ocarina.  Clip en playback, 1966

Une reprise R&B par les Capitols, 1966

Senator Bobby, une parodie très drôle ou Bill Minkin imite Bob Kennedy, frère de l’autre, 1967

Sur l’autre face, même principe avec une imitation du sénateur Everett McKinley, 1967

La version de Jimi Hendrix à Monterey, où il brûle sa guitare, 1967

Marsha Hunt, belle reprise, 1971

Version live par les Runaways,  groupe entièrement féminin,1977

Siouxsie Sioux, icône du punk, enregistre une version dézinguée aux paroles retravaillées,  un duo sous le nom de Creatures, 1981

Version d’Amanda Lear, avec qui cous reconnaîtrez, sexy! 1987

Par les Divinyls, groupe australin, 1993

Une version « sportive »

Une version en live des Troggs, sans Reg Presley décédé en 2013, mais avec Brian May (Queen), 2014

Bas nylons et des Orléans

 

L’histoire est pour moi une chose passionnante. A l’instar de la musique, une de mes autres passions, il y a des personnages historiques qui figurent dans une sorte de hit parade de mes préférés de l’histoire. N’y entre pas qui veut, j’aime assez les personnages un peu décalés, ceux qui ne font pas tout à fait comme les autres. Je citerais principalement ceux qui ont fait plus ou moins quelque chose pour l’art ou la culture en général. Il y certes Louis XIV qui a beaucoup marqué par sa grandiloquence et aussi un peu sa mégalomanie, le monde de l’art. C’est sans doute un des rois dont on retrouve le plus de traces encore aujourd’hui. Difficile de se promener dans certains coins du Paris qui existait durant son règne, sans y retrouver quelque fait ou monument dont il n’est pas implkiqué. N’oublions surtout pas qu’il fut aussi responsable de choses moins reluisantes dont le peuple eut à souffrir. La fin de son règne trouva la France dans un triste état, au bord de la ruine. L’apport à l’art ne se mesure pas seulement aux rois, il y a aussi des princes, des ducs, des favoris, des favorites, qui eurent leur mot à dire et ils le firent. On peut se rappeler de Charles 1er d’Orléans (1394-1465), heureusement plus connu aujourd’hui par ses poèmes que par ses faits d’armes. Voici par exemple le célèbre Rondeau de printemps.

Charles 1er d’Orléans

Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie,

Et s’est vêtu de broderie,

De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête ni oiseau

Qu’en son jargon ne chante ou crie :

Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie.

Rivière, fontaine et ruisseau

Portent en livrée jolie

Gouttes d’argent, d’orfèvrerie;

Chacun s’habille de nouveau:

Le temps a laissé son manteau.

Marie Leszczynska

Si la gastronomie est un art, et je crois qu’il en est un, je ne peux que remercier que Marie Leszczynska, la femme de Louis XV, qui semble être à l’origine de la bouchée à la reine, l’un de mes plats préférés.

Philippe d’Orléans dit le Régent

Un personnage qui peut entrer dans mes favoris, je ne suis pas à la cour, mais je parle comme si j’y étais, est Philippe d’Orléans dit le Régent. Petit fils de Louis XIII, neveu de Louis XIV, fils de Philippe d’Orléans, dit Monsieur et frère de Louis XIV, mari en secondes noces de Elisabeth-Charlotte de Bavière dite la Palatine ou Madame. Le titre de Madame ou Monsieur revenait de droit aux personnes les plus importantes à la cour après le roi et la reine. Pour les nuls en histoire, rappelons que le frère de Louis XIV était homosexuel, ce qui ne l’empêcha pas, par devoir, de lui faire trois enfants dont un mourut en bas âge. C’est le second, Philippe, qui devint le Régent. Qu’il soit un personnage haut en couleur n’est sans doute pas tout à fait le fruit du hasard. Son père, malgré les revers de ses préférences sexuelles, est un peu jalousé par son frère qui semblait avoir des dons artistiques assez prononcés, des goûts très sûrs en la matière. Sa mère, femme d’un intelligence vive, est une des personnes parmi celles qui traversèrent les cours royales, dont le passage fait le joie des historiens. Un peu garçon manqué, pétillante, indépendante, se faisant royalement ch… à la cour, elle s’occupa à se cultiver. Elle écrivit plus de 60000 lettres dont certaines ne manquent pas d’humour, ni de franc parler,  mais pas toujours un sommet d’élégance.

Elisabeth-Charlotte de Bavière dite la Palatine

Voici une des plus célèbres qui fait allusions à certaines fonctions naturelles, envoyée à une de ses correspondantes, Sophie de Hanovre.

Vous êtes bien heureuse d’aller chier quand vous voulez ; chiez donc tout votre chien de soûl. Nous n’en sommes pas de même ici, où je suis obligée de garder mon étron pour le soir ; il n’y a point de frottoir aux maisons du côté de la forêt. J’ai le malheur d’en habiter une, et par conséquent le chagrin d’aller chier dehors, ce qui me fâche, parce que j’aime chier à mon aise, et je ne chie pas à mon aise quand mon cul ne porte sur rien. Item, tout le monde nous voit chier ; il y passe des hommes, des femmes, des filles, des garçons, des abbés et des Suisses. Vous voyez par là que nul plaisir sans peine, et que, si on ne chiait point, je serais à Fontainebleau comme le poisson dans l’eau.

Il est très chagrinant que mes plaisirs soient traversés par des étrons. Je voudrais que celui qui a le premier inventé de chier ne pût chier, lui et toute sa race, qu’à coups de bâton! Comment, mordi ! qu’il faille qu’on ne puisse vivre sans chier ? Soyez à table avec la meilleure compagnie du monde ; qu’il vous prenne envie de chier, il faut aller chier. Soyez avec une jolie fille ou femme qui vous plaise ; qu’il vous prenne envie de chier, il faut aller chier ou crever. Ah ! maudit chier ! Je ne sache point de plus vilaine chose que de chier. Voyez passer une jolie personne, bien mignonne, bien propre ; vous vous récriez : « Ah ! que cela serait joli si cela ne chiait pas ! »

Je le pardonne à des crocheteurs, à des soldats aux gardes, à des porteurs de chaise et à des gens de ce calibre-là. Mais les empereurs chient, les impératrices chient, les rois chient, les reines chient, le pape chie, les cardinaux chient, les princes chient, les archevêques et les évêques chient, les généraux d’ordre chient, les curés et les vicaires chient. Avouez donc que le monde est rempli de vilaines gens ! Car enfin, on chie en l’air, on chie sur la terre, on chie dans la mer. Tout l’univers est rempli de chieurs, et les rues de Fontainebleau de merde, principalement de la merde de Suisse, car ils font des étrons gros comme vous, Madame.

Si vous croyez baiser une belle petite bouche avec des dents bien blanches, vous baisez un moulin à merde. Tous les mets les plus délicieux, les biscuits, les pâtés, les tourtes, les farcis, les jambons, les perdrix, les faisans, etc., le tout n’est que pour faire de la merde mâchée, etc.

Lettre manuscrite de la princesse Palatine de 1711, écrite bien sûr en vieux français, cela nous donne une idée de la manière dont le français se parlait au 18ème siècle

Son art d’envoyer des piques et sa franchise n’épargnait personne. Madame de Maintenon et bien d’autres personnages de la cour reçurent des surnoms et des qualificatifs sans doute rigoureusement choisis tels que : vieille conne, chiure de souris, ma belle-fille ressemble à un cul comme deux gouttes d’eau. Elle ne respectait guère que le roi, dont elle fut possiblement un peu amoureuse. Ce dernier, sans doute pas tout à fait en désaccord avec ses jugements, l’appréciait énormément. Il prit parfois sa défense. Il admirait aussi cette femme qui allait parfois à la chasse avec lui, cavalière émérite, faisant tout comme ses meilleurs rabatteurs de gibier. A la mort de son mari en 1701, Louis XIV fit en sorte qu’elle conserve toutes ses prérogatives à la cour, lui versant une rente confortable. Elle lui survécut et mourut en 1721.

Philiipe d’Orléans naît en 1674. Il a d’abord été initié vers les armes et les fonctions militaires, c’est la règle pour les futurs nobles de haute volée. Mais il ne semble pas trop apprécier, il monte et se tient à cheval  à peine mieux qu’un cul-de-jatte, il a plutôt un esprit de futur intellectuel. Avant de devenir le Régent, il sera assurément un plutôt brillant militaire et diplomate. La culture l’attire, la géographie, l’histoire, la philosophie, font partie des ses intérêts. Il est réputé pour avoir une mémoire sans faille, passe pour intelligent et travailleur. Il ne se préoccupa pas trop de monter sur le trône, chose possible vu son ascendant, mais il n’est pas aux premières loges dans le suite logique de la succession. Une fois l’âge adulte atteint, il est de bon ton dans l’entourage du roi de se marier. Quand je dis de bon ton, cela ressemble plus à un ordre venant de Louis XIV. Le mariage prit les allures d’une comédie de Molière. Le roi lui suggère d’épouser Françoise-Marie de Bourbon, Mademoiselle de Blois (1677-1749), personne tout à fait charmante, mais bâtarde légitimée des amours de Louis XVI avec Madame de Montespan, une cousine en quelque sorte. Devant le roi Philippe dit d’abord : « euhhh… », mais sous l’influence du célèbre abbé Dubois, il accepte. Par contre sa mère est furax, jugeant indigne un tel mariage. Quand elle apprit la nouvelle, elle le gifla devant toute la cour, c’est une des rares fois où elle tenta de s’opposer au roi, mais le roi c’est le roi, alors. Bon l’affaire se passa aux pertes et profits de la raison d’état, et le mariage eut lieu en 1792, la mariée allant sur ses 15 ans.  Il paraît que le mariage ne fut pas des plus heureux, son mari la surnomma « Madame Lucifer ». L’histoire retient d’elle une femme paresseuse, hautaine du fait de son rang de fille royale, aimant s’entourer de dames de compagnie plutôt laides, afin d’être le centre d’attraction. Ils trouvèrent quand même le moyen de faire huit enfants.

C’est à la mort de Louis XIV en 1715 que Philippe d’Orléans accède au premier plan  en devenant le Régent. Cette fonction royale est prévue afin d’assurer la gouvernance en attendant la majorité  du dauphin. Mais il faillit ne jamais le devenir. Le testament de Louis XIV, prévoyant de faire passer avant lui d’autres personnages royaux proches de sa branche familiale directe, sera cassé à la suite de quelques arrangements et c’est ainsi qu’il obtient la fonction. Assez étonnant comme on peut faire assez peu de cas des ultimes volontés d’un roi et de son testament, d’autant plus qu’il est le recordman absolu de la durée de règne d’un roi de France. Cependant, les intrigues entre puissants sont choses courantes dans l’entourage d’un roi, surtout quand il n’est plus là, c’est presque un lieu commun de l’affirmer. Malgré tout, le choix ne sera pas si mauvais, l’histoire le dira. Lorsqu’il prend les commandes, la France est dans un mauvais état. Si Versailles brille de toute sa splendeur, les finances le sont nettement moins. Il entame une politique de redressement en touchant un peu à tout, politique, fiscalité, rétablissement de la paix, et surtout il allège la gouvernance absolue voulue par son prédécesseur, il prend un peu l’avis de tout le monde, il consulte tout en restant le maître. Il délaisse aussi Versailles et recentre le pouvoir au Palais Royal. Dans un premier temps, les résultats sont plutôt bons, la machine est timidement relancée. Le coup de maître du Régent, qui finit en déconfiture, est l’utilisation du papier monnaie. Cette histoire est bien connue, et presque tout le monde sait que son principal investigateur est l’Ecossais John Law. Sans entrer trop dans les détails et vous faire un cours de finances, voici l’histoire en bref résumé. Au départ, avec la bénédiction du Régent, l’idée est de remplacer l’argent en cours à cet époque, essentiellement sous forme de pièces, par des billets de banque plus faciles à transporter et manipuler. Alléchés par des promesses de gains reposant sur ces fameux billets de banque couverts par des avoirs en or, beaucoup de monde vida sa tirelire pour en acheter: On spécula, acheta des actions, avec en toile de fond un paradis chargé de promesses, la Louisiane, alors possession française. Les fameux billets de banque servent de titres d’échange. Pendant trois ans, des fortunes sur papier et monnaie de singe firent saliver les plus hardis, on ouvre de nouvelles banques, on fusionne, c’est l’euphorie totale. Mais en 1720, la roue tourne, on fait mousser les titres qui atteignent des sommes folles. Les riches actionnaires voulurent se faire échanger leur paperasse contre de l’or, or que la banque n’avait plus. ce fut la ruine pour pas mal de monde. On estime que 10% de la population française en subit les conséquences. Mais pour une fois, ce sont les plus nantis qui en souffrirent, les riches qui avaient acheté tant et plus de pièges à gogos. Paradoxalement, les finances de l’Etat s’en trouvèrent nettement améliorées en faisant supporter une partie de cette dette aux dindons de la farce. On s’accorde à dire que le résultat final profita aux plus démunis et à ceux qui eurent la sagesse de ne pas succomber aux tentations de l’argent facile.

Le cardinal Dubois

Son principal ministre est l’abbé Dubois devenu cardinal, Dubois, le même qui lui conseilla son mariage. C’est un homme intelligent, fin diplomate, mais comme beaucoup d’ecclésiastiques se pavanant des les cours, c’est un coureur de jupons invétéré. La célèbre chanson « il court, il court le furet » est transformée en son honneur en  » Il fourre, il fourre, le curé Dubois joli, mesdames ». En cela, il est plutôt parfaite harmonie avec le Régent. Ce dernier est connu pour son libertinage, il fit même un enfant à l’âge de 14 ans, avec une de ses concierges. Au cours de soupers qui rassemblent ses proches, cela tourne volontiers à l’orgie dans toutes les acceptations du terme, on parle même d’inceste avec un de ses filles, la duchesse de Berry. Il ne faut pas négliger qu’il fallait un peu oublier l’austérité des dernières années du règne de Louis XIV, mais là ils engagèrent la vitesse supérieure.

L’aspect le plus intéressant du personnage reste malgré tout sa contribution aux arts. Il a beaucoup collaboré à la composition musicale, notamment avec Marc-Antoine Carpentier, dont l’intro du « Te Deum » sert d’indicatif à l’Eurovision. Il est lui-même multi instrumentiste, et reste le seul régnant de l’histoire de France à avoir composé des opéras. L’un d’entre eux est parvenu jusqu’à nous, « Penthée », dont le livret a été écrit par le marquis de La Fare, un compagnon de libertinage, mais aussi capitaine de sa garde personnelle. Des extraits de cet opéra ont servi de bande sonore au film de Bertrand Tavernier « Que La Fête Commence », savoureuse chronique qui retrace le temps de la Régence, et les démêlées avec le marquis de Pontcallec.  Le film fait apparaître sous un jour nouveau le Régent (Philippe Noiret), sans doute un portrait plus proche de la vérité historique que les images plutôt négatives que l’histoire lui colle volontiers. Il peut aussi ajouter à ses talents certains, celui de peintre et de graveur. La première collection des tableaux du Palais-Royal, qui comprend  500 pièces, est aussi due à son initiative. Aujourd’hui ces objets se retrouvent dans tous les grands musées du monde.

Un extrait de Penthée, opéra baroque

Louis XV enfant

Le 25 octobre 1722, Louis XV montre sur le trône, mais ce n’est pas tout à fait fini pour le Régent, car le nouveau roi confirme le cardinal Dubois comme son principal ministre. Mais à sa mort le 10 août 1723, autre cas unique dans l’histoire de France, il nomme à sa place le Régent pour qui il a de l’affection . Il ne profite pas longtemps de sa position, car il meurt le 2 décembre 1723, dans les bras de l’une de ses favorites,

Philippe d’Orléans fut un personnage décalé dans l’histoire de France. Même s’il n’aimait pas Voltaire, qu’il fit emprisonner quelques temps à la Bastille pour avoir eu la langue un peu trop acérée envers sa fille la duchesse de Berry, il fut celui qui parvint à redonner un élan à la France politiquement et économiquement. On lui accorde aussi d’être aussi pour un temps, comme nous l’apprend l’histoire, le sauveur de la royauté, visiblement mise à mal par l’état de la France à la fin du règne de Louis XIV.  Il éloigna les risques de guerre en signant des traités de paix avec un peu tous les voisins agressifs, et sûrement permit à Louis XV de débuter son règne sans trop s’énerver. Bourreau de travail quand il le fallait, amateur de plaisirs pas toujours recommandables quand il en avait envie, véritable amateur éclairé d’art et de culture, si son fantôme vient me chatouiller les pieds la nuit, c’est que je n’ai rien compris au personnage.

Bas nylons et descente à Harlem

Encore une de ces chansons qui semblent devoir rester dans l’ombre, mais qui comme par magie réussissent a devenir des classiques, à tel point que même les grandes stars s’y collent. C’est même pour moi une histoire qui m’a fait jouer à Madame Irma, car j’avais imaginé cette chanson dans le répertoire des Rolling Stones. Ils m’ont fait patienter une vingtaine d’années, mais ils ont fini par l’enregistrer, cette chanson s’appelle « Harlem Shuffle ».

L’avènement de cette chanson est une suite de faits divers propres au showbiz, on se réunit, de sépare, se retrouve. C’est le duo Bob & Earl qui créa la version originale en 1963. Avant cela, ils furent deux membres d’un groupe de R&B noir des années 50, les Hollywood Flames, qui eut une succès assez conséquent avec « Buzz, Buzz, Buzz en 1957. Le Bob du duo entama une carrière solo sous le nom de Bobby Day. Il connu un succès conséquent en créant au moins 3 classiques du genre, « Rockin’ Robin' », « Little Bitty Pretty One », « Over And Over », que l’on retrouvera plus tard au répertoire des Hollies, des Paramounts (pré Procol Harum), Dave Clark Five, qui classa sa version en tête du hit parade US (« Les Yeux Bleus » dans l’adaptation française de Sacha Distel). Bobby Day retrouve son compère Earl Nelson au début des années 1960 et enregistres quelques singles sans trop de succès. Bobby Day redémarre un carrière solo  et Nelson cherche un autre Bob qu’il trouve en la personne de Bobby Relf. C’est cette mouture qui enregistrera « Harlem Shuffle », dont ils sont d’ailleurs les compositeurs. Le futur et fameux Barry White en fera l’arrangement. Sans être un grand succès à sa sortie, le disque se fera quand même assez bien remarquer pour susciter quelques reprises, surtout après à la forte poussée de la tendance R&B en 1966. Malgré tout en 1969, une réédition du disque en Angleterre propulsera le titre dans le top ten, lui assurant une nouvelle et plus définitive visibilité. Et puis, bien évidemment la reprise des Rolling Stone en 1986 lui donnera un parfum d’éternité Selon certaines sources, George Harrison aurait affirmé que c’était sa chanson préférée. La chanson apparaît dans un classement établi par le Daily Telegraph qui énumère les 50 meilleures chanson enregistrées par un duo.

La version originale, 1963.

Une version un peu garage, les Fabulous Flippers, USA 1965.

La version qui m’a fait découvrir ce titre, Doc Thomas Group un première mouture de Mott The hoople, 1966.

Sans doute la première version par quelqu’un de très connu, les Righteous Brothers, 1967.

A ma connaissance, il n’y a jamais eu de version française, toutefois l’excellent Vigon l’enregistra en 1967.

Terry Knight & The Pack ou Fabulous Pack, une mouture de Grand Funk Railroad, 1967.

Le version du groupe anglais The Action vers 1969.

La même année, la résurrection d’un ancien groupe, créateurs de « You’ll Never Do It Baby » repris par les Pretty Things.

Une version disco, 1979.

La version des Rolling Stones, 1986.

Quand on écoute « Harlem Shuffle » on a toujours 20 ans,

Bas nylons et idées noires à la cour

On connaît plutôt bien la vie de Louis XIV, il a tout fait pour entrer dans l’histoire, mais même avec tout l’éclairage que l’on possède, certaines zones restent dans l’ombre et permettent aux historiens d’y aller de leurs hypothèses. Certaines apparaîtront farfelues cela ne fait pas de doute, mais parmi toutes ces fanfaronnades, il doit bien y en avoir une qui cerne la vérité d’assez près. Et même pourquoi pas la plus farfelue ne serait-elle pas la vérité ? Je ne vais pas ici me transposer à l’historien et y aller de mes convictions et de ma « vérité », je n’ai pas cette prétention.

Un des rares portraits qui existent d’elle, vers 1700

La Mauresse de Moret est entrée dans la petite ou moyenne histoire, elle reste encore une de ces énigmes historiques qui fait encore saliver les historiens. C’est une religieuse métisse que l’on ne connaît que sous le nom de soeur Louise Marie Thérèse, remarquez que les deux derniers prénoms sont ceux de la première femme de Louis XIV. Ce qui a intrigué les contemporains du roi de France et les historiens, c’est qu’elle reçut la visite dans son couvent d’un tas de personnages influents ou célébrités de son temps. On cite Saint-Simon, la femme du frère du Louis XIV, Philippe d’Orléans, dite princesse palatine. On remarque aussi Voltaire, ainsi que toute la smala royale, la reine Marie Thérèse d’Autriche, plus tard Madame de Maintenon, le roi en personne, sans oublier nombre de princes et de princesses. On sait aussi que Louis XIV, lui attribua officiellement une rente. Ce qui semble assez étonnant pour une religieuse métisse non ?

Marie-Thérèse d’Autriche, 1ère femme de Louis XIV

Voilà les bases sur lesquelles partent les historiens pour éclairer cette zone d’ombre. Trois hypothèses reviennent fréquemment, c’est probablement l’une d’entre elles qui doit avoir les accents de vérité.

Première hypothèse : elle serait la fille de la reine qui aurait fauté avec quelque amant de passage ou personnage de la cour de race noire ou maure, peut-être son très jeune page, un nabot noir qui disparut mystérieusement peu après, ceci selon certaines sources invérifiables. Elle serait en réalité Marie Anne de France, troisième enfant de la reine qui officiellement mourut un mois après sa naissance en 1661, et qui aurait alors survécu. L’enterrement officiel ne serait alors qu’un simulacre destiné à cacher la chose. Il faut prendre en compte que lorsque la reine accouchait, il y avait à peine moins de monde qu’au carnaval de Nice dans la chambre où elle accouchait. En effet, une naissance royale devait avoir nombre de témoins, ceci afin de certifier que l’enfant était bien de descendance royale, les cocufiages étant réservés. Des ambassadeurs étaient aussi présents, car un manque de descendance pouvait attirer les prétentions de royaumes étrangers, les cousinages et autres liens familiaux étaient relativement courants dans la noblesse. Un enfant noir naissant aurait sans doute attiré l’attention de l’entourage, bien qu’ils n’étaient pas tous autour du lit royal, on pouvait encore par subterfuge le dissimuler en créant une situation d’urgence, un grand malaise de la reine par exemple. Toujours selon le bruits qui coururent, Madame de Motteville aurait vu l’enfant et se serait trouvé mal en voyant qu’il était noir. Cette théorie, pas complètement irréaliste mais qui souffre quand même de points assez obscurs,  est sans doute la plus partagée par ceux qui ne sont pas spécialistes en histoire, il y a un petit côté libertinage à la française qui flatte l’ego.

Louis XVI

Deuxième hypothèse : ce serait bien une fille de Louis XIV, mais conçue avec une personne de couleur. Ce cher Louis était un chaud lapin, s’il y a bien un point où les historiens sont tous d’accord, c’est celui-là, il aurait eu une relation discrète avec cette personne. Tombée enceinte, le roi qui était plutôt beau joueur en la matière, aurait assumé sa « faute ». Seulement il y avait certaines nuances, il leur donnait le « titre » de bâtard royal, surtout ceux qu’il avait avec de nobles dames, il le fit quelquefois. Pour les autres c’était une pension qu’il attribuait, encore une fois selon son bon vouloir. Dans le cas qui nous occupe ici, les choses vont un peu plus loin, elle semble entourée d’une certaine aura, vu le nombre de visiteurs auréolés qu’elle recevait. Certes, elle fut cachée, on ne la vit jamais à la cour, mais Louis XIV qui n’était pas à un caprice près, aurait pu l’assumer. Le problème vient peut-être de la couleur, si les enfants hors lit conjugal se portaient assez bien, il n’en allait pas de même pour ses descendants officiels, ils moururent tous avant lui. Alors imaginons un enfant officiel d’une autre race aurait pu quelque peu brouiller les cartes royales, surtout qu’elle mourut bien après lui, probablement en 1732. Selon certaines sources, la religieuse affirma elle-même être une fille royale. Mais encore une fois on ne possède pas de vraie certitude, quelques indices assez frêles, et la pièce qui manque au puzzle, qui fut la mère ? Possiblement une comédienne noire, chose qui existait à la cour. Cette deuxième théorie a aussi ses partisans, là on s’approche plus du travail d’historien, une analyse ADN pourrait apporter des éclaircissements, si on pouvait réunir les éléments nécessaires.

Troisième hypothèse : elle ne serait pas de sang royal mais une protégée de Louis XIV, la piste de la soeur d’une religieuse noire, ou une simple orpheline est évoquée, Le roi ou quelqu’un de son entourage l’aurait protégée pour des raisons inconnues. Rappelons que les rois de France étaient persuadés d’être des représentants de droit divin et élus par Dieu sur cette bonne vieille terre. Louis XIV mena bien une vie de débauche, mais sous l’influence de la très pieuse Madame de Maintenon notamment, il se racheta quelque peu une conduite un peu plus vertueuse les trente dernières années de sa vie. Le fait d’avoir parrainé, converti au catholicisme par le baptême , fait entrer dans les ordres, une personne probablement avec des racines musulmanes, pouvait sembler à ses yeux comme une dette envers le ciel. La piste de la fille d’une couple de serviteurs maures qui aurait demandé à Madame de Maintenon de s’occuper de leur fille par nécessité est également proposée. Cette dernière dont les générosité n’est pas qu’une légende pourrait l’avoir fait en la faisant entrer au couvent mais on se heurte alors aux visites de la reine Marie-Thérèse, antérieures à l’mancipation à la cour de Madame de Maintenon. Ces dernières pistes sont souvent évoquées par ceux qui ne croient pas à la filiation royale. Il est vrai que c’est la plus simple en apparence, mais elle n’explique pas ou mal, l’intérêt de la famille royale et la noblesse à son égard.

Madame de Maintenon

Bien entendu, il peut exister à côté de ces hypothèses, toutes sortes d’affirmation plus ou moins farfelues, chacun peut y aller de sa petite théorie. C’est un fait d’histoire resté mystérieux et qui probablement le restera. La seule certitude reste que cette étrange personne a réellement existé, qu’il existe des documents qui semblent prouver que Louis XIV lui versa une pension. Le reste n’est que rumeurs de l’époque, et Dieu sait si on avait le temps de parler à une époque où les gens qui ne travaillaient pas n’avaient pas grand chose d’autre à faire. La vérité a existé à quelque part, des gens savaient, mais plus de 300 ans après il ne reste même plus des souvenirs.

Bas nylons et chansons et des restes de blues

Bon nombre d’artistes ont des titres qui leur collent à la peau. Mais si l’on prend la peine d’explorer leur discographie, nous trouvons d’autres choses très intéressantes. Je me propose dans ce post d’explorer la carrière des Moody Blues seconde période, celle qui démarre avec « Nights In White Satin », leur hit le plus immortel. Pendant une période de cinq ans, plusieurs albums à thèmes virent le jour. Force est de constater qu’il y a une pléthore de chansons qui ne manquent pas d’attrait. En voici une sélection qui concerne les albums entre 1967 et 1972, c’est à dire six albuma, où je fais volontairement abstraction des succès connus de tous. Il n’y a pas à dire, mais les artistes ne sont pas tous égaux devant la création.

Days Of Future Passed, 1967

Twilight Time

In Search Of The Lost Chord, 1968

Legend Of A Mind

On The Treshold Of A Dream, 1969

Dear Diary

Lazy Day

The Voyage (instrumental)

To Your Children’s Children’s Children

Beyond (instrumental)

Gypsy

Eternity Road

A Question Of Balance, 1970

How Is It ?

Don’t You Feel Small ?

Tortoise And The Hare

Every Good Boy Deserves Favour, 1971

The Story In Your Eyes

My Song

Seventh Sojourn, 1972

Lost In Lost World

I’m Just A Singer (In A Rock And Roll Band)

Bas nylons et la guerre pour rire

Pendant la guerre, sans aller jusqu’à les lire dans les journaux, les blagues circulent parmi le peuple. Que l’on soit d’un bord ou d’un autre, l’histoire vise en premier « l’ennemi » et souvent ses principales figures. En voici quelques une qui circulèrent de manière à illustrer que même pendant la guerre, l’esprit n’est pas en panne. Il semblerait que toutes ces histoires ont toutes été effectivement racontées.

Celle-ci concerne Hitler. Inquiet sur l’opinion publique, il se déguise de manière méconnaissable et va dans la rue pour interroger les gens. Il arrête un ouvrier et lui demande :

– D’après vous, combien de personnes en Allemagne sont opposées à la politique du Führer ?

– Six, répond l’ouvrier.

– Six seulement ? s’extasie Hitler.

Oui ! Moi, toi, lui, nous, vous et eux.

*****

Goering, second personnage du Reich, aimait bien parader. Il ne manquait jamais une occasion de se mettre en évidence. Il arborait sur son uniforme de nombreuses médailles. Un matin, devant se rendre à une conférence improvisée, il arrive bon dernier et un peu en catastrophe.

– En bien, s’étonne Hitler, comment se fait-il que vous ne portiez pas vos médailles  comme d’habitude ?

– Bon sang, je les ai oubliées sur mon pyjama !

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Hitler devait aller faire une tournée d’inspection sur le front est où ça ferraillait sec. Il alla chez son tailleur pour chercher un uniforme en lui expliquant la raison.

– Mein Führer, dit le tailleur, je viens de lire un truc qui va vous intéresser. Napoléon quand il allait dans un zone de combat portait des pantalons rouges. Si jamais il était blessé, on ne verrait pas les traces de sang.

– Hitler réfléchit et dit :

– Vous n’auriez pas des pantalons marrons ?

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Sur le front est, l’armée allemande fit connaissance avec le terrible hiver russe à la fin 1941, qui stoppa l’avancée et la logistique des armées d’Hitler, spécialement mal équipées pour les grands froids. Une collecte nationale tenta de plus ou moins d’atténuer les souffrances des soldats en leur faisant parvenir des habits chauds. Un fils ayant reçu une paire de bottes de sa mère, lui écrivit et la remercia en ces termes :

– Merci pour les bottes, je n’en avais jamais mangé d’aussi bonnes !

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Un autre amateur de la parade fut Mussolini. C’est très visible dans ses discours, ma mère qui assista à Milan à l’un de ces fameux discours sur la place du Dôme à Milan dans les années 1930, employa l’expression de fanfaron, en me racontant ses souvenirs. Pourtant Hitler admira pendant longtemps sa personnalité. Il est vrai qu’il prit le pouvoir dix ans avant lui. Bien qu’alliés, Hitler dut se rendre compte qu’il ne pouvait pas trop compter sur lui lorsqu’il déclencha la guerre. Alors que les armées d’Hitler gagnaient des batailles partout, Mussolini se trouva plutôt en difficulté avec ses armées d’invasion. Il est vrai que Mussolini est loin d’être un stratège, il est même qualifié d’amateur par le maréchal Badoglio, ce qui lui vaut d’être limogé. On attribua assez vite à l’armée italienne une réputation de couardise, qui n’est sans doute pas toujours très justifiée, mais que voulez-vous les gens sont méchants.

Un de ces moments d’anthologie de la connerie. On ne peut toutefois lui reprocher d’être un mauvais orateur, chose indispensable en politique.

Dans cette optique voici quelques histoires sur ces braves soldats, sans doute parmi les plus drôles.

Depuis l’Albanie, les Italiens veulent envahir la Grèce. L’ordre d’invasion est lancée, mais à peine les soldats partis les voici qui reviennent à leur point de départ encore plus rapidement.

Le général demande alors les raisons.

– Qu’avez-vous vu une division grecque ?

– Pire que cela.

– Cinq divisions grecques ?

– Pire que cela.

– Toute l’armée grecque ?

– Pire que cela.

– Mais alors quoi ?

– Un pancarte : attention chien méchant !

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Dans cette histoire, la guerre ne se termine pas en 1945, mais continue dans une autre optique, celles des forces de l’Axe qui n’ont pas subi de défaite et qui continue de se battre. Imagines quelques années plus tard, les informations à la radio.

– La Wehrmacht vient d’entrer dans Vladivostock, communique le quartier général allemand. De son côté, le gouvernement nippon nous informe que l’Armée du Mikado est en train d’envahir New York. Selon des sources bien informées, Mussolini prévoit d’envoyer des avions de reconnaissance sur Malte.

A propos d’aviation un général allemand et italien discutent. L’italien demande :

Quel est l’effectif dans une mission de parachutage ?

– Vingt trois. Le pilote, le navigateur, le radio et les vingt parachutistes. Et vous ?

– Vingt-trois aussi : le pilote, le navigateur, le radio et un parachutiste.

– Un seul parachutiste, mais alors à quoi servent les dix-neuf autres ?

– A pousser dehors le parachutiste !

Affiche propagande alliée

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Un inventeur présente à Mussolini sa dernière trouvaille.

– Voyez-vous, dit-il,  c’est un tank semblable aux autres. Sa particularité, c’est qu’il possède six vitesses pour faire marche arrière.

– Formidable, approuve Mussolini.

– Et puis il y a une marche avant.

– Une marche avant, mais cela ne sert à rien dans l’armée italienne !

– Eh bien, supposez qu’elle soit attaquée par derrière.

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Un italien demande une entrevue à Mussolini, ce qui lui est accordé.

– Duce, j’aimerais changer de nom, car chaque fois que je me nomme, tout le monde se moque de moi,

– Et comment vous appelez-vous.

– Benito Merda.

– En effet je comprends, et comment aimeriez-vous vous appeler ?

– Angelo Merda.

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En tournée d’inspection Hitler subjugue ses soldats car il marche sur un marécage sans s’enfoncer.

– Mein Fuher, s’exclame un capitaine, vous marchez sur un marais sans vous enfoncer, c’est un miracle !

– Mais non, je suis sur les épaules de Mussolini…

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Pendant l’occupation à Paris, un officier allemand s’étant égaré demande à un passant :

Pouvez-vous me dire où est la place de l’Etoile ?

– A gauche sur la poitrine, répond le passant.

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De Gaulle avait un sens du bon mot et de la formule, c’est indéniable. A la libération, il ne manqua pas de perpétuer son art.

Les F.F.I. (Forces françaises de l’intérieur) furent avant la libération, une armée constituée, entre autres, des principaux mouvements de résistance durant l’occupation. Pas vraiment organisée comme une véritable armée, elle n’en fut pas moins d’une certaine efficacité pour la préparation du débarquement, par exemple. En son sein, il y eut aussi quelques électrons libres, même des collabos, qui se bombardaient aux plus hautes fonctions avec des grades qui relevaient plus de la simple usurpation que de l’école militaire. Ainsi, le sinistre docteur Petiot fut dans cette armée le Capitaine Valery, lui qui connut plus les prisons militaires que Saint-Cyr. De Gaulle en tournée s’arrête au milieu d’une équipe locale de ces troupes et constate que ce sont tous des officiers de rang élevé, sauf un qui est simple lieutenant. Il va vers lui et lui demande avec bonhomie :

– Alors mon ami, on ne sait pas coudre ?

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Notre général défile dans une ville libérée. Partout ce sont de « Vive De Gaulle ! » à n’en plus finir. Soudain, il entend très nettement un « Vive Pétain ! ». Il se tourne vers son accompagnateur et lui dit :

– Encore un qui ne lit pas les journaux.

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Entre le général et Churchill ce ne fut pas toujours l’amour fou. Ce dernier déclara après la guerre :

– De toutes les croix que j’ai portées, la croix de Lorraine fut la plus lourde à porter.

En Suisse on a d’autres préoccupations

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Cette histoire fut, parait-il, racontée par Churchill. Un matin De Gaulle et son aide de camp vont nager dans la mer et s’éloignent des côtes. Quand il sont à un bon mile au large, De Gaulle demande :

– Nous sommes seuls ?

– Oui nous sommes seuls mon général.

– Eh bien je vais essayer de marcher sur l’eau !

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Lors de la libération de Paris, un libérateur obtient une permission de deux heures pour aller voir sa femme. 1 heure et 59 minutes plus tard, le voici de retour avec son uniforme complètement trempé.

– Alors tu as vu ta femme, pourquoi tu as ton uniforme mouillé ?

– Quand je suis arrivé à la maison, elle était dans son bain !

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L’armée US était plutôt du genre bien organisé, tout était prévu, sauf le petit grain de sable qui peut enrayer toute la machine. Un général peste dans son bureau :

– Il n’y a plus de formulaire pour commander des formulaires !