En passant

Musique et petites culottes

De la musique avec rien que des nanas, moins facile à dénicher qu’on pourrait le penser.

Les Surfragettes, groupe de surf féminin dans une chanson que les fans des Yardbirds ou de Johnny Burnette connaissent bien.

Des Russes et de belles guitares entre surf et hypnotique, groupe actuel et plutôt intéressant.

Au tournant des années 1970, Fanny, des Américaines encore un peu baba cool.

Des Japonaises plutôt jeunes, la classe !.

Blackthorn, très glauque et russe.

Des jeunes qui font une belle reprise d’un titre de Metallica.

Les Pandoras, groupe garage féminin des années 80.

Les Orchids, l’un des nombreux groupes qui se nommaient ainsi, 1980

Les Runaways, du hard rock en plein punk, produites par le célèbre Kim Fowley.

Les Liverbirds, sans doute un des premiers exemples filmés du genre en 1965.

Un tas de nanas swing en Colombie.

En passant

Bas nylons et la bonne aventure

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Encore une fois nous allons nous attarder sur une chanson créée par un Noir qui passé à la postérité grâce à un relais considérable par les artistes blancs. Le créateur est Benny Spellman (1931-2011), un chanteur de R&B américain. En 1962, il enregistre ce que l’on peut considérer comme son unique succès très localisé au marché américain, « Lipstick Traces ». Sur la face B figure « The Fortune Teller », la chanson qui nous intéresse ici. Les deux faces sont écrites sous la plume d’un personnage très connu en musique, Allen Toussaint. Il utilise parfois un pseudonyme pour l’écriture, celui de Naomi Neville, un patronyme féminin qui est le nom de jeune fille de sa mère.

L’année suivante, les Beatles commencent à marquer des points et entraînent toute un pléiade de jeunes loups aux dents plus ou moins longues. Parmi eux les Merseybeats se mettent sur les rangs. Ils ont un contrat avec Fontana et hésitent encore sur le choix des titres pour le premier 45 tours. En fait, ils ont retenu deux chansons, deux reprises, l’une est « It’s Love That Really Counts » de Dionne Warwick et l’autre « The Fortune Teller » de Benny Spellman. Lors d’un concert, ils soumettent au vote du public pour savoir lequel devait figurer en face A du premier single. Les fans votent pour la chanson de Dionne Warwirck, ce qui permettra aux Merseybeats d’avoir un premier modeste succès. Mais « Fortune Teller » est bien présent en face B et est certainement artistiquement plus achevé et original que le slow de la face principale. C’est une première mise en valeur de cette chanson en Angleterre et elle ne manquera pas d’attirer des futurs clients qui ne sont pas tous des inconnus.

La même année, les Rolling Stones se l’approprient pour leur second disque au dos d’une reprise de « Poison Ivy » des Coasters. Quelques exemplaires sont pressés, mais à la dernière minutes on se ravise au profit de « I Wanna Be Your Man » la composition des Beatles et premier hit des Stones. Elle apparaîtra un peu plus tard sur l’album « Go Live If You Want It » doublée d’une ambiance live, mais c’est bel et bien l’enregistrement studio qui figure sur le disque. La chanson est décidément condamné aux faces B. Ce sera encore le cas avec la reprise suivante, celle de Toy Jackson ex-bassiste et co-chanteur des Searchers. Mais son aura, à travers les innombrables reprises en font plus qu’une simple face B. C’est ce que nous allons voir.

La très rare publication française de 1962

L’original, 1962

Les Merseybeats, 1963, ma favorite.

Les Rolling Stones, 1963

Tony Jackson & Vibrations, 1965, très bonne version.

The Hollies, 1965.

Le groupe allemand, the Stellas, sur un 45 tours qui avait la particularité d’être en stéréo, chose rare en1966.

The Throb, Australie 1966.

The Hard Times, USA 1966

Thee Sixpence, futurs Strawberry Alarm Clock, USA, 1966.

The Fire Escape, USA, 1967.

Les Who l’ont eue dans leur répertoire live des années 60, mais voici une version studio de 1969.

Les Who sur l’album « Live At Leeds », 1970.

Le groupe français Dogs sur leur premier album, 1979.

Le groupe punk anglais 999, 1981

Robert Plant (Led Zeppelin) avec Allison Krauss, 2007.

Les mêmes en live, 2008.

Un document assez pathétique, le pauvre Benny Spellman a moitié impotent se rappelle quelques souvenirs (2009).

Il faut aller sur Youtube pour la regarder.

 

 

De New York à San Francisfolk

Il y a des artistes qui servent de canalisateurs pour un style ou un autre. Quand ils arrivent à se maintenir à un certain niveau de popularité, nul doute qu’ils ouvrent la porte à ceux qui ont assez de curiosité pour en savoir plus. Si j’aime le folk américain, c’est sans doute grâce un peu au Kingston Trio ou aux Brothers Four. Si ces derniers sont à mon avis plus authentiques, les premiers ne déméritent pas bien que certains puristes les classent dans un style de variété « folklorisante ». Personnellement j’aime bien, l’étendue de leur répertoire permet de remonter aux chansons qui ont fait l’histoire du folklore américain, sans doute l’un des plus intéressants du fait de la rencontre de multiples cultures. La conquête de l’Ouest reste une des principales sources d’inspiration. il n’y a pratiquement pas un personnage, bon ou mauvais, qui marqua cette histoire, qui n’a pas une chanson qui raconte sa légende. De même, les vastes plaines, les lieux particuliers, les amours heureuses ou malheureuses, sont autant de sujets pour en faire une chanson.
Le Kingston Trio fut populaire dès son célèbre « Tom Dooley » enregistré en 1959, un arrangement sur une chanson d’origine africaine. Pour bon nombre des leurs titres directement puisés dans la tradition ou compositions venant d’autres grandes références comme Woody Guthrie ou Pete Seeger, leurs versions restent incontestablement populaires. Par exemple, le fameux « Greenback Dollar » (« Sacré Dollar » par les Missiles) composé et enregistré par Hoyt Axton, a gagné les oreilles du public grâce à la version du Kingston Trio.
J’ai fait une sélection d’un douzaine de titres dans leur discographie, des titres que vous avez peut-être entendus par d’autres, mais que me paraissent intéressants et qui viennent tous de la tradition du folk, même si certaines peuvent avoir un petit air d’être venues d’ailleurs.

En passant

Bas nylons et clowneries

Quand j’allais au cirque étant enfant, il y avait une chose qui m’intéressait particulièrement, les clowns. Même si je vais rarement au cirque maintenant, je n’ai pas tellement changé d’avis, le clown me fascine toujours, me traiter de clown est presque un honneur. Le personnage a remplacé peu à peu les bouffons de jadis, plus attitrés à une cour. L’origine propre du nom est incertaine et lointaine, mais le nom français semble être adopté depuis la nomination anglaise au 19ème siècle. C’est n’est vraiment qu’à partir des cirques itinérants qu’il devient plus facile à approcher. Son extravagance vestimentaire et son maquillage grotesque en sont les premiers signes visibles, du moins dans la tradition. Certains clowns plus modernes sont habillées presque normalement, moins repérables à première vue, mais tout aussi drôles. En général, ils sont aussi dotés d’une autre spécialité, jongleur, acrobate, musicien, mime. Pour moi, le grand clown est celui qui est seul sur scène et ne parle pas ou peu et arrive à faire rire, mais ils peuvent aussi être plusieurs et arriver au même résultat, c’est juste un peu plus facile, ils peuvent faire des gags à tout de rôle. Devenir célèbre en étant clown n’est pas donné à n’importe qui. Dans les pays francophones, les Suisses Grock et Dimitri, les Français Achille Zavatta ou la famille Fratellini, sont des noms qui reviennent souvent et qui sont pratiquement connus dans le monde entier.

A part le domaine de la scène, il en est une autre où le clown resplendit de toute son aura, la photographie. Alors pour illustrer ces propos, voici une série de photos où le clown est roi, suivi de petits films et de quelques chansons, car la chanson s’est maintes fois emparée de ce personnage.

La fameux Grock, sur scène alors âgé de plus de 70 ans.

Un extraordinaire clown américain, que j’avais vu au cirque et qui m’avait impressionné, George Carl.

Gianni Esposito et Dimitri.

Edith Piaf

Claide François sur une adaptation de Gary Lewis & Playboys.

Frank Alamo sur une adaptation de Manfred Mann.

Laurent en 1967, titre original.

Sources Gallica, BNP, DP

Un tic celte

Depuis près de 50 ans je suis un fan de musique celtique et bretonne. Je l’ai pas mal explorée et même en Bretagne j’ai remarqué que je connaissais mieux le folk breton que certains d’entre eux. C’est une musique que l’on peut aimer de manière traditionnelle ou plus moderne. Quand on l’écoute, on s’aperçoit que les Bretons étaient des marins, ils rapportèrent des épices et aussi des notes de musique qu’ils mélangèrent avec leur folklore. Et puis on ne peut que les féliciter, ils savent bien préserver leur culture, c’est encore très vivant et leur langue, même si j’en pipe quasiment pas un mot, a une belle sonorité qui se marie avec le bruit des vagues se fracassant au pied des falaises qui surplombent toutes leurs chansons.

Commencer par Alan Stivell est presque évident, il est un des détonateurs de l’avènement de la musique celtique moderne, ici une chanson originaire  des îles Hébrides. Sur l’album en public à l’Olympia en 1972

Tri Yann, sans doute les plus populaires après Stivell, je les ai découverts il y a bien longtemps sur un album où figurait cette chanson gaélique.

Un merveilleux instrumental à la harpe celtique par An Triskell, avec ça on a la tête dans les nuages et c’est tant mieux.

Un des grands chanteurs bretons actuels, Denez Prigent, il est céleste !

Le groupe Dir Ha Tan dans les années 70.

Assez surprenant, une harpiste russe qui chante en breton « la chanson du cidre » et cela sonne très breton ne vous en déplaise.

Le groupe Ar Korrigan, un album  des années 70, c’est une vision assez moderne, presque pop.

Plus breton tu meurs, les soeurs Goadec qui furent de véritables stars en Bretagne et c’est sans artifices.

En présentant les soeurs Goadec, on ne peut pas manquer de mentionner Glenmor, un des plus bouillants défenseurs de l’identité bretonne. Les paroles de Brel du Moribond « Adieu l’Emile je t’aimais bien », lui sont dédiées. Bien que la plupart de ses enregistrements soient en français et certains assez éloignés de la tradition musicale bretonne, en voici un « Kan Bale », plus ancré folk breton. C’est un chant révolutionnaire breton pour l’indépendance. Je n’aime pas trop ce qui sonne un peu militaire, mais là ça passe mieux.

A propos de Glenmor, voici une de ses vieilles chanson dans un interprétation récente qui ne manque pas de charme, la chanteuse non plus.

Par le groupe Ar Skloferien sur un album de 1974, un album que j’aimais bien

Bas nylons et une certaine génération

 

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Toute chanson, principalement si elle a du succès, se rattache immanquablement à l’époque où elle a été créée. Personnellement, comme j’écoute depuis longtemps de la musique, les chansons me servent de repère pour une localisation dans le temps. Beaucoup de chansons sont liées avec un souvenir ou un événement personnel, ce que je faisais quand j’écoutais tel ou tel titre, ou encore dans quel endroit je me trouvais. Cela devient une sorte de fil rouge de la mémoire. Mais une chanson peut être plus que cela et devenir une sorte d’hymne ou un emblème musical pour une génération. Il suffit parfois de quelques paroles qui frappent l’esprit pour que cela le devienne. Par exemple, la chanson « San Francisco » évoque immédiatement le mouvement des hippies, cette ville étant supposée être la capitale du mouvement. Quelques années plus tard, le « No Future » des Sey Pistols en devint aussi un dans un domaine complètement différent. En 1965, les Who enregistrent aussi un titre qui se veut une représentation de la pensée de l’époque avec en plus un thème qui représente bien le sujet : « My Generation ».

On peut mettre une traduction française, vous verrez que les paroles qui ne sont pas ailleurs pas très compliquées, sont bien représentatives d’une jeunesse qui s’en fout un peu et veut se la couler douce en priorité. Les plus anciens se reconnaîtront dans quelques phrases.

Les gens essaient de nous rabaisser ( parlant d’ma génération)
Juste parce que nous roulons notre bosse ( parlant d’ma génération)
Les choses qu’ils font semblent effroyablement déprimantes ( parlant d’ma génération)
J’espère mourir avant d’être vieux ( parlant d’ma génération)

Avant toute chose

C’est ma génération

C’est ma génération, bébé

Pourquoi ne disparaissez vous pas tous? ( parlant d’ma génération)
Et n’essayez surtout pas de piger ce qu’on dit tous ( parlant d’ma génération)
Là je ne cherche pas à faire une grosse impression ( parlant d’ma génération)
Je parle seulement de ma génération ( parlant d’ma génération)

C’est ma génération
C’est ma génération, bébe

C’est ma génération
C’est ma génération, bébé.

Non seulement les Who percutent par les paroles, mais au niveau musical on ne peut pas dire qu’ils font dans la dentelle. Enregistrer un truc de ce genre en 1965 était précurseur. La chanson a peu ou pas de mélodie et l’accompagnement ne suit pas une certaine logique musicale. C’est aussi un titre qui met très en avant la guitare basse, chose assez rare jusque-là dans les chansons à tendance rock. Quand on l’écoute pour la première fois, on est plutôt surpris par ce style plutôt brouillon et décousu musicalement. Pour le moins les Who sont de grands musiciens, trois instrumentistes dont une des batteurs les plus fêlés de l’histoire du rock, et un chanteur d’exception. J’imagine sans trop me tromper, que beaucoup de producteurs qui auraient eu en mains la démo de ce titre n’auraient pas misé un rond sur sa potentialité de succès. Et pourtant il devient un succès considérable dans les pays européens accédant ou frisant le sommet des charts, accueilli un peu plus fraîchement aux USA, du moins dans un premier temps. Dans la fameuse sélection du magazine Rolling Stone des 500 meilleures chansons de tous les temps, elle figure à la 11ème place. Chanson très à part sous bien des angles, elle a marqué son temps et son passage dans l’éternité ne fait aucun doute.

Les deux EP’s français de 1965, le premier chez Brunswick assez rare, le deuxième chez Decca, plus courant. Excepté le titre principal, le contenu est différent.

Version originale studio, 1965.

Un version alternative 1965 prévue pour figurer sur un EP, mais qui ne sortit que 30 ans plus tard.

Superbe version live, Allemagne 1966. Je n’ai jamais vu un clip où ils jouaient en playback.

Version des Count Five, USA 1966.

Version jazzy intrumentale assez succulente, Manfred Mann, 1966.

Les Who sur l’album « Live At Leeds », 1972.

Le groupe glam rock anglais Sweet en 1974.

Une version assez punk, Patti Smith, 1976.

Version psychobilly, the Krewmen,1988.

Iron Maiden, 1996.

Oasis, en live, années 2000…

Version française par les Canadiens Chapeaumelon, 2004.

Un groupe japonais, version basée sur celle de Manfred Mann, 2010.